Veuvage : les bons réflexes pour protéger le conjoint survivant

En France, la première année de veuvage se traduit par un taux de mortalité anormalement élevé auprès des conjoints survivants, surtout après un certain âge. Faire face au deuil est une épreuve compliquée pour tout le monde, mais il faut croire que l’âge (et donc la fragilité de la santé) joue son rôle.

Le programme « corps – esprit » pour accompagner les séniors endeuillés

Une étude menée fin 2017 par le Journal américain de la Médecine Palliative s’est intéressée aux bonnes pratiques susceptibles de protéger les séniors contre les effets dévastateurs que le deuil peut avoir sur leur santé. Des praticiens s’en sont inspirés pour mettre en place un programme « corps – esprit » de huit semaines pour accompagner les séniors qui ont perdu un conjoint et qui souffrent de ce que l’on appelle un deuil « aigu », par opposition au deuil « chronique » ou « persistant ».

La première chose à faire est d’accepter la main tendue de votre cercle social. En fonction de votre personnalité, il peut être douloureux de vivre votre deuil en public, surtout si vous êtes timide ou pudique. Mais il faut savoir que la douleur se partage, au sens littéral. Bien sûr, vous aurez besoin de moments intimes, sans perturbation extérieure, mais vous aurez également besoin de maintenir le contact avec vos proches. Cela vous rappelle que vous n’êtes pas seul. Et cela commence dès les obsèques. Informez vos amis du décès de l’être cher afin qu’ils puissent être là dans cette épreuve. Envoyez des cartes de remerciement à ceux qui ont été là. Divers sites vous proposent ce service. Organisez un repas, une fois par mois, pour garder le contact. En somme, ne refusez pas l’aide de votre entourage…

Le programme conseille également de commencer une activité reposante qui soit compatible avec le flot de questions existentielles qui nous hantent lorsque l’on est indirectement confronté à la mort. Le yoga, le tai chi et le qigong sont des pratiques tout particulièrement adaptées aux personnes âgées. Non seulement ces activités corps-esprit vous permettront de vous détendre, mais elles vous aideront également à juguler les effets du stress post-traumatique et de l’anxiété au niveau moléculaire. Une étude a démontré une diminution significative des gènes responsables de l’inflammation chez les personnes qui pratiquent ces activités sur une base régulière. Vous pouvez vous rapprocher des centres sportifs de votre région, mais aussi de suivre des cours en ligne.

Alimentation, activité physique et santé

Le programme « corps-esprit » accorde une importance particulière à l’alimentation. Le stress déclenche des envies de sucre et de matières grasses. C’est pourquoi les aliments transformés et riches en calories peuvent vous procurer une sensation de bien-être passagère. Mais sur le long-terme, vous dégradez votre santé, à fortiori lorsque l’on sait que l’organisme est fragilisé par le deuil. Mangez donc beaucoup de légumes, de fruits et de protéines maigres, et hydratez-vous très souvent sans attendre la sensation de soif. Le deuil est épuisant sur le plan émotionnel, ce qui peut perturber votre rythme circadien. Allez au lit à des heures régulières et évitez la caféine et l’alcool après 16h. L’activité physique est également un excellent allier pour retrouver un sommeil réparateur. Une simple marche quotidienne peut vous aider à limiter la dépression, le chagrin et l’irritabilité. Il est souvent difficile de trouver l’énergie pour commercer l’activité physique. Le tout est de commencer. Faites appel à un partenaire d’entraînement ou joignez-vous à un groupe d’exercice.

Enfin, il vous appartient de garder un œil sur votre santé. Il n’est pas rare qu’un conjoint survivant se laisser aller après le décès de l’être cher. Pensez aux volontés du défunt. Apprécierait-il de vous voir abandonner la vie ? Ne sautez pas les visites chez le médecin, n’oubliez pas de prendre vos médicaments et soyez encore plus attentif à vos constantes vitales. Réglez des alarmes pour vous rappeler vos rendez-vous chez le médecin et les heures de prise de médicament.