3,6 kg de plus, en moyenne, avec une fourchette plausible de 1,5 à 5,6 kg : c’est ce que le régime cétogène fait perdre au-delà du régime méditerranéen, dans des essais qui durent le plus souvent quelques semaines à quelques mois. Le méditerranéen fait maigrir lui aussi. Sur la glycémie, le LDL-cholestérol, la tension artérielle et l’inflammation, les écarts entre les deux ne sont pas significatifs.

Ce bilan provient d’une méta-analyse de 18 essais randomisés qui opposent directement les deux régimes chez l’adulte, mise en ligne le 21 septembre 2026 par la revue Reviews in Endocrine and Metabolic Disorders. Elle relève aussi deux marqueurs sanguins un peu plus bas sous cétogène, le cholestérol total et l’insuline à jeun, sans que ni l’un ni l’autre ne démontre un avantage pour le cœur ou pour le diabète.

Poids, tour de taille, LDL, tension : les critères retenus pour départager les deux régimes

Une méta-analyse ne produit pas de nouvelles mesures : elle rassemble des essais déjà publiés pour en tirer une estimation commune. Les quatre auteurs, rattachés à des établissements de Lanzhou, en Chine, et de Téhéran, en Iran, ont interrogé les bases bibliographiques depuis leur origine jusqu’à mars 2026. Sur 1 249 références trouvées, 848 restaient une fois les doublons retirés, 29 ont été lues en entier et 11 écartées. Restent 18 essais. L’article a été reçu le 10 mai 2026 et accepté le 8 septembre ; il ne déclare ni financement ni conflit d’intérêts.

Tous ces essais sont randomisés : les participants sont tirés au sort pour suivre l’un ou l’autre régime, ce qui rend les deux groupes comparables au départ. Une différence observée à la fin tient alors au régime plutôt qu’au profil des personnes. Chaque essai fournit un écart entre ses deux groupes, et la méta-analyse en calcule une moyenne pondérée, où les essais les plus précis pèsent davantage. Le modèle retenu, dit « à effets aléatoires », admet d’emblée que l’effet réel puisse varier d’un essai à l’autre.

Le résultat se lit ainsi : −3,56 kg (intervalle de confiance à 95 % : −5,62 à −1,49). Le premier nombre est l’estimation centrale. L’intervalle donne la fourchette dans laquelle l’écart réel se situe de façon plausible, ici entre 1,5 et 5,6 kg en faveur du cétogène. Tant que cette fourchette ne franchit pas zéro, l’écart est dit significatif. Quand elle va d’un signe à l’autre, il ne l’est pas.

Reste la nature des critères. Poids, tour de taille, glycémie, cholestérol, tension, protéine C réactive (CRP, un marqueur d’inflammation) : ce sont tous des marqueurs intermédiaires. Aucun des critères analysés n’est un infarctus, un accident vasculaire cérébral ou un décès. Être à égalité sur le LDL ne revient donc pas à être à égalité pour le cœur. Ce sont des signaux, pas des événements.

Côté cétogène : 3,6 kg et 4 cm de tour de taille de plus, en moyenne

Sur les 15 essais qui mesurent le poids, le groupe cétogène perd en moyenne 3,56 kg de plus que le groupe méditerranéen. Ce chiffre est une différence entre deux groupes, pas la perte d’une personne. L’autre groupe maigrit aussi : dans l’essai DIRECT, ses participants avaient perdu 4,4 kg au bout de deux ans ; dans l’essai Keto-Med, mené à Stanford, environ 7 % de leur poids en douze semaines. Pour une personne de 90 kg, 7 % représentent un peu plus de 6 kg.

Les autres mesures du corps vont dans le même sens. Le tour de taille baisse de 4,25 cm de plus sous cétogène (de −7,46 à −1,04 cm, 10 essais). Le pourcentage de masse grasse recule de 2,09 points de plus (de −3,98 à −0,20, 10 essais) : si le groupe méditerranéen termine à 35 % de masse grasse, le groupe cétogène termine vers 33 %. L’indice de masse corporelle (IMC), le poids rapporté au carré de la taille, baisse de 1,86 kg/m² de plus (de −2,73 à −0,98, 13 essais).

Ces deux derniers chiffres ne se convertissent pas l’un dans l’autre. Si vous mesurez 1,70 m, 1,86 kg/m² d’IMC correspondrait chez vous à environ 5,4 kg, nettement plus que les 3,56 kg mesurés sur le poids. L’écart vient de ce que les deux résultats reposent sur des lots d’essais différents, 13 pour l’IMC et 15 pour le poids. Chaque chiffre se lit sur son propre lot.

La moyenne recouvre des situations très dissemblables. L’indicateur d’hétérogénéité, noté I², atteint 86,3 % pour le poids : les essais divergent beaucoup plus que le seul hasard ne l’expliquerait. D’après les graphiques de la méta-analyse, figurent parmi les essais inclus un essai de Castaldo (2019), où l’écart est de 2,20 kg en faveur du méditerranéen, et, à l’autre extrémité, ceux de Deledda (2022) et de Farrell (2026), à −11,26 et −11,00 kg en faveur du cétogène. Ces deux écarts les plus forts proviennent d’essais de 11 et de 25 participants. La moyenne ne décrit aucun d’eux.

Pourquoi le cétogène ferait-il perdre davantage ? Une piste avancée est l’appétit. Dans un essai publié en 2020 dans la revue Obesity, mené sur 50 jeunes femmes en surpoids pendant dix jours, plus le taux sanguin de corps cétoniques — les molécules qui donnent son nom au régime — était élevé, plus les participantes se disaient rassasiées, et moins elles déclaraient avoir faim. C’est une corrélation observée sur 50 personnes en dix jours. Elle ouvre une piste, sans la démontrer.

Du protocole médical à 750 kcal au cétogène sans compter : un même nom pour des régimes différents

La méta-analyse range sous l’étiquette « cétogène » des pratiques qui n’ont pas grand-chose en commun au quotidien : le cétogène classique, le régime cétogène très basses calories (VLCKD, pour very low calorie ketogenic diet), le « low carb high fat », le régime Atkins et l’Atkins modifié. Le VLCKD est un protocole médical. Selon les lignes directrices européennes publiées en 2021 par l’Association européenne pour l’étude de l’obésité (EASO), il apporte moins de 50 g de glucides et environ 500 à 800 kcal par jour, sous la supervision d’un professionnel de santé. Atkins ou le « low carb high fat », eux, se suivent sans compter les calories.

Une partie de l’écart tient donc aux calories, et pas seulement aux glucides. Dans l’essai de Farrell, paru en février 2026 dans JHEP Reports, des adultes atteints de stéatose hépatique (un excès de graisse dans le foie), d’IMC compris entre 27 et 35, suivaient pendant douze semaines soit un VLCKD à 3 151 kJ par jour, soit un méditerranéen à 8 950 kJ. Converti, cela fait environ 750 kcal contre 2 140 kcal par jour : près de trois fois moins d’énergie côté cétogène. Les 14 participants du groupe cétogène ont perdu 13 % de leur poids, les 11 du groupe méditerranéen 4 %. Le groupe cétogène a ensuite reçu un traitement médicamenteux, le sémaglutide, à faible dose à partir de la 13ᵉ semaine.

Dans DIRECT, la configuration est inverse : le régime pauvre en glucides n’y était pas restreint en calories, le méditerranéen l’était. Et quand les deux régimes sont restreints, l’écart ne disparaît pas. Dans l’essai de Martínez-Montoro, publié en 2025 dans BMC Medicine auprès de 160 adultes obèses, tous les groupes étaient hypocaloriques ; au bout de trois mois, le cétogène faisait perdre 3,78 kg de plus que le méditerranéen (de −5,65 à −1,91 kg). Les calories expliquent une part de l’écart, pas tout.

Conséquence pratique : le cétogène que vous envisagez n’est pas forcément celui qui a été testé. Un chiffre obtenu sous protocole à 750 kcal encadré ne vaut pas pour un Atkins suivi chez soi.

Côté méditerranéen : glycémie, LDL, tension et inflammation sans écart significatif

Sur la plupart des marqueurs sanguins et sur la tension, le méditerranéen n’est pas distancé. La glycémie à jeun, l’hémoglobine glyquée (HbA1c, qui reflète l’équilibre du sucre sanguin sur plusieurs semaines), le LDL-cholestérol, le HDL-cholestérol, les triglycérides, la tension systolique et diastolique et la CRP ne diffèrent pas de façon significative entre les deux régimes. Chaque intervalle va d’un signe à l’autre. Le détail figure dans le tableau plus bas.

« Pas de différence significative » ne veut pas dire « effets identiques ». Tout dépend de la largeur de la fourchette. Pour le LDL, l’écart moyen est de +0,11 mg/dl, avec un intervalle de −6,58 à +6,80 mg/dl sur 12 essais. Traduit dans l’unité des bilans français, cela fait moins de 0,07 g/L dans un sens comme dans l’autre : l’égalité est mesurée avec une bonne précision. Pour la glycémie à jeun, l’écart est de −3,81 mg/dl, soit 0,04 g/L, avec un intervalle qui s’arrête à +0,29 mg/dl. Pour l’HbA1c, −0,13 point, intervalle arrêté à +0,01. Ces deux fourchettes frôlent zéro : une petite baisse supplémentaire sous cétogène reste possible, sans être démontrée.

Deux marqueurs, eux, diffèrent. Le cholestérol total baisse de 9,71 mg/dl de plus sous cétogène (de −17,79 à −1,62, 9 essais), soit environ 0,1 g/L, avec des essais concordants (I² de 0 %). Mais le LDL ne bouge pas en moyenne, et le résumé ne précise pas quelle fraction du cholestérol porte cette baisse. On ne peut donc pas en déduire un bénéfice cardiovasculaire.

L’insuline à jeun baisse de 3,15 µU/ml de plus sous cétogène (de −5,02 à −1,28). Ce résultat repose sur 6 essais seulement, dont un pèse à lui seul 48,6 % du calcul : d’après les graphiques de la méta-analyse, l’analyse secondaire de DIRECT publiée en 2020 dans Diabetes Care. Il ne s’accompagne pas d’une HbA1c différente. Aucun avantage n’est donc démontré sur le contrôle du diabète.

Certains essais vont même à rebours de la moyenne sur la silhouette. Dans celui de Di Rosa, publié en 2022, 268 personnes ont été tirées au sort : le VLCKD faisait atteindre 5 % de poids perdu en un mois, contre trois mois sous méditerranéen, mais c’est le méditerranéen qui réduisait le plus le tour de taille et la masse grasse.

Le LDL, critère à surveiller sous cétogène

La moyenne du LDL est neutre. Un essai, pourtant, tranche avec elle. Keto-Med, publié en 2022 dans l’American Journal of Clinical Nutrition, a fait suivre à 40 adultes prédiabétiques ou diabétiques de type 2 douze semaines de cétogène et douze semaines de méditerranéen, dans un ordre tiré au sort. Ce schéma dit « croisé » compare chaque personne à elle-même. Sur les 33 participants analysés, le LDL montait de 10 % sous cétogène et baissait de 5 % sous méditerranéen. Si votre bilan affiche un LDL à 1,30 g/L, +10 % le portent à 1,43 g/L. Sur les graphiques de la méta-analyse, Keto-Med se détache seul, avec un LDL plus haut de 29,70 mg/dl sous cétogène, soit environ 0,3 g/L.

Le même essai ne départage pas les régimes sur le reste. L’HbA1c n’y différait pas entre les deux régimes, les triglycérides baissaient de 16 % sous cétogène contre 5 %, et les apports en fibres et en trois nutriments étaient plus faibles sous cétogène. Côté poids, −8 % contre −7 % : les auteurs relèvent un effet de l’ordre dans lequel les régimes étaient suivis, qui les empêche de conclure.

Les auteurs de la méta-analyse détectent par ailleurs un biais de publication sur le LDL et les triglycérides. Le terme désigne un lot d’essais publiés qui ne reflète pas tous les essais menés : certains résultats manquent probablement, et la moyenne en est fragilisée. Le signal de Keto-Med reste donc entier. C’est ce critère qui fait du bilan lipidique un point de suivi à discuter avec votre médecin, détaillé dans l’article sur les risques du régime cétogène.

Salade grecque fraîche dans un bol en verre isolé sur blanc

Les deux régimes face à face, critère par critère

Le tableau se lit dans ce sens : chaque valeur est le résultat du groupe cétogène moins celui du groupe méditerranéen. Un chiffre négatif signifie une valeur plus basse sous cétogène, ce qui n’est pas toujours souhaitable : pour le HDL, le « bon » cholestérol, c’est l’inverse. Un écart non significatif n’équivaut pas à une égalité parfaite. Et les durées connues de ces essais sont surtout courtes.

Régime cétogène contre régime méditerranéen : écart moyen sur chaque critère (méta-analyse de 18 essais randomisés, 2026)
CritèreÉcart cétogène moins méditerranéen (intervalle à 95 %)EssaisLecture
Poids−3,56 kg (−5,62 à −1,49)15Écart significatif, très dispersé d’un essai à l’autre
IMC−1,86 kg/m² (−2,73 à −0,98)13Écart significatif, lot d’essais distinct du poids
Tour de taille−4,25 cm (−7,46 à −1,04)10Écart significatif
Masse grasse−2,09 points (−3,98 à −0,20)10Écart significatif, borne proche de zéro
Insuline à jeun−3,15 µU/ml (−5,02 à −1,28)6Écart significatif, un essai pèse près de la moitié
Cholestérol total−9,71 mg/dl (−17,79 à −1,62)9Écart significatif, environ 0,1 g/L
LDL-cholestérol+0,11 mg/dl (−6,58 à +6,80)12Pas d’écart significatif, fourchette étroite ; biais de publication détecté
HDL-cholestérol+0,54 mg/dl (−1,66 à +2,75)12Pas d’écart significatif
Triglycérides−8,03 mg/dl (−17,33 à +1,26)12Pas d’écart significatif ; biais de publication détecté
Glycémie à jeun−3,81 mg/dl (−7,90 à +0,29)12Pas d’écart significatif, borne proche de zéro
HbA1c−0,13 point (−0,27 à +0,01)6Pas d’écart significatif, borne proche de zéro
Tension systolique−1,50 mmHg (−5,84 à +2,84)9Pas d’écart significatif
Tension diastolique−0,40 mmHg (−2,49 à +1,69)8Pas d’écart significatif
CRP (inflammation)Non significatif (I² 82,7 %)4Pas d’écart significatif, essais très dispersés

Trois mois ou deux ans : l’avantage cétogène s’amenuise avec la durée

L’avantage cétogène est mesuré surtout sur des semaines ou des mois. Les durées connues de quelques essais qui figurent parmi les essais inclus, d’après les graphiques de la méta-analyse, le montrent : dix jours pour l’essai sur l’appétit, douze semaines pour Keto-Med et Farrell, trois mois pour Martínez-Montoro et Deledda, trois mois au plus pour Di Rosa, deux ans pour DIRECT. Le texte intégral n’est pas librement consultable, et les données accessibles ne précisent pas la durée de chacun des 18 essais : aucune durée moyenne ne peut donc être donnée.

Parmi les essais dont la durée est connue, DIRECT est le seul à atteindre deux ans. Publié en 2008 dans le New England Journal of Medicine, il a suivi 322 adultes en obésité modérée, âgés de 52 ans en moyenne, d’IMC 31, à 86 % des hommes. Au bout de deux ans, le groupe pauvre en glucides non restreint en calories avait perdu 4,7 kg, le méditerranéen hypocalorique 4,4 kg, le groupe pauvre en graisses 2,9 kg. Entre les deux premiers, 0,3 kg d’écart : douze fois moins que la moyenne de la méta-analyse. L’adhésion y restait élevée, 95,4 % à un an et 84,6 % à deux ans. À deux ans, l’écart tient en 300 grammes.

Le même mouvement apparaît à plus grande échelle. Une méta-analyse en réseau, qui compare de nombreux régimes à la fois, y compris ceux jamais opposés directement, a réuni dans The BMJ en 2020 121 essais et 21 942 patients. À six mois, le régime Atkins y faisait perdre 5,5 kg de plus qu’une alimentation habituelle. À douze mois, la perte diminuait pour tous les régimes, et les bénéfices sur les facteurs de risque cardiovasculaire disparaissaient presque, sauf pour le méditerranéen.

C’est dans ce contexte que se lit la conclusion des auteurs, formulée dans la conclusion du résumé de leur article : « Si le régime cétogène peut procurer une perte de poids plus importante à court terme, le régime méditerranéen pourrait rester une stratégie alimentaire durable pour la santé cardiométabolique à long terme. » La phrase avance prudemment, avec un « peut » puis un « pourrait », et ses deux moitiés n’ont pas le même appui. La première découle de leurs données. La seconde non : leur méta-analyse ne mesure ni l’adhésion à long terme, ni des événements cardiaques.

L’argument de durabilité vient d’ailleurs. Dans Keto-Med, lors du suivi de douze semaines, le méditerranéen était jugé plus tenable, et le cétogène apportait moins de fibres. La méta-analyse du BMJ en fait le seul régime dont les bénéfices sur les facteurs de risque cardiovasculaire persistent à douze mois. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) rappelait dès 2010 que plus on enchaîne les régimes, plus on favorise la reprise de poids. Un essai sur la durée longue côté méditerranéen est présenté dans l’article consacré à trois ans de régime méditerranéen hypocalorique.

Qui tranche, et sur quels critères

Les essais portent sur des adultes en surpoids ou obèses, parfois prédiabétiques ou diabétiques de type 2, parfois atteints de stéatose hépatique, souvent en petit nombre : 11 patients récemment diagnostiqués diabétiques dans l’essai de Deledda, 25 dans celui de Farrell, 33 analysés dans Keto-Med. Si votre poids est normal, ces résultats ne parlent pas de vous ; ils ne valent pas non plus pour un enfant, pendant la grossesse, ni pour le régime cétogène prescrit dans l’épilepsie, qui relève d’une autre indication. La question de savoir à qui ce régime convient est développée dans l’article le régime cétogène est-il adapté à tout le monde.

Aucun des deux régimes ne sort des essais avec un avantage sur tous les plans. Les critères qui départagent sont individuels. Votre objectif d’abord : perdre quelques kilos en quelques mois, ou tenir une alimentation pendant des années. Votre état de santé et vos traitements en cours ensuite, en particulier un diabète traité. Votre bilan lipidique, au vu du signal sur le LDL. Enfin votre capacité à tenir des restrictions fortes au quotidien. Ces critères se discutent avec votre médecin traitant.

Le cas du VLCKD est encadré. Les lignes directrices de l’EASO envisagent son usage dans l’obésité, après examen des contre-indications, sous la supervision d’un professionnel de santé, et rappellent que tout traitement diététique doit être personnalisé. L’Anses, de son côté, estime qu’un régime amaigrissant ne se justifie médicalement qu’en cas d’excès de poids effectif, et qu’il doit être pris en charge par des spécialistes. Un régime n’est pas un geste anodin.

Côté méditerranéen, la définition du régime est détaillée dans ce qu’on appelle régime méditerranéen, et ses effets documentés dans les bienfaits du régime méditerranéen. Le débat de fond sur le cétogène est présenté dans les controverses sur le régime cétogène.

Avant de changer d’alimentation. Un régime cétogène, a fortiori très basses calories, se discute avec le médecin traitant, en particulier en cas de diabète traité, de maladie chronique ou de traitement en cours. Un traitement ne se modifie pas seul en raison d’un régime. Un bilan lipidique de suivi fait partie des points à aborder.

L’essentiel à retenir

  • Les deux régimes font maigrir. En moyenne, le cétogène fait perdre 3,56 kg de plus que le méditerranéen, avec une fourchette de 1,5 à 5,6 kg et des essais très dispersés.
  • Cet avantage est mesuré surtout sur quelques mois. Dans DIRECT, suivi deux ans, l’écart n’est plus que de 0,3 kg.
  • Glycémie, HbA1c, LDL, HDL, triglycérides, tension et CRP ne diffèrent pas de façon significative. Cholestérol total et insuline à jeun baissent un peu plus sous cétogène, sans bénéfice démontré pour le cœur ou le diabète.
  • Seuls des marqueurs intermédiaires ont été analysés : ni infarctus ni décès parmi les critères.
  • Le LDL reste le point de vigilance documenté côté cétogène. Le choix se discute avec le médecin, selon l’objectif, la santé et la durée envisagée.

Source : Kun X, Roostaee A, Safarpour Lima Z, Rohani P, « Comparative effects of ketogenic diets and mediterranean diets on obesity and metabolic outcomes : a systematic review and meta-analysis », Reviews in Endocrine and Metabolic Disorders, mis en ligne le 21 septembre 2026, DOI 10.1007/s11154-026-10086-x.

Questions fréquentes

Combien de kilos de plus fait perdre le régime cétogène par rapport au méditerranéen ?

En moyenne 3,56 kg de plus, sur 15 essais randomisés, avec une fourchette plausible de 1,5 à 5,6 kg. C’est une différence entre deux groupes, pas la perte d’une personne. Les essais divergent fortement, de 2,2 kg en faveur du méditerranéen à 11 kg en faveur du cétogène.

Le régime cétogène fait-il monter le cholestérol ?

En moyenne, le LDL-cholestérol ne diffère pas entre les deux régimes. Le cholestérol total baisse d’environ 0,1 g/L de plus sous cétogène, sans que la méta-analyse précise quelle fraction porte cette baisse ni qu’un bénéfice pour le cœur en découle. Mais dans l’essai Keto-Med, où les mêmes personnes ont suivi les deux régimes, le LDL montait de 10 % sous cétogène et baissait de 5 % sous méditerranéen. Un biais de publication est en outre détecté sur le LDL, ce qui fragilise la moyenne.

Quel régime pour une personne diabétique ?

La méta-analyse ne trouve pas d’écart significatif sur la glycémie à jeun ni sur l’HbA1c. La baisse plus nette de l’insuline à jeun sous cétogène repose sur 6 essais, dont un pèse près de la moitié, et ne s’accompagne pas d’une HbA1c différente : aucun avantage n’est démontré sur le contrôle du diabète. Un diabète traité impose d’en parler au médecin avant tout changement d’alimentation.

Combien de temps dure l’avantage du régime cétogène ?

Il est mesuré surtout sur quelques semaines à quelques mois. Dans l’essai DIRECT, suivi deux ans, l’écart entre régime pauvre en glucides et méditerranéen n’était plus que de 0,3 kg. Tous régimes confondus, la perte de poids s’érode à douze mois, selon une méta-analyse en réseau publiée en 2020 dans The BMJ.

Peut-on suivre un régime cétogène seul ?

Le régime cétogène très basses calories, à 500 à 800 kcal par jour, se pratique selon les lignes directrices européennes sous la supervision d’un professionnel de santé, après examen des contre-indications. L’Anses estime qu’un régime amaigrissant ne se justifie qu’en cas d’excès de poids réel et relève de spécialistes. Toutes formes confondues, un régime cétogène se discute avec le médecin traitant, en particulier en cas de diabète traité, de maladie chronique ou de traitement en cours.

Le régime méditerranéen fait-il maigrir ?

Oui. Dans l’essai DIRECT, le méditerranéen hypocalorique a fait perdre 4,4 kg en deux ans, contre 4,7 kg pour le régime pauvre en glucides. Dans Keto-Med, la perte était d’environ 7 % du poids en douze semaines, contre 8 % sous cétogène, un écart que les auteurs de l’essai ne jugent pas interprétable.