Dix à quinze minutes de fenêtres ouvertes chaque jour, y compris quand le chauffage tourne : c’est le premier geste que l’Observatoire de la qualité des environnements intérieurs (OQEI) recommande pour faire baisser les particules fines et l’humidité des logements. L’enjeu se chiffre notamment chez les enfants. Si l’air de tous les logements passait sous le repère de 9 microgrammes de particules fines par mètre cube, environ 24 000 nouveaux cas d’asthme de l’enfant seraient évités sur une année, soit à peu près un nouveau diagnostic sur huit. L’humidité et les moisissures pèsent un peu plus lourd, autour d’un sur sept, avec une estimation bien plus resserrée.

Ces estimations figurent dans un rapport de 309 pages, réalisé par des équipes de l’Anses (l’agence nationale de sécurité sanitaire) avec la contribution de Santé publique France, et mis en ligne fin septembre 2026. La page de l’observatoire n’affiche aucune date ; les fichiers déposés sur son serveur officiel sont horodatés du 29 septembre, date que retiennent aussi deux relais de presse indépendants. Le rapport, qui porte sur la France continentale, s’appuie sur la campagne nationale Logements 2 (CNL2), qui a mesuré l’air de 571 logements entre novembre 2020 et février 2023. Pour vous, la date utile n’est pas celle du rapport. C’est la remise en route du chauffage, qui ouvre la période où les fenêtres restent le plus souvent fermées.

Avant d’ouvrir les fenêtres : repérer ce qui charge l’air de son logement

Une particule fine qui flotte dans votre séjour a deux origines possibles. Elle vient de la rue, par infiltration, ou du logement lui-même : combustion, tabac, cuisson, produits ménagers. Les PM2,5, ces particules de moins de 2,5 micromètres de diamètre, mélangent donc toujours les deux. Aérer fait baisser la part produite à l’intérieur, mais fait entrer celle du dehors. Le geste agit sur vos propres sources, pas sur la pollution de la rue.

C’est pour cette raison que l’OQEI ne s’en remet pas à un geste unique. Il combine l’aération, la réduction des sources intérieures et l’action collective sur l’air extérieur. Ce dernier levier n’a rien de marginal. Le rapport rappelle qu’en France hexagonale, la pollution atmosphérique d’origine humaine aux PM2,5 pèse près de 20 % des nouveaux cas annuels d’asthme de l’enfant, soit environ un sur cinq, d’après des travaux publiés en 2025 sur la période 2016-2019.

Quelles sources intérieures comptent le plus ? Un autre rapport de l’OQEI, daté de mai 2025 et mis en ligne en 2026, a cherché ce qui distingue, dans la campagne CNL2, les logements les plus chargés en particules fines. Par ordre de contribution au modèle statistique viennent le nettoyage des surfaces avec un nettoyant chimique, le fait d’habiter un appartement plutôt qu’une maison, le niveau de particules à l’extérieur, puis le tabagisme à l’intérieur. Quand on fume dans le logement, les concentrations sont en moyenne 1,55 fois plus élevées à autres facteurs égaux : une fois et demie le niveau d’un logement comparable sans tabac.

Ces facteurs restent des associations, pas des causes démontrées. Le modèle n’explique qu’une faible part des écarts entre logements, et l’essentiel de la variation tient à des éléments qu’il ne capture pas. Il donne des pistes de repérage. Il ne classe pas les gestes par efficacité.

Deux autres sources se repèrent sans instrument. La cuisson au gaz d’abord, présente dans environ un logement sur trois pendant la campagne CNL2, contre 45 % lors de la première campagne nationale, menée en 2003-2005. L’humidité ensuite : des signes d’humidité ou des moisissures visibles apparaissent dans au moins une pièce de 38 % des logements, près de quatre sur dix, une part en baisse de 8 points. Les moisissures visibles seules concernent 24 % des logements, environ un sur quatre, et elles ont progressé depuis la première campagne. L’OQEI y lit une dégradation de l’état des logements, étroitement liée à la précarité énergétique.

Aérer en hiver, geste par geste

La recommandation de l’observatoire tient en une phrase, publiée parmi les gestes individuels de la synthèse du rapport : « Aérer 10 à 15 minutes par jour même en hiver, et systématiquement lors d’activités émettrices, pour renouveler l’air. » Autrement dit, elle contient deux consignes distinctes. La première est une aération quotidienne courte, quelle que soit la température extérieure. La seconde est une aération supplémentaire chaque fois que vous produisez vous-même des polluants.

Le « même en hiver » n’est pas une formule de style. L’état des lieux de la ventilation et de l’aération publié par l’OQEI en juin 2026 montre que la saison de chauffe est le point faible. Pendant cette période, les fenêtres ne sont jamais ou que rarement ouvertes la nuit dans 87 % des cas, près de neuf foyers sur dix. En journée, elles restent ouvertes plus d’une heure dans 51 % des cas, contre 85 % hors chauffe. Et c’est au même moment que fonctionnent les chauffages individuels, bois et cheminée compris.

Déroulé dans une journée d’hiver, le geste se décompose ainsi, d’après les recommandations de l’OQEI :

  1. Une fois par jour, 10 à 15 minutes. L’aération courte renouvelle l’air de la pièce sans attendre une activité particulière. Elle vaut aussi par temps froid.
  2. Pendant et après une activité émettrice. Le bricolage, par exemple : l’observatoire demande d’aérer systématiquement à ces moments-là. Les particules se diluent quand l’air est renouvelé pendant l’émission et juste après.
  3. Pendant la cuisson. La fenêtre y est le réflexe le plus répandu : près de 74 % des foyers en ouvrent une en préparant le repas, trois sur quatre. La hotte n’est utilisée que par près de 43 % des foyers, et tous les jours par 17 % seulement, moins d’un sur cinq. Le grand débit de la VMC (ventilation mécanique contrôlée) n’est enclenché que par 15,6 % des foyers, environ un sur six.
  4. Sans rajouter de sources. L’OQEI recommande d’éviter de fumer à l’intérieur, de limiter bougies, encens et sprays parfumés, de faire un usage raisonné des produits ménagers et de choisir des matériaux peu émissifs d’après leur étiquetage.

Une donnée manque, et elle compte. L’OQEI ne précise pas de combien ces 10 à 15 minutes font baisser les concentrations de particules dans votre logement : le rapport et sa synthèse donnent cette durée comme une consigne, sans en chiffrer l’effet. Pour la quantifier, il faudrait comparer l’air d’un même logement avant et après aération, ce que ces publications ne fournissent pas.

La ventilation, l’autre moitié du geste

Ouvrir la fenêtre et laisser tourner la ventilation ne font pas le même travail. Les particules se diluent quand l’air est fortement renouvelé, pendant et juste après l’activité qui les émet. L’humidité s’évacue en continu par les bouches d’extraction placées dans les pièces humides : cuisine, salle de bains, WC. Couper la VMC l’hiver pour garder la chaleur supprime précisément ce second levier. La fenêtre ne remplace pas la ventilation.

Près d’un logement sur deux est équipé d’une VMC, le plus souvent une simple flux autoréglable, d’après l’état des lieux publié par l’OQEI en juin 2026. Moins d’un sur quatre fonctionne en ventilation naturelle. Et 15 % n’ont aucun système spécifique, soit environ un logement sur sept. La part des VMC a gagné 18 points en quinze ans.

Car une ventilation présente n’est pas une ventilation qui fonctionne. Les relevés de la campagne CNL2 ont trouvé des bouches de VMC encrassées dans près de 16 % des cas, environ une sur six, et obturées dans 3 % des cas. Environ 2 % des entrées d’air, par où l’air neuf pénètre dans le logement, étaient bouchées ou masquées. Surtout, le débit mesuré était nul dans 15 à 17 % des mesures. Au total, seuls 10 % des logements avaient tous leurs débits minimaux conformes dans la cuisine, la salle de bains et les WC. Un sur dix.

Les consignes de l’OQEI sur ce point sont trois : ne pas obstruer les entrées et les sorties d’air, ne pas couper la ventilation, entretenir les bouches. Si votre logement a une VMC, leur traduction concrète tient en une vérification. L’air sort-il vraiment par vos bouches d’extraction ? Un système installé mais encrassé ou arrêté ne joue plus son rôle contre l’humidité.

La hotte de cuisine complète le dispositif, avec une limite. Deux tiers des logements en possèdent une, mais près de 60 % des logements collectifs n’en ont pas, six sur dix. Si vous vivez en immeuble, votre hotte est le plus souvent une hotte à recyclage : elle filtre l’air et le renvoie dans le logement au lieu de l’évacuer. Dans ce cas, la VMC et la fenêtre restent les seules voies de sortie.

Après : à quoi ressemble un logement sous 9 µg/m³

Le repère retenu par l’OQEI est la valeur guide de qualité d’air intérieur (VGAI) de l’Anses pour les PM2,5 : 9 microgrammes par mètre cube d’air en exposition de long terme. Le rapport de l’observatoire attribue cette valeur à l’Anses et la date de 2026 ; c’est cette référence, telle que le rapport l’utilise, qui sert à tous les calculs qui suivent. Une cible intermédiaire, moins exigeante, a été testée à 16 µg/m³.

Sur l’ensemble du parc simulé à partir des mesures, la concentration médiane de particules fines atteint 16 µg/m³. Un quart des logements seulement se situe à 9 µg/m³ ou moins. Environ trois logements sur quatre dépassent donc la valeur guide. Le logement « moyen » respire un air près de deux fois plus chargé que le repère.

Un second pourcentage circule, et il ne contredit pas le premier. Le rapport sur les déterminants des particules, daté de mai 2025 et mis en ligne en 2026, indique que près de 70 % des logements dépassent au moins une fois sur la semaine de mesure la valeur repère journalière de 10 µg/m³, fixée en 2013 par le Haut Conseil de la santé publique. Le premier chiffre décrit un niveau de long terme comparé à 9 µg/m³. Le second compte les logements qui franchissent 10 µg/m³ au moins un jour. Deux seuils, deux définitions, deux résultats compatibles.

C’est l’écart entre ces deux niveaux, 16 et 9 µg/m³, qui porte presque tout le bénéfice estimé. Si tous les logements descendaient à la cible intermédiaire de 16 µg/m³, le rapport ne compte qu’environ 190 cas d’asthme de l’enfant évités par an, dans un intervalle allant de 0 à 43 400. À 9 µg/m³, il en compte environ 24 000 ; son estimation médiane est de 24 150, avec un intervalle de 620 à 66 100. Pour l’hypertension artérielle de l’adulte, le contraste est du même ordre : environ 930 cas évités à 16 µg/m³, 47 900 à 9 µg/m³.

Le gain ne se cache donc pas dans quelques logements très pollués. Il se joue dans la masse des logements ordinaires, ceux qui se situent autour de la médiane et qu’il faudrait faire passer de « moyen » à « propre ». Trois logements sur quatre appartiennent à cette masse.

Un mur blanc avec une tache grise dessus

Particules, moisissures, tabac : trois poids différents sur l’asthme de l’enfant

Les « 24 000 cas évités » ne désignent pas des enfants rendus malades par leur logement. Il s’agit de cas incidents, c’est-à-dire de nouveaux diagnostics posés sur une année, qui n’apparaîtraient pas si tous les logements passaient sous 9 µg/m³. Rapportés à l’ensemble des nouveaux cas, ils représentent une fraction attribuable médiane d’environ 12 %, soit à peu près un nouveau cas sur huit. La fraction attribuable mesure la part des cas qui disparaîtrait avec l’exposition, à l’échelle de toute la population.

Ce chiffre se lit dans ce sens-là, à partir de la population entière : on retire une exposition et on compte les cas qui disparaissent. Il ne permet pas de remonter d’un enfant asthmatique à la cause de sa maladie. L’asthme a plusieurs causes, et rien dans ces chiffres ne dit si l’asthme d’un enfant donné vient de son logement.

Trois sources se comparent sur cette base. L’élimination des signes d’humidité ou des moisissures visibles éviterait 28 400 nouveaux cas d’asthme de l’enfant par an, une fraction attribuable de 14 %, environ un sur sept. L’élimination du tabagisme passif à domicile en éviterait 9 600, soit 5 %, un sur vingt ; près d’un adulte de 18 à 75 ans sur cinq y était exposé chez lui en 2018. L’humidité pèse aussi sur l’asthme de l’adulte, avec une fraction attribuable de 12 %, et sur les infections respiratoires basses de l’enfant, avec 14 %.

Ces chiffres ne s’additionnent pas. Un même enfant peut vivre dans un logement humide, enfumé et chargé en particules : compter chaque cas trois fois gonflerait artificiellement le total. Le rapport le précise, et son Conseil scientifique le rappelle. Aucun total de malades ne peut être tiré de ces lignes.

Leur solidité diffère tout autant. L’intervalle interquartile, la fourchette qui contient la moitié centrale des estimations du modèle, va de 620 à 66 100 cas pour l’asthme lié aux particules ; pour l’hypertension liée aux particules, il s’étend de 24 à 133 400 cas. Pour l’humidité, il reste entre 24 100 et 32 400 ; pour le tabac, entre 8 600 et 10 500. Le chiffre le plus repris est le plus incertain. Les estimations sur l’humidité et le tabac sont nettement plus robustes que celles sur les particules.

Deux autres lignes complètent le tableau. Le respect de 9 µg/m³ éviterait aussi 14 400 nouveaux cas de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) de l’adulte par an, dans un intervalle de 0 à 38 600 : moins de cas que l’asthme, mais davantage d’années vécues avec une incapacité. Pour la cuisson au gaz, le rapport estime que sa disparition correspondrait à 42 200 cas d’asthme actuel de l’enfant en moins. Ce sont des cas prévalents, c’est-à-dire des enfants déjà asthmatiques à un moment donné, et non de nouveaux diagnostics : ce chiffre ne se compare pas directement aux autres.

Asthme de l’enfant : cas évitables par an selon la source
Source et scénarioCas évités (médiane)Intervalle interquartileFraction attribuable
Particules fines PM2,5, respect de 9 µg/m³environ 24 000 (24 150)620 à 66 100environ 12 %
Humidité ou moisissures visibles, élimination28 40024 100 à 32 40014 %
Tabagisme passif à domicile, élimination9 6008 600 à 10 5005 %
Cuisson au gaz, élimination (cas prévalents d’asthme actuel, non comparables)42 20033 600 à 50 30010 %

Source : rapport de l’OQEI, septembre 2026. Les lignes ne s’additionnent pas : un même enfant peut être exposé à plusieurs sources.

Ce qui peut mal se passer, et à quelle fréquence

Le premier risque est une ventilation qui ne ventile plus. Les mesures déjà citées en donnent l’échelle : un débit nul dans 15 à 17 % des relevés, des bouches encrassées dans près d’un cas sur six, un logement sur dix seulement entièrement conforme. Rien de tout cela ne se voit sans vérifier.

Le deuxième tient au calendrier. La saison de chauffe concentre les fenêtres fermées la nuit, dans près de neuf foyers sur dix, et les aérations de jour plus courtes. C’est aussi la saison où les chauffages à combustion tournent. Le défaut est saisonnier.

Le troisième touche l’humidité elle-même. Près de quatre logements sur dix présentent des signes d’humidité ou de moisissures dans au moins une pièce, et les moisissures visibles ont progressé depuis la campagne de 2003-2005. L’OQEI relie ce phénomène à la précarité énergétique et à l’état du bâti. Une partie du levier humidité échappe donc au geste individuel. Le rapport ne la fait pas porter aux seuls occupants.

Restent quatre polluants que le rapport traite à part : le radon, le benzène, le formaldéhyde et le dioxyde d’azote. À l’échelle du pays, les bénéfices globaux d’une baisse apparaissent limités. Mais près d’un logement sur cinq dépasse encore les valeurs de référence pour l’un d’eux, et l’OQEI recommande d’agir en priorité sur ces logements-là. Un bénéfice national modeste n’exclut pas des dépassements locaux.

Combien coûtent les maladies évitables

Le rapport chiffre trois catégories de coûts. Les coûts directs médicaux correspondent aux soins. Les pertes de production mesurent l’activité économique perdue du fait de la maladie. Les coûts intangibles valorisent en euros la perte de qualité de vie, selon deux méthodes, celle de Santé publique France et celle du Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan.

Pour l’asthme de l’enfant attribuable aux particules fines, au-dessus de 9 µg/m³, les montants médians sont de 858 millions d’euros de soins, un peu moins d’un milliard, et de 780 millions de pertes de production. Les coûts intangibles se situent entre 0,98 et 2,97 milliards d’euros selon la méthode. Ils dépassent donc à peine les coûts de soins dans l’hypothèse basse, et en représentent plusieurs fois le montant dans l’hypothèse haute. Pour l’asthme de l’enfant lié à l’humidité et aux moisissures, le rapport retient 995 millions de soins, 905 millions de pertes de production et 1,1 à 3,4 milliards de coûts intangibles.

La BPCO de l’adulte attribuable aux particules fines pèse plus lourd encore côté qualité de vie : 892 millions de soins, 180 millions de pertes de production, mais 1,8 à 5,5 milliards de coûts intangibles. Le respect de la valeur guide pour les particules porterait à lui seul environ 80 % des gains économiques totaux estimés, autour de quatre euros sur cinq : un peu plus selon le rapport, un peu moins selon sa synthèse. Comme les cas, ces montants ne s’additionnent pas d’un polluant à l’autre.

Ces milliards ne sont pas des euros décaissés. Les coûts intangibles sont une valorisation économique de la qualité de vie perdue, pas une dépense de l’Assurance maladie. Ils ne correspondent pas davantage à un reste à charge des familles ni à ce que vous payez au comptoir. Seuls les coûts directs médicaux renvoient à des soins.

Jusqu’où vont ces estimations

Le périmètre est précis : la population de France continentale, exposée de façon chronique dans son logement sur 2020-2023, et la morbidité seulement. La mortalité n’est pas prise en compte, ce qui ne signifie pas qu’elle soit nulle. Le Conseil scientifique de l’OQEI, dans un avis adopté le 5 juin 2026, cautionne les méthodes et les conclusions, tout en soulignant leurs limites.

La principale tient à la transposition. Les relations entre dose et risque utilisées ont été établies pour l’air extérieur. Le calcul suppose donc qu’une particule de cuisson a la même toxicité qu’une particule de trafic, ce qui n’a pas été démontré. À l’inverse, l’exclusion de la mortalité et de certains coûts, comme ceux des aidants, minore les fardeaux. Les deux biais tirent en sens opposés.

Le Conseil scientifique ferme aussi une porte, à propos d’un premier chiffrage paru en 2014 sur les données de la campagne de 2003-2005 : « Toute comparaison avec l’étude exploratoire du coût socio-économique des polluants de l’air intérieur publiée en 2014 […] est à proscrire. » Méthodes, polluants et effets étudiés diffèrent. Les deux séries de chiffres ne mesurent pas la même chose.

Le rapport mesure enfin ce qui a déjà été gagné. Depuis le début des années 2000, les concentrations de toluène, de formaldéhyde, de benzène et de particules fines ont baissé de 40 à 80 %. Cette baisse aurait évité ou réduit entre 16 000 et 43 300 cas d’asthme de l’enfant. L’OQEI l’attribue à la réglementation, au renouvellement du parc, à la substitution de substances, à l’étiquetage obligatoire des produits de construction, à la baisse de la pollution extérieure et aux comportements. L’essentiel du progrès est venu de décisions collectives.

L’essentiel à retenir

  • L’OQEI recommande d’aérer 10 à 15 minutes par jour, même en hiver, et à chaque activité émettrice ; l’effet chiffré de ce geste n’est pas mesuré.
  • La fenêtre dilue les particules, la ventilation évacue l’humidité : couper ou boucher la VMC supprime ce second levier.
  • Un logement sur dix seulement a tous ses débits de ventilation conformes.
  • Environ 24 000 cas d’asthme de l’enfant par an seraient évités sous 9 µg/m³, un nouveau cas sur huit, avec une forte incertitude ; 28 400 pour l’humidité, estimation plus solide.
  • Ces chiffres ne s’additionnent pas et ne désignent la cause de l’asthme d’aucun enfant en particulier.

Questions fréquentes

Faut-il aérer son logement en hiver, même par grand froid ?

Oui, selon l’OQEI, qui recommande d’aérer 10 à 15 minutes par jour même en hiver, et systématiquement lors d’activités émettrices comme le bricolage. La saison de chauffe est celle où les fenêtres restent le plus souvent fermées. L’observatoire ne chiffre pas de combien ce geste fait baisser les particules.

Peut-on couper la VMC en hiver pour garder la chaleur ?

L’OQEI recommande de ne pas couper la ventilation, de ne pas obstruer les entrées et sorties d’air et d’entretenir les bouches. La fenêtre dilue les particules émises ponctuellement ; la ventilation évacue l’humidité en continu depuis les pièces humides. Couper la VMC supprime ce second levier, que l’aération ne remplace pas.

Que signifient les 24 000 cas d’asthme de l’enfant évités ?

Ce sont de nouveaux diagnostics qui n’apparaîtraient pas sur une année si tous les logements passaient sous 9 µg/m³ de particules fines, soit environ un nouveau cas sur huit. L’estimation est très incertaine : sa fourchette centrale va de 620 à 66 100 cas.

Peut-on additionner les cas liés aux particules, à l’humidité et au tabac ?

Non. Le rapport précise que les résultats par polluant ne s’additionnent pas, parce qu’un même enfant peut être exposé à plusieurs sources. Les 28 400 cas liés à l’humidité et les 9 600 liés au tabagisme passif se lisent séparément des 24 000 liés aux particules.

Les milliards d’euros cités sont-ils payés par l’Assurance maladie ?

Non pour l’essentiel. Les coûts intangibles, jusqu’à environ 3 milliards d’euros pour l’asthme de l’enfant lié aux particules, valorisent la perte de qualité de vie. Ce ne sont ni des dépenses de l’Assurance maladie ni un reste à charge des familles. Les soins eux-mêmes sont chiffrés à 858 millions d’euros.

Le logement est-il la cause de l’asthme d’un enfant ?

Ces chiffres ne permettent pas de le dire pour un enfant donné : ce sont des fractions attribuables calculées à l’échelle de la population, et l’asthme a plusieurs causes. Aérer n’est pas un traitement. Tout symptôme respiratoire chez un enfant relève du médecin traitant ou du pédiatre.