Le travail, mené par des chercheurs de Nantes Université, de l’Université de Montréal et de l’Université de Toulon, a été publié en ligne le 27 juillet 2026 dans le Peer Community Journal. C’est un essai croisé de petite taille, où chaque participant sert de propre témoin. Son résultat prolonge des travaux plus anciens de la même équipe, mais d’autres chercheurs, avec une correction des biais de publication ou un protocole déposé à l’avance, ne retrouvent pas l’effet. Il ne tranche donc pas la question pour un sportif entraîné, pour une personne plus âgée ou pour une sortie de plusieurs heures.
Une heure de test de Stroop, puis le vélo jusqu’à l’abandon
Le protocole est un essai croisé : chaque volontaire passe par les deux conditions comparées, à quelques jours d’intervalle, dans un ordre tiré au sort et équilibré entre les participants. Ce n’est ni une méta-analyse, qui regroupe les résultats de nombreuses études, ni une cohorte, qui suit une population dans le temps. C’est une expérience unique, menée sur dix-huit personnes.
Ces dix-huit personnes, dont huit femmes, avaient 22 ans en moyenne (± 5 ans). Elles déclaraient deux à six heures d’activité physique modérée par semaine, sans passé d’entraînement cycliste important. Leur puissance maximale sur vélo, mesurée au préalable, s’établissait autour de 250 watts en moyenne, avec de fortes variations d’un individu à l’autre (± 65 W).
Avant de monter sur le vélo, chaque volontaire passait une heure devant un écran. Dans la condition « fatigue », il s’agissait d’une version modifiée du test de Stroop, en deux blocs de trente minutes. Des noms de couleurs s’affichent, écrits dans une encre d’une autre couleur : le mot « rouge » imprimé en bleu, par exemple. La moitié du temps, il faut lire le mot ; l’autre moitié, nommer la couleur de l’encre, ce qui oblige le cerveau à freiner sa lecture automatique.
Tenir cet exercice une heure est l’outil de laboratoire standard pour produire une fatigue mentale. Dans la condition contrôle, les mêmes personnes regardaient soixante minutes du documentaire « Home » de Yann Arthus-Bertrand, une tâche à faible charge mentale. Seule l’heure qui précède l’effort change d’une séance à l’autre.
Le test physique venait ensuite. Il consistait à pédaler à 80 % de sa puissance maximale, soit environ 200 watts pour la moyenne du groupe, à la cadence de son choix (72 tours par minute en moyenne). L’effort s’arrêtait à l’abandon volontaire, ou quand le volontaire ne tenait plus sa cadence à 3 tours près pendant plus de trois secondes. Les deux séances étaient séparées de 72 heures au moins et de sept jours au plus.
Ce choix de test compte. Un effort à puissance imposée, tenu jusqu’à l’abandon, mesure la tolérance à un effort intense d’environ un quart d’heure. Ce n’est pas une course où l’on règle son allure, ni une sortie longue. Si votre pratique est la randonnée à vélo de plusieurs heures, ce test n’en est pas l’image. D’autres travaux présentés plus loin reposent sur un contre-la-montre ou sur une course à pied : leurs résultats ne se comparent pas terme à terme.
Près de deux minutes perdues sur un effort d’un quart d’heure
La manipulation a d’abord fonctionné comme prévu. Mesurée sur une échelle visuelle allant de « pas du tout fatigué » à « extrêmement fatigué », la fatigue mentale déclarée était plus élevée après le test de Stroop qu’après le documentaire.
Sur le vélo, l’écart est net. Après le film, les volontaires ont tenu 999 secondes en moyenne, soit environ 16 minutes 39. Après le Stroop, ils ont tenu 887 secondes, environ 14 minutes 47. L’écart moyen calculé personne par personne atteint 111 secondes : près de deux minutes, soit environ un dixième de l’effort fourni en condition contrôle. En pourcentage, la baisse moyenne publiée par les auteurs est de 9,3 % ; rapportés au temps moyen du groupe, 111 secondes sur 999 en font un peu plus de 11 %.
Ces 111 secondes sont une moyenne d’écarts individuels. Soustraire directement les deux moyennes donne 112 secondes, ce qui revient au même à l’arrondi près. La première méthode compare chaque personne à elle-même, ce qui est le principe d’un essai croisé. La probabilité d’observer un tel écart par le seul hasard, si l’heure de Stroop n’avait eu aucun effet, est faible (p = 0,009).
Le décompte individuel va dans le même sens : 15 participants sur 18 ont pédalé moins longtemps après le Stroop. Cela fait plus de quatre volontaires sur cinq, 83 %.
La moyenne cache pourtant une forte dispersion. L’écart-type de la différence individuelle, 160 secondes, dépasse l’écart moyen lui-même : les réponses varient beaucoup d’une personne à l’autre, et trois volontaires sur dix-huit n’ont pas été raccourcis. Un effet moyen n’est pas un pronostic. Ce chiffre résume des individus en un groupe ; dans l’autre sens, il ne dit pas ce qui arrivera à une personne donnée, ni à vous en particulier.
Reste l’échelle de l’effort. Deux minutes, c’est beaucoup sur un quart d’heure à haute intensité. Cela ne dit rien de ce que deviendrait cet écart sur une sortie de plusieurs heures à allure modérée, qui n’a pas été testée.
Dix muscles des jambes, aucune différence d’activation détectée
C’est l’apport nouveau de ce travail. Pendant le pédalage, l’activité électrique de dix muscles de la jambe droite a été enregistrée par électromyographie de surface. La technique consiste à poser des électrodes sur la peau, au-dessus du muscle, pour capter l’activité électrique que la commande nerveuse y déclenche.
L’hypothèse testée était simple. Si un cerveau fatigué envoyait aux jambes une commande différente, l’activation enregistrée dans les muscles devrait changer. Rien de tel n’apparaît : aucune différence significative entre les deux conditions, pour aucun des dix muscles, ni sur l’amplitude du signal ni sur sa variabilité.
Les auteurs en tirent une conclusion mesurée. Leurs données ne soutiennent pas l’hypothèse d’une commande motrice perturbée par la fatigue mentale ; elles ne l’excluent pas pour autant. Non soutenue ne veut pas dire réfutée.
La limite tient à l’outil et à l’effectif. Les auteurs reconnaissent que l’électromyographie de surface peut manquer des changements subtils de la commande motrice, et recommandent des techniques neurophysiologiques plus sensibles pour aller plus loin. Avec dix-huit personnes, un écart faible pourrait aussi passer inaperçu. « Aucune différence détectée » est le résultat exact. « Aucune différence » serait une autre affirmation, que l’étude ne permet pas de faire.
Une sensation d’effort plus lourde dès les premiers coups de pédale
La perception de l’effort a été mesurée sur une échelle graduée de 0, « aucun effort », à 100, « effort maximal ». Après le Stroop, elle était plus élevée dès le début du pédalage (p = 0,006). Elle augmentait aussi plus vite au fil de l’effort (p = 0,031).
Le mécanisme proposé découle de la nature du test. Dans un effort à puissance imposée, on s’arrête quand la sensation d’effort devient intolérable. Si cette sensation part plus haut et monte plus vite, ce plafond est atteint plus tôt, alors que la puissance demandée aux jambes est la même et que l’activation musculaire enregistrée ne diffère pas. C’est l’hypothèse des auteurs.
Les auteurs l’écrivent dans leur conclusion : « nos résultats renforcent l’idée que l’engagement cognitif prolongé dégrade la performance d’endurance principalement par une perception de l’effort accrue ». Traduit : la sensation d’effort serait la voie principale, pas forcément la seule. Deux mots portent ce sens. « Principalement » désigne le canal privilégié sans exclure les autres ; « renforcent l’idée » signale un appui supplémentaire à une hypothèse, pas une démonstration.
Cette lecture n’est pas neuve. Dès 2009, une étude de seize participants parue dans le Journal of Applied Physiology concluait que la fatigue mentale limite la tolérance à l’effort par une perception de l’effort plus élevée, les réponses cardiorespiratoires et musculaires restant largement inchangées. En 2015, une équipe comprenant Benjamin Pageaux, cosignataire du travail de 2026, faisait passer trente minutes de Stroop à douze hommes actifs de 25 ans en moyenne, avant six minutes de vélo à 80 % de leur puissance maximale.
Publiée dans Frontiers in Human Neuroscience, cette étude de 2015 trouvait un effort ressenti plus élevé après le Stroop, 13,9 contre 13,3 sur l’échelle employée. La force maximale des jambes et l’activation volontaire baissaient en revanche de façon comparable dans les deux conditions, −17 % contre −15 % pour la force. La fatigue mentale n’aggravait ni la fatigue du système nerveux ni celle du muscle. La capacité maximale restait intacte : c’est l’effort sous-maximal prolongé qui était touché.
Rien de cela ne fait de la fatigue mentale une illusion. La perception de l’effort est une grandeur mesurée, qui règle l’effort de chacun, et ces travaux n’en font pas un signal qu’il serait possible d’ignorer.
Des volontaires de 22 ans, actifs mais pas cyclistes
Pour savoir si ce résultat vous concerne, la population compte autant que le chiffre. Les dix-huit volontaires avaient 22 ans en moyenne, faisaient de l’exercice modéré quelques heures par semaine et n’avaient pas d’entraînement cycliste important. Si vous avez plus de 60 ans, ou si vous pratiquez le vélo avec un entraînement suivi, votre situation n’a pas été étudiée dans ce travail.
Le statut d’entraînement semble peser. En 2016, une étude publiée dans PLoS One a soumis neuf cyclistes de loisir et onze cyclistes professionnels, tous des hommes, à trente minutes de Stroop, avant un contre-la-montre de vingt minutes. Chez les cyclistes de loisir, la puissance moyenne est passée de 226 à 216 watts, environ 4 % de moins. Chez les professionnels, l’écart (326 contre 323 watts) n’était pas significatif. Neuf et onze personnes : l’indice reste mince.
Les volontaires des essais de 2015, 2025 et 2026 avaient en moyenne de 22 à 25 ans. Aucun résultat présenté ici ne concerne spécifiquement les personnes de 60 ans et plus. Pour elles, la question n’est tranchée ni dans un sens ni dans l’autre. Elle reste ouverte.
Reste l’écart entre le laboratoire et la vie courante. Une heure de Stroop n’est pas une journée de travail : c’est une tâche choisie parce qu’elle exige un contrôle constant. L’étude ne mesure ni la charge d’une journée réelle ni son effet sur un effort de plusieurs heures, marathon ou longue sortie. Le rapprochement avec la « journée chargée » relève de l’extrapolation.

Un effet que d’autres équipes ne retrouvent pas
D’un côté, des expériences répétées, en 2009, 2015 et 2026, trouvent un effet de la fatigue mentale sur l’endurance, qui passe par la sensation d’effort. De l’autre, deux travaux concluent à un effet fragile ou absent. Ils méritent le même examen.
Le premier est une méta-analyse, c’est-à-dire une synthèse statistique des études déjà publiées, parue en 2020 dans le Journal of Cognition. Elle trouve d’abord des effets petits à moyens sur la performance et sur l’effort ressenti. Mais elle repère un biais de publication : les études qui trouvent un effet sont plus souvent publiées que celles qui n’en trouvent pas, ce qui gonfle la moyenne. Une fois ce biais corrigé par un modèle statistique, la taille d’effet sur la performance pourrait tomber de 0,50 à 0,08, et celle sur l’effort ressenti de 0,21 à 0,10, sans significativité. Un effet visible deviendrait quasi nul.
Ses auteurs pèsent leurs mots : « les données actuelles n’apportent pas de soutien concluant à l’idée que la fatigue mentale a une influence négative sur la performance physique ». Ils ne concluent pas à l’absence d’effet ; ils jugent la preuve insuffisante.
Le second est un essai préenregistré, dont le protocole et les analyses ont été déposés avant la collecte des données, ce qui limite les ajustements après coup. Il est paru en 2025 dans Medicine & Science in Sports & Exercise. Vingt et un sportifs de loisir (14 hommes, 7 femmes, 25 ans en moyenne) y ont mené une tâche cognitive ajustée à chacun et poursuivie jusqu’à l’échec, 51 minutes en moyenne, avec des extrêmes de 9 et 123 minutes. Ils ont ensuite couru à 90 % de leur vitesse maximale aérobie, l’allure de référence mesurée lors d’un test d’effort, jusqu’à l’épuisement.
Résultat : 574 secondes après la tâche cognitive contre 589 en condition contrôle, une quinzaine de secondes d’écart, avec un facteur de Bayes de 0,26, que les auteurs lisent en faveur de l’absence d’effet. Ce rapport compare deux hypothèses : à 0,26, les données sont environ quatre fois plus compatibles avec l’absence d’effet qu’avec un effet. L’effort ressenti ne différait pas non plus.
Le canal lui-même n’est pas retrouvé partout. Dans l’étude de 2016, les cyclistes de loisir produisaient moins de puissance sans que l’effort ressenti, la fréquence cardiaque ou le taux de lactate diffèrent entre les conditions. Les protocoles varient par la durée et la nature de la tâche mentale, le type d’effort et le niveau des participants. Aucune lecture ne l’emporte aujourd’hui.
| Année et revue | Type de travail | Participants | Test physique | Résultat |
|---|---|---|---|---|
| 2009, Journal of Applied Physiology | Étude expérimentale | 16 participants | Tolérance à un effort d’endurance | Endurance réduite, effort ressenti plus élevé, réponses cardiorespiratoires et musculaires peu modifiées |
| 2015, Frontiers in Human Neuroscience | Étude expérimentale | 12 hommes actifs, 25 ans en moyenne | 6 minutes de vélo à 80 % de la puissance maximale | Effort ressenti plus élevé, sans fatigue nerveuse ni musculaire supplémentaire |
| 2016, PLoS One | Étude expérimentale | 9 cyclistes de loisir, 11 professionnels | Contre-la-montre de 20 minutes | Puissance −4 % chez les cyclistes de loisir, pas de différence chez les professionnels ; effort ressenti identique |
| 2020, Journal of Cognition | Méta-analyse corrigée des biais de publication | Études antérieures regroupées | Variables selon les études | Effets estimés faibles et non significatifs après correction des biais |
| 2025, Medicine & Science in Sports & Exercise | Essai préenregistré | 21 sportifs de loisir, 25 ans en moyenne | Course à 90 % de la vitesse maximale aérobie jusqu’à l’épuisement | Aucun effet sur la performance ni sur l’effort ressenti |
| 2026, Peer Community Journal | Essai croisé | 18 volontaires actifs non cyclistes, 22 ans en moyenne | Vélo à 80 % de la puissance maximale jusqu’à l’abandon | Environ 111 secondes de moins, effort ressenti plus élevé, aucune différence d’activation musculaire détectée |
Les angles morts du protocole
Le premier tient à l’effectif. Avec dix-huit participants, l’étude avait 80 % de chances de détecter un effet d’une taille d’au moins 0,70, la taille d’effet mesurant l’écart entre conditions rapporté à la dispersion des résultats. L’effet observé sur le temps de pédalage, 0,69, se situe à ce seuil. Les auteurs l’écrivent : leur échantillon, contraint par les moyens d’un travail de master, ne permet de détecter que des effets moyens à grands. Un effet plus faible, sur les muscles par exemple, aurait pu échapper à la mesure.
Le second tient à l’impossibilité de l’aveugle. Chaque volontaire savait s’il passait une heure sur le Stroop ou devant un film. Sa motivation était d’ailleurs plus basse à mi-parcours de la tâche cognitive en condition Stroop (p = 0,011). Ce point compte. La motivation à pédaler, mesurée avant et après le test, ne différait en revanche pas entre les deux conditions.
L’équipe de l’essai de 2025, dans une présentation publiée par son centre de recherche de l’Université de Grenade, décrit l’état ressenti après une tâche exigeante comme un mélange changeant : ennui, concentration, effort, frustration, vagabondage mental. Elle évoque aussi une possible prophétie autoréalisatrice dans les travaux antérieurs, où l’attente d’une moindre performance contribuerait à la produire. Le protocole de 2026 ne sépare pas ces facteurs de la fatigue mentale proprement dite.
En l’état, il ne permet pas de savoir quelle part des deux minutes revient à la fatigue elle-même, et quelle part à l’ennui, à la baisse de motivation ou aux attentes des volontaires. Pour les démêler, il faudrait davantage de participants, des mesures nerveuses plus fines que l’électromyographie de surface, et des groupes plus proches des sportifs réels.
Une sortie longue après une période mentalement chargée
La conséquence pratique est bornée. Si une sortie vous paraît plus dure après une période mentalement exigeante, ces travaux suggèrent que la sensation d’effort, plutôt qu’une moindre capacité des muscles, peut en être la cause. C’est une piste d’explication, pas un diagnostic.
Le protocole ne couvre ni une journée de travail réelle, ni une sortie de plusieurs heures : il porte sur une heure de tâche de laboratoire suivie d’un effort d’un quart d’heure. Dans des propos rapportés par le site Pourquoi Docteur, et non dans l’article scientifique, Benjamin Pageaux suggère qu’éviter une charge cognitive importante avant une compétition pourrait être bénéfique. Cette idée n’a pas été évaluée comme telle. Aucune des études citées ne compare des sportifs qui allègent leur charge mentale avant une épreuve à d’autres qui ne le font pas.
La fatigue mentale de ces études est un état passager, provoqué en une heure par une tâche. Elle ne dit rien de la fatigue chronique et de sa prise en charge en ALD, du syndrome de fatigue chronique ou de l’épuisement professionnel. Une sensation d’effort inhabituelle ou durable, si vous la ressentez, n’est pas forcément d’origine mentale : elle relève d’un avis médical, pas de ces résultats.
Les liens entre charge mentale, stress et récupération sont développés dans l’article consacré au sommeil profond, au stress et au cerveau. Pour les pratiquants d’endurance en club ou en compétition, les conditions du certificat médical pour le sport font l’objet d’un article distinct.
L’essentiel à retenir
- Après une heure de test de Stroop, dix-huit jeunes volontaires non cyclistes ont pédalé environ 111 secondes de moins sur un effort intense d’un peu plus de seize minutes, soit environ un dixième.
- La sensation d’effort était plus lourde dès le départ et montait plus vite ; l’activation de dix muscles des jambes ne différait pas, dans la limite de ce que l’électromyographie de surface détecte.
- Le canal proposé est la perception de l’effort, et non une capacité musculaire diminuée. Il n’est pas démontré.
- Une méta-analyse de 2020 et un essai préenregistré de 2025 ne retrouvent pas d’effet net : la littérature reste divisée.
- Les sportifs entraînés, les personnes de 60 ans et plus et les efforts de plusieurs heures n’ont pas été étudiés dans ce travail.
Questions fréquentes
La fatigue mentale fatigue-t-elle les muscles ?
Dans l’essai publié en juillet 2026, l’activation de dix muscles de la jambe, enregistrée par électromyographie de surface, ne montrait pas de différence détectable après une heure de tâche mentale. La différence portait sur la sensation d’effort, plus élevée dès le départ. Cet outil peut toutefois manquer des changements subtils : aucune différence détectée ne signifie pas aucune différence.
Combien de temps d’effort une heure de tâche mentale a-t-elle fait perdre ?
Dans cette étude, environ 111 secondes en moyenne, près de deux minutes, sur un effort de vélo intense qui durait environ 16 minutes 40 en condition contrôle. Cela représente environ un dixième de l’effort. L’écart variait fortement d’une personne à l’autre, et 3 participants sur 18 n’ont pas pédalé moins longtemps.
Ce résultat vaut-il pour un sportif entraîné ou une personne de plus de 60 ans ?
Ces situations n’ont pas été étudiées dans l’essai de 2026. Ses volontaires avaient 22 ans en moyenne et n’étaient pas cyclistes entraînés. Une étude de 2016 n’a trouvé aucune différence chez onze cyclistes professionnels, contre une baisse de puissance d’environ 4 % chez neuf cyclistes de loisir.
Les chercheurs sont-ils d’accord sur l’effet de la fatigue mentale ?
Non. Plusieurs expériences, en 2009, 2015 et 2026, trouvent un effet qui passe par la sensation d’effort. Une méta-analyse de 2020 le juge non concluant une fois corrigés les biais de publication, et un essai préenregistré de 2025 ne le retrouve pas chez 21 sportifs de loisir. Les protocoles diffèrent, et aucune lecture ne l’emporte à ce jour.
La fatigue mentale de ces études est-elle la fatigue chronique ?
Non. Il s’agit d’un état passager, provoqué en laboratoire par une heure de tâche exigeante. Il ne se confond ni avec la fatigue chronique, ni avec le syndrome de fatigue chronique, ni avec l’épuisement professionnel, qui relèvent d’autres mécanismes et d’un suivi médical.
Faut-il éviter le sport après une journée mentalement chargée ?
Ces travaux ne permettent pas de le dire. Ils portent sur une heure de tâche en laboratoire suivie d’un effort d’un quart d’heure, pas sur une journée réelle ni sur une sortie longue. L’idée d’alléger la charge mentale avant une compétition est une suggestion de chercheur, qui n’a pas été évaluée comme telle. Une sensation d’effort inhabituelle ou durable relève d’un avis médical.