Entre 10 et 30 personnes sur 100 : c’est, selon la Société française d’endocrinologie, le risque de diabète de type 2 quand un parent au premier degré en est atteint, contre environ 5 sur 100 dans la population générale. Ce terrain pèse, mais il ne fixe rien. Suivis près de huit ans, 56 964 Britanniques l’illustrent dans un travail publié le 17 septembre 2026 par la revue Diabetes et présenté au congrès de l’European Association for the Study of Diabetes (EASD), à Milan, du 28 septembre au 2 octobre. Même chez les participants au profil génétique le plus défavorable, une faible consommation d’aliments ultratransformés, une activité physique suffisante et un sommeil jugé adéquat vont de pair avec un risque plus bas.

Ces écarts sont relatifs et s’appliquent à un socle bas : environ 16 participants sur 1 000 ont reçu un diagnostic en près de huit ans. Chez les plus exposés génétiquement, manger peu d’ultratransformés est associé à un risque inférieur d’environ un tiers, ce qui reste une association et non la preuve d’un effet. Aucune de ces habitudes ne dit où en est votre glycémie. Seul un dosage le dit.

Un père ou une mère diabétique : combien ce terrain pèse sur votre propre risque

La Société française d’endocrinologie (SFE) décrit le diabète de type 2 comme une maladie fortement héréditaire, et elle en donne des ordres de grandeur. Avec un apparenté au premier degré atteint, par exemple un père, une mère, un frère ou une sœur, le risque d’en développer un se situe entre 10 et 30 %. Sur cent personnes dans ce cas, cela fait 10 à 30 diagnostics, contre environ 5 dans la population générale : deux à six fois plus.

La marche monte ensuite vite. Avec deux parents diabétiques, la SFE chiffre le risque entre 30 et 60 %. Chez le jumeau identique d’une personne atteinte, il atteint 90 à 100 %. La situation n’a rien de rare : en 2017, environ 5 % de la population française était traitée par médicament pour un diabète, soit plus de 3 millions de personnes selon la même source.

Le mot « héréditaire » recouvre pourtant deux choses. Il y a l’ADN transmis, et il y a ce qui se transmet à table et dans le quotidien : la façon de manger, de bouger, d’organiser ses journées. La SFE précise que cette part comportementale de l’hérédité est importante. C’est aussi la seule qui se modifie.

La distinction compte pour lire la suite. Le « risque génétique élevé » de l’étude présentée plus bas ne mesure que l’ADN, à travers un score calculé sur plusieurs centaines de variants. Vous ne connaissez pas votre propre score, personne ne le connaît, et avoir un parent diabétique ne vous place pas automatiquement dans le groupe génétique le plus exposé. Le terrain pèse. Il ne condamne pas.

Les conséquences d’un diabète installé dépassent d’ailleurs la seule glycémie, comme le montre le lien étudié entre diabète et risque de démence.

56 964 Britanniques suivis près de huit ans, du capteur au poignet au score génétique

Les chiffres de cet article viennent d’une équipe de la City University of Hong Kong, dont le premier auteur est Wenxin Xu. Son travail a été mis en ligne le 17 septembre 2026 par Diabetes, revue de l’American Diabetes Association, avant sa présentation au congrès annuel de l’EASD. Il s’agit d’une cohorte prospective : des personnes sont suivies dans le temps, leurs habitudes relevées au départ, sans qu’on leur demande d’en changer. C’est une étude d’observation.

Les 56 964 participants appartiennent à la UK Biobank, une grande base de volontaires britanniques, et n’avaient pas de diabète au départ. Leur alimentation a été relevée par des questionnaires de rappel des 24 heures, puis classée selon le système Nova, qui range les aliments selon leur degré de transformation. Leur activité physique et leur sommeil ont été mesurés par un accéléromètre porté au poignet sept jours d’affilée. Leur susceptibilité génétique a été résumée en un score polygénique, c’est-à-dire un cumul de 424 variants de l’ADN associés au diabète de type 2.

Pendant un suivi moyen de 7,8 ans, 926 nouveaux cas sont apparus. Cela représente environ 1,6 % des participants, soit 16 personnes sur 1 000. Les auteurs ont comparé les groupes avec des modèles de Cox, une méthode statistique qui confronte la survenue des diagnostics au fil du temps en tenant compte d’autres facteurs. Ce socle de 16 pour 1 000 sert de repère à tous les pourcentages qui suivent.

Ce groupe vous ressemble-t-il ? En partie seulement. L’âge moyen rapporté par le communiqué de l’EASD est de 69,5 ans, sans que le moment exact de cette mesure soit précisé, et 42,3 % des participants sont des hommes. D’après Marie Spreckley, de l’université de Cambridge, qui a lu l’article complet, les analyses génétiques ne portent que sur des personnes d’ascendance européenne. Transposer ces résultats à un Français de 45 ans, ou à une personne d’une autre ascendance, reste indirect.

Face à un terrain héréditaire chargé, quelles habitudes vont avec une courbe plus basse

Les participants ont été répartis en trois groupes de risque génétique : faible, intermédiaire et élevé. Si votre père ou votre mère est diabétique, le résultat le plus parlant pour vous se lit dans le troisième. Il s’exprime en rapport de risques instantanés (hazard ratio, HR) : un HR de 0,65 signifie un risque inférieur de 35 % à celui du groupe de comparaison, en valeur relative. L’intervalle de confiance à 95 %, entre parenthèses, donne la fourchette des valeurs compatibles avec les données.

Dans le groupe au risque génétique élevé, le résumé publié rapporte quatre associations. Une faible consommation d’ultratransformés va de pair avec un HR de 0,65 (0,49–0,85). Une activité modérée à soutenue suffisante, avec 0,67 (0,55–0,81), soit un risque plus bas d’un tiers. Une activité totale plus élevée, avec 0,79 (0,65–0,97). Un sommeil jugé adéquat, avec 0,57 (0,39–0,84). Toutes ces baisses sont relatives : elles portent sur une cohorte où environ 16 personnes sur 1 000 ont reçu un diagnostic en huit ans.

Le signal persiste chez ceux qui cumulent forte consommation d’ultratransformés et gènes défavorables. Dans ce sous-groupe, une activité modérée à soutenue suffisante est associée à un HR de 0,69 (0,50–0,96), soit un risque plus bas de 31 % en relatif, et un sommeil adéquat à un HR de 0,42 (0,24–0,75). Les auteurs en concluent que des comportements plus sains sont associés à un risque plus bas dans toutes les strates de susceptibilité génétique. Chez les gros consommateurs d’ultratransformés, ils désignent l’activité et le sommeil, mesurés par capteur, comme des cibles.

Le sommeil demande une lecture à part. Ses associations sont les plus fortes du résumé, mais ses intervalles sont aussi les plus larges : entre 0,24 et 0,75, le signal reste imprécis. Le résumé ne définit pas non plus ce qu’est un sommeil « adéquat », si bien qu’aucune durée ne peut en être tirée. C’est une piste, pas une règle.

Le communiqué de l’EASD avance, lui, des chiffres de combinaison absents du résumé publié. Cumuler faible consommation d’ultratransformés et activité régulière y est associé à un risque plus bas de 49 % dans le groupe génétique élevé, de 70 % dans le groupe intermédiaire et de 59 % dans le groupe faible. Ces trois valeurs, relatives elles aussi, ne dessinent pas une gradation. Elles ne signifient pas que l’hygiène de vie « marche moins bien » avec des gènes défavorables, pour une raison arithmétique détaillée plus bas.

La conclusion des auteurs vaut pour les trois groupes de risque génétique étudiés, chez des participants d’ascendance européenne. Rien de plus large n’est établi.

Aliments ultratransformés : la piste des boissons sucrées

Sur l’ensemble de la cohorte, chaque tranche de 10 % supplémentaire d’ultratransformés dans l’alimentation est associée à un risque de diabète plus élevé de 7 % (HR 1,07 ; 1,03–1,12). La relation est linéaire : plus la part augmente, plus le risque monte, régulièrement. En décompte, l’écart reste modeste. D’après la lecture de Kevin McConway, de l’Open University, 10 % d’ultratransformés en moins correspondent au passage d’environ 16 à environ 15 diagnostics pour 1 000 personnes sur la durée du suivi.

Le détail qui change la lecture tient à l’unité. Les 10 % sont calculés en poids, pas en calories. Une boisson, presque entièrement faite d’eau, pèse donc lourd dans le calcul, bien plus que sa valeur énergétique ne le laisserait penser. Selon le communiqué de l’EASD, une consommation faible correspond à environ 11 % au plus du régime en poids, une consommation élevée à environ 33 % ou davantage.

Ce mécanisme éclaire un point relevé par plusieurs spécialistes ayant lu l’article complet : après ajustement complet, seul le sous-groupe des boissons ultratransformées, sodas et boissons sucrées, resterait significativement associé au diabète. Le levier le mieux étayé ici est la boisson. Pas le rayon entier.

La catégorie elle-même est hétérogène. Le système Nova range ensemble sodas, biscuits et certains pains ou céréales enrichis, sans tenir compte de leur composition nutritionnelle. Rien dans ce résultat n’indique qu’un pain de mie complet pèse comme une boisson sucrée. Le cas des produits « protéinés » ultratransformés montre d’ailleurs à quel point l’étiquette recouvre des produits différents.

Le lien général entre ultratransformés et diabète de type 2 ne date pas de cette cohorte. En 2024, une revue parapluie publiée dans le BMJ, c’est-à-dire une synthèse de méta-analyses existantes portant sur 45 analyses poolées et près de 9,9 millions de participants, a classé cette association au niveau « convaincant » (classe I) de sa grille, avec une qualité de preuve jugée modérée. Elle l’estimait à un risque relatif de 1,12 (1,11–1,13) dans son analyse dose-réponse. D’autres aliments sont étudiés sous l’angle de ce même risque, comme dans l’article consacré aux fruits et au risque de diabète de type 2.

Activité physique : les premières minutes rapportent le plus

La relation entre activité modérée à soutenue et risque de diabète n’est pas une droite. Le résumé la décrit en forme de « L » : le risque baisse surtout sur les premiers volumes d’activité, puis la courbe s’aplatit. L’essentiel de l’écart se joue donc entre ne presque pas bouger et bouger un peu. Au-delà, chaque minute supplémentaire pèse moins dans l’association observée.

Pour une personne sédentaire, la conséquence est concrète. Le passage à une activité régulière compte plus que la performance. Selon le communiqué de l’EASD, atteindre la recommandation de l’Organisation mondiale de la santé, soit au moins 150 minutes d’activité modérée à soutenue par semaine, est associé à un risque plus bas de 39 %. Ce chiffre ne figure pas dans le résumé publié, et il est relatif : il porte sur un socle d’environ 16 diagnostics pour 1 000 personnes en huit ans.

150 minutes, c’est par exemple 30 minutes cinq jours sur sept. Le communiqué range dans cette catégorie la marche rapide, le vélo, la randonnée, la promenade du chien, le sport, mais aussi le ménage ou le jardinage lorsqu’ils demandent un effort soutenu. Ce n’est pas seulement du sport au sens strict. La marche rapide après 40 ans, sujet d’un autre article du site, entre dans cette catégorie.

Un détail de méthode donne du poids à ces chiffres. L’activité n’a pas été déclarée par les participants, mais mesurée par un capteur porté une semaine. Une seule semaine, en revanche : l’étude ne dit rien de ce qui a changé ensuite.

Un risque plus bas de 39 %, c’est combien de diagnostics en moins ?

Un pourcentage relatif ne dit rien sans le risque de départ. Dans cette cohorte, ce risque est bas : environ 16 personnes sur 1 000 ont reçu un diagnostic de diabète de type 2 en près de huit ans. Appliqué à ce socle, un −39 % ou un −7 % déplace quelques cas par millier. Pas des dizaines.

Le calcul se fait dans un sens précis. Le HR compare deux groupes de la cohorte, par exemple ceux qui atteignent les 150 minutes et ceux qui ne les atteignent pas. Le socle de 16 pour 1 000, lui, est une moyenne de toute la cohorte, qui mélange actifs et sédentaires. Une illustration, présentée comme telle, aide à se représenter l’écart : si le groupe le moins actif avait un risque de 20 pour 1 000, un risque plus bas de 39 % le ramènerait à environ 12. Cela ferait environ 8 diagnostics de moins pour 1 000 personnes suivies huit ans.

Pour les ultratransformés, l’ordre de grandeur est plus petit encore. L’écart associé à 10 % d’ultratransformés en moins revient, selon Kevin McConway, à passer d’environ 16 à environ 15 cas pour 1 000. Un diagnostic sur mille, en huit ans.

Le −70 % du communiqué appelle la même prudence. Il ne décrit pas une quasi-disparition du risque : c’est une proportion d’un risque de départ que l’étude ne publie pas pour le groupe génétique intermédiaire. Sans ce socle, impossible de le traduire en nombre de personnes. Il faudrait pour cela les risques absolus par groupe génétique, que le résumé ne fournit pas.

Un principe arithmétique vaut en revanche pour vous si votre terrain est chargé. Une même baisse relative pèse plus lourd, en nombre de cas, quand le risque de départ est élevé. Prenons un risque de départ deux fois plus élevé que celui d’un autre groupe : en retrancher 35 % représente davantage qu’en retrancher 59 % au risque simple : 0,70 contre 0,59, en unités de ce risque simple. C’est un principe, pas un résultat de l’étude, qui ne publie pas ces risques par groupe. Un terrain chargé ne réduit pas l’enjeu.

Patiente âgée vérifiant le taux de sucre dans le sang avec un glucomètre

Changer ses habitudes a-t-il fait ses preuves ailleurs que dans cette cohorte ?

La cohorte de la UK Biobank ne peut pas, à elle seule, répondre à cette question. Elle est observationnelle et ne permet pas d’établir une relation de cause à effet ; le communiqué de l’EASD le mentionne lui-même. Elle repose en outre sur une photographie unique. L’alimentation a été relevée tôt dans le suivi de la UK Biobank, dont le recrutement date de 2006 à 2010, et l’activité mesurée entre 2013 et 2015. Personne n’a été observé en train de changer d’habitudes.

Or ceux qui bougent et boivent peu de sodas diffèrent aussi par d’autres traits : revenu, poids, tabac. Les modèles statistiques corrigent une partie de ces écarts, jamais leur totalité. L’étude décrit qui avait un risque plus bas. Elle ne dit pas ce que produirait une baisse de 10 % des ultratransformés.

La preuve qu’un changement d’habitudes prévient le diabète vient d’un autre type d’étude : l’essai randomisé, où le hasard répartit les participants entre les groupes, ce qui neutralise ces différences. Le plus cité est le Diabetes Prevention Program, publié en février 2002 dans le New England Journal of Medicine. Il a inclus 3 234 adultes non diabétiques mais à glycémie élevée, ce qu’on appelle un prédiabète. Trois groupes ont été comparés : placebo, metformine (un médicament du diabète) et programme de changement d’habitudes, visant une perte d’au moins 7 % du poids et au moins 150 minutes d’activité par semaine. Le suivi moyen a duré 2,8 ans.

Les résultats donnent un ordre de grandeur net. L’incidence est passée de 11,0 cas pour 100 personnes-années sous placebo à 7,8 sous metformine et 4,8 avec le programme d’habitudes. Sur 100 personnes suivies un an, cela fait environ 11 diagnostics d’un côté, environ 5 de l’autre. La réduction atteint 58 % (48–66) pour le programme et 31 % pour la metformine. Il suffisait d’accompagner environ 7 personnes pendant trois ans pour éviter un diabète.

Ce résultat a sa propre population. Il concerne des adultes déjà en prédiabète, avec un objectif de perte de poids, et non toute personne ayant un parent diabétique. C’est pourtant chez eux que le levier est le plus fort en valeur absolue, parce que leur risque de départ est élevé. D’où l’intérêt de connaître sa glycémie.

Habitudes et risque de diabète de type 2 : associations observées et niveau de preuve (pourcentages relatifs ; dans la cohorte UK Biobank, environ 16 diagnostics pour 1 000 personnes en huit ans)
HabitudeGroupe étudiéAssociation observéeNiveau de preuve
Faible consommation d’ultratransformésUK Biobank, risque génétique élevéHR 0,65 (0,49–0,85), soit −35 % en relatifCohorte observationnelle
Activité modérée à soutenue suffisanteUK Biobank, risque génétique élevéHR 0,67 (0,55–0,81), soit −33 % en relatifCohorte observationnelle
Activité modérée à soutenue suffisanteUK Biobank, forte consommation d’ultratransformés et risque génétique élevéHR 0,69 (0,50–0,96), soit −31 % en relatifCohorte observationnelle
Sommeil jugé adéquatUK Biobank, risque génétique élevé, puis cumul avec forte consommation d’ultratransformésHR 0,57 (0,39–0,84) puis 0,42 (0,24–0,75), intervalles largesCohorte observationnelle ; « adéquat » non défini dans le résumé
Faible consommation d’ultratransformés et activité régulièreUK Biobank, trois groupes génétiques−49 %, −70 % et −59 % en relatif selon le groupeCommuniqué de l’EASD, absent du résumé publié
Exposition aux ultratransformés45 analyses poolées, près de 9,9 millions de participantsRisque relatif 1,12 (1,11–1,13), dose-réponseRevue parapluie (BMJ, 2024), classe I, qualité modérée
Programme de changement d’habitudes3 234 adultes en prédiabète (Diabetes Prevention Program)Incidence de 11,0 à 4,8 cas pour 100 personnes-années, −58 %Essai randomisé

Vers qui se tourner, et à partir de quel âge

Le dépistage du diabète de type 2 repose sur une prise de sang : la glycémie veineuse à jeun. C’est le médecin traitant qui la prescrit et qui en interprète le résultat. La SFE s’appuie sur une recommandation de l’Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé (Anaes) datée de 2003, qu’elle présente comme toujours active ; le texte de 2003 lui-même n’a pas pu être relu pour cet article. Sa page énumère deux groupes à dépister : tous les adultes de plus de 45 ans, et les personnes qui présentent un ou plusieurs facteurs de risque, parmi lesquels un diabète chez un parent au premier degré. Elle ne précise pas d’âge pour ce second groupe.

Les référentiels ne se lisent pas tous de la même façon. Selon la SFE, le dosage se répète tous les trois ans après 45 ans en l’absence de facteur de risque, et chaque année en cas de bilan normal avec un facteur de risque. Les pages de la Haute Autorité de santé et de l’Assurance maladie, qui n’ont pas pu être relues pour cet article, sont repérées comme visant les adultes de plus de 45 ans ayant au moins un facteur de risque, avec un contrôle tous les un à trois ans. Aucun rythme unique ne s’impose donc. L’âge du premier dosage et son renouvellement se décident avec le médecin traitant, à qui l’on peut signaler dès la prochaine consultation qu’un parent est diabétique.

Une autre porte d’entrée existe, qui ne passe pas forcément par le médecin traitant. Mon bilan prévention, généralisé en France, est proposé à quatre moments de la vie : 18-25 ans, 45-50 ans, 60-65 ans et 70-75 ans. D’après la Fédération française des diabétiques, il est pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie, sans avance de frais, et dure 30 à 45 minutes. Il peut être réalisé par un médecin, une sage-femme, un pharmacien ou un infirmier.

Le déroulé tient en deux temps : un auto-questionnaire, puis un entretien centré sur le repérage des facteurs de risque, dont ceux du diabète de type 2. Le professionnel peut ensuite orienter vers un diététicien ou une structure sport-santé. Si vous êtes né en 1980, la fenêtre des 45-50 ans court de 2025 à 2030 ; celle des 60-65 ans s’ouvrira en 2040. Le bilan ne remplace pas le dosage. Il peut conduire à en parler.

Les résultats de glycémie qui doivent faire réagir

Le résultat se lit avec deux seuils, donnés par la SFE. Une glycémie à jeun de 1,26 g/L ou plus, soit 1,26 gramme de glucose par litre de sang, constatée à deux reprises, définit le diabète. Entre 1,10 et 1,26 g/L, il s’agit d’une hyperglycémie modérée à jeun, autrement dit un prédiabète. Sous 1,10 g/L, le résultat reste en dessous de ces deux seuils.

La zone intermédiaire est celle qui appelle le plus d’attention. C’est la population du Diabetes Prevention Program, chez qui un changement d’habitudes accompagné a montré, par essai randomisé, un effet net sur l’apparition du diabète. À partir de 1,26 g/L, c’est au médecin d’interpréter le résultat et de décider de la suite.

Un résultat sous 1,10 g/L ne clôt pas le sujet non plus. Votre terrain familial demeure, et le dosage se renouvelle au rythme fixé par le médecin : chaque année selon la SFE quand un facteur de risque est présent, tous les un à trois ans selon les référentiels de la HAS et de l’Assurance maladie. De bonnes habitudes ne remplacent pas ce contrôle. Seule la prise de sang dit où l’on en est.

L’essentiel à retenir

  • Avec un apparenté au premier degré diabétique de type 2, le risque se situe entre 10 et 30 sur 100 selon la SFE, contre environ 5 sur 100 en population générale. Une partie de cette hérédité tient aux habitudes partagées, et c’est celle qui se modifie.
  • Dans une cohorte de 56 964 Britanniques d’ascendance européenne pour les analyses génétiques, une faible consommation d’ultratransformés, une activité suffisante et un sommeil jugé adéquat sont associés à un risque plus bas, y compris au risque génétique élevé.
  • Ces écarts sont relatifs : environ 16 personnes sur 1 000 ont reçu un diagnostic en huit ans. Côté alimentation, le levier le mieux étayé concerne les boissons, selon les spécialistes ayant lu l’article complet.
  • L’étude est observationnelle. La preuve qu’un changement d’habitudes prévient le diabète vient d’un essai randomisé mené chez des adultes en prédiabète.
  • Le dosage de la glycémie veineuse à jeun, prescrit par le médecin traitant, reste la seule façon de savoir où l’on en est. La SFE range un parent au premier degré diabétique parmi les facteurs de risque qui appellent un dépistage ; le rythme, annuel selon elle si le bilan est normal, va d’un à trois ans selon d’autres référentiels, et le médecin traitant fixe le calendrier. Deux seuils : 1,10 et 1,26 g/L.

Questions fréquentes sur le diabète de type 2 quand un parent est atteint

Avoir un parent diabétique de type 2, est-ce une fatalité ?

Non. Selon la Société française d’endocrinologie, le risque se situe entre 10 et 30 sur 100 avec un apparenté au premier degré atteint, contre environ 5 sur 100 dans la population générale : il est plus élevé, pas certain. Une partie de cette hérédité tient aux habitudes transmises en famille, qui se modifient. Le dosage de la glycémie reste le seul moyen de savoir où l’on en est.

Faut-il supprimer tous les aliments ultratransformés ?

La cohorte présentée à l’EASD en 2026 ne le dit pas. Elle associe chaque tranche de 10 % d’ultratransformés en plus, mesurée en poids, à un risque plus élevé de 7 % en relatif, soit un écart d’environ un diagnostic pour 1 000 personnes en huit ans. Selon des spécialistes ayant lu l’article complet, seules les boissons ultratransformées restent significativement associées au diabète après ajustement. La catégorie est hétérogène : rien n’indique qu’un pain de mie complet pèse comme un soda.

Combien de minutes d’activité physique par semaine ?

Le repère est celui de l’Organisation mondiale de la santé : au moins 150 minutes d’activité modérée à soutenue par semaine, soit par exemple 30 minutes cinq jours sur sept. Selon le communiqué de l’EASD, l’atteindre est associé à un risque plus bas de 39 % en relatif, dans une cohorte où environ 16 personnes sur 1 000 ont reçu un diagnostic en huit ans. La courbe a une forme en « L » : l’essentiel de l’écart se joue entre ne presque pas bouger et bouger un peu.

Le sommeil compte-t-il dans le risque de diabète de type 2 ?

Dans l’article publié par la revue Diabetes, un sommeil jugé adéquat, mesuré par capteur, est associé à un risque plus bas chez les participants au risque génétique élevé. Les intervalles de confiance sont toutefois larges, ce qui rend le signal imprécis, et le résumé ne définit pas ce qu’est un sommeil « adéquat ». Aucune durée de sommeil ne peut en être tirée. C’est une piste, pas une consigne.

À quel âge faire doser sa glycémie quand un parent est diabétique ?

Il n’existe pas de réponse unique, et c’est au médecin traitant de trancher. La Société française d’endocrinologie énumère deux groupes à dépister par glycémie veineuse à jeun : les adultes de plus de 45 ans, et les personnes ayant un facteur de risque, dont un parent au premier degré diabétique, sans préciser d’âge pour ce second groupe. Selon elle, un bilan normal se refait alors chaque année ; les référentiels de la HAS et de l’Assurance maladie, qui n’ont pas pu être relus pour cet article, sont repérés comme visant les plus de 45 ans ayant un facteur de risque, tous les un à trois ans. Le médecin traitant prescrit le dosage et fixe le calendrier : lui signaler le diabète d’un parent permet d’en décider. Mon bilan prévention, pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie et proposé à 45-50 ans comme à 60-65 ans, est une occasion d’en parler.

Que signifie une glycémie à jeun de 1,10 g/L ?

Selon la SFE, 1,10 g/L marque l’entrée dans l’hyperglycémie modérée à jeun, aussi appelée prédiabète, qui s’étend jusqu’au seuil du diabète, fixé à 1,26 g/L. C’est la situation des participants du Diabetes Prevention Program, un essai randomisé où un programme d’habitudes a fait passer l’incidence d’environ 11 à environ 5 cas pour 100 personnes suivies un an. Le résultat s’interprète avec le médecin qui l’a prescrit.