Près de 17 millions d’adultes vivent avec une hypertension artérielle en France, soit à peu près trois adultes sur dix. Environ 6 millions d’entre eux l’ignorent, et plus de 4 millions prennent un traitement sans que leur tension redescende dans les objectifs : ces ordres de grandeur viennent de Santé publique France, à partir de l’étude Esteban et du Bulletin épidémiologique hebdomadaire de 2023. C’est dans ce deuxième groupe que se loge une cause précise, hormonale, qui ne relève pas du même traitement que les autres.
Elle a un nom, l’hyperaldostéronisme primaire : une production excessive d’aldostérone par les glandes surrénales, ces deux petites glandes posées au-dessus des reins. Le référentiel de la Société française d’endocrinologie la situe chez 8 à 10 % des hypertendus, soit 1,4 à 1,7 million de personnes rapportées à la population hypertendue française. Son dépistage repose sur une prise de sang. Or une prise de sang mesure un instant.
Une tension qui ne cède pas à trois médicaments
Le signal le plus parlant n’est pas un symptôme, c’est un échec thérapeutique. Une pression artérielle qui reste au-dessus des objectifs alors que trois médicaments sont pris chaque jour à leur dose optimale, mesures alimentaires comprises, sort du cadre de l’hypertension dite essentielle, celle à laquelle on ne trouve pas de cause unique. Le référentiel de la Société française d’endocrinologie consacré aux causes endocriniennes de l’hypertension de l’adulte, son item 224, retient exactement cette définition : « HTA résistante (HTA non contrôlée malgré les règles hygiéno-diététiques et au moins trois médicaments antihypertenseurs à doses optimales) ». Traduit : ce n’est pas le niveau de la tension qui fait basculer dans l’indication d’un bilan hormonal, c’est le nombre de traitements à pleine dose qu’elle a déjà mis en échec. Trois médicaments laissés à dose faible ne remplissent pas le critère.
Six autres situations figurent dans la même liste. Une hypertension de grade 3, c’est-à-dire une pression systolique égale ou supérieure à 180 mmHg ou une diastolique égale ou supérieure à 110 mmHg : l’une des deux suffit, les deux valeurs n’ont pas à être atteintes ensemble. Un potassium sanguin bas, à 3,7 mmol/L ou moins sur un ionogramme, ce qu’on appelle une hypokaliémie. Un âge inférieur à 30 ans au moment du diagnostic. Un nodule découvert par hasard sur une surrénale, lors d’une imagerie faite pour tout autre chose. Un retentissement sur les artères, le cœur ou les reins disproportionné par rapport au niveau de tension. Enfin un antécédent familial d’hypertension précoce ou de complications cardiovasculaires avant 40 ans : dans la liste du référentiel, l’antécédent cardiovasculaire précoce vaut exactement le même signal que l’antécédent tensionnel.
Trois de ces sept éléments se lisent sur des documents que vous avez peut-être déjà chez vous : une ordonnance qui compte trois antihypertenseurs, un ionogramme sanguin avec un potassium bas, un compte rendu de scanner qui mentionne un nodule surrénalien en découverte fortuite. Aucun n’est un diagnostic. Chacun est une raison de poser la question au médecin qui suit la tension.
| Situation | Seuil ou définition retenue | Examen de première intention |
|---|---|---|
| Hypertension de grade 3 | Systolique ≥ 180 mmHg ou diastolique ≥ 110 mmHg (l’une des deux suffit) | Dosage couplé aldostérone et rénine plasmatiques |
| Hypertension résistante | Non contrôlée malgré les règles hygiéno-diététiques et au moins trois antihypertenseurs à doses optimales | Dosage couplé aldostérone et rénine plasmatiques |
| Hypokaliémie | Potassium sanguin ≤ 3,7 mmol/L | Dosage couplé aldostérone et rénine plasmatiques |
| Hypertension avant 30 ans | Âge < 30 ans au diagnostic | Dosage couplé aldostérone et rénine plasmatiques |
| Nodule surrénalien de découverte fortuite | Image trouvée sur un examen fait pour un autre motif | Dosage couplé ; une image seule n’affirme pas la sécrétion |
| Retentissement vasculaire disproportionné | Atteinte des organes sans rapport avec le niveau de tension | Dosage couplé aldostérone et rénine plasmatiques |
| Antécédent familial précoce | Chez un apparenté : hypertension survenue tôt, ou complications cardiovasculaires avant 40 ans | Dosage couplé aldostérone et rénine plasmatiques |
L’hormone en cause et la glande qui la fabrique
L’aldostérone est fabriquée par la corticosurrénale, la couche externe de chacune des deux surrénales. Son rôle habituel est de régler la quantité de sel que l’organisme garde, en fonction de ses besoins. Le déclencheur normal de cette production s’appelle la rénine, une enzyme libérée par le rein quand la pression de perfusion baisse ou que le sel manque. La rénine commande, l’aldostérone exécute : c’est une chaîne à deux étages, et le premier tient le second.
Dans l’hyperaldostéronisme primaire, le deuxième étage se met à travailler pour son compte. La surrénale produit de l’aldostérone sans attendre l’ordre, la pression monte, et le rein, qui perçoit cette pression élevée, cesse de libérer de la rénine. D’où la signature biologique retenue en France par le référentiel de la Société française d’endocrinologie : une aldostérone élevée associée à une rénine basse, donc un rapport aldostérone sur rénine augmenté. Le mot « primaire » désigne précisément cela — l’anomalie est dans la glande, pas dans le signal qui lui arrive.
Deux formes se partagent l’essentiel des cas. L’adénome de Conn est une tumeur bénigne, développée dans une seule des deux surrénales, qui sécrète pour son propre compte. L’hyperplasie bilatérale est tout autre chose : les deux glandes, sans tumeur identifiable, produisent trop. Cette distinction n’est pas de vocabulaire. Elle décide du traitement, comme on le verra plus loin.
Du sel retenu à la tension qui monte : la chaîne complète
L’aldostérone agit sur la partie terminale du tubule rénal, le petit canal où l’urine achève de se former. Elle y ouvre la récupération du sodium : le sel qui allait partir dans les urines repasse dans le sang. L’eau suit le sel, par simple appel osmotique. Le volume de liquide qui circule dans les vaisseaux augmente donc, et la pression exercée sur leurs parois avec lui. Le mécanisme est mécanique avant d’être hormonal : plus de volume dans un réseau de contenance à peu près fixe, c’est plus de pression.
Le même échange a une contrepartie. Pour récupérer du sodium, le rein cède du potassium, qui part dans les urines. Un potassium bas et une tension haute ne sont donc pas deux problèmes distincts qui se seraient rencontrés par hasard chez la même personne : ce sont les deux faces d’une seule opération de transport. C’est ce qui donne à l’hypokaliémie sa valeur de signal sur un bilan par ailleurs banal, et ce qui explique qu’elle figure parmi les sept situations justifiant de chercher une cause surrénalienne.
Le sel alimentaire entre dans la même équation, puisqu’il fournit le sodium que l’hormone fait retenir : c’est le point de contact entre ce mécanisme et tout ce qui se joue entre alimentation et tension artérielle. Le rapport aldostérone sur rénine, lui, se lit dans un sens précis. C’est une division, et une division augmente aussi bien quand son numérateur monte que quand son dénominateur s’effondre : une rénine très basse suffit à gonfler le rapport, sans que l’aldostérone soit franchement élevée. C’est la raison pour laquelle le référentiel demande les deux valeurs et non leur seul quotient. Précision utile pour finir : cette chaîne décrit l’hyperaldostéronisme primaire, pas l’hypertension résistante en général, qui a beaucoup d’autres causes.
Une sécrétion par bouffées, pas un robinet ouvert
Soixante-douze mesures par personne en une journée, au lieu d’une seule : c’est le changement d’échelle qu’apporte le travail publié le 26 août 2026 dans Science Translational Medicine. Soixante patients atteints d’hyperaldostéronisme primaire ont été suivis pendant 24 heures, dans des centres situés à Bristol, Bergen, Stockholm et Athènes — la répartition exacte des participants entre ces villes n’est pas détaillée par les sources ouvertes. Le dispositif employé, appelé U-RHYTHM et mis au point à l’université de Bristol, a la taille d’un téléphone et se porte à la ceinture. Il ne prélève pas de sang : il capte en continu le liquide interstitiel de la peau, celui qui baigne les cellules, et en met un échantillon de côté toutes les vingt minutes pendant que la personne vaque à ses occupations et dort chez elle. Trois stéroïdes surrénaliens ont été suivis en parallèle : l’aldostérone, le 18-hydroxycortisol et le 18-oxocortisol.
Le profil obtenu ne ressemble pas à ce qu’un dosage isolé laisse imaginer. L’aldostérone n’est pas uniformément haute chez ces patients : elle sort par bouffées répétées, et l’alternance jour-nuit reste conservée. La dérégulation, elle, se concentre : elle est la plus marquée pendant le sommeil.
Cette architecture en pics a une conséquence immédiate sur le dosage. Une prise de sang mesure une concentration à un instant, pas une exposition sur une journée. Quand l’hormone sort par vagues, la même personne, avec la même maladie au même stade, peut se situer au-dessus du seuil à 8 h 10 et en dessous à 8 h 40. Les auteurs rapportent d’ailleurs que chez certains participants pourtant atteints, y compris parmi les formes les plus sévères, la concentration traverse des périodes où elle passe sous les seuils qui servent à poser le diagnostic. Le seuil n’a pas bougé. C’est la valeur mesurée qui se déplace sous lui.
Pourquoi le sommeil est la fenêtre aveugle
Ce que le résumé de la publication établit est une hypersécrétion nocturne, par bouffées, de l’aldostérone et des deux stéroïdes hybrides mesurés avec elle, le rythme jour-nuit restant conservé. L’heure du pic et celle du creux, en revanche, n’y figurent pas, et la reprise scientifique n’en dit rien non plus : restait le texte complet : celui-ci n’est pas librement consultable, la page de l’éditeur renvoyant une erreur d’accès, encore vérifiée le 28 août 2026. La fenêtre est donc établie à l’échelle de la nuit, pas à l’heure près.
Le moment où le signal est le plus anormal est donc aussi celui où personne ne le mesure. Les laboratoires de ville ouvrent le matin, et le protocole français demande explicitement un prélèvement matinal, en position assise depuis au moins quinze minutes. La nuit n’est pas ignorée par négligence : elle est hors du champ de ce que l’organisation actuelle des prélèvements permet d’observer. Un dosage matinal intervient après cette fenêtre nocturne, une fois la personne levée, habillée et assise depuis un quart d’heure au laboratoire. L’heure du rendez-vous pèse donc sur le résultat. De combien, aucune des sources disponibles ne le chiffre.
Médicaments, sel et position : les faux négatifs du dosage
L’horaire n’est pas la seule variable qui déplace le résultat. Quatre familles d’antihypertenseurs parmi les plus prescrites agissent directement sur le système rénine-angiotensine, celui-là même que le dosage explore : les inhibiteurs de l’enzyme de conversion, les sartans, les diurétiques et les bêtabloquants. Le référentiel d’endocrinologie précise que ces traitements produisent aussi bien des faux positifs que des faux négatifs, autrement dit qu’ils peuvent tout autant faire soupçonner à tort la maladie que la masquer chez quelqu’un qui l’a.
Trois autres conditions encadrent la validité de la mesure : la position assise depuis quinze minutes au moins, un potassium sanguin supérieur à 3 mmol/L, et une élimination de sodium dans les urines supérieure à 75 mmol par 24 heures, ce qui revient à vérifier que la personne n’était pas en régime sans sel strict les jours précédents. Chacune de ces conditions déplace le résultat dans un sens ou dans l’autre.
D’où deux conséquences pratiques, qui vont dans le même sens. Un dosage réalisé sans préparation peut rassurer à tort autant qu’inquiéter à tort, ce qui en fait un examen à organiser avec le médecin plutôt qu’à demander en passant au laboratoire. Et la préparation, quand elle suppose de modifier un traitement, relève d’une décision médicale : c’est le prescripteur qui arbitre le remplacement temporaire d’une classe interférente, avec le relais qui convient. Ce dosage se prépare. Il ne s’improvise pas.

Le signal disparaît après l’ablation de la glande
Le résultat le plus solide de ce travail n’est pas l’observation des bouffées, c’est ce qui leur arrive ensuite. Chez les patients opérés d’une ablation de la surrénale malade, les profils anormaux disparaissent. Le signal enregistré à la ceinture était donc bien produit par la glande retirée, et non par un artefact de mesure ou par une caractéristique générale des personnes hypertendues.
Une autre observation va dans le même sens. Les concentrations tissulaires d’aldostérone se révèlent plus élevées dans les formes où une seule glande est en cause que dans celles où les deux produisent trop. Le résumé de la publication établit cette différence entre les deux formes, et rien de plus : il ne dit pas à quel moment de la journée l’écart se creuse le plus, et le texte intégral, fermé, ne permet pas de le savoir.
Reste à nommer ce que cet enchaînement démontre, et ce qu’il ne démontre pas. Retirer la glande et voir le profil se normaliser établit un lien de cause à effet interne à la série de patients opérés. Cela ne dit rien sur la capacité d’un enregistrement de 24 heures à repérer une maladie chez quelqu’un dont on ignore encore s’il l’a. Causalité biologique et performance diagnostique sont deux questions séparées. La première est étayée ici. La seconde n’a pas été posée.
Combien de personnes sont réellement concernées
Deux fréquences circulent, et l’écart entre elles est important. Le référentiel de la Société française d’endocrinologie retient 8 à 10 % des hypertendus, ce qui fait de l’hyperaldostéronisme primaire la première cause endocrinienne d’hypertension. Le communiqué des universités de Manchester et de Bristol qui accompagne la publication avance, lui, une proportion pouvant atteindre un hypertendu sur cinq.
Rapportées aux quelque 17 millions d’adultes hypertendus recensés en France, ces deux fourchettes ne décrivent pas la même population. Le chiffre français situe entre 1,4 et 1,7 million de personnes concernées. Celui d’un sur cinq porterait le total au-delà de 3 millions, soit environ le double.
Aucune des deux n’est fausse pour autant, parce qu’une prévalence n’existe pas dans l’absolu : elle dépend entièrement de la population dans laquelle on la mesure. Comptée dans une consultation spécialisée qui reçoit des hypertensions résistantes déjà sélectionnées par des années d’échecs thérapeutiques, la proportion monte mécaniquement. Comptée en médecine générale, sur l’ensemble des personnes traitées pour de la tension, elle descend. Si votre tension est contrôlée par un seul médicament, vous êtes du côté bas de cette fourchette ; si elle résiste à trois traitements, vous êtes du côté haut. Le chiffre qui vous concerne est celui de votre situation, pas le plus large des deux.
La portée réelle de ce travail, et ses limites
Trois limites bornent ce que cette publication autorise à conclure, et elles sont explicites. Les 60 participants étaient déjà diagnostiqués : le dispositif n’a pas eu à trouver la maladie, il a décrit son rythme chez des personnes chez qui elle était connue. Aucune comparaison n’a été menée face à la stratégie diagnostique actuelle, c’est-à-dire face au dosage sanguin couplé. Et aucun critère clinique de long terme n’a été suivi : ni tension à un an, ni accidents cardiovasculaires évités.
Une contrainte technique s’ajoute à ces trois-là. Ce que le dispositif mesure n’est pas ce que mesure une prise de sang. Le liquide interstitiel de la peau n’est pas du plasma, et les valeurs obtenues ne se comparent donc pas directement aux seuils sanguins utilisés aujourd’hui pour poser le diagnostic. Il faudrait établir la correspondance entre les deux milieux avant d’en tirer un critère décisionnel. C’est un verrou de méthode, pas un détail d’ingénierie.
Les auteurs eux-mêmes présentent leur travail comme une étape vers un diagnostic fondé sur le suivi de rythmes hormonaux plutôt que sur une mesure à un instant unique, et indiquent que d’autres recherches restent nécessaires pour définir les parcours cliniques correspondants. Aucun appareil de ce type n’est aujourd’hui prescriptible, disponible en ville ou pris en charge. Ce qui est établi tient en une phrase : le profil hormonal est anormal, et il se corrige après la chirurgie.
Chirurgie ou blocage du récepteur : les deux voies après le diagnostic
Une fois le diagnostic biologique posé, toute la suite se joue sur une question : une glande ou les deux. La forme unilatérale, celle de l’adénome de Conn, relève de l’ablation chirurgicale de la surrénale atteinte. La forme bilatérale, où les deux glandes produisent trop, relève d’un traitement médical par spironolactone, un médicament qui bloque le récepteur de l’aldostérone, l’éplérénone venant en deuxième intention.
Trancher entre les deux est plus difficile qu’il n’y paraît. Le scanner des surrénales est l’examen le plus simple, mais sa portée est limitée : les adénomes mesurent souvent moins d’un centimètre, à la limite de ce que l’imagerie distingue, et les nodules sans signification particulière deviennent fréquents après 50 ans. Une image ne prouve donc pas que c’est cette glande-là qui sécrète. La réponse passe par le cathétérisme des veines surrénaliennes, qui va prélever le sang à la sortie de chaque glande pour comparer les deux — un examen invasif et très spécialisé.
Ce détour a un enjeu concret. Après ablation d’une glande unique en cause, environ une personne opérée sur deux voit son hypertension guérir, les autres étant améliorées : sur dix opérés, cinq sortent de la maladie hypertensive, cinq gardent un traitement mais plus efficace. Ce résultat ne concerne que les formes unilatérales opérées, et personne d’autre.
D’où une situation paradoxale, qui est la conséquence la plus lourde du sujet. La spironolactone fait baisser la tension qu’un diagnostic ait été posé ou non, puisqu’elle bloque le récepteur sur lequel agit l’hormone en excès. Une hypertension qui s’améliore sous ce médicament peut donc rester une hypertension surrénalienne que personne n’a jamais explorée, alors même que, si elle était unilatérale, elle relèverait d’une chirurgie qui guérit dans environ la moitié des cas. Le traitement efficace masque la cause qu’il traite.
Remboursement du bilan : l’état du droit
Le bilan de cause secondaire — dosage couplé, imagerie, avis spécialisé — est remboursé selon les règles de droit commun, sur prescription. Aucun dispositif d’exonération propre à l’hypertension ne s’y applique, et c’est une évolution ancienne : l’hypertension artérielle sévère a été retirée de la liste des affections ouvrant droit à la suppression de la participation de l’assuré par le décret n° 2011-726 du 24 juin 2011, publié au Journal officiel du 26 juin 2011.
La date qui compte pour un patient n’est aucune de ces deux-là. Le retrait s’applique à partir du 27 juin 2011 : c’est ce jour-là que le ticket modérateur, la part non prise en charge par l’Assurance maladie, est redevenu dû sur les soins liés à cette seule hypertension. Une autre affection de longue durée associée, un diabète ou une insuffisance rénale par exemple, peut ouvrir des droits par une autre voie. Ce qui reste à payer dépend ensuite du contrat de complémentaire santé. Les tarifs des dosages hormonaux et des examens d’imagerie concernés ne figurent pas dans les sources utilisées ici : il faudrait consulter la nomenclature des actes de biologie médicale pour les chiffrer, ce que cet article ne fait pas.
Une conduite à ne pas décider seul. Aucun antihypertenseur ne doit être arrêté, espacé ou modifié pour « préparer » un dosage hormonal : l’interruption des traitements qui faussent le résultat se décide et s’encadre par le médecin, avec un relais quand il est nécessaire. Le dosage aldostérone-rénine ne s’obtient pas non plus utilement de sa propre initiative, puisque hors conditions il devient ininterprétable. Une tension qui reste haute malgré le traitement se signale au médecin traitant, qui décide de la suite. Devant une faiblesse brutale d’un côté du corps, une déformation du visage ou des troubles soudains de la parole ou de la vue, il faut appeler le 15 : ce sont des signes d’alerte de l’AVC.
L’essentiel à retenir
- Un excès d’aldostérone fait retenir du sel et de l’eau, ce qui augmente le volume sanguin et la pression, et fait partir le potassium dans les urines : tension haute et potassium bas viennent du même mécanisme.
- Cette hormone sort par bouffées, avec une dérégulation maximale pendant le sommeil. Un dosage unique mesure un instant, et peut tomber sous le seuil chez une personne pourtant atteinte.
- Le dosage matinal aldostérone-rénine reste l’examen de référence en France. Ce qui est en cause, c’est le caractère ponctuel de la mesure, pas l’examen.
- Trois indices se lisent sur des documents courants : trois antihypertenseurs à pleine dose sans contrôle de la tension, un potassium bas, un nodule surrénalien découvert par hasard.
- Une forme unilatérale guérit par chirurgie dans environ un cas sur deux. Un traitement qui fait baisser la tension peut laisser la cause inexplorée.
Questions fréquentes
Un dosage normal exclut-il définitivement un hyperaldostéronisme primaire ?
Non. Le suivi continu publié le 26 août 2026 dans Science Translational Medicine montre que, chez des patients pourtant atteints, y compris dans des formes sévères, la concentration d’aldostérone traverse des périodes où elle passe sous les seuils qui servent à poser le diagnostic. Un résultat unique en dessous du seuil rend la maladie moins probable, sans l’écarter. C’est au médecin de décider s’il faut refaire le dosage ou aller plus loin, notamment quand les critères de recherche restent présents.
Faut-il arrêter son traitement avant de faire ce dosage ?
Cette décision n’appartient jamais au patient. Plusieurs classes très prescrites — inhibiteurs de l’enzyme de conversion, sartans, diurétiques, bêtabloquants — perturbent le système rénine-angiotensine et produisent aussi bien des faux positifs que des faux négatifs. Le médecin organise, s’il le juge utile, un relais par des médicaments qui interfèrent peu, dans un délai qu’il fixe. Arrêter un antihypertenseur de votre propre initiative vous expose à une poussée tensionnelle.
Combien d’hypertendus sont réellement concernés ?
Le référentiel français de la Société française d’endocrinologie retient 8 à 10 % des hypertendus, ce qui représente entre 1,4 et 1,7 million de personnes rapportées aux quelque 17 millions d’adultes hypertendus en France. Le communiqué des universités de Manchester et de Bristol avance une fréquence pouvant aller jusqu’à un hypertendu sur cinq. L’écart tient à la population dans laquelle la mesure est faite : la proportion monte dans une consultation spécialisée d’hypertension résistante et descend en médecine générale tout-venant.
L’opération guérit-elle l’hypertension ?
Seulement dans les formes où une seule glande est en cause, et pas dans tous les cas. Après ablation de la surrénale atteinte, environ une personne opérée sur deux voit son hypertension guérir, les autres étant améliorées, selon le référentiel d’endocrinologie. Les formes où les deux glandes produisent trop d’aldostérone ne relèvent pas de la chirurgie mais d’un traitement médicamenteux au long cours.
Le dispositif porté à la ceinture est-il disponible en France ?
Non. Il s’agit d’un travail de preuve de concept mené chez 60 patients déjà diagnostiqués, présenté par ses auteurs comme une étape vers un diagnostic fondé sur des rythmes hormonaux, et non comme un examen prêt à l’emploi. Aucun parcours de soins ne le prévoit, aucune prise en charge ne s’y rattache, et les auteurs indiquent eux-mêmes que d’autres recherches sont nécessaires. Le dosage sanguin du matin reste l’examen de référence en France.
Le bilan de cause hormonale est-il pris en charge ?
Il est remboursé selon les règles de droit commun, sur prescription médicale, comme les autres examens de biologie et d’imagerie. L’hypertension artérielle sévère n’ouvre plus droit à l’exonération du ticket modérateur depuis le 27 juin 2011, date d’entrée en vigueur du décret n° 2011-726 du 24 juin 2011. La part qui reste à votre charge dépend donc de votre contrat de complémentaire santé. Les tarifs précis des dosages ne sont pas documentés dans les sources utilisées pour cet article.