Votre mère cherche ses mots au milieu d’une phrase. Le bras de votre mari retombe alors qu’il tendait la main vers son verre. Un coin de bouche s’affaisse, puis tout semble redevenir normal en trois minutes. Les symptômes d’un AVC s’installent en quelques secondes, et la personne qui décide n’est presque jamais le patient : c’est le proche, le voisin ou l’aide à domicile présent dans la pièce. Or un cerveau privé de sang perd environ 1,9 million de neurones par minute tant que l’accident n’est pas traité, selon une publication de référence parue dans la revue Stroke en 2006. Deux réflexes suffisent : un seul signe brutal justifie l’alerte, et le seul geste utile est d’appeler le 15. Ce guide détaille ce que vous devez observer, noter et préparer — à commencer par l’heure exacte de début, la donnée que vous seul détenez.
Ce qui se passe dans le cerveau, et pourquoi une heure change tout
Un accident vasculaire cérébral — l’AVC, ou attaque cérébrale — est l’interruption brutale de l’irrigation d’une zone du cerveau. Deux mécanismes opposés : un caillot bouche une artère (AVC ischémique, 78 % des adultes hospitalisés en 2022 selon le Bulletin épidémiologique hebdomadaire, le BEH de Santé publique France) ou un vaisseau se rompt (AVC hémorragique, 22,4 %). Rien ne les distingue au domicile : selon la Haute Autorité de santé (HAS), « il n’y a pas de score clinique fiable pour différencier un AVC ischémique d’un AVC hémorragique ». Seule l’imagerie tranche.
Chaque minute compte, littéralement : cette perte de 1,9 million de neurones par minute est un ordre de grandeur, variable selon les patients, jamais une mesure individuelle. La HAS demande que l’on parle au public de « course contre la montre ».
Le mot « heure » du titre n’est pas un couperet : la HAS vise moins de soixante minutes entre l’arrivée à l’hôpital et le traitement d’urgence, le rythme que la filière doit tenir, pas un délai au-delà duquel on renoncerait. Le BEH le rappelle : « Le délai de prise en charge est un facteur explicatif important de la létalité et des séquelles. » Tout ne se joue pourtant pas ce jour-là : l’impact du mode de vie sur les risques cardiovasculaires vaut aussi pour l’AVC.
Symptômes de l’AVC : les trois signes qui doivent déclencher l’appel
FAST, VITE : le même message en deux langues
Les deux acronymes circulent côte à côte et passent pour deux méthodes concurrentes. Ils n’en font qu’une. La HAS écrit : « L’acronyme “FAST” (ou VITE en français) peut être utilisé pour simplifier les trois symptômes les plus spécifiques à reconnaître et la conduite à tenir en urgence. » France AVC en donne la déclinaison française : Visage paralysé, Inertie d’un membre, Trouble de la parole, En urgence appelez le 15. Retenez celui que vous voulez.
Les trois tests, en dix secondes
- Demandez-lui de sourire ou de montrer les dents. Un côté du visage ne suit pas, la bouche tombe : c’est une paralysie faciale.
- Demandez-lui de lever les deux bras et de les tenir. Un bras ne monte pas ou retombe : c’est une hémiplégie, la faiblesse ou la paralysie d’un côté du corps.
- Demandez-lui de répéter une phrase simple. Les mots ne viennent pas, la phrase est incompréhensible, ou la personne ne comprend pas ce que vous dites : c’est une aphasie, un trouble du langage qui touche la parole, la compréhension, la lecture ou l’écriture.
Ces trois signes ont un point commun décisif : la brutalité. Ils apparaissent en quelques secondes.
Les signes moins connus
La HAS en décrit trois autres, tout aussi soudains : la perte de la vue d’un œil, que les médecins appellent amaurose ; des troubles de la marche ou de l’équilibre ; une céphalée intense et brutale, sans équivalent connu. Si les campagnes n’en retiennent que trois, ce n’est pas que les autres comptent moins : les trois premiers sont, selon la HAS, « les plus spécifiques ».
Le problème français n’est pas la connaissance. Dans une enquête de 2019 auprès de 5 074 personnes publiée au BEH, 82,6 % des Français citaient simultanément les trois signes — mais 58 % seulement appelleraient le 15 en priorité. Gardez-vous enfin d’un contresens : ces tests ne trient pas. Ce sont des déclencheurs d’appel, pas des tests diagnostiques. Un seul signe suffit.
Le seul geste utile : appeler le 15
En France, le numéro est le 15, celui du SAMU – Centre 15. La recommandation de la HAS adoptée en octobre 2025 ne mentionne que lui, avec une exception : le 114, destiné aux personnes sourdes, sourdaveugles, malentendantes ou aphasiques se trouvant seules, joignable par SMS, appel vidéo ou application. Le 112, numéro d’urgence européen, fonctionne aussi — utile depuis un téléphone verrouillé, sans carte SIM ou à l’étranger — mais ajoute une étape d’acheminement. Aucun numéro unique ne les a remplacés : 15, 17, 18, 112 et 114 coexistent.
Pourquoi ce numéro ? Parce qu’au bout du fil se trouve un médecin régulateur, qui travaille sur protocole. Il oriente vers l’unité neurovasculaire (UNV) — le service spécialisé dans l’AVC — la plus proche capable de traiter, et met l’équipe hospitalière en alerte avant l’arrivée : imagerie réservée, neurologue prévenu. Aucun trajet personnel ne permet cela.
Deux réflexes coûtent ce bénéfice. Appeler son médecin traitant : « L’appel au médecin traitant est à éviter, car le médecin traitant doit alors appeler le SAMU – Centre 15 pour une prise en charge en urgence dans la bonne filière », écrit la HAS. Conduire soi-même la personne aux urgences : « Il s’agit d’un mode d’entrée déconseillé, qui fait perdre un temps précieux et retarde l’accès à une filière AVC. »
L’enjeu est mesurable : 46,8 % des patients seulement, en 2022, ont été admis en soins intensifs neurovasculaires (USINV), et le BEH relève qu’environ 40 % des AVC ischémiques et 75 % des hémorragiques n’accèdent pas à une UNV, quand la cible européenne est de 90 % d’ici 2030.
Et si les symptômes ont commencé il y a longtemps ? Appelez quand même. Selon la recommandation de la HAS d’octobre 2025, la thrombolyse intraveineuse (le médicament qui dissout le caillot) et la thrombectomie mécanique (le retrait du caillot par cathéter) s’envisagent dans les 4 h 30 ; au-delà, la thrombolyse reste possible jusqu’à 9 heures et la thrombectomie jusqu’à 24 heures, sous réserve de l’imagerie, une imagerie de perfusion étant impérative entre 4 h 30 et 9 heures. Passé 24 heures, plus aucun traitement de reperfusion — mais la HAS demande que l’imagerie cérébrale soit tout de même réalisée rapidement, pour confirmer le diagnostic et prévenir une récidive. Ce calcul n’est pas le vôtre : c’est le médecin régulateur qui tranche, pas le proche.
Ce que le SAMU va vous demander : préparez-le pendant que ça sonne
La HAS précise que l’alerte AVC repose sur des critères « basés sur les symptômes et le délai depuis leur début ». Autrement dit, l’heure de début commande l’éligibilité au traitement — et personne d’autre que vous ne la détient. Elle n’apparaîtra jamais dans le dossier hospitalier si vous ne la donnez pas.
La check-list de régulation figure noir sur blanc dans le guide de parcours de santé de la HAS d’octobre 2025, rarement repris hors du milieu professionnel. Le régulateur vous demandera :
- l’identité : nom, prénom, date de naissance, adresse précise ;
- la date et l’heure exactes de début des symptômes ;
- les antécédents cardiovasculaires — une hypertension artérielle en premier lieu —, cérébrovasculaires et néoplasiques (liés à un cancer), ainsi qu’une chirurgie ou une hémorragie récente ;
- les symptômes constatés, tels que vous les voyez ;
- les traitements antithrombotiques, et surtout les anticoagulants : nom de la molécule, date et heure de la dernière prise ;
- l’existence d’un matériel implantable contre-indiquant une IRM en urgence, pacemaker ou défibrillateur ;
- l’autonomie antérieure et le mode de vie : marche, sorties, troubles cognitifs, repas, toilette ;
- les directives anticipées, si la personne en a rédigé.
Si les symptômes étaient déjà là au réveil, ne répondez surtout pas « je ne sais pas ». Donnez l’heure du coucher, ou la dernière fois où la personne a été vue sans symptôme, et l’heure à laquelle vous avez constaté le déficit. La HAS calcule alors la fenêtre à partir du milieu du sommeil, ou du milieu de l’intervalle entre ces deux moments. Un réveil avec un déficit n’exclut donc pas le traitement.
Pendant que les secours arrivent, rassemblez les ordonnances en cours et les derniers résultats biologiques. Restez joignable au numéro que vous avez donné : le SAMU rappelle souvent pour préciser un point ou guider l’équipe.
Le geste qui coûte trois secondes
Regardez l’heure avant de composer le 15, et notez-la par écrit. Une fois l’appel engagé, la mémoire reconstruit et se trompe de dix minutes sans effort. Ces trois secondes valent plus que tous les gestes que vous pourriez tenter.
| Information | Pourquoi elle est demandée | Où la trouver chez vous |
|---|---|---|
| Heure exacte de début, ou dernier moment vu sans symptôme | Elle commande l’éligibilité au traitement | Votre montre, l’heure du dernier échange, du dernier repas ou du coucher |
| Anticoagulants et heure de la dernière prise | Ils pèsent sur la décision de traiter | Pilulier, ordonnance en cours, carte de traitement |
| Pacemaker ou défibrillateur | Peut contre-indiquer une IRM en urgence | Carte de porteur, carnet de suivi |
| Autonomie habituelle | Oriente la prise en charge et ses objectifs | Ce que vous savez : marche, sorties, repas, toilette |
| Antécédents et traitements | Antécédents cardiovasculaires, cancer, chirurgie ou hémorragie récente | Ordonnances, derniers résultats biologiques |
Bon à savoir — Le 114 est le numéro d’urgence des personnes sourdes, sourdaveugles, malentendantes ou aphasiques qui se trouvent seules : SMS texte ou image, appel vidéo, application, site internet. Enregistrez-le dès maintenant dans les contacts du téléphone. Et si le déficit est constaté au réveil, l’heure du coucher sans symptôme reste une information utile : la HAS calcule la fenêtre de traitement sur le milieu du sommeil.
En attendant les secours : ce qui aide, ce qui aggrave
La consigne institutionnelle la plus explicite vient de l’ARS Martinique : « Ne pas faire boire ni manger. Ne donner aucun médicament. Ne faire aucune injection. » Ce n’est pas une précaution de forme.
Le « rien par la bouche » a un fondement précis : l’AVC atteint fréquemment la déglutition. L’hôpital dépiste ces troubles systématiquement, et la HAS est catégorique : « Une hydratation ou alimentation orale ne peut pas être débutée avant ce dépistage. » Un verre d’eau donné avec les meilleures intentions peut partir dans les voies respiratoires.
L’aspirine n’est jamais un geste de secours, et cela vaut pour tout médicament de l’armoire, y compris ses propres traitements. La raison est simple : un AVC sur cinq environ est hémorragique, et rien ne permet de le distinguer sans imagerie. Un fluidifiant donné à l’aveugle peut aggraver une hémorragie en cours.
Reste la position, qui occupe beaucoup de place sur le web alors qu’elle n’est pas le sujet. Les sources françaises grand public — ARS Martinique, Fédération française de cardiologie — conseillent d’allonger la personne avec un oreiller sous la tête, et de la mettre en position latérale de sécurité si elle est somnolente ou inconsciente. La consigne parfois lue ailleurs, « ne couchez pas la personne », vient d’un autre contexte : la HAS ne traite le positionnement qu’à l’hôpital, où elle indique que les patients ne devraient pas être allongés à plat strict par défaut. Deux moments différents, et cette décision-là est médicale. À domicile, installez la personne confortablement, tête légèrement surélevée, sans la déplacer inutilement : aucune recommandation préhospitalière française de rang HAS ne va au-delà.
Le reste tient à la logistique : suivez les instructions du régulateur, déverrouillez la porte, allumez la lumière, faites descendre quelqu’un au pied de l’immeuble et ne raccrochez pas sans y être invité. La HAS résume la règle : « Time (extrême urgence) : si un de ces symptômes est observé, appeler le 15 immédiatement, même si les signes disparaissent. »
Quand consulter ? En fait, n’attendez pas de consulter. Devant un signe brutal — visage, bras, parole, vue, équilibre, mal de tête violent —, on ne prend pas rendez-vous : on appelle le 15, la nuit, le dimanche, et même si les symptômes s’atténuent ou disparaissent. Votre médecin traitant garde tout son rôle ensuite, sur le bilan, la prévention et le suivi. Pas à cette minute-là.
Quand les signes disparaissent : l’AIT est une urgence, pas un soulagement
C’est le message le plus contre-intuitif de ce guide. Le « mini-AVC » porte un nom médical : l’accident ischémique transitoire, ou AIT. La HAS le définit comme un épisode bref de dysfonction neurologique d’origine ischémique cérébrale ou rétinienne, typiquement moins d’une heure, sans preuve d’infarctus à l’imagerie. Tout est rentré dans l’ordre, et il faut quand même appeler.
La HAS ne laisse aucune ambiguïté : « Les symptômes transitoires durant quelques minutes ou heures sont faussement rassurants et doivent également conduire à l’appel du 15. En effet, l’AIT est également une urgence car le risque de récidive précoce (dans les 24 heures) est élevé. » Elle chiffre ce risque de 2 à 4,1 % dans les 48 heures et de 3,9 à 6,5 % dans les 7 jours ; l’Inserm avance des bornes plus hautes, 5 % à 48 heures et 10 % à un mois.
Le chiffre décisif est ailleurs : selon la HAS, le risque d’AVC après un AIT tombe à 0,9 % lorsque la prise en charge est urgente et spécialisée, contre 11,0 % sinon. Un AIT compte parmi les signes avant-coureurs les mieux identifiés de l’AVC, et c’est l’occasion la plus efficace de l’éviter — en agissant sur la cause, à commencer par une hypertension artérielle que l’on peut prévenir.
Concrètement, la HAS demande une prise en charge dans les 24 heures suivant l’appel si les symptômes datent de moins de 7 jours, dans les 7 jours au-delà, et une imagerie cérébrale dans les 12 heures suivant le début des symptômes. Là où elle existe, une « clinique de l’AIT », unité ambulatoire dédiée, est l’orientation privilégiée. Le bilan cherche notamment une fibrillation atriale, présente chez 27,4 % des AVC ischémiques en 2022 selon le BEH et non dépistée avant l’accident dans un tiers des cas cardio-emboliques : ces arythmies cardiaques passent souvent inaperçues.
Dernier point : les scores destinés à estimer le risque après un AIT — le plus connu s’appelle ABCD2 — ne doivent pas servir à trier, écrit la HAS. Tous les AIT relèvent d’une évaluation urgente. Ensuite seulement la prévention reprend ses droits, à commencer par les effets bénéfiques de l’arrêt du tabac.
Vivre seul, être seul témoin : les situations qui font perdre du temps
Vivre seul change la donne : le téléphone doit rester à portée de main, pas dans la pièce d’à côté. Si vous ressentez vous-même un signe brutal, appelez avant de chercher à comprendre, et ne prenez surtout pas le volant.
Le 114 mérite d’être connu bien au-delà de son public d’origine : il permet d’alerter par SMS ou en visio quand parler est impossible, ce qui concerne les personnes aphasiques comme les personnes sourdes ou malentendantes — un profil fréquent après 70 ans, où la perte d’audition s’installe sans qu’on la nomme.
La HAS cible nommément l’entourage : les proches, les aides à domicile, et jusqu’aux enfants, qu’elle décrit comme des « vecteurs efficaces d’apprentissage pour leurs parents ». Si vous êtes deux, l’un appelle pendant que l’autre reste auprès de la personne. Gardez aussi en tête que l’aphasie trompe : la personne comprend souvent parfaitement sans pouvoir répondre. N’en concluez ni à la confusion, ni à un coup de fatigue — cette installation en quelques secondes n’a rien à voir avec le déclin progressif des premiers signes de la maladie d’Alzheimer. C’est la soudaineté qui signe l’urgence.
Ces minutes engagent des années. Parmi les 19-59 ans ayant un antécédent d’AVC, 35,5 % travaillent contre 72,2 % en population générale et 54,3 % conduisent contre 81,3 %, selon les enquêtes Handicap-Santé citées par le BEH.
Après 60 ans : ce sur quoi vous pouvez encore agir
L’étude internationale Interstroke, sur laquelle s’appuie la HAS, attribue environ 90 % du risque d’AVC à dix facteurs, l’hypertension artérielle pesant à elle seule 52 % ; les cinq premiers — hypertension, tabac, obésité abdominale, alimentation, sédentarité — en expliquent 80 %. La tension est le premier chantier : voyez ce que recouvre l’idée de guérir de l’hypertension artérielle.
L’assiette agit sur la tension autant que sur le poids : le schéma le mieux documenté reste le régime DASH contre l’hypertension, bâti sur moins de sel et plus de fruits, de légumes et de produits laitiers peu gras.
Le tabac occupe la deuxième place, et son lien avec les maladies cardiovasculaires est l’un des mieux établis. Arrêter reste, à tout âge, le geste au meilleur rendement.
La sédentarité ferme le groupe de tête. Nul besoin de performance : la question utile est de savoir combien d’exercice il faut pour protéger son cœur.
Une réponse du gouvernement à une question parlementaire, publiée le 11 février 2025, avance que « 80 % des AVC précoces sont évitables ». Ce chiffre ne doit pas rassurer à contretemps : 25,4 % des patients hospitalisés en 2022 avaient moins de 65 ans. L’AVC est aussi, selon l’Inserm, la première cause de mortalité chez la femme, hospitalisée plus tard que l’homme (76,3 ans contre 70,5 en 2022, selon le BEH). Un mode de vie sain ne dispense jamais de connaître les signes — c’est aussi l’enjeu du trio tabac, diabète et hypertension après 50 ans.
L’essentiel à retenir
- Un seul signe brutal suffit : visage qui s’affaisse, bras qui ne monte plus, parole qui se dérobe. Les trois tests déclenchent l’appel, ils ne trient pas.
- Le numéro est le 15, celui du SAMU. Le 114 pour une personne sourde, malentendante ou aphasique seule ; le 112 fonctionne aussi, avec un routage en plus.
- Notez l’heure exacte de début, ou le dernier moment où la personne a été vue sans symptôme : c’est elle qui commande l’accès au traitement.
- Rien par la bouche, aucun médicament, pas même l’aspirine : un AVC sur cinq est hémorragique, et sans imagerie nul ne peut le savoir.
- Des signes qui disparaissent restent une urgence : l’AIT est « faussement rassurant », selon la HAS — appelez le 15 quand même.
- Appelez même s’il est tard : les fenêtres de traitement dépendent de l’imagerie, et c’est le médecin régulateur qui tranche.
Ce guide reprend des recommandations publiques ; il ne remplace ni un avis médical, ni la régulation du SAMU, seule habilitée à décider d’une prise en charge.
FAQ — reconnaître un AVC et réagir
Quels sont les tout premiers signes d’un AVC ?
Trois signes dominent, et ils apparaissent brutalement : une déformation du visage ou du sourire, une faiblesse d’un bras, d’une main ou d’une jambe, et un trouble de la parole. La HAS y ajoute la perte de la vue d’un œil, des troubles de l’équilibre et une céphalée intense et soudaine. Un seul suffit pour appeler le 15.
Faut-il appeler le 15 ou le 112 en cas d’AVC ?
En France, composez le 15, le numéro du SAMU : c’est celui que retient la recommandation de la HAS d’octobre 2025. Le 112, numéro européen, fonctionne aussi et dépanne depuis un téléphone verrouillé, sans carte SIM ou à l’étranger, mais ajoute une étape d’acheminement. Le 114 est destiné aux personnes sourdes, sourdaveugles, malentendantes ou aphasiques seules, par SMS ou appel vidéo.
C’est quoi un mini-AVC, et est-ce grave ?
Le mini-AVC désigne l’accident ischémique transitoire, ou AIT : un épisode neurologique bref, de moins d’une heure le plus souvent, sans preuve d’infarctus à l’imagerie. La HAS le décrit comme faussement rassurant, car de 2 à 4,1 % des personnes font un AVC dans les 48 heures. Une prise en charge urgente et spécialisée ramène ce risque de 11,0 % à 0,9 %. Appelez le 15, même si tout est rentré dans l’ordre.
Que faire en attendant les secours ?
Ne faites ni boire ni manger, ne donnez aucun médicament — aspirine comprise — et ne pratiquez aucune injection, rappelle l’ARS Martinique. Un AVC sur cinq est hémorragique, et rien ne permet de le distinguer sans imagerie. Installez la personne confortablement, tête légèrement surélevée, sans la déplacer inutilement, et en position latérale de sécurité si elle est somnolente. Notez l’heure exacte de début, rassemblez les ordonnances, déverrouillez la porte et restez joignable.
Peut-on encore être soigné plusieurs heures après le début des symptômes ?
Oui, parfois. Selon la recommandation de la HAS d’octobre 2025, thrombolyse et thrombectomie s’envisagent dans les 4 h 30 ; au-delà, la thrombolyse reste possible jusqu’à 9 heures et la thrombectomie jusqu’à 24 heures, sous réserve de l’imagerie. Passé 24 heures, aucun traitement de reperfusion. Appelez le 15 même si les symptômes ont commencé il y a longtemps : c’est le médecin régulateur qui tranche.
