Une ordonnance de kinésithérapie dans la poche, et aussitôt trois questions : combien coûte la séance, combien la Sécurité sociale en rend, combien de séances seront prises en charge. En 2026, le remboursement kiné répond à des règles stables, héritées de l’avenant 7 à la convention nationale des masseurs-kinésithérapeutes : un tarif calculé acte par acte, un taux de 60 %, une franchise de 1 € par séance, et aucun plafond général du nombre de séances. À la mi-août 2026, plusieurs articles ont pourtant annoncé un « plafonnement » des séances de kiné. Il s’agit d’une proposition adressée au gouvernement par l’Assurance maladie le 2 juillet 2026, ni votée ni appliquée.

Combien coûte une séance de kiné, et combien vous est remboursé

Il n’existe plus de prix unique de la séance de kinésithérapie. Depuis le 22 février 2024, la nomenclature repose sur vingt lettres-clés — une abréviation désignant un type de rééducation — au lieu des anciens codes génériques AMS et AMK : RAM pour le rachis non opéré, RAO pour le rachis opéré, RIC et RSC pour les membres opérés, RPE pour la déambulation du sujet âgé. Une rééducation après une entorse, une lombalgie ou une hernie ne se code donc pas de la même façon.

Le tarif d’un acte est égal à la valeur de la lettre-clé multipliée par un coefficient propre à l’acte, selon la nomenclature générale des actes professionnels (NGAP). La lettre-clé vaut 2,21 € en métropole et 2,43 € dans les DROM, Mayotte comprise — valeur en vigueur depuis le 22 février 2024, publiée par ameli sur sa page « Les tarifs conventionnels » mise à jour le 1ᵉʳ juillet 2025, et reconfirmée par la CNAM en juillet 2026. Le coefficient moyen facturé était de 9,2 par séance en 2025, contre 8,6 en 2015.

L’exemple officiel de l’Assurance maladie donne le repère le plus utile sur le prix d’une séance de kinésithérapeute en 2026 : une séance de rééducation des conséquences d’une entorse est facturée 16,58 €, dont 9,95 € pris en charge, soit 60 %. À l’échelle du pays, les 327 millions de séances de 2025 ont représenté 7,1 milliards d’euros d’honoraires sans dépassement, soit environ 21,7 € d’honoraire moyen par séance et 16,2 € remboursés.

Bon à savoir — Le tarif dépend de l’acte, pas du praticien : un kinésithérapeute conventionné applique la lettre-clé et le coefficient de la rééducation réalisée. Votre feuille de soins porte les deux : c’est là que vous vérifiez ce qui vous a été facturé.

Remboursement kiné : le taux est de 60 %, pas de 70 %

60 %, c’est le taux des auxiliaires médicaux

Les kinésithérapeutes sont des auxiliaires médicaux, comme les infirmiers, les orthophonistes, les orthoptistes et les pédicures-podologues. Pour tous, l’Assurance maladie rembourse 60 % du tarif conventionnel, et non les 70 % applicables aux consultations médicales : sur la séance à 16,58 €, cela donne 9,95 € (ameli, tableaux récapitulatifs des taux de remboursement, page du 19 janvier 2026).

D’où vient le « 75 % » que l’on lit parfois

Le rapport de la CNAM de juillet 2026 indique que les 7,1 milliards d’euros d’honoraires de 2025 ont été remboursés « au taux moyen de 75 % », soit 5,3 milliards, environ 4,7 % des dépenses de soins de ville. Ce 75 % est un taux moyen constaté sur l’ensemble des patients, pas la règle applicable à votre séance : il est tiré vers le haut par les situations exonérées de ticket modérateur — affections de longue durée, accidents du travail et maladies professionnelles. Votre taux de référence reste 60 %.

L’ALD change la donne, mais seulement pour les soins en rapport

En affection de longue durée (ALD), vous êtes exonéré du ticket modérateur pour les soins en rapport avec votre affection, pour ceux-là seulement. En 2025, 31,1 % des patients suivis en kinésithérapie étaient en ALD : 17,8 points pour des soins liés à leur affection, 13,3 points pour des soins sans rapport, remboursés au taux normal. Le mécanisme est détaillé dans notre guide sur la prise en charge en ALD.

Rapporté à l’année, l’Assurance maladie a remboursé en moyenne 409 € par patient en 2025, contre 339 € en 2015 — une progression de 4 % par an depuis dix ans, et de 4,6 % en 2025, contre 3,2 % pour l’ensemble des soins de ville.

Ce qui reste vraiment à votre charge, et ce que couvre la mutuelle

Reprenons l’exemple officiel : séance facturée 16,58 €, remboursée 9,95 €. Restent 6,63 € de ticket modérateur — la part du tarif laissée à l’assuré — plus la franchise médicale de 1 €, retenue sur chaque acte d’auxiliaire médical réalisé hors hospitalisation. Avant complémentaire, la séance vous coûte donc 7,63 €.

Les contrats dits « responsables » — 96,5 % des cotisations versées en 2024, selon la DREES citée par la CNAM — doivent couvrir l’intégralité de la participation de l’assuré sur les tarifs de l’Assurance maladie : ils prennent donc en charge les 6,63 €. En revanche, ils ne remboursent ni les franchises ni les participations forfaitaires, une interdiction réglementaire et non un choix de l’assureur, comme le rappelle notre article pour mieux comprendre les complémentaires santé en France.

Pour un patient couvert par un contrat responsable et sans dépassement d’honoraires, le reste à charge d’une séance de kiné remboursée par la mutuelle s’établit donc autour de 1 € : la franchise, et elle seule. Celle-ci est plafonnée à 4 € par jour sur les actes paramédicaux et à 50 € par an et par personne, tous actes et médicaments confondus (valeurs 2026) ; aucune garantie, même complète, ne la fait disparaître, quelle que soit la complémentaire santé choisie.

En sont dispensés les moins de 18 ans, les femmes enceintes à partir du 6ᵉ mois et jusqu’au 12ᵉ jour suivant l’accouchement, et les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire ou de l’aide médicale de l’État. La question pèse surtout après 60 ans, âge à partir duquel le nombre de séances annuelles augmente nettement.

Faut-il une ordonnance ? Prescription, renouvellement et accès direct

En principe, les actes de kinésithérapie sont réalisés sur prescription médicale, et c’est le cas de la très grande majorité des séances. L’avenant 7 y a introduit une souplesse : le kinésithérapeute peut, sauf indication contraire du médecin et dans le cadre d’un renouvellement, adapter une prescription initiale de moins d’un an — un ajustement, non une nouvelle prescription.

L’accès direct, ouvert par la loi du 19 mai 2023

La loi du 19 mai 2023 permet de consulter un kinésithérapeute sans prescription, mais seulement s’il exerce en établissement de santé (public, ESPIC ou privé), en établissement ou service social et médico-social, ou en structure d’exercice coordonné : équipe de soins primaires ou spécialisés, centre de santé, maison de santé. En cabinet libéral isolé, ce texte n’ouvre pas l’accès direct.

Vingt départements en expérimentation, huit séances au maximum

Un décret du 27 juin 2024, puis un arrêté du 6 juin 2025, ont ouvert une expérimentation de cinq ans étendant l’accès direct au kinésithérapeute adhérant à une communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) dans vingt départements : Aude, Côtes-d’Armor, Deux-Sèvres, Gers, Haute-Corse, Haut-Rhin, Isère, Loiret, Martinique, Mayotte, Meurthe-et-Moselle, Nord, La Réunion, Rhône, Seine-Maritime, Tarn, Var, Vendée, Yonne et Yvelines. Depuis l’été 2025, un patient de ces départements peut s’y adresser sans passer par son médecin, dans la limite de huit séances si aucun diagnostic médical n’a été posé au préalable ; avec un diagnostic, cette limite ne s’applique pas. Le kinésithérapeute réalise un bilan initial, en adresse le compte rendu au médecin traitant et au patient, et oriente vers le médecin si nécessaire.

Le dispositif reste marginal : 567 222 actes en accès direct de janvier 2024 à juin 2025, dont 224 072 au seul premier semestre 2025 (+30 % en un an), soit moins de 0,15 % des actes. 6,4 % des kinésithérapeutes (5 228 professionnels) en ont réalisé au moins un, et cinq départements concentrent 37 % de l’activité. À la question « peut-on aller chez le kiné sans ordonnance ? », la réponse honnête est donc : rarement, et pas partout.

Quand consulter ? — Un avis médical s’impose avant d’entamer une rééducation en cas de traumatisme récent, de déficit de force ou de sensibilité, de douleur nocturne qui vous réveille, de fièvre, de perte de poids inexpliquée, de trouble urinaire ou sphinctérien associé à une lombalgie, ou d’aggravation malgré plusieurs séances. Le kinésithérapeute ne pose pas de diagnostic médical, et l’accès direct ne remplace pas un avis médical. N’interrompez jamais une rééducation prescrite sans en parler à votre prescripteur.

Physiothérapeute donnant un massage des jambes à une femme âgée active dans un centre sportif

Combien de séances de kiné sont remboursées ?

C’est le point le plus mal compris : il n’existe aucun plafond général du nombre de séances de kiné remboursées en France. Ce qui existe, ce sont des seuils par situation clinique. Pour quatorze d’entre elles, la Haute Autorité de santé (HAS) a fixé un nombre de séances au-delà duquel le kinésithérapeute dépose une demande d’accord préalable (DAP) ; en deçà, la prise en charge est automatique — y compris pour une sciatique relevant de la lombalgie commune.

La procédure est encadrée : le kinésithérapeute réalise son bilan diagnostic kinésithérapique, se concerte avec le prescripteur, puis adresse la demande. La caisse répond sous quinze jours et son silence vaut acceptation ; un refus est notifié par courrier, avec les voies de recours (ameli, « L’accord préalable », page du 26 mai 2025).

Voici sept des quatorze situations, dont les plus fréquentes après une chirurgie orthopédique.

Séances prises en charge sans accord préalable — 7 des 14 situations à seuil HAS (source : ameli, page du 26 mai 2025)
SituationSans accord préalableAccord préalable à partir de la…
Lombalgie commune1 à 15 séances16ᵉ séance
Cervicalgie commune1 à 15 séances16ᵉ séance
Entorse externe récente de cheville1 à 10 séances11ᵉ séance
Prothèse totale de hanche1 à 15 séances16ᵉ séance
Prothèse de genou1 à 25 séances26ᵉ séance
Ligament croisé du genou1 à 40 séances41ᵉ séance
Tendinopathie de la coiffe non opérée1 à 25 séances26ᵉ séance

Ces situations — dont les tendinopathies de l’épaule — pèsent environ 10 % de l’activité : près de 30 millions de séances, 2 millions de patients et quelque 350 millions d’euros remboursés en 2025. Selon l’acte, 8 % à 42 % des patients dépassent le seuil, pour environ 80 millions d’euros. Pour la seule lombalgie commune : 525 000 patients et 21,4 % au-delà de quinze séances.

En pratique, un patient a reçu 25,3 séances en moyenne en 2025, contre 22,8 en 2015. L’écart selon l’âge est net : 13 séances avant 14 ans, 40 à partir de 75 ans, où la rééducation vise souvent la perte de force musculaire et les troubles de l’équilibre. Et 50 séances pour des soins en rapport avec une ALD, contre 19 hors ALD.

Domicile, horaires, dépassements : ce qui s’ajoute à la note

Des suppléments peuvent s’ajouter au tarif de l’acte, remboursés dans les mêmes conditions que la séance, donc à 60 % : pour les soins hors cabinet, l’IFD à 2,50 €, l’IFS à 4,00 € (non cumulable avec l’IFD) et des indemnités kilométriques de 0,38 € en plaine, 0,61 € en montagne, 3,35 € à pied ou à ski ; une majoration de 9,15 € la nuit, de 7,62 € le dimanche ; des forfaits de 100 € pour le retour à domicile après un AVC, de 20 € après une chirurgie orthopédique — fréquente après une fracture liée à l’ostéoporose — et de 2,15 € pour un acte de télésoin. Tous ces montants sont en vigueur depuis le 22 février 2024.

Le dépassement d’honoraires, lui, n’est admis que dans des cas limités, liés à une exigence particulière du patient, et reste minoritaire : en 2024, 17,8 % des kinésithérapeutes ayant facturé au moins 50 actes ont facturé au moins un dépassement, et 8,8 % des patients en ont acquitté au moins un, pour 180 € en moyenne sur l’année — que ce soit pour une lombalgie, une rééducation post-opératoire ou une tendinite.

La géographie est frappante : à Paris, 93 % des kinésithérapeutes facturent des dépassements et 72 % des patients en paient, pour 259 € en moyenne dans l’année, soit 97 millions d’euros, environ un tiers des honoraires parisiens ; dans les Hauts-de-Seine, 185 € par patient ; en Seine-Saint-Denis, 125 €. Ces sommes ne sont pas prises en charge par l’Assurance maladie.

Ce qui suit n’est pas en vigueur. Tout ce qui précède décrit le droit applicable au 13 août 2026, celui qui s’applique à votre ordonnance en cours. Les deux sections suivantes portent sur un rapport de propositions remis au gouvernement : aucune des mesures évoquées n’est votée, aucune ne change votre prise en charge aujourd’hui.

Ce que l’Assurance maladie propose pour 2027 : une proposition, pas une décision

Chaque année, la CNAM remet au ministre chargé de la Sécurité sociale et au Parlement un rapport dit « Charges et produits », prévu par la loi du 13 août 2004. L’édition consacrée à 2027 a été présentée le 2 juillet 2026, puis soumise au vote du conseil de la caisse le 9 juillet. C’est un document de propositions : la CNAM propose, le gouvernement et le Parlement décident, dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, discuté à l’automne 2026.

Le rapport avance plus de quarante propositions, pour 3,9 milliards d’euros d’économies attendues en 2027, et consacre un chapitre entier à la kinésithérapie. Voici, mot pour mot, le texte réellement soumis au vote :

« Proposition 33 : Adapter les modalités de prise en charge des soins de masso-kinésithérapie sur la base des recommandations HAS le cas échéant actualisées. — Mettre en place la régulation des installations sur le flux prévu par l’avenant 7 à la convention avec les représentants des masseurs-kinésithérapeutes. — Rééquilibrer l’activité en faveur des patients complexes tout en garantissant l’attractivité économique de la profession. — Étudier la possible forfaitisation de certains soins ou une évolution des tarifs au fur et à mesure de la prise en charge. »

Ce texte ne contient ni plafond de séances, ni dégressivité tarifaire. Ces deux termes figurent ailleurs dans le chapitre, au conditionnel, dans l’analyse qui entoure la proposition : ces travaux « pourraient également conduire à limiter le remboursement ou envisager une dégressivité des tarifs au-delà d’un certain seuil », écrit la CNAM, « […] tout en maintenant la possibilité d’une prise en charge prolongée dans des situations individuelles particulières évaluées médicalement ». C’est cette phrase — conditionnelle, et extérieure au texte voté — que plusieurs articles ont présentée comme une mesure arrêtée.

Le rapport évoque enfin des « réflexions sur la répartition de la prise en charge entre l’Assurance maladie obligatoire et les complémentaires », qui « contribueraient » à faire évoluer le modèle : c’est le débat récurrent du transfert de charges vers les mutuelles et de son effet sur les cotisations.

« Un modèle triplement perdant » : le constat de la CNAM et les réactions

La formule a fait le tour de la presse. Elle ne figure pas dans le rapport : c’est une déclaration orale d’Antoine-Mathieu Nicoli, directeur de la gestion du risque de la CNAM, lors de la présentation du 2 juillet 2026, rapportée par Egora. « Le modèle actuel [de la kinésithérapie] est triplement perdant, a-t-il déclaré. Ce modèle ne garantit pas pour les patients un accès aux soins satisfaisant, l’attractivité de la profession est relativement faible, avec des honoraires qui diminuent, et la soutenabilité financière nous interroge. »

Le constat chiffré, lui, est bien dans le rapport. Entre 2015 et 2025, les kinésithérapeutes libéraux sont passés de 61 600 à plus de 84 500 (+37 %), les patients de 10,5 à 12,9 millions et les séances de 239 à 327 millions (+36,5 %) ; 18,7 % de la population a eu recours à la kinésithérapie en 2025. Dans le même temps, les honoraires moyens par praticien n’ont progressé que de 0,6 % par an et les revenus déclarés de 0,3 % par an. Et la densité reste très inégale : de 47 kinésithérapeutes pour 100 000 habitants en Seine-Saint-Denis à 269 dans les Hautes-Alpes, environ 30 % de la population vivant en zone sous-dotée.

Les kinésithérapeutes contestent cette lecture. Dans des propos rapportés par L’Humanité le 11 août 2026, la Fédération française des masseurs-kinésithérapeutes rééducateurs (FFMKR) alerte « sur le risque d’une réponse essentiellement comptable fondée sur des dispositifs aveugles, complexes ou punitifs : plafonds de séances, dégressivité tarifaire, restrictions de remboursement ». Son délégué général, Vincent Daël, ajoute que « les kinés ne profitent pas, ils répondent à une demande ». Au sein même du conseil de la CNAM, Force ouvrière a assorti son vote de réserves, contestant « ces transferts de charges constants vers les complémentaires ».

Pour situer ses pistes, la CNAM regarde les voisins européens : la Belgique rembourse 18 séances par patient et par an, portées à 60 pour les pathologies de ses listes « aiguës » et « chroniques », puis dégressives au-delà ; les Pays-Bas limitent la prise en charge à 12 séances par an pour l’arthrose de hanche ou de genou et jusqu’à 70 pour la BPCO ; l’Allemagne oppose des référentiels par indication. Ces chiffres sont belges, néerlandais et allemands : aucun équivalent français n’existe, ni en vigueur, ni dans la proposition votée.

Le rapport insiste par ailleurs sur l’autonomisation des patients, où une activité physique adaptée prend le relais de la rééducation.

L’essentiel à retenir

  • 60 % : le taux de remboursement des actes de kinésithérapie, comme pour tous les auxiliaires médicaux. Le « 75 % » cité par la CNAM est un taux moyen constaté, pas la règle.
  • 1 € de franchise par séance, jamais remboursée par la complémentaire, plafonnée à 4 € par jour sur les actes paramédicaux et 50 € par an et par personne.
  • Aucun plafond général du nombre de séances remboursées n’existe en France.
  • 14 situations cliniques ont un seuil fixé par la HAS : au-delà, le kinésithérapeute dépose une demande d’accord préalable, à laquelle la caisse répond sous quinze jours, son silence valant accord.
  • L’accès direct ne vaut que pour les kinésithérapeutes exerçant en établissement de santé, en structure médico-sociale ou en exercice coordonné, et, dans vingt départements en expérimentation, pour ceux qui adhèrent à une CPTS, avec huit séances au maximum sans diagnostic médical préalable.
  • Les mesures évoquées pour 2027 sont des propositions de la CNAM datées du 2 juillet 2026, ni votées ni applicables, et le texte soumis au vote ne contient ni plafond de séances ni dégressivité tarifaire : la décision appartiendra au Parlement.

FAQ — Remboursement des séances de kiné

Combien coûte une séance de kiné et combien la Sécurité sociale rembourse-t-elle ?

Il n’y a pas de prix unique : le tarif est égal à la lettre-clé de l’acte — 2,21 € en métropole et 2,43 € dans les DROM depuis le 22 février 2024 — multipliée par un coefficient propre à la rééducation. L’exemple officiel publié par ameli porte sur une séance après entorse facturée 16,58 €, remboursée 9,95 €, soit 60 %.

Combien de séances de kiné sont remboursées ?

Aucun plafond général n’existe en France. Pour quatorze situations cliniques, la HAS a fixé un seuil au-delà duquel le kinésithérapeute doit déposer une demande d’accord préalable : 15 séances pour une lombalgie commune, 10 pour une entorse externe récente de cheville, 40 après une atteinte du ligament croisé. La caisse répond sous quinze jours et son silence vaut acceptation.

Peut-on aller chez le kiné sans ordonnance ?

Dans certains cas seulement. La loi du 19 mai 2023 ouvre l’accès direct aux kinésithérapeutes exerçant en établissement de santé, en structure médico-sociale ou en exercice coordonné, et une expérimentation l’étend depuis l’été 2025 aux praticiens adhérant à une CPTS dans vingt départements, avec huit séances au maximum sans diagnostic médical préalable. En pratique, le dispositif reste marginal.

Que rembourse la mutuelle sur une séance de kiné ?

Sur l’exemple officiel à 16,58 €, une complémentaire prend en charge les 6,63 € de ticket modérateur si le contrat est responsable, ce qui est le cas de la quasi-totalité des contrats. Elle ne rembourse jamais la franchise médicale de 1 € par séance : la réglementation l’interdit. Cette franchise est plafonnée à 4 € par jour sur les actes paramédicaux et 50 € par an.

L’Assurance maladie va-t-elle limiter le nombre de séances remboursées en 2027 ?

Rien n’est décidé. Il s’agit d’une piste de réflexion figurant dans un rapport de propositions remis au gouvernement et au Parlement le 2 juillet 2026. La proposition réellement soumise au vote parle d’« étudier » une possible forfaitisation ou une évolution des tarifs, sans mentionner ni plafond ni dégressivité. La décision reviendra au Parlement, dans le PLFSS pour 2027.