Sur 176 nouveau-nés porteurs du cytomégalovirus (CMV) dès la naissance, 100 n’auraient jamais été testés si l’on s’en était tenu aux bébés jugés à risque. Aucun ne remplissait l’un des trois critères qui déclenchent un test dans une stratégie dite ciblée : un échec au test auditif de la maternité, une suspicion clinique, une infection de la mère connue pendant la grossesse. Seul un test de salive proposé à tous les nouveau-nés les a trouvés, soit 57 % des enfants infectés.

Ces chiffres viennent d’un programme mené dans deux hôpitaux de Jérusalem d’avril 2022 à mars 2025, publié en ligne le 10 décembre 2025 dans The Lancet Infectious Diseases (numéro d’avril 2026). Ils montrent combien d’infections un ciblage laisse de côté ; ils ne montrent pas que tester tous les bébés protège leur audition sur le long terme. En France, la Haute Autorité de santé (HAS) a retenu une autre porte d’entrée : un dépistage pendant la grossesse, au premier trimestre, et non à la naissance.

Un virus fréquent chez l’adulte, silencieux chez neuf bébés infectés sur dix

Le cytomégalovirus appartient à la famille des herpèsvirus. Il est très répandu et passe le plus souvent inaperçu chez l’adulte. En France, 45,6 % des femmes de 15 à 49 ans portaient déjà des anticorps contre lui selon des données de 2010, soit près d’une femme en âge d’avoir un enfant sur deux, et la proportion monte jusqu’à 90 % outre-mer. Quand une femme enceinte s’infecte, neuf fois sur dix elle ne ressent rien.

Lorsque le virus passe de la mère au fœtus, on parle d’infection congénitale, c’est-à-dire présente dès la naissance. Elle concerne 0,5 à 1 % des naissances vivantes en Europe et en Amérique du Nord, selon la Société canadienne de pédiatrie, dont la mise à jour a été reconduite en janvier 2026. Rapporté à une maternité, cela fait de 5 à 10 bébés sur 1 000. Parmi eux, environ un sur dix seulement présente des signes visibles à la naissance.

Les neuf autres ne montrent rien de particulier. Certains garderont pourtant une atteinte de l’audition : le CMV congénital est la première cause de surdité de perception non génétique chez l’enfant, jusqu’à un quart des cas. Cette surdité touche l’oreille interne ou le nerf auditif ; elle ne se confond pas avec une infection de l’oreille chez l’enfant, qui concerne une autre partie de l’oreille.

Tout dépistage qui attend des signes part donc avec un défaut de construction : il ne peut voir que la minorité qui en présente. Pas de symptôme ne veut pas dire pas d’infection.

48 556 nouveau-nés testés sur leur salive en trois ans

Le programme a fonctionné du 1ᵉʳ avril 2022 au 31 mars 2025 dans deux hôpitaux de Jérusalem, porté par des équipes du centre médical Hadassah et de l’Université hébraïque, dont la chercheuse Dana Wolf. Le test faisait partie du dépistage néonatal de routine et était proposé à tous les bébés dont les parents avaient donné un consentement écrit. Au total, 48 556 nouveau-nés ont été testés, soit 94,7 % des naissances vivantes des deux établissements : un peu moins de 19 bébés sur 20.

La salive est analysée par PCR, une technique qui recherche le matériel génétique du virus. Tout résultat positif a ensuite été vérifié par une seconde PCR, cette fois sur les urines du bébé. Seuls les enfants confirmés par cette deuxième analyse sont comptés comme infectés.

Ces enfants ont été examinés à la naissance, puis à l’âge d’un an. Pour chaque mère, les sérologies réalisées pendant la grossesse, c’est-à-dire les prises de sang qui recherchent les anticorps, ont servi à classer l’infection maternelle : première rencontre avec le virus, ou non.

Le protocole est celui d’une cohorte prospective : un groupe défini à l’avance et suivi dans le temps, sans groupe de comparaison tiré au sort. Aucun bébé n’a été laissé sans test pour servir de témoin. L’étude décrit donc ce que trouve un dépistage proposé à tous ; elle ne mesure pas ce qu’il change pour la santé des enfants. Elle compte des cas, pas des bénéfices.

La publication est parue en ligne le 10 décembre 2025 dans The Lancet Infectious Diseases et figure dans le numéro d’avril 2026 de la revue. Elle prolonge un premier bilan de la même équipe, publié en mars 2024 dans Nature Medicine, qui portait sur la seule première année du programme.

Huit salives dans une seule analyse

Tester 48 556 bébés un par un demanderait 48 556 analyses. L’équipe a procédé par regroupement. Comme le décrit le bilan de première année, les salives sont mélangées par lots de huit. Si le mélange est négatif, les huit bébés le sont. S’il est positif, chaque salive du lot est retestée seule, puis le bébé positif passe à la confirmation sur les urines.

Sur les trois ans, chaque PCR a couvert en moyenne 5,82 salives. Rapporté à l’effectif, cela donne environ 8 300 analyses au lieu de 48 556, soit à peu près 83 % d’analyses en moins. C’est l’ordre de grandeur déjà mesuré la première année, où 83 % des tests avaient été épargnés. Le 5,82 ne se lit pas comme un pourcentage : c’est un nombre de bébés par analyse.

Le mélange a un prix. Diluée dans sept autres, une salive positive donne un signal plus faible : les auteurs chiffrent la perte de sensibilité à 3,7 cycles d’amplification, notés Ct, ce qui signifie que la machine doit multiplier davantage le matériel génétique avant de voir le virus. Le résumé ne dit pas si cette perte est faible ou forte ; sa conclusion qualifie néanmoins l’approche de sensible. Le regroupement rend le dépistage de masse envisageable.

Un bébé sur 280 infecté, et 57 % hors de portée du ciblage

Sur les 48 556 bébés testés, 176 portaient le CMV depuis la grossesse, soit 3,6 pour 1 000 naissances. Converti, cela fait environ un bébé sur 280. Pour ces deux hôpitaux, sur trois ans, cela représente un peu plus d’un nouveau cas par semaine. L’intervalle de confiance à 95 %, qui encadre la valeur probable compte tenu du hasard de l’échantillon, va de 3,1 à 4,2 pour 1 000. La première année seule avait donné 3,4 pour 1 000 sur 15 805 bébés : le taux est resté stable.

Ce taux se situe un peu sous la fourchette de 0,5 à 1 % donnée pour l’Europe et l’Amérique du Nord, soit 5 à 10 bébés pour 1 000. Il décrit la population de deux hôpitaux de Jérusalem, pas celle des maternités françaises. Si vous attendez un enfant en France, aucun des chiffres de ce programme ne se transpose tel quel à votre situation.

La comparaison porte sur une stratégie dite « ciblée élargie ». Elle ne teste que trois catégories de bébés : ceux qui ont échoué au dépistage auditif de la maternité, ceux chez qui une infection est suspectée à l’examen, et ceux dont la mère a eu une infection connue pendant la grossesse. Appliquée aux 176 bébés infectés, elle en aurait trouvé 76. Les 100 autres, soit 57 %, n’auraient pas été testés. La première année avait donné une proportion voisine, 55,6 %.

La cause tient au profil le plus courant. Un bébé qui entend bien au test de la maternité, sans signe évident, et dont la mère n’a pas eu d’infection repérée ne franchit aucune des trois portes. Or la plupart des infections maternelles passent inaperçues, et la plupart des bébés infectés aussi. Le ciblage ne peut attraper que ce qui se signale.

Le pourcentage se lit dans un sens précis : 57 % des bébés infectés, et non 57 % des nouveau-nés. Dans l’autre sens, sur 100 bébés infectés, le ciblage en repère 43. Il en voit moins de la moitié.

Onze traitements sur cent enfants repérés en plus

Les 57 % ne désignent pas des bébés malades. Ils désignent 100 enfants infectés, dont l’état à la naissance varie beaucoup. Parmi eux, 8 présentaient une forme jugée modérée à sévère. Trois autres n’avaient aucun symptôme mais une surdité de perception. Onze ont reçu du valganciclovir, un antiviral, sans que le résumé de l’étude précise s’il s’agit de ces mêmes enfants ; les 89 autres n’ont pas été traités.

Rapporté à l’ensemble du programme, cela fait un traitement supplémentaire pour environ 4 400 nouveau-nés dépistés. Sur cent enfants repérés en plus, un peu plus d’un sur dix a donc reçu un médicament. Les autres relèvent d’une surveillance, notamment de l’audition, puisque des surdités liées au CMV peuvent apparaître après la naissance.

Cette proportion suit les indications du traitement. Selon la Société canadienne de pédiatrie, le valganciclovir est indiqué pour une atteinte modérée à sévère, une atteinte du système nerveux central ou une choriorétinite, une inflammation au fond de l’œil. Il se donne alors pendant six mois, en commençant dans le premier mois de vie. Les experts divergent pour une surdité isolée, sans autre signe. Aucun antiviral n’est recommandé pour un bébé infecté sans symptôme ni surdité.

Le bénéfice d’un dépistage proposé à tous se mesure donc surtout en suivi rendu possible, et en traitement pour une minorité. Repérer un enfant n’est pas le traiter.

Dépistage ciblé ou universel : ce que chaque stratégie a repéré à Jérusalem
CritèreCiblage élargiDépistage universelEnfants vus par le seul dépistage universel
Bébés infectés repérés76 sur 176 (43 %)176 sur 176100 (57 %)
Formes modérées à sévèresnon détaillénon détaillé8
Surdité sans autre symptômenon détaillénon détaillé3
Traités par valganciclovirnon détaillénon détaillé11 (89 non traités)
Coûtnon chiffré par l’étudenon chiffré par l’étudeanalyses coût-bénéfice jugées nécessaires par les auteurs

Dans les données disponibles, le détail clinique n’est donné que pour les 100 enfants vus par le seul dépistage universel. Le tableau compare des cas repérés ; il ne désigne pas de stratégie gagnante.

Portrait de mignon petit bébé dormant paisiblement

Mère déjà immunisée : un fœtus pas entièrement protégé

Une idée répandue veut qu’une femme ayant déjà rencontré le CMV avant sa grossesse n’expose plus son bébé. Le programme de Jérusalem la contredit. Pour 158 des 176 bébés infectés, le type d’infection de la mère était connu grâce aux sérologies de grossesse. Dans 84 cas, soit 53 %, il s’agissait d’une infection dite non primaire : une réinfection, ou un réveil du virus déjà présent dans l’organisme, appelé réactivation. Dans les 74 autres, soit 47 %, c’était une primo-infection, une première rencontre avec le virus.

Sur dix bébés infectés dont on connaît l’histoire maternelle, un peu plus de cinq sont donc nés d’une mère déjà immunisée. Leur état n’était pas meilleur. Les deux groupes présentaient des taux comparables de formes modérées à sévères, de surdité, et de séquelles auditives ou du développement à un an. Avoir des anticorps avant la grossesse ne met pas complètement le fœtus à l’abri.

Le calcul part des bébés infectés : il dit de quelles mères ils sont nés, pas quel risque court une femme déjà immunisée de transmettre le virus. Ces deux questions n’ont pas la même réponse, et l’étude ne répond qu’à la première. Si vous avez déjà eu le CMV avant une grossesse, ces chiffres indiquent que le fœtus n’est pas totalement à l’abri ; ils ne disent pas avec quelle probabilité il serait infecté.

La répartition elle-même dépend de la population. La part de femmes déjà immunisées avant la grossesse n’est pas la même à Jérusalem qu’en France, où 45,6 % des femmes de 15 à 49 ans avaient des anticorps en 2010. Or cette part pèse sur celle des réinfections parmi les bébés infectés. Les 53 % ne valent que pour ce programme.

Vingt et un jours pour prouver une infection congénitale

Le délai qui commande tout est de trois semaines. Pour établir qu’une infection est congénitale, la Société canadienne de pédiatrie exige un prélèvement d’urine ou de salive analysé par PCR avant 21 jours de vie. Si votre enfant est né le 1ᵉʳ octobre, la date qui compte pour vous est le 22 octobre : le prélèvement doit avoir eu lieu avant. La salive a une contrainte de plus : elle doit être prélevée plus d’une heure après une tétée, pour limiter les faux positifs.

La raison tient à l’origine du virus. Passé trois semaines, un CMV retrouvé chez le bébé peut avoir été attrapé après la naissance, par l’allaitement ou par l’entourage. Il devient alors impossible de prouver qu’il était là avant la naissance. Un test tardif change de question.

Le délai compte aussi pour le traitement. Quand il est indiqué, le valganciclovir se donne pendant six mois et doit commencer dans le premier mois de vie. Un diagnostic posé à six semaines arrive donc après les deux fenêtres, celle de la preuve et celle du traitement.

Test auditif non concluant à la maternité : le délai compte. Un bébé qui a échoué au dépistage auditif de la maternité fait partie de ceux pour qui la question du CMV se pose. Les parents peuvent en parler rapidement à l’équipe de la maternité ou au pédiatre, tant que les 21 jours de vie ne sont pas écoulés. Le choix du prélèvement, l’indication d’un traitement et sa durée relèvent du médecin : cet article ne décrit aucune posologie et ne remplace pas son avis.

Une cohorte sans groupe témoin, un suivi limité à un an

Le programme répond à une question précise : combien d’infections un dépistage ciblé laisse-t-il passer ? Il ne tranche pas une autre question, pourtant décisive pour les familles : tester tous les bébés améliore-t-il leur audition ou leur développement ? Pour le savoir, il faudrait comparer sur plusieurs années des enfants dépistés à la naissance et des enfants qui ne l’ont pas été. Ce n’est pas ce protocole.

Trois limites en découlent. L’étude porte sur une seule ville, deux hôpitaux et une population particulière. Le suivi des enfants infectés s’arrête à un an, alors que des surdités liées au CMV peuvent apparaître plus tard, ce qui justifie une surveillance de l’audition selon la Société canadienne de pédiatrie. Enfin, aucun coût n’est chiffré : ni celui des quelque 8 300 analyses, ni celui du suivi des enfants repérés. Trouver plus de cas n’équivaut pas à mieux soigner : la question se pose pour tout dépistage de masse, comme l’illustrent les limites d’un dépistage systématique dans un tout autre domaine.

Les auteurs posent eux-mêmes la borne. À la fin du résumé de leur article, après avoir jugé l’approche faisable et sensible, ils écrivent que « des analyses coût-bénéfice supplémentaires sont nécessaires ». Traduit : la faisabilité est établie, mais le rapport entre ce que coûte le dépistage et ce qu’il apporte en santé reste à mesurer, y compris aux yeux de l’équipe qui l’a construit.

L’étude a été financée par l’Israel Science Foundation et par Moderna Therapeutics, un laboratoire qui travaillait sur un vaccin contre le CMV. Les deux financeurs sont mentionnés dans le résumé de la publication, à la rubrique consacrée au financement.

Cet article s’appuie sur le résumé publié de l’étude ; le texte intégral n’a pas pu être consulté. Les critères précis de sévérité et le détail des bilans à un an n’y figurent pas et ne sont donc pas repris ici. Il faudrait l’article complet pour savoir comment chaque enfant a été classé.

En France, un dépistage pendant la grossesse plutôt qu’à la naissance

Côté français, le dispositif recommandé porte sur la grossesse. Aucune des sources françaises consultées pour cet article ne mentionne de dépistage systématique du CMV à la naissance.

En juin 2025, la HAS a recommandé un dépistage systématique du CMV au premier trimestre de grossesse, pour les femmes séronégatives, c’est-à-dire sans anticorps contre le virus, ou dont le statut est inconnu. Le test est une prise de sang qui recherche deux types d’anticorps, les IgG et les IgM, et mesure l’avidité des IgG, un indicateur de l’ancienneté de l’infection. En cas de primo-infection précoce, un traitement par valaciclovir, un antiviral, peut être proposé après une décision partagée entre la patiente et son médecin. Il vise à réduire le risque de transmission au fœtus, sans garantir qu’elle n’aura pas lieu.

Les modalités ont été précisées par la HAS début août 2026. Chez une femme séronégative, la sérologie est renouvelée toutes les quatre semaines pendant le premier trimestre, avec un dernier contrôle entre 13 et 14 semaines d’aménorrhée. Ces semaines se comptent depuis le premier jour des dernières règles ; 14 semaines correspondent à la fin du premier trimestre. Le dispositif sera réévalué après trois ans de mise en œuvre. Si vous êtes enceinte sans anticorps contre le CMV, c’est ce calendrier de prises de sang qui vous concerne ; si vous êtes déjà immunisée, vous n’êtes pas retestée.

La date à laquelle ce dépistage sera proposé partout, et son niveau de remboursement, ne figurent pas dans les sources consultées. En juin 2025, sa mise en œuvre dépendait d’une décision du ministère de la Santé. Aucune date de généralisation n’est donc avancée ici.

Le choix français vise les primo-infections du début de grossesse, pour lesquelles un traitement existe. Il laisse hors champ les femmes déjà séropositives, qui ne sont pas retestées : une réinfection ou une réactivation chez elles passe inaperçue. À Jérusalem, ce profil représentait la majorité des bébés infectés dont l’histoire était connue. Un dépistage prénatal ne voit pas ces cas-là.

Leur poids en France n’est pas connu. Avec 45,6 % de femmes de 15 à 49 ans séropositives en 2010, un ordre de grandeur pour les femmes en âge d’avoir un enfant, la répartition entre primo-infections et réinfections peut différer de celle de Jérusalem, tout comme la part des cas qu’un ciblage manquerait. Comme le vaccin contre le VRS pendant la grossesse, ce dépistage agit avant la naissance ; il ne couvre pas les mêmes situations qu’un test proposé au nouveau-né.

Sans vaccin, la naissance comme dernier point de repérage

Le 22 octobre 2025, Moderna a annoncé que son vaccin contre le CMV, le mRNA-1647, n’avait pas atteint son critère principal dans un essai de phase 3 mené chez des femmes séronégatives de 16 à 40 ans. Le laboratoire a arrêté son développement dans la prévention de l’infection congénitale. Aucun vaccin n’est donc disponible.

Le dépistage pendant la grossesse ne couvre qu’une partie des infections. Reste la naissance, seul moment où tous les enfants infectés peuvent être trouvés, quelle que soit l’histoire de leur mère. Ce contexte explique aussi l’intérêt d’un industriel du vaccin, financeur de l’étude, pour ce type de programme.

L’Ontario, au Canada, pratique déjà un dépistage néonatal universel. La Société canadienne de pédiatrie relève pourtant l’absence de consensus sur le type de prélèvement et sur le rapport coût-bénéfice d’une généralisation. Le débat reste ouvert.

L’essentiel à retenir

  • Sur 48 556 nouveau-nés testés à Jérusalem entre 2022 et 2025, 3,6 pour 1 000 portaient le CMV, soit un bébé sur 280 ; ce chiffre vaut pour cette population, pas pour la France.
  • Un dépistage ciblé sur le test auditif raté, la suspicion clinique et l’infection maternelle connue en aurait manqué 100 sur 176, soit 57 %.
  • Parmi ces 100 enfants, 11 ont été traités ; la plupart relèvent d’une surveillance, pas d’un médicament.
  • Le caractère congénital ne se prouve que sur un prélèvement fait avant 21 jours de vie.
  • En France, la HAS recommande un dépistage au premier trimestre de grossesse ; les sources consultées ne mentionnent pas de dépistage systématique à la naissance.
  • L’étude ne montre pas que tester tous les bébés améliore leur audition ou leur développement.

Questions fréquentes sur le CMV du nouveau-né

Qu’est-ce que le cytomégalovirus congénital ?

C’est une infection par le cytomégalovirus transmise par la mère au fœtus pendant la grossesse. Elle touche 0,5 à 1 % des naissances en Europe et en Amérique du Nord. Environ un bébé infecté sur dix seulement a des signes à la naissance, mais le CMV congénital est la première cause de surdité de perception non génétique chez l’enfant.

Existe-t-il un dépistage du CMV à la naissance en France ?

Les sources françaises consultées ne mentionnent pas de dépistage systématique du CMV à la naissance. La HAS a recommandé en juin 2025 un dépistage pendant la grossesse, au premier trimestre, et en a précisé les modalités début août 2026. Le dispositif français porte sur la mère, pas sur le bébé.

Dans quel délai un nouveau-né doit-il être testé ?

Pour prouver qu’une infection est congénitale, le prélèvement d’urine ou de salive doit être fait avant 21 jours de vie. Au-delà, le virus a pu être attrapé après la naissance. Les parents d’un bébé qui a échoué au test auditif de la maternité peuvent en parler rapidement à l’équipe de maternité ou au pédiatre.

Un bébé infecté par le CMV est-il toujours traité ?

Non. Le valganciclovir est indiqué pour les atteintes modérées à sévères, les atteintes du système nerveux central et la choriorétinite, une inflammation du fond de l’œil, avec un début dans le premier mois de vie ; les avis divergent pour une surdité isolée. Aucun antiviral n’est recommandé pour un bébé sans symptôme ni surdité. À Jérusalem, 11 des 100 enfants repérés par le seul dépistage universel ont été traités.

Une mère déjà immunisée avant la grossesse protège-t-elle son bébé ?

Pas complètement. Dans le programme de Jérusalem, 53 % des bébés infectés dont l’histoire maternelle était connue étaient nés d’une mère déjà immunisée, par réinfection ou réactivation du virus. Leurs séquelles à un an étaient aussi fréquentes que chez les autres. Cette proportion ne se transpose pas telle quelle à la France.

Que prévoit la HAS pendant la grossesse ?

Une prise de sang au premier trimestre chez les femmes sans anticorps contre le CMV ou de statut inconnu, renouvelée toutes les quatre semaines jusqu’à un dernier contrôle entre 13 et 14 semaines d’aménorrhée. En cas de primo-infection précoce, un traitement par valaciclovir peut être proposé après décision partagée, sans garantir l’absence de transmission. La date de généralisation et le remboursement ne figurent pas dans les sources consultées.