Pendant les incendies de Saumos, en Gironde, et de Biscarrosse, dans les Landes, Santé publique France Nouvelle-Aquitaine a suivi jour après jour les passages aux urgences et les actes des associations SOS Médecins autour des zones touchées. Son bulletin arrêté au 4 août 2026 dit deux choses à la fois : l’activité globale des urgences n’a pas augmenté, mais un signal ciblé est apparu sur l’asthme à Bordeaux Métropole du 24 au 26 juillet, ainsi qu’une hausse durable des consultations pour angoisse. Aucune hausse des urgences cardiaques n’a été détectée dans les deux départements.
Cinq semaines plus tôt, le 29 juin 2026, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) signait une expertise collective faisant le point sur ce que la science établit vraiment à propos des fumées d’incendie. Cet article rassemble les deux : ce que les particules de fumée font aux voies respiratoires, comment lire les concentrations mesurées à Bordeaux ou à Limoges, quelles personnes sont surveillées en priorité, et quels gestes réduisent effectivement l’exposition à l’intérieur d’un logement.
Ce qui a brûlé cet été en Gironde et dans les Landes
L’incendie de Saumos, en Gironde, a été déclaré le 22 juillet 2026 et fixé — c’est-à-dire arrêté dans sa progression — le 1ᵉʳ août à 13 heures. Le bilan repris par Santé publique France fait état de 42 000 hectares parcourus, de plus de 200 habitations détruites et de plus de 220 000 personnes évacuées. Celui de Biscarrosse, dans les Landes, déclaré le 23 juillet et fixé le 28 juillet à 13 heures, a parcouru plus de 3 600 hectares, détruit une centaine d’habitations et provoqué environ 38 000 évacuations.
Ces deux foyers ont dégradé la qualité de l’air bien au-delà de leur périmètre. La Gironde et les Landes ont été placées en épisode de pollution atmosphérique pour les particules PM10 jusqu’au 1ᵉʳ août 2026. Les mesures bordelaises, elles, étaient repassées sous le seuil d’information dès le 27 juillet, selon le suivi d’Atmo Nouvelle-Aquitaine, l’association agréée chargée de surveiller la qualité de l’air dans la région. Ce suivi quotidien dédié aux deux incendies a pris fin le 3 août 2026, les feux étant alors maîtrisés.
C’est cette combinaison qui explique le dispositif sanitaire mis en place : une population très nombreuse, déplacée ou restée sur place, exposée pendant plusieurs jours à un air chargé de particules issues de la combustion du couvert forestier.
Ce que contient réellement une fumée de feu de forêt
Une fumée de végétation n’est pas seulement une odeur et une irritation des yeux. Selon la synthèse grand public de l’expertise de l’ANSES publiée le 20 juillet 2026, environ 80 % des particules émises par ces fumées sont des particules fines, en majorité carbonées, et leur diamètre est le plus souvent inférieur à un micromètre — un millième de millimètre. Ces particules peuvent être transportées sur plusieurs centaines de kilomètres.
La taille est le point décisif. On appelle PM2,5 les particules dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres, et PM10 celles qui restent sous 10 micromètres. Plus une particule est petite, moins les voies aériennes supérieures — nez, gorge, grosses bronches — la retiennent, et plus elle progresse profondément dans l’arbre respiratoire. Les particules de fumée d’incendie, majoritairement sous le micromètre, se situent tout en bas de cette échelle. C’est la raison pour laquelle les effets documentés portent d’abord sur les bronches et les poumons, et non sur une simple gêne des yeux et de la gorge.
Que ces particules viennent bien du feu n’est pas une hypothèse. Atmo Nouvelle-Aquitaine a analysé la composition chimique de l’air pendant l’épisode : la présence conjointe de carbone suie, de lévoglucosan — un marqueur spécifique de la combustion du bois — et de matière organique attribue les pics de juillet 2026 à la combustion de biomasse, et non au trafic routier ni au chauffage.
666 µg/m³ à Bordeaux : comment lire ce chiffre
Les mesures publiées par Atmo Nouvelle-Aquitaine le 30 juillet 2026 donnent l’ordre de grandeur de l’épisode. La station Bordeaux–Grand Parc a enregistré 666 microgrammes par mètre cube (µg/m³) de PM10 en moyenne horaire le 24 juillet en soirée. Au même moment, la station Bordeaux–Gautier relevait 342 µg/m³ de PM2,5, toujours en moyenne horaire. Le lendemain, 25 juillet, la station de Limoges montait à 505 µg/m³ de PM10 lorsque le panache s’est déplacé vers le nord-est de la région.
Ces valeurs impressionnent, mais elles ne se comparent pas au seuil dont on parle habituellement. Le seuil français d’information et de recommandation pour les PM10 est de 50 µg/m³, et le seuil d’alerte de 80 µg/m³ : dans les deux cas, il s’agit d’une moyenne calculée sur 24 heures, conformément aux valeurs fixées par le code de l’environnement. Un relevé d’une heure et une moyenne journalière ne mesurent pas la même chose. Rapporter l’un à l’autre produirait un multiple qui n’a pas de signification.
Atmo Nouvelle-Aquitaine le précise d’ailleurs dans sa propre publication : un pic horaire ne veut pas dire que ce niveau s’est maintenu pendant toute la journée. La bonne lecture est double. D’une part, l’intensité instantanée a été très élevée, y compris loin du foyer, jusque dans le nord-est de la région. D’autre part, la durée d’exposition à ces niveaux a été brève, ce qui explique qu’un épisode réglementaire ait pu être levé alors même que des pics horaires spectaculaires avaient été enregistrés quelques jours plus tôt.
Pourquoi l’indice de qualité de l’air ne dit pas tout pendant un panache
Un détail du vocabulaire officiel mérite d’être expliqué : l’épisode a été déclaré pour les PM10, alors que l’essentiel du risque sanitaire porte sur des particules plus fines. Ce n’est pas une erreur d’appréciation, c’est une conséquence du droit. La procédure préfectorale d’information et d’alerte, organisée par l’arrêté du 7 avril 2016, se déclenche sur le dioxyde d’azote, l’ozone et les PM10, auxquels s’ajoute le dioxyde de soufre — un gaz que les feux de végétation émettent aussi —, traité à part par l’article 2 de l’arrêté là où les mesures des cinq dernières années ont montré des dépassements de son seuil d’information. Les valeurs de déclenchement de ces polluants figurent à l’article R. 221-1 du code de l’environnement. Les PM2,5 n’y figurent pas.
Elles ne disposent que de repères annuels : une valeur limite européenne de 25 µg/m³ en moyenne annuelle et un objectif de qualité français de 10 µg/m³, également en moyenne annuelle. Aucun seuil de courte durée n’existe pour elles dans cette procédure. Autrement dit, les 342 µg/m³ relevés à Bordeaux–Gautier ne pouvaient déclencher aucune alerte à leur nom propre, faute de seuil horaire ou journalier prévu par les textes.
L’ANSES va plus loin dans son expertise du 29 juin 2026 et pointe une limite des indices de qualité de l’air eux-mêmes. Ces indices, français comme européen, sont construits à partir des relations entre exposition et risque observées pour la pollution de fond — celle du trafic, de l’industrie, du chauffage — dont les études excluent de fait les épisodes de fumées d’incendie. L’agence juge donc leur capacité limitée, voire inappropriée, pour refléter le risque sanitaire d’une source aussi particulière. Un indice affiché comme moyen pendant le passage d’un panache ne doit pas être lu comme un feu vert.
Ce que la surveillance sanitaire a mesuré, jour après jour
Dès le 23 juillet 2026, Santé publique France Nouvelle-Aquitaine a activé un dispositif de surveillance des effets sanitaires à court terme autour des zones incendiées. Il repose sur l’analyse de données de morbidité recueillies en routine auprès des services d’urgences — le réseau Oscour® — et des associations SOS Médecins. Les indicateurs sont déclinés par tranche d’âge : moins de 15 ans, 15 à 64 ans, 65 ans et plus.
Sur toute la période surveillée, aucune hausse inhabituelle de l’activité toutes causes n’a été observée, ni aux urgences ni chez SOS Médecins à proximité des incendies. Le signal spécifique, lui, existe : les recours pour asthme ont augmenté aux urgences et chez SOS Médecins de Bordeaux Métropole du 24 au 26 juillet 2026, avant de se stabiliser relativement la semaine du 27 juillet au 2 août. Dans les Landes, aux centres hospitaliers de Dax et de Mont-de-Marsan, aucune recrudescence d’activité pour asthme n’a été détectée. Aucune augmentation inhabituelle des recours pour décompensation cardiaque ou ischémie myocardique — l’insuffisance du débit sanguin dans le muscle du cœur — n’a été relevée dans les hôpitaux des deux départements en semaines 30 et 31.
Santé publique France nuance elle-même la portée de ce bilan, et cette nuance compte autant que les résultats. Le dispositif ne couvre pas la médecine libérale de ville, les effectifs concernés sont faibles, si bien que ce sont les tendances et non les chiffres bruts qui doivent être interprétés, et il ne voit évidemment pas les personnes qui n’ont pas consulté. L’absence d’afflux global n’est donc pas l’absence d’effet : elle indique que l’événement n’a pas saturé les urgences, pas que personne n’a été gêné.

Ce qui est établi, et ce qui ne l’est pas
L’expertise collective de l’ANSES du 29 juin 2026, qui actualise un état des connaissances datant de 2012, hiérarchise clairement les niveaux de preuve. Les effets respiratoires à court terme sont les mieux établis : hausse des hospitalisations et des passages aux urgences pour asthme, bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), bronchite, bronchiolite et infections respiratoires, augmentation des symptômes respiratoires, de la consommation de bronchodilatateurs et de la mortalité par cause respiratoire.
| Effet étudié | Ce que retient l’expertise | Solidité des données |
|---|---|---|
| Effets respiratoires à court terme | Hausse des hospitalisations et passages aux urgences (asthme, BPCO, bronchite, bronchiolite, infections respiratoires), des symptômes, de la consommation de bronchodilatateurs et de la mortalité respiratoire | Les mieux établis |
| Mortalité toutes causes à court terme | Association rapportée de façon cohérente d’une étude à l’autre | Parmi les plus cohérentes après les effets respiratoires |
| Morbidité cardiovasculaire à court terme (arythmie, hypertension, infarctus) | Associations rapportées mais inconstantes selon les travaux | Plus limitées et hétérogènes |
| Expositions répétées et à long terme, population générale et pompiers | Connaissances insuffisantes pour conclure | Besoin prioritaire de recherche |
Un chiffre de cette expertise circule plus que les autres et mérite d’être énoncé avec précision. À écart de concentration en PM2,5 identique, l’excès de risque observé pour la morbidité respiratoire, en particulier l’asthme, est 2 à 10 fois plus important lorsque les particules proviennent d’un feu que lorsqu’elles proviennent de la pollution de fond habituelle. Ce rapport compare deux excès de risque épidémiologiques mesurés en population : ce n’est ni une toxicité mesurée en laboratoire, ni un risque individuel qui serait multiplié par dix pour une personne donnée.
Deux réserves accompagnent l’ensemble. L’ANSES classe en besoin prioritaire de connaissances les effets des expositions répétées et de longue durée, en population générale comme chez les pompiers : les conséquences chroniques ne peuvent donc pas être présentées comme acquises. L’agence souligne par ailleurs que la majorité des études disponibles proviennent d’Amérique du Nord, où les conditions d’exposition diffèrent vraisemblablement de celles observées en Europe, ce qui interdit d’en transposer directement les résultats à la France. Enfin, à l’échelle nationale, la contribution des incendies aux émissions de polluants dans l’air reste inférieure à 1 % hors années d’épisodes extrêmes, et représentait environ 5 % des émissions de PM2,5 en 2022 : le sujet est celui de pics locaux et intenses, pas d’une source dominante de pollution annuelle.
Qui est particulièrement concerné
Pourquoi ces particules seraient-elles plus agressives que celles du trafic ? L’ANSES avance trois pistes : un caractère pro-inflammatoire accru, un potentiel oxydant plus élevé — la capacité à provoquer un stress cellulaire — et une composition spécifique à forte composante carbonée. L’agence précise dans le même mouvement que les mécanismes ne sont pas totalement élucidés. Cette prudence fait partie du résultat.
Les populations identifiées comme plus sensibles par l’expertise sont les nourrissons et les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées, les personnes atteintes de maladies respiratoires ou cardiovasculaires, les personnes diabétiques, immunodéprimées ou dialysées, et les personnes en situation de précarité socio-économique. L’agence signale également que le risque peut augmenter lorsqu’un épisode de fumées coïncide avec une vague de chaleur, situation déjà documentée pour la canicule et les personnes âgées.
Les données bordelaises apportent une nuance utile. Sur la période du 1ᵉʳ juin au 2 août 2026, 39,3 % des passages aux urgences pour asthme dans les centres hospitaliers de Bordeaux Métropole concernaient des enfants de moins de 5 ans. Mais sur la seule fenêtre du 23 juillet au 2 août, celle de l’épisode, 35,3 % concernaient des adultes de 15 à 44 ans ; chez SOS Médecins Bordeaux, cette tranche d’âge représentait même 57,1 % des actes pour asthme. Autrement dit, la vigilance ne se limite pas aux très jeunes enfants et aux personnes âgées : un adulte de 30 ou 40 ans qui vit avec un asthme relève pleinement des publics sensibles listés par l’ANSES, au titre de sa maladie respiratoire — et c’est la tranche d’âge qui a fourni la majorité des actes pour asthme de SOS Médecins Bordeaux pendant l’épisode. Les personnes déjà sensibles aux irritants respiratoires saisonniers, par exemple en cas d’allergie à l’ambroisie, relèvent de la même vigilance.
L’angoisse, deuxième signal de l’été 2026
Le bulletin de Santé publique France met en évidence un second signal, moins attendu. La hausse des recours aux soins pour angoisse chez SOS Médecins Bordeaux s’est poursuivie deux semaines de suite, à un niveau supérieur à celui de 2024 et de 2025 à la même période, accompagnée d’une recrudescence des actes pour état dépressif. En semaine 31, les actes pour angoisse représentaient 3,2 % de l’activité totale de SOS Médecins Bordeaux, soit 0,7 point de plus qu’une semaine plus tôt.
Ce signal ne doit pas être lu comme un effet toxique des fumées sur le psychisme. L’ANSES souligne précisément que les données disponibles ne permettent pas de séparer l’effet des fumées de celui de l’incendie pris dans son ensemble : l’évacuation, les pertes matérielles, la vue des panaches, l’exposition médiatique continue. La hausse mesurée est un effet de l’événement, pas la démonstration d’un mécanisme chimique. Elle reste un fait sanitaire, documenté, et cohérent avec le nombre de personnes déplacées : plus de 220 000 en Gironde, environ 38 000 dans les Landes.
Les gestes qui réduisent réellement l’exposition
Les consignes diffusées pendant le passage d’un panache par Santé publique France et par l’agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine tiennent en quelques lignes, et chacune répond à une logique simple : faire entrer moins de particules dans le logement, et en inhaler moins.
- limiter les déplacements et le temps passé à l’extérieur ;
- éviter les activités physiques en plein air, l’effort augmentant fortement le volume d’air inhalé ;
- garder portes et fenêtres fermées pendant le passage du panache ;
- occulter les aérations avec des linges humides ;
- arrêter la ventilation mécanique contrôlée (VMC) ;
- éviter d’ajouter des particules à l’air intérieur, notamment l’encens et les bougies ;
- surveiller les personnes à risque de son entourage.
Sur la protection respiratoire, les autorités nomment un niveau de filtration précis. Santé publique France écrit dans son bulletin : « En cas d’exposition aux fumées, les autorités sanitaires recommandent fortement de porter un masque de protection filtrant type FFP2. » L’ARS Nouvelle-Aquitaine, le 6 août 2026, mentionne les masques FFP2 ou FFP3, les deux textes demandant d’adapter la filtration à l’épaisseur des fumées et à la fragilité des personnes. Ces publications ne chiffrent pas l’efficacité obtenue, ne comparent pas ces masques à d’autres protections et ne recommandent aucun équipement de purification de l’air intérieur : ce qu’elles nomment, c’est un niveau de filtration, FFP2 au minimum, à porter dès lors que l’on se trouve exposé aux fumées.
Loin du feu, sous le panache
Le réflexe naturel consiste à situer le risque autour du foyer. Les mesures de l’été 2026 montrent l’inverse. Le panache girondin a fait grimper les PM10 à 505 µg/m³ en moyenne horaire à Limoges le 25 juillet, à l’autre extrémité de la région, lorsqu’il s’est déplacé vers le nord-est. Dans un tout autre contexte, Atmo Normandie a observé dans la nuit du 8 au 9 août 2026, à Gonfreville-l’Orcher, une hausse conjointe des PM2,5 et du monoxyde de carbone liée à des incendies locaux.
Cette dispersion est cohérente avec la physique des particules décrite plus haut : sous le micromètre, elles restent longtemps en suspension et voyagent sur plusieurs centaines de kilomètres. C’est pourquoi l’ANSES recommande d’envisager des mesures de protection y compris à distance du foyer, et non seulement dans la zone évacuée. Concrètement, les mêmes gestes valent sous un panache éloigné que dans la commune du foyer : ouvrants fermés, ventilation mécanique à l’arrêt, effort physique reporté — y compris là où aucune évacuation n’a été ordonnée et où rien ne brûle.
Après le feu : cendres, jardin et eau du robinet
La fin de l’épisode ne met pas fin aux consignes. Atmo Nouvelle-Aquitaine a accompagné la levée de l’épisode PM10 de recommandations portant sur les cendres, et l’ARS Nouvelle-Aquitaine a publié le 6 août 2026 des consignes régionales couvrant le nettoyage après incendie. Le point commun des deux textes est le maintien d’une protection respiratoire pendant ces opérations, avec le même niveau de filtration que pendant le panache — FFP2, ou FFP3 selon l’appréciation de l’ARS. La logique est celle décrite plus haut : les cendres sont le résidu de la même combustion de biomasse, et les remuer à sec peut remettre en suspension des particules de la même famille que celles mesurées pendant le panache.
De cette logique découlent des consignes précises, publiées par Santé publique France et par l’ARS Nouvelle-Aquitaine à l’intention des personnes qui regagnent leur domicile :
- ne pas balayer à sec, et n’utiliser ni aspirateur, ni souffleur, ni nettoyeur haute pression, trois gestes qui remettent les cendres en suspension au lieu de les retirer ;
- nettoyer à l’eau, en progressant du haut vers le bas ;
- laver et éplucher les légumes du jardin avant de les consommer ;
- purger l’eau du robinet pendant deux minutes avant de l’utiliser ;
- ne pas faire participer au nettoyage les personnes âgées, les personnes insuffisantes respiratoires ni les personnes atteintes de maladies cardiaques ; celles qui doivent malgré tout intervenir portent un masque FFP2 en permanence.
L’essentiel à retenir
- Autour des incendies de Gironde et des Landes, l’activité globale des urgences n’a pas augmenté, mais un signal ciblé sur l’asthme est apparu à Bordeaux Métropole du 24 au 26 juillet 2026, et une hausse des recours pour angoisse s’est prolongée deux semaines.
- Les effets respiratoires à court terme sont ce que l’ANSES établit le plus solidement ; les effets cardiovasculaires à court terme sont plus incertains et les effets de long terme ne sont pas conclus.
- À concentration égale de PM2,5, l’excès de risque respiratoire observé est 2 à 10 fois plus important pour des particules issues d’un feu que pour la pollution de fond — un rapport épidémiologique, pas une mesure de toxicité.
- La surveillance ne voit ni la médecine de ville ni les personnes qui n’ont pas consulté : l’absence d’afflux n’est pas l’absence d’effet.
- Les publics identifiés comme plus sensibles par l’ANSES sont les nourrissons et les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées, les personnes atteintes de maladies respiratoires ou cardiovasculaires, les personnes diabétiques, immunodéprimées ou dialysées, et les personnes en situation de précarité socio-économique.
- Les consignes officielles pendant un panache visent à réduire l’exposition : rester à l’intérieur, fermer portes et fenêtres, occulter les aérations avec des linges humides, arrêter la VMC, éviter l’effort physique dehors et porter un masque filtrant FFP2 en cas d’exposition aux fumées. Elles valent aussi loin du foyer, partout où le panache passe.
- Ces consignes portent sur l’exposition, jamais sur les traitements : aucun médicament respiratoire ou cardiaque ne se modifie seul à l’occasion d’un épisode de fumées, et une gêne respiratoire inhabituelle justifie un avis médical sans attendre.
Questions fréquentes
Les fumées d’un feu de forêt sont-elles dangereuses pour la santé ?
L’ANSES considère que les effets respiratoires à court terme sont les mieux établis : hausse des passages aux urgences et des hospitalisations pour asthme, bronchopneumopathie chronique obstructive, bronchite, bronchiolite et infections respiratoires, augmentation des symptômes respiratoires et de la consommation de bronchodilatateurs. Les effets sur le cœur et les vaisseaux à court terme sont décrits comme plus limités et hétérogènes, et les effets des expositions répétées ou de longue durée restent un besoin prioritaire de connaissances.
Que signifie un pic de 666 microgrammes par mètre cube de particules ?
C’est une moyenne sur une heure, relevée à la station Bordeaux–Grand Parc le 24 juillet 2026 en soirée pour les PM10. Le seuil français d’information et de recommandation, fixé à 50 microgrammes par mètre cube, se calcule quant à lui sur 24 heures. Les deux chiffres ne se rapportent pas à la même durée et ne se divisent donc pas l’un par l’autre : Atmo Nouvelle-Aquitaine précise elle-même qu’un pic horaire ne signifie pas que ce niveau s’est maintenu toute la journée.
Qui doit être particulièrement vigilant pendant un épisode de fumées ?
L’ANSES identifie comme plus sensibles les nourrissons et les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées, les personnes atteintes de maladies respiratoires ou cardiovasculaires, les personnes diabétiques, immunodéprimées ou dialysées, ainsi que les personnes en situation de précarité socio-économique. Cette liste ne délimite pas l’exposition : un adulte jeune qui vit avec un asthme y figure au titre de sa maladie respiratoire, et à Bordeaux, pendant l’épisode, les 15-44 ans ont fourni la majorité des actes de SOS Médecins pour asthme.
Quel masque les autorités recommandent-elles pendant un panache de fumée ?
Santé publique France recommande le port d’un masque filtrant de type FFP2 en cas d’exposition aux fumées. L’ARS Nouvelle-Aquitaine mentionne pour sa part les masques FFP2 ou FFP3, en demandant d’adapter le niveau de filtration à l’épaisseur des fumées et à la fragilité des personnes. Aucune des sources officielles mobilisées ici ne chiffre l’efficacité de ces masques ni ne les compare à d’autres protections.
Faut-il fermer les fenêtres et couper la ventilation quand la fumée arrive ?
C’est ce que prévoient les consignes officielles pendant le passage d’un panache : garder portes et fenêtres fermées, occulter les aérations avec des linges humides, arrêter la ventilation mécanique contrôlée, et éviter tout ce qui ajoute des particules à l’air intérieur, comme l’encens ou les bougies. La logique est simple : limiter l’entrée du panache dans le logement et ne pas aggraver la charge en particules de l’air respiré.
Faut-il adapter son traitement contre l’asthme pendant un épisode de fumées ?
Cette décision n’appartient qu’au médecin qui suit la personne. Aucun ajustement de bronchodilatateur, de corticoïde inhalé ou de traitement cardiaque ne doit être décidé seul à l’occasion d’un épisode de fumées. Les consignes publiques portent sur la réduction de l’exposition, pas sur la conduite thérapeutique. Une gêne respiratoire inhabituelle ou une crise qui ne cède pas au traitement habituel justifie un avis médical sans délai.