Deux examens, une prise de sang et un flacon d’urine, devraient désormais suivre l’annonce d’une maladie cardiovasculaire, quel que soit son nom : infarctus, insuffisance cardiaque, trouble du rythme, artériopathie des jambes. Le premier dose la créatinine du sang, dont le laboratoire tire un débit de filtration estimé. Le second mesure l’albumine qui fuit dans les urines, rapportée à leur concentration. Ces deux mesures figurent au plus haut niveau de recommandation des premières recommandations communes de la Société européenne de cardiologie (ESC) et de l’European Renal Association (ERA), la société savante européenne des maladies du rein, mises en ligne dans l’European Heart Journal le 28 août 2026.
En France, aucun des deux examens n’est nouveau. Tous deux sont inscrits à la nomenclature de l’Assurance maladie et remboursés depuis longtemps sur prescription. Ce qui change tient à la population visée : le texte européen demande de les réaliser chez tout patient dont la maladie cardiovasculaire vient d’être diagnostiquée, et non chez les seuls diabétiques ou hypertendus. Le décalage avec la pratique est mesurable. En 2023, près de huit personnes à risque sur dix n’avaient réalisé aucun des examens recommandés, un constat qui a motivé une campagne nationale de l’Assurance maladie en avril 2026.
Après un diagnostic cardiaque, deux lignes de plus sur l’ordonnance
La cible du texte s’énonce en une phrase : toute personne chez qui une maladie cardiovasculaire vient d’être diagnostiquée. Pas seulement l’insuffisance cardiaque, pas seulement l’infarctus. Selon la présentation qu’en fait l’ESC, le document couvre les syndromes coronariens aigus et chroniques, l’insuffisance cardiaque, les troubles du rythme, l’accident vasculaire cérébral, l’artériopathie périphérique et la mort subite.
Les deux examens demandés sont, d’un côté, un débit de filtration glomérulaire estimé à partir de la créatinine sanguine et d’une équation validée ; de l’autre, un rapport albumine/créatinine mesuré sur un échantillon d’urine du matin. Le tableau de recommandations consacré au dépistage l’écrit ainsi pour le second : « Mesurer le rapport albumine/créatinine urinaire sur un échantillon d’urine du matin est recommandé pour évaluer l’albuminurie et classer le stade de la maladie rénale chronique. » Traduit : un flacon d’urine du matin, et le même chiffre sert à repérer l’atteinte et à la situer sur l’échelle de gravité. Les deux mesures portent une classe I et un niveau A, soit le maximum des deux échelles utilisées par la société savante.
C’est le premier document de l’ESC consacré spécifiquement à l’association entre maladie du cœur et maladie des reins, et le premier élaboré avec la société européenne de néphrologie. Son coprésident, William G. Herrington (université d’Oxford), assigne au texte un objectif de diffusion : faire prescrire plus souvent la mesure de la fonction rénale et de l’albuminurie urinaire chez les patients cardiovasculaires, dont une grande partie est déjà suivie par des cardiologues. Le destinataire n’est pas le néphrologue, c’est le cardiologue.
Un point mérite d’être posé tout de suite, avant les chiffres. Une recommandation européenne de société savante n’a aucune valeur réglementaire en France. Elle ne crée aucune obligation de prescription.
Pourquoi un cardiologue s’occupe désormais des reins
Le cœur et le rein se dégradent ensemble, et la relation joue dans les deux sens. Quand la filtration baisse, l’organisme retient le sel et l’eau, la pression artérielle monte, et le ventricule gauche — la chambre qui propulse le sang vers tout le corps — s’épaissit pour lutter contre cette charge supplémentaire. À l’inverse, un cœur qui pompe mal perfuse mal les reins, qui reçoivent moins de sang et filtrent moins.
S’ajoute une contrainte pharmacologique : plusieurs traitements cardiologiques sont éliminés par voie rénale. Une filtration abaissée modifie donc la façon dont ils s’accumulent dans l’organisme. Un cardiologue qui ignore l’état rénal de son patient pilote à l’aveugle une partie de sa propre prescription.
L’ordre de grandeur explique l’attention portée au sujet. Environ 100 millions de personnes vivent avec une maladie rénale chronique en Europe, et près de six millions en France — les estimations françaises varient selon la source et l’année, c’est un ordre de grandeur et non un décompte. Ces effectifs ne décrivent pas cent millions de personnes en dialyse : ils recouvrent tous les stades, dont de nombreuses atteintes précoces, sans symptôme ni gêne ressentie. Le rein ne prévient pas.
La prise de sang : la créatinine, et le calcul qu’on en tire
La créatinine est un déchet. Les muscles la produisent en permanence, le rein l’élimine dans les urines, et quand la filtration faiblit elle s’accumule dans le sang. Le laboratoire ne s’arrête pas à ce dosage : il introduit la valeur dans une équation, avec l’âge et le sexe, pour estimer combien de millilitres de sang les reins nettoient chaque minute. C’est ce résultat qui apparaît sur le compte rendu sous le nom de débit de filtration glomérulaire estimé, ou DFG estimé.
Le mot « estimé » n’est pas une précaution de style. Le calcul part de la créatinine du sang et remonte vers un débit qui n’a jamais été mesuré directement. Dans l’autre sens, il ne dit pas quelle quantité de sang vos reins filtrent réellement : il donne la valeur moyenne observée chez des personnes de même âge, de même sexe et de même créatinine. La marge d’erreur s’élargit dès que la masse musculaire s’écarte de cette moyenne — un sportif très musclé, une personne âgée très amaigrie, une amputation.
Le seuil retenu pour parler de maladie rénale chronique est de 60 mL/min/1,73 m². Au-dessus, la filtration est considérée comme conservée. En dessous, et confirmée dans le temps, elle définit l’atteinte. Une valeur inférieure à 15 mL/min/1,73 m² correspond au stade le plus avancé, celui de l’insuffisance rénale terminale, à l’autre extrémité de la même échelle.
L’analyse d’urine : un flacon le matin plutôt qu’un recueil de 24 heures
L’albumine est une protéine du sang que le filtre rénal retient normalement. Quand ce filtre s’abîme, elle passe dans les urines. Mesurer sa seule concentration ne servirait pas à grand-chose : un grand verre d’eau dilue les urines et fait baisser le chiffre sans que le rein aille mieux, une journée de chaleur les concentre et le fait monter.
D’où le rapport. En divisant l’albumine par la créatinine du même échantillon, on annule l’effet de la dilution, puisque les deux substances sont diluées dans la même proportion. C’est ce qui permet de travailler sur un simple flacon prélevé le matin plutôt que sur la totalité des urines de vingt-quatre heures. La Haute Autorité de santé avait retenu cette position dès son rapport d’évaluation de 2011.
Le geste est donc court : un flacon, remis au laboratoire en même temps que la prise de sang. Côté français, trois actes sont concernés dans la nomenclature des actes de biologie médicale — la créatinine sanguine (code 0592), la créatinine urinaire (0627) et le dosage immunochimique de la microalbuminurie (1133). Le biologiste peut réaliser et coter de sa propre initiative la créatinine urinaire, puis faire figurer le rapport albumine/créatinine sur le compte rendu.
Reste la lecture du chiffre. Le seuil d’anomalie retenu est de 3 mg/mmol, soit environ 30 mg/g. Les laboratoires n’emploient pas tous la même unité, et un rapport exprimé en milligrammes par millimole ne se compare pas directement à un seuil donné en milligrammes par gramme. Les valeurs de référence figurent sur le compte rendu, à côté du résultat, et l’interprétation revient au médecin qui a prescrit l’examen.
Un premier chiffre anormal ne suffit pas : le contrôle à trois mois
Un débit de filtration abaissé sur un seul prélèvement n’est pas une insuffisance rénale. Plusieurs situations le font chuter de façon passagère : une déshydratation, un épisode infectieux avec fièvre, une décompensation cardiaque, l’introduction ou l’augmentation d’un médicament. La filtration remonte ensuite à son niveau antérieur.
C’est pour cette raison que la définition de la maladie rénale chronique exige deux mesures anormales séparées d’au moins trois mois. Le mot « chronique » ne décrit pas la sévérité de l’atteinte, il décrit sa durée. Trois mois, c’est un délai qui se pose sur un calendrier : un dosage réalisé le 10 septembre ne peut pas être confirmé avant le 10 décembre.
Ce délai explique une attitude qui déroute parfois : le médecin qui ne conclut rien devant un premier résultat inhabituel et redemande le même examen quelques mois plus tard. Il n’attend pas par excès de prudence, il applique la définition. Un chiffre isolé ne fait pas un diagnostic.
Comment les deux résultats se lisent ensemble
Aucun des deux examens ne remplace l’autre, et c’est le point le plus mal compris du dépistage rénal. Le débit de filtration mesure une quantité de travail : combien de sang le rein nettoie. Le rapport albumine/créatinine mesure une étanchéité : ce que le filtre laisse passer. Selon la maladie en cause, l’une des deux anomalies apparaît avant l’autre. Un rein peut laisser fuir l’albumine avec un débit de filtration encore parfaitement normal, et la situation inverse existe aussi.
Ne demander qu’un seul des deux examens revient donc à laisser passer une partie des patients atteints. L’idée qu’une prise de sang suffirait à explorer les reins est répandue et fausse, et c’est exactement l’angle mort que la recommandation vise.
Le classement qui suit ne repose pas non plus sur une valeur unique. Le texte reprend le système CGA de KDIGO, l’organisation internationale qui publie les référentiels sur la maladie rénale : une cause (C), une catégorie de filtration de G1 à G5 (G), une catégorie d’albuminurie de A1 à A3 (A). Les deux dernières se croisent dans une grille de risque, et c’est la case obtenue qui oriente la suite. Une filtration modérément abaissée accompagnée d’une albuminurie franche pèse plus lourd qu’une filtration un peu abaissée sans fuite d’albumine. Deux patients au même DFG ne relèvent pas forcément du même suivi.
| Axe | Examen correspondant | Catégories | Repères chiffrés |
|---|---|---|---|
| Filtration (G) | Créatinine sanguine, puis débit de filtration glomérulaire estimé | G1 à G5 | Seuil de maladie rénale chronique : 60 mL/min/1,73 m². Catégorie G5, stade terminal : sous 15 mL/min/1,73 m². |
| Albuminurie (A) | Rapport albumine/créatinine sur échantillon d’urine du matin | A1, A2, A3 | Anomalie à partir de 3 mg/mmol, soit environ 30 mg/g. En France : A1 sous 30 mg/g, A2 de 30 à 300 mg/g, A3 au-delà de 300 mg/g. |
| Cause (C) | Contexte clinique établi par le médecin | — | Pas de valeur chiffrée : diabète, hypertension, maladie cardiovasculaire, néphropathie identifiée. |
Les unités et les valeurs de référence varient d’un laboratoire à l’autre : ces repères servent à comprendre la logique du classement, pas à se situer soi-même sur une grille.

Le traitement qu’un résultat anormal peut déclencher
Un dépistage n’a d’intérêt que s’il débouche sur quelque chose. C’est le cas ici, et c’est ce qui justifie d’élargir les deux examens à toute la population cardiaque : les médicaments qu’un résultat anormal peut déclencher existent déjà, sont utilisés en cardiologie depuis des années, et le document les présente comme des thérapies modificatrices du risque dont le rapport coût-efficacité est établi.
Trois familles sont mises en avant, dans un ordre que le président du groupe de travail, Kevin Damman (centre médical universitaire de Groningue), formule ainsi : « L’utilisation précoce de médicaments appelés inhibiteurs du SRA et inhibiteurs du SGLT2, aux côtés d’un traitement à base de statine, est particulièrement importante et efficace. » Les inhibiteurs du SRA agissent sur le système rénine-angiotensine, la cascade hormonale qui règle la pression artérielle et la rétention de sel. Les inhibiteurs du SGLT2 bloquent le cotransporteur sodium-glucose de type 2, une protéine du rein qui récupère le sucre filtré. Les statines, elles, abaissent le cholestérol LDL, dont le rôle dans le risque cardiovasculaire est le mieux documenté des trois volets.
Un cas est cité explicitement. Chez un patient qui cumule insuffisance cardiaque chronique et maladie rénale chronique, un inhibiteur du SGLT2 est recommandé quelle que soit la fraction d’éjection ventriculaire gauche, c’est-à-dire la part du sang que le ventricule expulse à chaque contraction. Ce paramètre sert habituellement à trier les patients entre deux prises en charge distinctes. Ici, il ne trie plus.
Aucune de ces informations ne remplace un avis médical. Ces trois familles de médicaments ont leurs contre-indications, leurs interactions et leur propre surveillance biologique, souvent rénale. Un traitement en cours ne se commence, ne s’arrête et ne se modifie jamais seul, y compris après la lecture d’un résultat inhabituel : la décision revient au médecin traitant ou au cardiologue. Une prise de poids rapide, un gonflement des jambes, un essoufflement inhabituel, une baisse importante du volume des urines ou un malaise justifient un avis médical sans attendre le prochain rendez-vous.
En France, des examens déjà remboursés mais peu prescrits
Les deux examens sont des actes de biologie médicale inscrits à la nomenclature. Hors affection de longue durée, ils sont pris en charge à 60 % par l’Assurance maladie : sur chaque tranche de 10 € facturée par le laboratoire, 6 € sont remboursés et 4 € restent à votre charge, avant intervention éventuelle de votre complémentaire santé. Ce que vous avancez au comptoir dépend ensuite du tiers payant pratiqué par le laboratoire.
Lorsque ces examens se rattachent à une affection de longue durée exonérante, le taux passe à 100 % de la base de remboursement. La néphropathie chronique grave constitue l’ALD numéro 19. Mais « remboursé à 100 % » ne signifie pas gratuit : le taux porte sur la base fixée par la nomenclature, et une participation forfaitaire reste due sur les actes de biologie médicale, y compris dans le cadre du suivi d’une ALD.
Le tarif exact de ces trois actes n’est pas repris ici : la table de codage de l’Assurance maladie n’est pas consultable publiquement, et un montant approximatif n’aurait aucune valeur au comptoir. Les 10 € pris en exemple plus haut illustrent le taux, ils n’annoncent pas un prix. Le montant réel figure ligne par ligne sur la facture du laboratoire, en face du code de chaque acte.
Le vrai problème français n’est donc pas la disponibilité de ces examens, ni leur coût. C’est leur prescription. Près de six millions de personnes seraient concernées par une maladie rénale chronique dans le pays, la plupart sans le savoir, et en 2023 près de huit personnes à risque sur dix n’avaient réalisé aucun des examens recommandés. L’Assurance maladie a lancé en avril 2026 une campagne nationale de dépistage visant les personnes à risque — diabète et hypertension après 50 ans, maladie cardiovasculaire, obésité, antécédents familiaux de maladie rénale. Elle mobilise les médecins généralistes, les biologistes et les pharmaciens, avec un objectif de 10 000 médecins généralistes visités d’ici septembre 2026, en priorité les moins prescripteurs de ce dépistage.
L’apport du texte européen se situe donc à un endroit précis. Il ne crée pas un examen, il élargit la liste des personnes à qui le proposer.
Les situations qui justifient d’en parler à son médecin sans attendre
Un diagnostic cardiovasculaire récent est la situation que vise le texte : c’est au moment où la maladie est posée que les deux examens ont leur place, avant même que le moindre symptôme rénal apparaisse. Le diabète, l’hypertension artérielle, l’obésité et les antécédents familiaux de maladie rénale sont les autres profils ciblés par la campagne française. Un rendez-vous de suivi cardiologique est le moment naturel pour poser la question au praticien, comme l’est une consultation de renouvellement chez le médecin traitant.
La périodicité du re-dépistage, elle, n’est pas chiffrée. Le matériel diffusé autour des recommandations ne précise pas d’intervalle de répétition, et aucun rythme annuel ne peut être attribué au document sur cette base. Ce qu’il demande, c’est un dépistage au moment du diagnostic, puis un suivi dont la fréquence est fixée par le médecin selon la case de risque du patient. De la même façon, les seuils d’adressage au néphrologue ne figurent pas dans la partie du texte librement accessible : l’orientation vers le spécialiste relève de la décision du praticien, pas d’un chiffre à comparer soi-même.
Ce dépistage a la même logique qu’une hypertension d’origine hormonale qu’une prise de sang unique peut manquer : le bon examen, puis une confirmation. Ne pas le faire du tout reste la seule erreur coûteuse.
La portée réelle d’un texte européen en France
Le fil directeur du document tient dans cinq lettres, STAMP on CKD : dépister (Screen), trier et stadifier (Triage), traiter le risque rénal (Address CKD risk), adapter la prise en charge cardiovasculaire (Modify CVD management), organiser l’offre de soins (Plan health services). Les trois premières étapes s’adressent à l’ensemble des cliniciens, cardiologues compris, et non aux seuls néphrologues.
Le couple « classe I, niveau A » mérite d’être décodé, parce qu’il est souvent lu comme une promesse de résultat. Dans le système de l’ESC, la classe dit la force de la recommandation — faut-il le faire ? — et le niveau dit la solidité des données qui la fondent — sur quoi repose-t-elle ? Un couple I / A est le maximum des deux échelles. Il mesure un degré d’accord et un volume de preuves, pas l’ampleur du bénéfice qu’un patient donné peut en attendre, laquelle dépend de son risque de départ.
Deux dates coexistent, souvent confondues : le document a été mis en ligne dans l’European Heart Journal le 28 août 2026 et présenté au congrès de l’ESC le 29 août 2026. Aucune des deux n’est une date d’effet pour vous. Un texte de société savante ne modifie ni la nomenclature des actes, ni un taux de remboursement, ni une obligation de prescription : il oriente la pratique des cardiologues, se diffuse par les sociétés savantes, et peut ensuite seulement être repris dans des recommandations françaises. En France, la seule bascule datée reste la campagne de dépistage ouverte en avril 2026.
L’essentiel à retenir
- Deux examens, pas un. Une prise de sang pour le débit de filtration estimé, un flacon d’urine du matin pour le rapport albumine/créatinine. Les deux anomalies n’apparaissent pas dans le même ordre selon la maladie en cause.
- Un résultat isolé ne conclut rien. Le diagnostic suppose deux mesures anormales séparées d’au moins trois mois, sous le seuil de 60 mL/min/1,73 m² ou à partir de 3 mg/mmol.
- Un résultat anormal déclenche une prise en charge, pas seulement une étiquette : inhibiteurs du système rénine-angiotensine, inhibiteurs du SGLT2 et statine, dont l’indication relève du médecin.
- 60 % de remboursement hors ALD, 100 % de la base en ALD 19, avec une participation forfaitaire qui reste due sur les actes de biologie.
- Aucune obligation nouvelle en France : ces recommandations orientent la pratique, elles ne changent ni la nomenclature ni les droits du patient.
Questions fréquentes sur le dépistage rénal après un diagnostic cardiaque
Quels sont exactement les deux examens recommandés après un diagnostic cardiaque ?
Le premier est un dosage de la créatinine dans le sang, à partir duquel le laboratoire calcule un débit de filtration glomérulaire estimé, exprimé en mL/min/1,73 m². Le second est un rapport albumine/créatinine mesuré sur un échantillon d’urine du matin. Les recommandations ESC-ERA publiées le 28 août 2026 leur attribuent une classe I et un niveau A, soit le niveau le plus élevé de leur système de gradation.
Faut-il être à jeun, et comment se déroule le recueil d’urine ?
La seule précision donnée par le texte porte sur le type d’échantillon urinaire : celui du matin, dans un simple flacon, sans recueil des urines de vingt-quatre heures. Les conditions pratiques du prélèvement sanguin ne sont pas détaillées dans la partie du document accessible. Elles sont indiquées par le laboratoire au moment de la prise de rendez-vous ou sur l’ordonnance.
Un débit de filtration inférieur à 60 signifie-t-il une insuffisance rénale ?
Non, pas sur un seul prélèvement. Une déshydratation, une infection, une décompensation cardiaque ou l’introduction d’un médicament peuvent abaisser temporairement ce chiffre. La maladie rénale chronique n’est retenue que si l’anomalie persiste sur une seconde mesure, et l’interprétation appartient au médecin qui connaît le contexte et le traitement en cours.
Combien de temps sépare les deux mesures nécessaires au diagnostic ?
Au moins trois mois. Un dosage réalisé le 10 septembre ne peut donc pas être confirmé avant le 10 décembre. C’est ce délai qui qualifie l’atteinte de chronique : le mot décrit la durée de l’anomalie, pas sa gravité. La date exacte du contrôle est fixée par le médecin selon la situation.
Ces deux examens sont-ils remboursés en France ?
Oui. Ce sont des actes de biologie médicale inscrits à la nomenclature, pris en charge à 60 % sur prescription hors affection de longue durée. Ce taux ne s’applique pas au prix affiché mais à une base de remboursement dont le montant exact n’est pas public : les 6 € remboursés sur chaque tranche de 10 € facturée illustrent le mécanisme, ils ne sont pas le tarif de ces examens. Le montant réel figure sur la facture du laboratoire, et le solde relève de la complémentaire santé. En affection de longue durée exonérante — la néphropathie chronique grave est l’ALD 19 — le taux atteint 100 % de la base de remboursement, ce qui ne veut pas dire gratuit : une participation forfaitaire reste due sur les actes de biologie.
À partir de quel résultat consulte-t-on un néphrologue ?
Aucun seuil d’adressage n’est repris ici : les critères figurant dans le document n’ont pas pu être lus dans sa partie librement accessible. L’orientation vers le néphrologue dépend de la case de risque obtenue en croisant la catégorie de filtration et la catégorie d’albuminurie, et de la décision du médecin qui suit le patient.