Préparer sa retraite, ce n’est pas seulement épargner : c’est aussi anticiper la santé, le logement et le niveau de vie d’une période qui peut durer vingt ou trente ans. Depuis la loi PACTE du 22 mai 2019 et son ordonnance d’application du 24 juillet 2019, l’État a refondu l’épargne retraite autour d’un produit unique. Savoir comment bien préparer sa retraite avec le nouveau plan d’épargne PER suppose d’en comprendre la mécanique, la fiscalité et les arbitrages. Cet article vous en livre les clés, sans jamais se substituer à l’avis d’un conseiller qualifié.
Le PER, un produit d’épargne retraite repensé
Au cours de l’été 2019, la France a profondément remanié son système d’épargne retraite. La loi PACTE, complétée par une ordonnance détaillant les dispositions concrètes, vise à rendre ce type de placement plus simple, plus souple et plus lisible, aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises. L’objectif affiché est double : encourager les Français à se constituer un complément de revenus pour leurs vieux jours et réorienter une partie de cette épargne vers l’économie productive, dans l’espoir de soutenir la croissance et l’emploi.
Lancé le 1er octobre 2019, le Plan d’épargne retraite (PER) s’adresse aux régimes à cotisations définies et se décline en trois compartiments. Cette architecture remplace les anciens dispositifs, devenus avec le temps difficiles à comparer entre eux.
- Le PER individuel succède au Perp (plan d’épargne retraite populaire) et aux contrats Madelin destinés aux travailleurs non salariés.
- Le PER collectif facultatif, ouvert à l’ensemble des salariés, prend le relais des anciens PERCO, ces dispositifs d’épargne salariale en entreprise.
- Le PER obligatoire remplace les contrats dits « article 83 », souvent réservés par les entreprises à certaines catégories de salariés, notamment les cadres supérieurs.
Plusieurs caractéristiques sont communes à ces trois variantes, ce qui en fait un ensemble plus cohérent. La principale est la portabilité : vous pouvez transférer vos droits d’un produit vers un autre au fil de votre parcours professionnel, par exemple lors d’un changement d’employeur ou d’une bascule du salariat vers l’indépendance.
Cette logique de transfert répond à une critique récurrente. L’ancien marché de l’épargne retraite était jugé peu concurrentiel par les salariés comme par les syndicats. Désormais, le transfert d’un plan à l’autre devient gratuit dès lors que cinq années se sont écoulées depuis la souscription ou le précédent changement. Avant ce délai, les frais de transfert ne peuvent excéder 1 % de l’encours. L’épargne volontaire et l’épargne salariale peuvent par ailleurs être récupérées à tout moment pour financer l’achat d’une résidence principale ou faire face à une dépense lourde et imprévue, comme un accident ou une maladie grave. Le plan gagne ainsi en liquidité face aux coups durs. Au moment de la retraite, vous choisissez enfin de récupérer votre épargne volontaire sous forme de rente, de capital, ou d’une combinaison des deux.
Préparer sa retraite avec le PER : ce qui change pour les épargnants
La grande nouveauté du PER tient à la souplesse offerte au moment de liquider son épargne. Vous pouvez désormais combiner une sortie en rente viagère et une sortie en capital, alors que les anciens contrats Perp et Madelin imposaient le plus souvent la rente. Pour comprendre comment bien préparer sa retraite avec le nouveau plan d’épargne PER, deux évolutions méritent une attention particulière : une fiscalité simplifiée et la généralisation de la gestion pilotée par défaut.
Cette planification ne se limite d’ailleurs pas à la dimension financière. Aborder la retraite en bonne forme, c’est aussi entretenir son capital santé sur la durée. Les choix de prévention prennent du sens lorsqu’on raisonne sur plusieurs décennies : par exemple, s’informer sur l’intérêt et les limites de la cigarette électronique dans une démarche de sevrage tabagique participe d’une logique de réduction des risques à long terme, à discuter avec un professionnel de santé. Préparer financièrement ses vieux jours et préserver sa santé relèvent d’une même prévoyance.
Une fiscalité simplifiée et plus incitative
Le PER conserve l’atout fiscal qui faisait l’intérêt des anciens plans : il reste un placement dit « tunnel », dont les sommes sont en principe bloquées jusqu’à la retraite, en contrepartie d’un traitement fiscal avantageux. Dans la limite des plafonds en vigueur, les versements volontaires que vous effectuez sont déductibles de votre revenu imposable, ce qui réduit l’impôt dû l’année du versement.
Le déblocage anticipé est encadré par des règles fiscales distinctes selon le motif. En cas de retrait pour l’achat d’une résidence principale, les sommes issues des versements sont soumises à l’impôt sur le revenu, tandis que les plus-values relèvent du prélèvement forfaitaire unique, fixé à 30 %. À l’inverse, lorsque le déblocage intervient à la suite d’un accident de la vie, les sommes perçues sont exonérées d’impôt sur le revenu. Cette mécanique étant susceptible d’évoluer, il convient de vérifier les barèmes applicables auprès de l’administration fiscale ou d’un conseiller au moment de votre projet.
La gestion pilotée au service de votre épargne
La gestion pilotée constitue l’option appliquée par défaut sur le nouveau PER. Sauf décision contraire de votre part, vos versements sont automatiquement répartis selon une allocation dite « à horizon », conçue pour limiter le risque financier à l’approche de la retraite. Cette automatisation vise à éviter qu’un épargnant peu familier des marchés ne reste exposé à des placements trop volatils au mauvais moment.

L’épargne retraite représente un encours considérable, longtemps placé dans des actifs peu risqués mais peu rémunérateurs. Le PER cherche à orienter une part de ces capitaux vers l’économie productive, en modulant l’exposition selon votre date de départ prévue. Concrètement, plus cette échéance approche, plus la part investie en actifs prudents augmente. À l’inverse, lorsque la retraite reste lointaine, l’épargne peut être davantage placée en actions, plus rémunératrices mais aussi plus risquées. Vous conservez toutefois un droit de regard et pouvez vous opposer aux investissements que vous jugez excessifs.
Ce raisonnement « à horizon » fait écho à la façon dont on anticipe sa santé avec l’âge. De même que l’on adapte ses placements au temps qui reste, on adapte sa vigilance médicale : l’apparition d’une maladie chronique et son retentissement sur le quotidien peuvent modifier un projet de retraite, en pesant sur le budget consacré aux soins comme sur le choix d’une complémentaire santé. Intégrer cet horizon de santé dans sa réflexion financière relève du bon sens.
Tirer parti des atouts du PER pour une retraite plus sereine
L’épargne retraite demeure encore modeste dans le patrimoine des Français, loin derrière l’assurance-vie et les livrets réglementés, qui captent l’essentiel de l’épargne du pays. C’est précisément pour rééquilibrer cette répartition que l’État a lancé le PER. Grâce à sa portabilité, à sa fiscalité avantageuse et à la possibilité d’une rémunération plus élevée via la gestion pilotée, le plan séduit les épargnants en quête de souplesse.
Le PER se révèle particulièrement pertinent pour les contribuables aux revenus élevés, donc fortement imposés. Les versements venant réduire le revenu imposable, l’économie d’impôt est d’autant plus marquée que la tranche d’imposition est haute. Pour les foyers modestes, l’avantage fiscal est mécaniquement plus faible, ce qui justifie d’étudier l’opportunité au cas par cas, avec un professionnel.
La loi PACTE a également prévu un mécanisme transitoire pour encourager le transfert d’avoirs depuis l’assurance-vie vers le PER. Jusqu’en 2023, l’abattement fiscal accordé sur les contrats d’assurance-vie de plus de huit ans était doublé en cas de réinvestissement dans un PER, dans certaines limites. Ce dispositif étant daté, vérifiez auprès des sources officielles, comme service-public.fr, les règles en vigueur au moment où vous envisagez une telle opération.
Bien préparer sa retraite ne se résume d’ailleurs pas à choisir un placement : c’est anticiper l’ensemble de sa qualité de vie future. Le budget santé occupe une place croissante avec l’âge, qu’il s’agisse de financer un suivi médical régulier, des soins spécialisés tels que la prise en charge en chirurgie vasculaire, ou la prévention de pathologies parfois mal connues comme la maladie de Lyme et ses manifestations. Évaluer ces dépenses prévisibles aide à dimensionner l’effort d’épargne et le choix d’une complémentaire santé adaptée.
Une retraite réussie conjugue donc sécurité financière et attention portée à sa santé, deux dimensions d’une même prévoyance qui se construit longtemps à l’avance. Pour calibrer votre stratégie d’épargne au regard de votre situation, rapprochez-vous d’un conseiller en gestion de patrimoine ou de votre établissement financier.
FAQ — préparer sa retraite avec le PER
Qu’est-ce que le plan d’épargne retraite (PER) ?
Le PER est un produit d’épargne retraite créé par la loi PACTE et lancé le 1er octobre 2019. Il remplace les anciens dispositifs comme le Perp, le Madelin, le PERCO et l’article 83. Il se décline en trois compartiments : individuel, collectif facultatif et obligatoire, avec une logique commune de portabilité des droits.
Peut-on récupérer son épargne avant la retraite ?
Oui, dans des cas précis. L’épargne volontaire et salariale peut être débloquée pour l’achat d’une résidence principale ou lors d’un accident de la vie, comme une invalidité, le décès du conjoint ou la fin de droits au chômage. Le traitement fiscal varie selon le motif. Vérifiez les conditions exactes auprès des sources officielles.
Quel est l’intérêt fiscal du PER ?
Les versements volontaires sont, dans la limite de plafonds, déductibles du revenu imposable, ce qui réduit l’impôt l’année du versement. L’avantage est d’autant plus net que la tranche d’imposition est élevée. Pour les revenus modestes, le gain est plus limité, d’où l’intérêt d’une étude personnalisée avec un conseiller.
Qu’est-ce que la gestion pilotée à horizon ?
C’est l’option appliquée par défaut sur le PER. Vos versements sont répartis automatiquement selon votre date de départ prévue : davantage d’actions quand la retraite est lointaine, davantage d’actifs prudents à mesure qu’elle approche. Vous gardez la possibilité de refuser les placements jugés trop risqués.
Le PER convient-il à tout le monde ?
Le PER est surtout avantageux pour les contribuables fortement imposés, qui profitent pleinement de la déduction fiscale. Il reste pertinent pour préparer un complément de revenus, mais l’opportunité dépend de votre situation, de votre horizon de placement et de votre tolérance au risque. Un avis professionnel est recommandé avant toute souscription.