0,78 : ce chiffre résume l’association entre la consommation de café et les cancers ORL, ceux de la bouche, du pharynx et du larynx. Il provient d’une méta-analyse de 30 études parue en 2026 dans l’European Journal of Cancer Prevention, dont le résumé était public depuis mars. Rapporté au risque de départ, il pèse peu : les cancers de la bouche et du pharynx touchent environ un homme sur mille par an vers 60 ans.
Même en supposant que le café en soit la cause, ce qui n’est pas établi, le 0,78 ferait passer de 99 à environ 77 nouveaux cas pour 100 000 hommes de cet âge chaque année. C’est un plafond hypothétique, pas un bénéfice à attendre. Le tabac et l’alcool, eux, expliquent environ sept cancers ORL sur dix. Et le larynx va dans l’autre sens.
0,78 au global, 1,13 pour le larynx : les chiffres de la méta-analyse
Une méta-analyse ne produit pas de nouvelles observations : elle rassemble les résultats d’études déjà publiées et les combine en une estimation unique. Celle-ci est signée par une équipe de la King Abdulaziz University et d’hôpitaux saoudiens. Elle regroupe 30 études repérées dans quatre bases bibliographiques, avec une recherche arrêtée en mars 2025. Seule l’équipe d’auteurs est saoudienne : le résumé ne dit pas dans quels pays ont été recrutés les participants des 30 études.
L’article a été mis en ligne le 30 septembre 2026 et figure dans le numéro de novembre de la revue (volume 35, numéro 6). Son résumé, lui, était indexé dès mars 2026 et repris le 12 mars dans Nota Bene Cancer, la veille bibliographique de l’Institut national du cancer (INCa). Le résultat circule donc depuis sept mois.
Les auteurs ont combiné des odds ratios ajustés, c’est-à-dire corrigés par chaque étude de facteurs susceptibles de fausser la comparaison, puis les ont classés par nombre de tasses par jour. L’association globale vaut 0,78, avec un intervalle de confiance à 95 % de 0,72 à 0,86 : la fourchette dans laquelle la vraie valeur a de bonnes chances de se trouver. Par localisation, elle vaut 0,71 pour la bouche (0,63-0,80), 0,80 pour le pharynx (0,73-0,87) et 0,78 pour les voies aérodigestives supérieures sans précision (0,64-0,94). Le larynx fait exception, à 1,13 (1,04-1,24) : au-dessus de 1, l’association change de sens.
Les strates de consommation dessinent une ligne brisée. Entre 3 et 4 tasses par jour, l’odds ratio vaut 0,83 (0,70-0,99) ; au-delà de 3 tasses, 0,63 (0,52-0,74) ; au-delà de 4 tasses, 0,71 (0,55-0,92). Boire davantage ne s’accompagne pas d’un chiffre régulièrement plus bas. Une relation dose-effet régulière ne se lit pas dans ces trois valeurs. L’analyse INHANCE de 2024, elle, rapporte pour le café caféiné une tendance dose-effet statistiquement significative, sur l’ensemble des cancers ORL et sur plusieurs localisations. Les deux travaux divergent sur ce point, et une tendance statistique ne fait pas d’une tasse de plus une mesure de prévention. Les auteurs formulent d’ailleurs leur conclusion au conditionnel : le café pourrait réduire le risque. Et le résumé ne précise pas à quelle catégorie de consommateurs le 0,78 global est comparé.
Un odds ratio n’est pas un pourcentage de risque en moins
Ce chiffre se lit à rebours, des malades vers leurs habitudes passées. Dans une étude cas-témoins, on recrute des personnes atteintes d’un cancer (les cas) et des personnes indemnes comparables (les témoins), puis on les interroge sur ce qu’elles buvaient les années précédentes. On compare ensuite la proportion de buveurs de café dans chaque groupe. L’odds ratio rapporte entre elles deux « cotes », au sens des paris : le nombre d’exposés pour un non-exposé, chez les cas puis chez les témoins.
Un odds ratio de 0,78 signifie que la cote de l’exposition au café est 22 % plus basse chez les malades que chez les témoins. Ce n’est pas une probabilité de tomber malade. Ce n’est pas non plus « 22 % de risque en moins » pour un buveur de café. L’opération va des malades vers la tasse ; lue dans l’autre sens, de la tasse vers la maladie, elle donne un rapport de cotes, jamais un risque ni une probabilité.
Un raccourci existe pourtant. Quand une maladie est rare, et les cancers ORL le sont, l’odds ratio se rapproche du risque relatif, c’est-à-dire du rapport entre le risque des personnes exposées et celui des non-exposées. C’est ce qui autorise plus bas une conversion en nombre de cas. Elle donne un ordre de grandeur, pas davantage.
Reste la question de la cause. Une méta-analyse d’études observationnelles, où l’on constate des habitudes sans les attribuer, additionne la puissance statistique, pas le niveau de preuve. Aucun essai n’a fait boire du café à un groupe tiré au sort et pas à l’autre. Or les buveurs de café diffèrent des non-buveurs par le tabac, l’alcool, l’alimentation ou les revenus.
Les chercheurs corrigent ces écarts par le calcul. L’analyse poolée du consortium INHANCE, parue en décembre 2024 dans la revue Cancer, ajuste ainsi chaque étude sur le centre, l’âge, le sexe, l’origine, l’éducation, l’indice de masse corporelle, le nombre de cigarettes par jour, la durée du tabagisme (cigarette, cigare, pipe), le nombre de verres d’alcool par jour, les fruits et les légumes. Un tel ajustement réduit les écarts entre groupes sans les supprimer. Le résultat reste une association. La même prudence vaut pour toute association entre une boisson et un cancer, comme celle étudiée entre boissons sucrées et cancer de l’estomac.
Trente études poolées en odds ratios, une mémoire des tasses bues
Le résumé de la méta-analyse laisse dans l’ombre ce qui permettrait de juger la solidité du 0,78 : le nombre total de cas et de témoins, la part d’études cas-témoins et de cohortes (qui suivent des personnes en bonne santé dans le temps), l’hétérogénéité entre études, la catégorie de référence. Le texte intégral est payant. Ces quatre points restent donc ouverts, et seule sa lecture permettrait de les trancher.
Les études cas-témoins ont une faiblesse connue, que les auteurs d’INHANCE nomment eux-mêmes. La consommation est déclarée après le diagnostic, de mémoire, avec un risque d’erreur de classement. Ces auteurs jugent cette erreur probablement semblable chez les malades et chez les témoins, ce qui tirerait les estimations vers l’absence d’effet et sous-estimerait l’association plutôt que de la gonfler. Une erreur qui différerait entre les deux groupes leur paraît improbable. Les questionnaires diffèrent aussi d’une étude à l’autre : trois des études d’INHANCE ne relevaient le café qu’en tranches de tasses.
INHANCE offre surtout un point de comparaison indépendant : 14 études cas-témoins (7 européennes, 6 nord-américaines, 1 latino-américaine), 9 548 cas et 15 783 témoins, analysés sur données individuelles. Le signal y est plus faible. Au-delà de 4 tasses de café caféiné par jour contre aucune, l’odds ratio tous cancers ORL vaut 0,83, avec une borne haute à 1,00, à la limite de la significativité. Pour le simple fait de boire du café plutôt que de ne pas en boire, il vaut 0,90 (0,78-1,04) : pas d’association. Bouche et pharynx vont dans le même sens dans les deux travaux, avec des intensités différentes. Le 0,78 est l’estimation la plus favorable des deux.
| Localisation | Méta-analyse 2026 (30 études) | INHANCE 2024 (14 études cas-témoins) | Lecture |
|---|---|---|---|
| Ensemble des cancers ORL | 0,78 (0,72-0,86), association globale | 0,83 (0,69-1,00) au-delà de 4 tasses ; 0,90 (0,78-1,04) buveurs contre non-buveurs | Même sens, signal plus faible dans INHANCE |
| Bouche | 0,71 (0,63-0,80) | 0,70 (0,55-0,89) au-delà de 4 tasses | Concordance |
| Pharynx | 0,80 (0,73-0,87) | Oropharynx 0,78 (0,61-0,99) au-delà de 4 tasses ; hypopharynx 0,59 (0,39-0,91) à 3-4 tasses | Même sens |
| Larynx | 1,13 (1,04-1,24) | 1,16 (0,93-1,45) buveurs contre non-buveurs, non significatif | Signal contradictoire, inexpliqué |
Environ un homme sur mille par an vers 60 ans : le risque de départ en France
Un odds ratio ne vous dit rien de ce que vous pourriez gagner tant que vous ignorez le risque de départ. Pour les cancers de la lèvre, de la bouche et du pharynx, Santé publique France projette environ 13 900 nouveaux cas en 2023 en France hexagonale : 9 810 chez les hommes (fourchette de 8 890 à 10 823) et 4 072 chez les femmes (de 3 745 à 4 432). Ces estimations modélisent les données des registres du réseau Francim, observées jusqu’en 2018. Rapporté à la population, cela fait 30,3 nouveaux cas pour 100 000 hommes par an, environ trois sur dix mille, et 11,9 pour 100 000 femmes, un peu plus d’une sur dix mille.
Le risque se concentre chez les hommes après 50 ans. La courbe d’âge culmine entre 60 et 64 ans, avec 99,3 nouveaux cas pour 100 000 hommes par an, soit 1 969 diagnostics dans cette seule tranche. Cela fait environ un homme sur mille chaque année. Chez les femmes du même âge, le taux est de 34,5 pour 100 000 : environ une sur 2 900.
Le larynx manque à ce tableau. Le jeu de données de Santé publique France ne le couvre pas, et le chiffre retenu ici provient d’un Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) publié en 2018. Il compte 3 027 nouveaux cas chez les hommes et 415 chez les femmes de 30 ans et plus, en 2015, en France métropolitaine : environ 3 400 cas, à ajouter aux précédents. Le même BEH dénombrait cette année-là 10 192 et 3 060 cancers de la lèvre, de la cavité orale et du pharynx.
Ces cancers restent rares. Entre 60 et 64 ans, le risque annuel moyen de cancer de la bouche ou du pharynx se compte en un sur mille pour un homme, un sur 2 900 pour une femme. C’est une moyenne sur toute la population, fumeurs et non-fumeurs confondus, et non le risque d’une personne en particulier. Ce point commande toute la suite.
De 99 à 77 cas pour 100 000 : la conversion, si le lien était causal
Si le lien était causal et que l’odds ratio valait risque relatif, appliquer 0,78 aux hommes de 60 à 64 ans ferait passer de 99 à environ 77 nouveaux cas pour 100 000 par an. L’écart serait d’environ 22 cas pour 100 000 hommes chaque année, soit un sur 4 500. Chez les femmes du même âge, le taux passerait de 34,5 à environ 27 pour 100 000, soit sept à huit cas de moins pour 100 000 femmes.
Ramené à une salle de 4 500 hommes de cet âge, le calcul vous donne une image concrète. Quatre à cinq d’entre eux déclareraient dans l’année un cancer de la bouche ou du pharynx. Dans le meilleur des cas, le café en éviterait un.
Ce chiffre est un plafond hypothétique. Deux réserves s’empilent. La première : la causalité n’est pas établie, et rien ne dit qu’une partie de l’écart ne tient pas aux autres différences entre buveurs et non-buveurs. La seconde : le 0,78 ne compare pas « boire du café » à « ne pas en boire ». Le résumé ne précise pas sa catégorie de référence, il agrège des niveaux de consommation définis différemment d’une étude à l’autre, et ses valeurs les plus basses concernent les buveurs de plus de trois tasses par jour.
Pour la comparaison simple entre buveurs et non-buveurs, l’analyse INHANCE ne trouve aucune association. Le plafond calculé ici vaut donc, au mieux, pour une consommation élevée. Aux âges plus jeunes, où le risque de départ est nettement plus faible que dans la tranche de 60 à 64 ans, le même 0,78 déplacerait encore moins de cas. L’écart reste mince.
Tabac et alcool, sept cancers ORL sur dix et un effet qui se multiplie
Le tabac et l’alcool jouent dans une autre catégorie. En 2009, une analyse de 17 études cas-témoins européennes et américaines, portant sur 11 221 cas et publiée dans Cancer Epidemiology, Biomarkers & Prevention, a estimé la fraction attribuable au tabac ou à l’alcool, c’est-à-dire la part des cancers ORL liée à ces expositions. Elle atteint 72 % (de 61 à 79 %), environ sept cas sur dix. Le détail : 33 % pour le tabac seul, 4 % pour l’alcool seul, 35 % pour les deux associés. En Europe, la part monte à 84 %, plus de huit cas sur dix.
Selon la localisation, elle vaut 64 % pour la bouche, 72 % pour le pharynx et 89 % pour le larynx, près de neuf cas sur dix. En France, le BEH de 2018 attribuait 92 % des cancers du larynx diagnostiqués en 2015 aux facteurs de risque étudiés, tabac et alcool en tête.
Les deux expositions ne s’additionnent pas : elles se renforcent. Dans la même analyse de 2009, leur effet conjoint est plus que multiplicatif, avec un paramètre d’interaction de 2,15, là où un effet simplement multiplicatif donnerait 1. Fumer et boire expose donc à davantage que le produit des deux risques pris séparément.
Les deux mesures ne se comparent pas terme à terme. Une fraction attribuable dit quelle part des cas une exposition explique ; un odds ratio mesure une association. L’ordre de grandeur, lui, est sans ambiguïté. Arrêter le tabac ou réduire l’alcool agit sur la cause principale de ces cancers. Ajouter des tasses agit, au mieux, sur une association modeste. Le café ne compense pas le tabac.
Si vous fumez, la question utile porte donc sur la cigarette elle-même et sur la dépendance au tabac en Europe, pas sur le nombre de tasses. Aucune des données présentées ici ne fait du café une mesure de prévention.
Le larynx, seul site où le café va dans l’autre sens
Le larynx, l’organe de la voix, fait partie de ce que l’on appelle couramment la gorge. Dans la méta-analyse de 2026, c’est le seul site où l’association s’inverse : 1,13, avec un intervalle de 1,04 à 1,24 qui reste tout entier au-dessus de 1. Pris isolément, ce chiffre évoquerait un excès de cancers du larynx chez les buveurs de café.
L’analyse INHANCE de 2024 ne le confirme pas. L’odds ratio du café caféiné pour le larynx vaut 1,16 chez les buveurs comparés aux non-buveurs, mais son intervalle (0,93 à 1,45) inclut 1 : aucune association démontrée. C’est le thé, au-delà d’une tasse par jour, qui y est associé à un excès de cancers du larynx (1,38 ; de 1,09 à 1,74). Les auteurs avancent, à titre d’hypothèse, un reflux gastro-œsophagien favorisé par la théophylline que contient le thé.
Les méta-analyses antérieures citées par INHANCE divergent elles aussi. L’une, sur 10 études, concluait à un risque accru de cancer du larynx chez les buveurs de café ; une autre, sur 8 études, à l’absence d’association.
Une piste peut être posée, sans être tranchée. Le larynx est le site où le tabac et l’alcool pèsent le plus : 89 % des cas y sont attribuables au tabac ou à l’alcool dans l’analyse de 2009. Si l’ajustement sur le tabac est imparfait, c’est donc là qu’il pèse le plus sur le résultat. Aucune des deux sources n’établit pourtant que c’est l’explication. Il faudrait pour le savoir des données détaillées par niveau de tabagisme, que le résumé de 2026 ne fournit pas.
En l’état, le signal est faible, contradictoire d’un travail à l’autre et inexpliqué. Il interdit de parler du café et des cancers « de la gorge » en bloc. La gorge ne forme pas un bloc.
Groupe 3 au CIRC : ni cancérogène, ni protecteur reconnu
Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a réévalué le café en juin 2016, dans le volume 116 de ses monographies. Après examen de plus de 1 000 études, il l’a rangé dans le groupe 3, inclassable quant à sa cancérogénicité. En 1991, il l’avait placé dans le groupe 2B, peut-être cancérogène. Pour plus de vingt localisations de cancer, il jugeait les données non concluantes.
Ce classement mesure la force des preuves d’un danger, pas l’ampleur d’un risque. Le CIRC le précise dans son communiqué n° 244 du 15 juin 2016 : « La classification n’indique pas le niveau de risque pour la santé associé à l’exposition à un danger classé. » Traduit : le groupe 3 signifie données insuffisantes pour conclure. Ni sans danger, ni protecteur.
Le seul signal retenu par le CIRC porte sur la température, pas sur le café : les boissons très chaudes, au-delà de 65 °C, ont été classées probablement cancérogènes (groupe 2A) pour l’œsophage. Or l’œsophage ne fait pas partie des cancers ORL étudiés par la méta-analyse de 2026.
Côté mécanisme, la plausibilité existe, la preuve non. Le café contient de la caféine, des polyphénols, de la trigonelline, des acides chlorogéniques, du cafestol et du kahwéol. Sur des cellules cultivées en laboratoire, certains de ces composés montrent des effets antioxydants et antiprolifératifs, qui freinent la multiplication cellulaire. Aucune étude chez l’humain ne montre qu’ils agissent sur la muqueuse de la bouche.
Filtre, décaféiné, température, papillomavirus : les angles morts du chiffre
Le 0,78 laisse plusieurs questions sans réponse. Le résumé ne distingue pas le type de café, filtre, expresso ou soluble, ni la température à laquelle il est bu. Il ne dit rien du décaféiné. Des deux travaux récents, seule l’analyse INHANCE l’a testé, et y trouve une association pour les cancers de la bouche.
Les données ne distinguent pas non plus les cancers de l’oropharynx liés aux papillomavirus humains (HPV). Les auteurs d’INHANCE notent pourtant que l’incidence des cancers de l’oropharynx augmente régulièrement avec la diffusion de ces infections. Ces cancers sont inclus dans les analyses sans être isolés, et rien dans les données présentées ici ne dit si l’association avec le café vaut pour eux.
Ces études portent enfin sur la survenue d’un cancer, pas sur la récidive. Après un traitement pour un cancer ORL, elles ne disent rien de votre situation. La récidive reste hors champ.
Les repères de consommation relèvent d’une autre question, celle de la caféine : savoir combien de tasses de café par jour sont raisonnables ne se déduit pas de ces données sur le cancer, pas plus que la réponse à l’idée reçue selon laquelle le café déshydrate. Toute question personnelle sur ce risque, pour un fumeur ou une personne déjà soignée, se pose au médecin traitant ou au dentiste.
L’essentiel à retenir
- Le 0,78 résume une association entre café et cancers ORL dans 30 études observationnelles. Il ne prouve pas que le café en soit la cause.
- Les cancers de la lèvre, de la bouche et du pharynx touchent environ un homme sur mille par an entre 60 et 64 ans. Même si le lien était causal, le 0,78 éviterait au mieux 22 cas pour 100 000 hommes de cet âge chaque année.
- Le tabac et l’alcool expliquent environ sept cancers ORL sur dix, et leurs effets se renforcent.
- Le larynx va dans l’autre sens dans la méta-analyse, un signal que l’analyse INHANCE ne confirme pas : le café ne vaut pas pour la gorge en bloc.
- Aucune de ces données ne fait du café une mesure de prévention.
Questions fréquentes
Boire du café réduit-il le risque de cancer de la bouche ou de la gorge ?
Les études observent une association : les malades d’un cancer de la bouche ou du pharynx ont un peu moins souvent bu beaucoup de café. Il s’agit d’études observationnelles, qui ne prouvent pas que le café en soit la cause. Le larynx fait exception, avec un signal inverse dans la méta-analyse de 2026, que l’analyse INHANCE de 2024 ne confirme pas.
Que veut dire un odds ratio de 0,78 ?
Il compare la fréquence de la consommation de café chez des malades et chez des personnes indemnes. À 0,78, la cote de l’exposition est 22 % plus basse chez les malades. Ce n’est ni une probabilité de tomber malade, ni 22 % de risque en moins pour un buveur.
Combien de cancers cela représente-t-il ?
Vers 60-64 ans, environ un homme sur mille déclare chaque année un cancer de la lèvre, de la bouche ou du pharynx. Si le lien était causal, ce qui n’est pas établi, le 0,78 ferait passer de 99 à environ 77 cas pour 100 000 hommes par an. C’est un plafond hypothétique, valable au mieux pour une consommation élevée, et non un bénéfice que vous pourriez attendre de votre tasse.
Le café peut-il compenser le tabac ou l’alcool ?
Non. Le tabac et l’alcool expliquent environ sept cancers ORL sur dix, et leurs effets se renforcent au-delà d’une simple multiplication. Face à ces causes établies, le café ne présente qu’une association modeste, dont la nature causale reste à démontrer.
Pourquoi le cancer du larynx fait-il exception ?
La méta-analyse de 2026 trouve un odds ratio de 1,13 pour le larynx, soit une association dans l’autre sens. L’analyse INHANCE de 2024 ne trouve pas d’association significative pour le café, mais une pour le thé. Le signal reste faible, contradictoire et sans explication établie.
Le CIRC considère-t-il le café comme cancérogène ?
Non. Depuis 2016, le CIRC classe le café dans le groupe 3 : les données sont insuffisantes pour conclure. Ce classement ne fait pas du café un protecteur. Le seul signal retenu concerne les boissons très chaudes, au-delà de 65 °C, classées probablement cancérogènes pour l’œsophage.
