Le choléra circule fort dans une poignée de pays en crise, mais un voyageur qui boit une eau sûre et mange cuit y reste peu exposé. C’est l’évaluation que l’ECDC, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, publie dans sa mise à jour mensuelle du 2 octobre 2026 : faible probabilité d’infection pour qui se rend dans les pays touchés, importation sporadique de cas en Europe possible. Le risque passe par une chaîne précise, l’eau et les aliments souillés, que quelques gestes suffisent à couper.
Faible ne veut pas dire nul. Une diarrhée aqueuse très abondante dans les cinq jours qui suivent une exposition, pendant le séjour ou après le retour, appelle une réhydratation et une consultation rapides. Le vaccin, lui, se discute pour quelques profils, humanitaires et intervenants d’urgence en tête, et ne dispense d’aucune précaution.
Où le choléra circule à l’automne 2026
Trois nouveaux cas sur quatre signalés ce dernier mois viennent d’un seul pays. Du 26 août au 28 septembre 2026, 46 153 nouveaux cas de choléra et 140 décès ont été déclarés dans le monde, selon le rapport hebdomadaire de l’ECDC sur les menaces de maladies transmissibles, daté du 2 octobre (données arrêtées au 28 septembre). L’Afghanistan en compte 34 378, environ 74 % du total, des cas suspects de diarrhée aqueuse aiguë plutôt que des choléras tous confirmés. Suivent la République démocratique du Congo (RDC, 8 505 cas), le Yémen (1 885), l’Angola (748) et le Congo voisin (299).
Les décès dessinent une autre carte. La RDC en concentre 107 sur 140, environ trois sur quatre, loin devant le Yémen (13), l’Afghanistan (10), l’Angola (7) et le Congo (5). Onze pays seulement ont signalé de nouveaux cas sur la période : Afghanistan, Angola, Bangladesh, Congo, RDC, Haïti, Mozambique, Pakistan, Somalie, Yémen et Zambie. Le choléra de 2026 est massif, mais concentré. Parler d’épidémie mondiale ne renseigne donc pas sur une destination précise : la question utile porte sur le pays, puis sur les conditions du séjour.
Le mois du rapport n’est pas un mois d’épidémie. Il rassemble les déclarations nationales arrivées pendant la période, chacune couvrant sa propre fenêtre : du 20 juillet au 14 septembre pour l’Afghanistan, soit huit semaines ; du 9 août au 13 septembre pour la RDC, l’Angola et le Congo, cinq semaines ; du 29 juin au 7 septembre pour le Yémen, dix semaines. S’y ajoutent 2 080 cas signalés après coup pour des périodes antérieures au 26 août, dont 2 000 au Pakistan et 80 en Haïti.
Le total se lit donc comme un relevé de courrier, pas comme une courbe. Les 46 153 cas du dernier mois, contre 42 717 sur la période précédente (27 juillet-26 août), mesurent ce qui a été déclaré, pas ce qui a été contracté : l’écart d’environ 3 400 cas peut tenir au calendrier des envois autant qu’à l’épidémie. Rien ne montre une accélération. Les décès passent de 257 à 140 sur les mêmes périodes, avec la même réserve.
| Pays | Nouveaux cas (fenêtre de déclaration) | Cas cumulés en 2026 | Décès cumulés en 2026 | Cas en 2025 à date proche |
|---|---|---|---|---|
| Afghanistan (cas suspects de diarrhée aqueuse aiguë) | 34 378 (20 juillet-14 septembre) | 115 346 (au 14 septembre) | 55 | 129 325 (au 15 septembre 2025) |
| RDC | 8 505 (9 août-13 septembre) | 41 687 (au 13 septembre) | 1 050 | 32 456 au 8 juillet 2025, date non comparable |
| Yémen | 1 885 (29 juin-7 septembre) | 7 328 (au 7 septembre) | 20 | 76 347 (au 8 septembre 2025) |
| Angola | 748 (9 août-13 septembre) | 6 651 | 127 | — |
| Congo | 299 (9 août-13 septembre) | 988 | 65 | — |
| Mozambique | 116 (9 août-13 septembre) | 7 814 | 66 | — |
Un tiret signale l’absence de point 2025 à date comparable. La ligne du Mozambique reprend le paragraphe que le même rapport de l’ECDC consacre à ce pays : 116 nouveaux cas déclarés du 9 août au 13 septembre 2026. Les chiffres afghans recouvrent des cas suspects de diarrhée aqueuse aiguë, et non des cas tous confirmés de choléra : la comparaison avec les autres pays se fait sous cette réserve.
Des chiffres déclarés qui sous-estiment l’épidémie
Les 249 136 cas signalés dans le monde depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 sont un plancher. L’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans son aide-mémoire sur le choléra, estime le fardeau réel entre 1,3 et 4 millions de cas et entre 21 000 et 143 000 décès par an. Ramenée à neuf mois, la borne basse représente encore près de quatre fois ce qui a été déclaré. L’ECDC prévient lui-même que ses données mêlent sources officielles et non officielles, médias compris, et que définitions de cas, dépistage, surveillance et sous-déclaration varient d’un pays à l’autre.
Le silence d’un pays ne vaut pas bonne nouvelle. Quatorze pays africains, dont le Nigeria, le Soudan, l’Éthiopie et le Kenya, ainsi que l’Inde, le Myanmar et Taïwan, n’ont transmis aucune mise à jour depuis le 26 août. Leur absence du tableau du mois signale un manque de données, pas la fin d’une épidémie. Le Soudan du Sud montre l’écart possible entre deux bases : l’OMS y recensait 5 918 cas et 68 décès du 1ᵉʳ janvier au 26 avril 2026, l’ECDC 457 cas du 1ᵉʳ janvier au 13 septembre. La série la plus longue compte la plus petite somme. Aucun chiffre unique ne peut en être tiré : les deux institutions agrègent des déclarations différentes, et rien dans leurs documents n’indique laquelle est la plus complète.
La létalité, c’est-à-dire la part des malades déclarés qui meurent, varie d’un facteur cinquante selon les chiffres de l’ECDC. Dans le monde, elle s’établit en 2026 autour de 0,8 %, moins d’un malade sur cent. En RDC, elle atteint 2,5 %, un malade déclaré sur quarante ; en Angola 1,9 %, environ deux sur cent ; en Afghanistan 0,05 %, un sur deux mille. L’écart ne tient pas à la bactérie. L’Afghanistan déclare des diarrhées aqueuses aiguës qui ne sont pas toutes du choléra, et l’OMS rappelle que la définition des cas pèse sur la létalité calculée. Le reste se joue sur l’accès à la réhydratation : l’OMS vise moins de 1 % de décès dans un centre de traitement.
Un recul sur un an qui ne vaut pas pour chaque pays
Sur un an, les cas déclarés ont reculé d’environ 43 % selon l’ECDC : 249 136 au 28 septembre 2026, contre 436 268 à la même date en 2025, soit un peu plus de quatre cas sur dix en moins. Les décès baissent d’environ 56 %, de 4 449 à 1 970. L’OMS, sur ses données au 28 juin 2026, mesurait un recul de 49,5 % des cas et de 57 % des décès, avec 163 031 cas de choléra et de diarrhée aqueuse aiguë et 1 686 décès dans 26 pays. En juin, les nouveaux cas déclarés ont augmenté de 60 % par rapport à mai, seize cas pour dix le mois précédent, sur fond de flambée dans l’État de Borno, au Nigeria. Les deux séries ne s’arrêtent pas à la même date : elles ne se fusionnent pas.
Ce recul tient à quelques pays. Le Yémen passe de 76 347 cas au 8 septembre 2025 à 7 328 au 7 septembre 2026, environ dix fois moins. L’Afghanistan, lui, ne recule que d’un cas sur dix environ : 129 325 au 15 septembre 2025, 115 346 au 14 septembre 2026. Pour la RDC et la plupart des pays africains, le point 2025 du rapport est arrêté à une autre date, ce qui interdit de tracer une tendance pays par pays. Une baisse mondiale ne dit rien d’une destination.
Qui est réellement exposé, et pourquoi le voyageur l’est peu
Le choléra s’attrape en avalant de l’eau ou des aliments contaminés par Vibrio cholerae, la bactérie en cause, présente dans les selles des personnes infectées. Les symptômes apparaissent entre 12 heures et 5 jours plus tard, selon l’OMS. La transmission suppose donc un défaut d’eau sûre et d’assainissement. C’est la situation des populations que l’OMS décrit comme les plus touchées : conflits, déplacements de population, catastrophes et événements climatiques, surtout en zone rurale ou inondée, là où l’accès aux soins est limité.
En voyage, vous n’êtes pas condamné à cette situation. En buvant une eau en bouteille ou traitée et en mangeant cuit, vous coupez la chaîne dès le premier maillon. Votre risque est faible parce que la chaîne est cassable, pas par chance. Les CDC, l’agence sanitaire fédérale des États-Unis, rangent pourtant parmi les plus exposés, à côté des humanitaires, des réfugiés, des déplacés et de toute personne privée d’eau et d’aliments sûrs, les voyageurs qui se rendent en zone d’endémie ou d’épidémie. Selon eux, le voyageur qui applique constamment les précautions sur l’eau, les aliments, l’assainissement et l’hygiène des mains n’a pratiquement aucun risque d’infection : la protection tient à la constance des gestes.
L’ECDC formule son évaluation en une phrase, dans la section 10 du rapport de la semaine 40, consacrée au choléra : « bien que la probabilité d’infection par le choléra pour les voyageurs visitant ces pays reste faible, l’importation sporadique de cas dans l’UE/EEE est possible ». Traduit : un voyageur a peu de chances d’être infecté, mais des cas arrivent de temps à autre en Europe au retour d’un séjour.
Les décomptes donnent l’ordre de grandeur. Dans l’Union européenne et l’Espace économique européen (UE/EEE), 16 cas importés ont été recensés en 2024 dans huit pays, à peine plus d’un par mois pour l’ensemble. On en comptait 12 en 2023, 29 en 2022, 2 en 2021, aucun en 2020 et 25 en 2019, Royaume-Uni inclus, tous après un séjour en zone touchée. Aux États-Unis, les CDC recensent 39 cas confirmés liés au voyage entre 2017 et 2022, six à sept par an, dont près de sept sur dix après un séjour en Asie du Sud ou en Afrique. Ces chiffres ne sont pas rapportés au nombre de voyageurs partis : ils situent un ordre de grandeur, pas un risque par voyage. Depuis 2025, seuls les cas acquis localement remontent au niveau européen, les cas importés étant déclarés à l’OMS une fois par an ; la série européenne s’arrête donc à 2024.
Deux formules semblent se contredire. L’OMS classe le risque mondial lié au choléra comme très élevé, avec un milliard de personnes exposées selon ses données au 26 avril 2026, quand l’ECDC juge faible le risque pour le voyageur. La première porte sur les populations des pays touchés et la capacité de réponse des systèmes de santé ; la seconde, sur la probabilité qu’un voyageur européen soit infecté. Les deux tiennent ensemble.
Mayotte 2024, une transmission locale sur le sol français
Une transmission locale reste possible sur le sol français. À Mayotte, Santé publique France a recensé 221 cas à partir du 18 mars 2024, dont 214 confirmés et 7 probables. Neuf sur dix, 199 exactement, avaient été contractés sur place ; 22 étaient importés. Quatorze malades sont passés en réanimation, cinq décès ont été imputés au choléra et deux autres l’ont été partiellement. Au point du 29 juillet 2024, aucun cas n’avait été signalé depuis le 12 juillet. Dans les décomptes européens de 2019 à 2024 rapportés par l’ECDC, tous les cas avaient séjourné en zone touchée. Pour un séjour dans l’océan Indien, d’autres repères figurent dans l’article consacré au fait de voyager à Madagascar quand on est senior.

Eau, aliments, mains : les gestes qui coupent la transmission
Chaque précaution listée par l’ECDC, et reprise par les CDC, vise un maillon précis de la chaîne. L’eau en bouteille ou chlorée écarte l’eau locale non traitée : le chlore rend l’eau sûre. Les aliments bien cuits ne transmettent plus la bactérie, que la cuisson complète détruit. Si vous lavez fruits et légumes à l’eau locale, le rinçage les recontamine : d’où l’eau en bouteille ou chlorée. Les fruits de mer crus sont exclus pour une raison simple : ils échappent à la cuisson. Le lavage régulier des mains au savon complète la liste.
Deux conséquences découlent directement de la règle sur l’eau, sans figurer telles quelles dans la liste de l’ECDC. Les glaçons de votre verre sont souvent faits à l’eau du robinet. L’eau qui rince votre verre aussi. Une règle comprise s’applique là où la liste se tait, ce qu’une simple liste ne permet pas.
Le principe de la chloration, et ce qu’elle garantit dans l’eau distribuée, est détaillé dans l’article sur le chlore dans l’eau du robinet. Pour le choléra, la logique est la même : une eau traitée ne porte plus la bactérie.
Le vaccin, utile pour quelques profils seulement
Le vaccin contre le choléra ne vise pas le voyageur ordinaire. L’ECDC en fixe le périmètre dans le même rapport, sans détour : « La vaccination doit être envisagée pour les voyageurs exposés à un risque d’infection plus élevé, comme les intervenants d’urgence et humanitaires susceptibles d’être directement exposés. La vaccination n’est généralement pas recommandée pour les autres voyageurs. » Pour évaluer votre risque personnel, l’agence conseille un avis dans un centre de médecine des voyages.
En France, les recommandations 2026 du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) n’ont pas modifié l’indication pour les voyageurs, d’après la synthèse qu’en a publiée MesVaccins.net, le document primaire n’ayant pas pu être consulté. L’évaluation du risque individuel, en zone d’endémie (où la maladie circule en permanence) ou d’épidémie, passe par un centre de vaccinations internationales. La synthèse cite deux vaccins utilisables dès 2 ans : Dukoral, inactivé, et Vaxchora, vivant atténué. La disponibilité effective de Vaxchora en France à l’automne 2026 n’est pas établie, et son schéma n’est pas détaillé ici.
L’efficacité de Dukoral vient d’un essai randomisé, où le hasard répartit les participants entre vaccin et comparaison : mené au Bangladesh de 1985 à 1988 sur 89 152 personnes de 2 à 65 ans, il a mesuré 85 % de cas en moins sur six mois. Sur cent cas attendus sans vaccin, une quinzaine sont survenus. Ce pourcentage s’applique au risque de départ. Pour un touriste qui suit les règles d’eau et d’alimentation, ce risque est déjà faible, et le gain absolu reste minime. Pour un humanitaire ou un soignant en zone d’épidémie, le même pourcentage pèse lourd. D’où la position de l’ECDC et du HCSP.
Les essais ont été menés sur des habitants, pas sur des voyageurs venus d’Europe : au Bangladesh, région d’endémie, et au Pérou, que la notice officielle du vaccin classe en région non endémique. Leurs résultats varient : 85 % de protection à court terme chez des militaires au Pérou, aucune efficacité démontrée la première année dans un autre essai péruvien. Le résumé des caractéristiques du produit (RCP), la notice de référence validée par l’Agence européenne des médicaments, indique Dukoral contre V. cholerae O1 dès 2 ans pour un séjour en zone d’endémie ou d’épidémie, selon les recommandations officielles, et précise qu’il ne doit pas remplacer les mesures de protection habituelles. Le vaccin s’ajoute aux règles d’hygiène.
À l’échelle mondiale, l’OMS a préqualifié trois vaccins oraux, Dukoral, Euvichol-Plus et Euvichol-S, et indique que deux doses protègent l’adulte au moins trois ans. La production est passée d’environ 30 millions de doses en 2022 à 80 millions en 2025, près de trois fois plus. Les campagnes de masse n’en utilisent pas moins une dose unique depuis octobre 2022, faute de stock.
Après 65 ans, un calendrier et un coût à anticiper
Au-delà de 65 ans, les essais de Dukoral ne fournissent que des données limitées : l’essai du Bangladesh s’arrêtait à cet âge. La protection décroît, de 76 % la première année à 60 % la deuxième chez l’adulte et l’enfant dès 6 ans. Le schéma compte deux doses chez l’adulte (trois entre 2 et 6 ans), espacées d’au moins une semaine, à reprendre si plus de six semaines les séparent, et terminées au moins une semaine avant l’exposition. Si vous partez le 1ᵉʳ décembre, le schéma adulte suppose ainsi une première dose au plus tard le 17 novembre. Un rappel unique dans les deux ans maintient la protection de l’adulte ; au-delà, la primovaccination est à refaire. Le vaccin ne garantit rien de plus à un senior, d’où l’intérêt d’un avis en centre de vaccinations internationales.
Le coût s’ajoute au calendrier. Au centre de vaccinations internationales du CHRU de Strasbourg, dans la grille des prix datée du 1ᵉʳ novembre 2025 sur le document lui-même, Dukoral est affiché à 65 €, sans la mention de remboursement par la Sécurité sociale que la grille porte pour d’autres vaccins ; la consultation coûte 30 € en semaine. Ce montant n’a pas pu être rattaché à une dose ou à une boîte, et les prix varient d’un centre à l’autre. Aucun coût total du schéma ne s’en déduit. Les autres étapes de préparation sont détaillées dans l’article sur la façon de préparer un voyage lointain après 60 ans.
Diarrhée aqueuse pendant ou après le séjour : quand consulter
Pour un voyageur, le danger n’est pas l’infection : c’est la déshydratation. La plupart des personnes infectées n’ont aucun symptôme, tout en excrétant la bactérie pendant 1 à 10 jours, et la plupart des malades font une forme légère ou modérée, selon l’OMS. Environ un épisode sur dix, d’après les CDC, prend la forme d’une diarrhée aqueuse sévère dont la déshydratation peut menacer la vie.
Le signe qui fait sortir du risque faible est donc précis. Il s’agit d’une diarrhée aqueuse très abondante dans les cinq jours qui suivent une exposition possible, pendant votre séjour ou après votre retour. Elle relève d’une solution de réhydratation orale (SRO), qui remplace l’eau et les sels perdus, et d’une consultation rapide. La plupart des cas se traitent ainsi. Les formes sévères relèvent de l’hôpital : perfusions, SRO et antibiotiques, décidés par l’équipe soignante. Avec une réhydratation rapide, la létalité passe sous 1 %, indiquent les CDC.
Repère de prudence. Une diarrhée très abondante, comme de l’eau, dans les cinq jours suivant un séjour en zone où circule le choléra, justifie que vous consultiez rapidement, même une fois rentré chez vous. Aucun antibiotique ne se prend sans avis médical, et un traitement en cours ne se modifie pas seul.
Jusqu’à quand la vigilance s’impose
Aucune date de fin n’est attendue. Le choléra est endémique dans plusieurs pays et flambe avec les conflits, les déplacements de population et les inondations, rappelle l’OMS. La hausse mondiale de 60 % en juin, portée par l’État de Borno au Nigeria, montre qu’une flambée locale suffit à faire remonter le total d’un mois à l’autre. La vigilance se règle donc sur deux paramètres : la destination et la date du voyage. Un état des lieux d’octobre ne vaut pas pour votre départ en février.
Où vérifier la situation avant de partir
L’ECDC publie une mise à jour mondiale chaque mois dans son rapport hebdomadaire sur les menaces de maladies transmissibles : la dernière le 2 octobre 2026, la précédente le 28 août, cinq semaines plus tôt. Vous y trouvez, pays par pays, les nouveaux cas et décès déclarés. L’agence suit de la même façon d’autres maladies liées aux voyages, comme la dengue et le chikungunya en France. Pour décider d’un vaccin, vous trouverez l’avis adapté à votre séjour dans les recommandations 2026 du HCSP et auprès d’un centre de vaccinations internationales.
L’essentiel à retenir
- Le choléra de 2026 est concentré : l’Afghanistan pèse environ trois nouveaux cas sur quatre (des cas suspects de diarrhée aqueuse aiguë), la RDC trois décès sur quatre.
- L’ECDC juge le risque faible pour le voyageur, pas nul : de 0 à 29 cas importés par an dans l’UE/EEE entre 2019 et 2024.
- Eau en bouteille ou chlorée, aliments bien cuits, fruits et légumes rincés à l’eau sûre, pas de fruits de mer crus : chaque geste coupe un maillon.
- Le vaccin se discute surtout pour les humanitaires et intervenants d’urgence, ne remplace pas les règles d’hygiène et relève d’un avis en centre de vaccinations internationales.
- Une diarrhée aqueuse très abondante dans les cinq jours suivant une exposition, pendant ou après le séjour, appelle réhydratation et consultation rapide.
Questions fréquentes
Faut-il se faire vacciner contre le choléra pour un voyage ?
Pas en règle générale. L’ECDC estime que la vaccination doit être envisagée pour les voyageurs plus exposés, comme les intervenants d’urgence et humanitaires, et ne la recommande généralement pas aux autres. En France, les recommandations 2026 du HCSP sont inchangées : le risque individuel s’évalue en centre de vaccinations internationales, selon la destination et le séjour.
Quels pays sont touchés par le choléra en 2026 ?
Onze pays ont signalé de nouveaux cas entre fin août et fin septembre 2026 : Afghanistan, Angola, Bangladesh, Congo, RDC, Haïti, Mozambique, Pakistan, Somalie, Yémen et Zambie. D’autres, dont le Nigeria, le Soudan, l’Éthiopie, le Kenya et l’Inde, n’ont transmis aucune mise à jour depuis le 26 août. Leur absence de la liste ne signifie pas que le choléra y a disparu.
Peut-on attraper le choléra en France ?
Dans l’UE/EEE, les cas recensés par l’ECDC de 2019 à 2024 avaient tous séjourné en zone touchée : 16 dans l’UE/EEE en 2024. Mayotte a en revanche connu en 2024 une transmission locale, avec 199 cas contractés sur place sur 221 recensés. Le risque est faible, il n’est pas nul.
Que faire en cas de diarrhée au retour d’un voyage ?
La plupart des infections par le choléra passent sans symptômes ou restent légères à modérées. Une diarrhée aqueuse très abondante dans les cinq jours suivant une exposition possible justifie toutefois une solution de réhydratation orale et une consultation rapide, car le danger vient de la déshydratation. Aucun antibiotique ne se prend sans avis médical.
Le vaccin Dukoral est-il remboursé ?
Au centre de vaccinations internationales du CHRU de Strasbourg, dans la grille datée du 1ᵉʳ novembre 2025 en tête du document, Dukoral est affiché à 65 €, sans la mention de remboursement par la Sécurité sociale portée pour d’autres vaccins, et la consultation coûte 30 € en semaine. Les prix varient selon les centres, et ce montant n’a pas pu être rattaché à une dose ou à une boîte.
Quelles précautions alimentaires prendre contre le choléra ?
L’ECDC liste l’eau en bouteille ou chlorée, les fruits et légumes lavés à l’eau en bouteille ou chlorée, les aliments bien cuits, l’absence de fruits de mer crus et le lavage régulier des mains au savon. Les glaçons et l’eau de rinçage relèvent de la même logique : ils sont souvent faits d’eau locale.