Sur 105 hommes qui, vers 42 ans, ne fumaient pas et avaient un poids, une tension, un cholestérol et une glycémie favorables, environ 44 ont atteint 90 ans. Sur les 59 qui ne cochaient aucune de ces cinq cases, ils ont été environ 4. En proportions, 41,9 % contre 6,8 % : six fois plus souvent nonagénaires et, parmi les survivants interrogés à 79 ans en moyenne, beaucoup moins souvent fragiles. Ces deux groupes extrêmes ne pèsent que 6 % de la cohorte : les autres hommes se situaient entre les deux.

Ces hommes font partie de la Helsinki Businessmen Study, une cohorte de cadres et dirigeants finlandais examinés entre 1964 et 1973 : 2 690 d’entre eux ont été analysés, puis suivis plus de 50 ans. Les résultats ont été mis en ligne le 27 août 2026 dans le European Journal of Preventive Cardiology par l’équipe de Timo Strandberg, de l’Université d’Helsinki. Une cohorte, c’est-à-dire un groupe de personnes suivies dans le temps, observe sans intervenir. Elle établit une association entre un profil et un devenir, pas l’effet d’un changement, et elle ne dit rien des femmes, absentes de l’étude.

Tabac, poids, tension, cholestérol, glycémie : 2 690 Finlandais examinés vers 42 ans

Le premier examen a eu lieu entre 1964 et 1973. Il portait sur des hommes en bonne santé, nés entre 1919 et 1934, âgés de 42 ans en moyenne. Parmi eux, 2 690 disposent des données cliniques exploitées dans la publication. Leur mortalité a ensuite été suivie jusqu’en 2025, soit 52 à 61 ans selon la date d’entrée dans l’étude.

Chaque homme a été classé selon cinq critères dits « à bas risque », qui renvoient à la même famille que les facteurs de risque de l’infarctus :

  • ne pas fumer ;
  • un indice de masse corporelle (IMC, le poids divisé par le carré de la taille) inférieur à 25 kg/m² ;
  • une pression artérielle systolique, le chiffre haut de la tension, inférieure à 140 mmHg, soit le « 14 » annoncé en consultation ;
  • un cholestérol total inférieur à 6,0 mmol/L, soit environ 2,32 g/L en unités françaises ;
  • une glycémie inférieure à 9,0 mmol/L, soit environ 1,62 g/L, mesurée une heure après avoir bu une solution de glucose.

Le dernier critère se lit avec attention. Une glycémie mesurée une heure après une charge en glucose n’est pas la glycémie à jeun d’une prise de sang courante, faite le matin sans avoir mangé. Les deux mesures ne se comparent pas. Rapprocher votre propre résultat à jeun du seuil de 1,62 g/L n’a donc pas de sens.

Ces bornes ne sont pas des objectifs de traitement. Elles ont servi à répartir en groupes une cohorte examinée dans les années 1960, pas à dire ce qu’est une tension ou un cholestérol souhaitable aujourd’hui. Vos cibles se fixent désormais individuellement, avec votre médecin. Un cholestérol total à 2,2 g/L passe sous la borne de l’étude, sans que cette borne le place pour autant « dans la norme », ni dispense d’un suivi.

La répartition obtenue est très inégale. Sur les 2 690 hommes, 59 n’avaient aucun critère favorable, 422 en avaient un, 855 deux, 832 trois, 417 quatre et 105 les cinq. Ni tirage au sort, ni consigne : les chercheurs ont mesuré, puis attendu.

Six fois plus souvent nonagénaires, onze ans de survie en plus en moyenne

À 90 ans, les deux groupes extrêmes se sont nettement séparés. Parmi les hommes qui avaient les cinq critères favorables, 41,9 % ont atteint cet âge ; parmi ceux qui n’en avaient aucun, 6,8 %. L’écart absolu est de 35 points, le rapport d’environ six. L’analyse donne P < 0,001 : un écart de cette taille serait très improbable s’il ne tenait qu’au hasard.

Ramenés aux effectifs, ces pourcentages décrivent peu de personnes. Cela fait environ 44 hommes sur 105 d’un côté, et environ 4 sur 59 de l’autre. Tout le versant « zéro facteur » repose sur une poignée de nonagénaires. Le résultat reste net, mais une décimale donne une impression de précision que quatre personnes ne peuvent pas porter.

Le calcul part des hommes classés vers 42 ans et regarde ce qu’ils sont devenus. Dans l’autre sens, il ne dit pas quelle part des nonagénaires de la cohorte réunissait les cinq critères. Il faut pour cela croiser les proportions de chaque groupe, données plus bas, avec leurs effectifs.

La durée de vie raconte la même chose sous un autre angle. De l’examen initial à 2025, la survie ajustée sur l’âge va de 31,8 ans dans le groupe sans critère favorable à 42,7 ans dans le groupe à cinq critères, soit près de 11 ans d’écart. C’est une moyenne de groupe. Elle ne promet à personne onze années supplémentaires, et n’en retire aucune à personne.

Le rapport de risque précise le rythme. Cet indicateur compare la vitesse à laquelle surviennent les décès dans deux groupes, à chaque instant du suivi. Il vaut ici 2,55, avec un intervalle de confiance à 95 % de 1,83 à 3,56, la fourchette dans laquelle se situe vraisemblablement la valeur réelle. À âge égal, les hommes sans critère favorable mouraient environ deux fois et demie plus vite que ceux qui en réunissaient cinq. Même la borne basse reste proche du double.

Un dernier chiffre situe l’ampleur de l’observation. Au 31 janvier 2025, 2 524 des 2 690 hommes analysés étaient décédés, soit 93,8 % ; sur cent participants, environ six restaient en vie. Le suivi a donc couvert la quasi-totalité des vies, et non une fraction.

Fragilité, bien-être, bonheur : trois écarts de solidité inégale

Le second volet porte sur l’état des survivants. En 2007, un questionnaire a été adressé aux hommes encore en vie : 907 y ont répondu, soit 63,2 % des survivants, à 79 ans en moyenne. La fragilité y est reconstituée d’après les critères de Fried, une grille de référence pour la fragilité des personnes âgées, adaptés à partir du RAND-36, un questionnaire de qualité de vie. Un homme est classé fragile à partir de trois critères, préfragile avec un ou deux, non fragile avec aucun.

Le résultat le plus marqué est là. Chez les hommes sans critère favorable à 42 ans, 24,5 % étaient fragiles, soit environ un sur quatre ; avec cinq critères, 2,2 %, soit environ un sur quarante-cinq (P = 0,013). Au départ, ces deux groupes comptaient 59 et 105 hommes, forcément moins nombreux en 2007 ; leurs effectifs parmi les 907 répondants ne figurent pas dans les données reprises ici.

Les chances d’être à la fois en vie et non fragile étaient multipliées par 4,87 dans le groupe favorable, avec un intervalle de confiance de 2,55 à 9,31. Ce rapport de cotes compare des chances, au sens des paris, et non des proportions. Il ne se lit pas comme « presque cinq fois plus d’hommes ».

Deux réserves pèsent sur ce volet. La fragilité et la qualité de vie proviennent du même questionnaire. Le groupe à cinq critères obtient les meilleurs scores dans les huit domaines du RAND-36, avec des écarts significatifs en fonction physique, vitalité, douleur perçue, fonction sociale et santé générale, mais ce n’est pas une seconde confirmation indépendante de la fragilité. Surtout, seuls ont été interrogés les hommes vivants en 2007 et capables de répondre. Ceux morts avant 79 ans ou trop malades pour remplir le questionnaire sortent de la comparaison, ce qui peut déformer l’écart dans un sens difficile à prévoir.

Le bonheur est le résultat le plus fragile. Il a été mesuré sur une ligne de 10 cm où chacun situait son humeur, de 0 (très malheureux) à 10 (très heureux). Le groupe à cinq critères se place à 8,0, celui sans critère à 7,5. L’écart d’un demi-point donne P = 0,053, juste au-dessus du seuil conventionnel de 0,05. C’est une tendance, pas un résultat établi. L’indicateur de bien-être psychologique sépare plus nettement les groupes, 55,1 % contre 39,0 % (P = 0,03), avec la même réserve : il ne concerne que des survivants.

Hommes sans facteur favorable et hommes à cinq facteurs favorables vers 42 ans (Helsinki Businessmen Study)
IndicateurAucun facteur favorableCinq facteurs favorablesSolidité du résultat
Effectif à l’inclusion, sur 2 690 hommes59 hommes105 hommes6 % de la cohorte à eux deux
Ont atteint 90 ans6,8 % (environ 4 hommes)41,9 % (environ 44 hommes)Écart net (P < 0,001)
Survie ajustée sur l’âge depuis l’examen31,8 ans42,7 ansMoyenne de groupe, pas une durée individuelle
Fragiles à 79 ans en moyenne (répondants de 2007)24,5 %2,2 %Significatif (P = 0,013), survivants seulement
Bien-être psychologique (répondants de 2007)39,0 %55,1 %Signal (P = 0,03), survivants seulement
Bonheur sur une échelle de 0 à 107,58,0Tendance non significative (P = 0,053)

Langage des doigts. Un homme ayant un appel vidéo et utilisant le langage des doigts

Entre les deux extrêmes, 94 % des hommes

La comparaison mise en avant oppose deux groupes qui, ensemble, ne comptent que 164 hommes. Cela représente 6 % de la cohorte. Les 94 % restants, soit 2 526 hommes, avaient entre un et quatre critères favorables.

Le gros des participants se trouve même au milieu : 855 hommes avaient deux critères et 832 en avaient trois, soit 1 687 hommes, près des deux tiers de l’ensemble. Sur cent participants, six appartenaient à l’un des deux groupes extrêmes, et plus de soixante réunissaient deux ou trois critères.

C’est dans ces groupes intermédiaires que vous avez le plus de chances de retrouver votre profil : un non-fumeur en léger surpoids, un fumeur dont la tension reste sous le « 14 », un homme sans tabac mais au cholestérol élevé. Le résumé de l’étude donne leur part de nonagénaires : 14,2 % avec un critère favorable, 18,3 % avec deux, 26,7 % avec trois et 36,6 % avec quatre. Sur cent hommes à trois critères, environ 27 ont atteint 90 ans. La part monte à chaque critère de plus, sans que l’étude dise ce qu’en gagner un rapporterait. Les taux de fragilité de ces groupes ne figurent pas dans les données reprises ici.

Vous ranger d’office dans l’un des deux extrêmes serait une erreur de lecture. La plupart des hommes étaient entre les deux.

Un signal déjà vu à Helsinki et retrouvé sur deux millions de personnes

La même cohorte avait déjà livré un résultat voisin. Dans une publication parue en 2019 dans Aging Clinical and Experimental Research, Urtamo et ses collègues avaient suivi 970 hommes nés entre 1919 et 1928, examinés en 1974 à 50 ans en moyenne, pendant 44 ans, jusqu’en mars 2018. Au total, 25,2 % avaient atteint 90 ans : 51 % de ceux qui n’avaient aucun des cinq facteurs de risque, contre 7 % de ceux qui les cumulaient. Le tabac y était le prédicteur le plus fort, et il jouait contre l’atteinte des 90 ans (rapport de cotes de 0,48). Ce résultat porte sur le tabac fumé par des hommes nés avant 1929 et ne dit rien des risques à long terme de la cigarette électronique.

Convergence, pas réplication. Les participants de 2019 font partie des hommes analysés en 2026, et les seuils différaient : une systolique d’au moins 144 mmHg, un cholestérol supérieur à 6,2 mmol/L, un IMC supérieur à 25 et une glycémie à jeun d’au moins 4,7 mmol/L définissaient alors un facteur de risque. Compter ces deux publications comme deux preuves reviendrait à compter deux fois les mêmes hommes.

Le signal indépendant vient d’ailleurs. Le 30 mars 2025, le Global Cardiovascular Risk Consortium a publié dans le New England Journal of Medicine une analyse portant sur 2 078 948 participants, hommes et femmes, issus de 133 cohortes dans 39 pays. L’absence à 50 ans de cinq facteurs proches (hypertension, excès de graisses dans le sang ou hyperlipidémie, poids anormal, diabète et tabac) y est comparée à leur présence simultanée. Chez les femmes, elle est associée à 13,3 années de plus sans maladie cardiovasculaire et à 14,5 années de vie supplémentaires ; chez les hommes, à 10,6 et 11,8 années.

Le même travail chiffre le risque vie entière, c’est-à-dire la probabilité de développer une maladie cardiovasculaire au cours de la vie restante à partir de 50 ans. Sur cent femmes, 13 sans aucun facteur contre 24 avec les cinq ; sur cent hommes, 21 contre 38. Ces données mondiales vont dans le même sens que la cohorte finlandaise. Elles ne reproduisent pas ses pourcentages et restent, elles aussi, observationnelles.

Des cadres finlandais nés avant 1935 : la distance avec votre situation

Les participants ressemblent à une petite partie seulement des lecteurs. Ce sont des hommes blancs, cadres et dirigeants finlandais de milieu aisé, nés entre 1919 et 1934 et en bonne santé lors du premier examen. Aucune femme n’y figure. Les auteurs le reconnaissent : la population est sélectionnée, et les résultats ne se généralisent pas aux femmes.

Cette homogénéité a un intérêt. En comparant des hommes de revenus proches, l’étude limite le poids du revenu, un facteur de confusion majeur, c’est-à-dire un élément extérieur capable d’expliquer à lui seul un écart de santé. Elle interdit en revanche la transposition : 41,9 % ou 24,5 % ne décrivent ni une femme, ni un homme d’un autre milieu, ni une autre génération. Pour les deux sexes, seules les données du consortium mondial apportent un repère, sans reprendre ces pourcentages. Côté féminin, la tension se pose aussi sous des angles propres, comme la surveillance de la tension après une ménopause précoce.

Les auteurs signalent d’autres limites. Le bonheur a été mesuré sur une échelle visuelle, et non sur l’échelle verbale de Cantril. Fragilité et qualité de vie se recouvrent en partie. Et la part de la génétique et celle du mode de vie ne peuvent pas être séparées.

Le commentaire de l’auteur principal va pourtant plus loin. Dans le communiqué de l’Université d’Helsinki du 3 septembre 2026, Timo Strandberg, professeur émérite, résume : « L’adage veut qu’on vive soit une vie courte et agréable, soit une vie longue et désagréable. Cette étude indique qu’un mode de vie sain peut ajouter à la fois des années et de la capacité fonctionnelle à la vie. » Le verbe « ajouter » décrit un effet, alors que le protocole mesure une association. Ramenée à ce que l’étude établit, la phrase devient : les hommes au profil favorable ont vécu plus longtemps et ont été moins souvent fragiles, sans que l’on sache ce qui revient à leurs habitudes.

Une association qui ne dit pas si corriger à 40 ou 50 ans suffit

Une cohorte observe, elle ne teste pas. Un cholestérol ou une glycémie bas à 42 ans reflètent aussi l’hérédité, et un non-fumeur des années 1960 pouvait différer d’un fumeur sur bien d’autres points. Les ajustements portent sur l’âge, puis sur la santé perçue en milieu de vie et la variation de poids depuis l’âge de 25 ans. Ils ne couvrent pas tout ce qui distingue ces hommes.

La mesure unique soulève une autre question. En 2007, les hommes déclaraient des facteurs de risque proches de ceux relevés au départ, ce qui suggère, selon les auteurs, que le profil de 42 ans s’est maintenu. Le chiffre « à 42 ans » est donc aussi le marqueur d’un profil tenu pendant des décennies. L’étude ne permet pas de savoir ce qui compte : l’état à 40 ans, ou les années passées dans cet état.

Elle ne dit donc pas s’il est trop tard à 40 ou 50 ans. Elle ne dit pas non plus ce que rapporte un changement, puisqu’elle repose sur une mesure unique et n’observe aucune correction. Rien, dans ces résultats, n’autorise à conclure que tout est joué à la quarantaine. Pour le savoir, il faudrait suivre des personnes dont les facteurs évoluent, ce que ce protocole ne fait pas.

D’autres données éclairent la question sans la trancher. Selon le consortium de 2025, la maîtrise de l’hypertension est associée au plus grand gain d’années sans maladie cardiovasculaire, et l’arrêt du tabac au plus grand gain d’années de vie. Ces résultats restent observationnels.

La cohorte d’Helsinki rappelle que le passage de l’association à l’action n’a rien d’automatique. Entre 1974 et 1980, un essai d’intervention y a été mené auprès de 1 222 hommes initialement sains : un groupe a reçu pendant cinq ans une intervention multifactorielle, l’autre servait de témoin. Les facteurs de risque se sont améliorés, mais la mortalité totale est restée plus élevée dans le groupe intervention que dans le groupe témoin jusqu’à 25 ans après l’essai, selon la publication de 2018 dans le Journal of Nutrition, Health & Aging. Les auteurs n’en ont pas établi la cause et jugent que ce résultat mérite d’autres investigations.

Cet essai n’est pas un argument contre les traitements actuels, ni contre l’arrêt du tabac. Sa cause reste inconnue. Il montre seulement qu’améliorer un facteur ne transfère pas mécaniquement à une personne les chiffres observés dans une cohorte.

Traitements : pas de décision seul. Un traitement contre l’hypertension, le cholestérol ou le diabète ne s’arrête, ne se commence et ne se modifie pas sur la foi d’une étude d’observation. Les résultats finlandais ne fournissent aucune cible individuelle. L’interprétation de vos propres valeurs et la conduite à tenir relèvent du médecin traitant.

Tension, poids, tabac : où faire le point en France

Des cinq facteurs, la tension est le plus souvent ignoré. En France, un adulte sur trois est hypertendu, soit 17 millions de personnes, et un hypertendu sur deux ne le sait pas, selon le Baromètre 2024 de Santé publique France repris sur sa page mise à jour le 26 janvier 2026. Sur cent adultes, environ 33 ont une tension trop élevée, et la moitié d’entre eux l’ignore. La mesure prend pourtant quelques minutes. Les facteurs de risque de l’hypertension artérielle recoupent en partie ceux de l’étude.

Le dispositif Mon bilan prévention offre un moment prévu pour en parler. D’après Service-public.fr (24 septembre 2024), il est proposé à quatre âges : 18-25 ans, 45-50 ans, 60-65 ans et 70-75 ans. Un homme de 42 ans, l’âge moyen des participants finlandais, y accède donc trois ans plus tard. Le bilan est réalisé par un médecin, un infirmier, un pharmacien ou une sage-femme, dure 45 minutes au plus et est pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie. Expérimenté en 2023, il a été généralisé en 2024.

Selon la même page, il porte sur les habitudes de vie, le dépistage des maladies chroniques et l’état de santé général, dont le poids. Elle ne précise pas si la tension y est mesurée systématiquement, ni si une prise de sang est prévue pour le cholestérol ou la glycémie. Ce détail n’a pas pu être vérifié sur les pages de l’Assurance maladie. Le bilan ouvre la discussion ; l’interprétation de vos valeurs relève du médecin traitant.

L’essentiel à retenir

  • Vers 42 ans, les hommes réunissant cinq critères favorables (pas de tabac, IMC, tension, cholestérol, glycémie) ont atteint 90 ans dans 41,9 % des cas, contre 6,8 % sans aucun critère : environ 44 hommes sur 105 contre 4 sur 59.
  • Ces deux groupes ne pèsent que 6 % de la cohorte : 94 % des hommes se situaient entre les deux.
  • C’est une association observée, pas la démonstration d’un effet du mode de vie : génétique et habitudes ne se séparent pas.
  • La cohorte ne compte que des hommes finlandais aisés nés entre 1919 et 1934 : ces pourcentages ne s’appliquent pas aux femmes.
  • L’étude ne mesure pas l’effet d’un changement à 40 ou 50 ans. Elle ne dit ni que tout est joué, ni ce qu’une correction rapporterait.

Questions fréquentes

Ces résultats valent-ils pour les femmes ?

Non. La Helsinki Businessmen Study ne compte que des hommes, et ses auteurs précisent que les résultats ne se généralisent pas aux femmes. Pour les deux sexes, le repère disponible est l’analyse du Global Cardiovascular Risk Consortium publiée en 2025 : chez les femmes, l’absence de cinq facteurs à 50 ans y est associée à 14,5 années de vie de plus que leur présence simultanée, sans reprendre les pourcentages finlandais.

Peut-on comparer sa glycémie à jeun au seuil de l’étude ?

Non. Le seuil de 9,0 mmol/L, soit environ 1,62 g/L, s’applique à une glycémie mesurée une heure après avoir bu une solution de glucose, pas à la glycémie à jeun d’une prise de sang courante. Ces bornes servaient à classer une cohorte des années 1960 et ne sont pas des objectifs de traitement. L’interprétation de vos résultats revient au médecin.

Est-il trop tard pour agir à 50 ans ?

L’étude ne permet pas de le dire, dans un sens comme dans l’autre : elle repose sur une mesure unique et n’observe aucun changement. Des données mondiales publiées en 2025 associent la maîtrise de l’hypertension et l’arrêt du tabac aux gains d’années les plus importants, sans démontrer d’effet. Rien dans ces résultats n’indique qu’un facteur défavorable à 40 ou 50 ans condamne.

Les hommes au profil favorable étaient-ils plus heureux ?

Ce n’est pas établi. Sur une échelle de 0 à 10, ils se situaient à 8,0 contre 7,5, un écart dont la valeur P de 0,053 dépasse le seuil conventionnel de 0,05 : c’est une tendance. Le bien-être psychologique se distinguait plus nettement (55,1 % contre 39,0 %), mais il n’a été mesuré que chez les survivants qui ont répondu en 2007.

Le bilan prévention permet-il de faire le point sur ces facteurs ?

Mon bilan prévention, pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie, est proposé à quatre âges, dont 45-50 ans. Il porte sur les habitudes de vie, le dépistage des maladies chroniques et l’état de santé général, dont le poids. La page officielle consultée ne précise pas s’il comprend une mesure de tension ou une prise de sang.

Le tabac pèse-t-il plus que les autres facteurs ?

Dans une publication de 2019 portant sur une partie de la même cohorte, le tabac était le prédicteur le plus fort, en défaveur de l’atteinte des 90 ans. Le consortium mondial de 2025 associe l’arrêt du tabac au plus grand gain d’années de vie. Les résultats de 2026 repris ici portent sur le nombre de critères réunis, pas sur le poids de chacun.