Quarante-huit pour cent, c’est un rapport, pas un pronostic individuel. Le calcul part des cas confirmés en laboratoire en République démocratique du Congo — 5 514 au 22 août 2026 — et les rapporte aux 2 642 issues fatales déjà enregistrées parmi eux, soit 47,9 %. Sur cent malades dont l’infection a été confirmée par un test, un peu moins de cinquante étaient décédés à cette date. Ce chiffre ne vous dit pas quelle serait votre probabilité de mourir si vous étiez infecté aujourd’hui.
Les totaux sont ceux du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), l’agence sanitaire de l’Union européenne, dans sa page de suivi mise à jour le 24 août 2026. L’épidémie a été signalée le 15 mai 2026 par Africa CDC dans la province de l’Ituri, dans l’est du pays, et le virus en cause est le virus Bundibugyo — une espèce distincte du virus Ebola dit « Zaïre ». Cette distinction commande la suite, à commencer par le fait que les vaccins homologués contre Ebola ne visent pas cette souche. Le taux, lui, bouge d’un bulletin à l’autre : 46,8 % au 12 août, 47,4 % au 16, près de 48 % au 22.
Près d’un malade confirmé sur deux : d’où sort le chiffre
Le bilan qui sert de base au calcul est publié par l’ECDC sur sa page consacrée à l’épidémie de RDC et d’Ouganda, actualisée le 24 août 2026 avec des données arrêtées au 22. Elle recense 5 514 cas confirmés et 2 642 décès en République démocratique du Congo. La division donne 47,9 %, que l’on arrondit couramment à près de 48 %.
Ces cas ne sont pas répartis uniformément sur le territoire. L’Ituri en concentre 4 607, le Nord-Kivu 714, le Haut-Uélé 173, la Tshopo 15, le Sud-Kivu 3 et le Bas-Uélé 2. Autrement dit, plus de huit cas confirmés sur dix relèvent d’une seule province. Au total, 57 zones de santé sont touchées sur les 151 que comptent ces six provinces, soit un peu plus d’une sur trois. Un foyer principal, et des extensions minces.
Du côté français, la page de situation de Santé publique France a été mise à jour le 24 août 2026. Elle décrit la maladie, rappelle qu’elle est à déclaration obligatoire et détaille les missions de détection des cas importés, sans publier de bilan chiffré du foyer congolais. Ce chiffre n’existe pas dans les documents français : il faut aller le lire chez l’ECDC ou à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et c’est pourquoi les valeurs qui circulent diffèrent selon la source consultée.
Comment se fabrique un taux de létalité en pleine épidémie
Un taux de létalité brut est une division, et les deux termes de cette division ne décrivent pas les mêmes personnes au même moment. Au numérateur, les décès déjà survenus. Au dénominateur, les cas déjà confirmés. Un malade confirmé lundi et décédé trois semaines plus tard entre dans le second bien avant d’entrer dans le premier.
Au 22 août, 808 malades étaient encore hospitalisés en RDC. Leur issue n’est connue de personne au moment du calcul : ils comptent dans le dénominateur, pas dans le numérateur, et ils n’ont pas non plus rejoint les guérisons. Sur cent cas confirmés, près de quinze étaient encore en cours de prise en charge. Tant que c’est le cas, le taux publié reste provisoire — il montera si ces malades décèdent, descendra s’ils guérissent.
Le sens de lecture compte tout autant. Le calcul part des malades qu’on a réussi à tester et remonte vers leur issue. Dans l’autre sens, il ne dit pas quelle proportion des personnes réellement infectées meurt. Les formes peu bruyantes qui n’ont jamais été testées manquent au dénominateur, ce qui pousse le taux vers le haut. Les décès survenus loin de tout centre de santé, eux, manquent aux deux colonnes à la fois, avec un effet moins prévisible. L’exercice est le même que pour la lecture d’un chiffre de décès en excès : ce qui est compté détermine ce qui peut être conclu.
L’écart entre cas suspects et cas confirmés donne la mesure du problème. Le 16 mai 2026, au moment où l’OMS déclarait l’urgence, elle dénombrait 8 cas confirmés en laboratoire face à 246 cas suspects et 80 décès suspects, dont au moins quatre professionnels de santé décédés. Trente fois plus de cas suspects que de cas confirmés : le laboratoire courait derrière l’épidémie. Le taux décrit les testés, pas les infectés.
Une précaution en découle pour la lecture des bulletins : cas confirmés, cas suspects et décès suspects sont trois compteurs distincts, et l’OMS les publie séparément. Les additionner produirait un total qui ne correspond à rien.
Le même taux change selon la date d’arrêté
Trois valeurs circulent simultanément, et aucune n’est fausse. Le bulletin d’alerte de l’OMS publié le 14 août 2026 donne 4 665 cas confirmés et 2 184 décès arrêtés au 12 août, soit une létalité brute de 46,8 %. Le quatorzième rapport hebdomadaire du bureau régional Afrique de l’OMS, avec des données au 16 août, décrit un passage de 45,9 % à 47,4 % en une semaine, après 640 cas confirmés et 367 décès confirmés supplémentaires. L’ECDC, au 22 août, aboutit à près de 48 %.
Cette progression ne traduit pas une aggravation de la maladie. Elle traduit un décalage de calendrier : les décès enregistrés cette semaine proviennent en partie de cas confirmés les semaines précédentes, si bien que le numérateur rattrape en permanence un dénominateur constitué plus tôt. Une hausse de un point et demi en sept jours mesure ce rattrapage, pas une mutation du virus.
Chaque chiffre se lit donc avec sa date d’arrêté collée à lui. Deux sources qui affichent 46,8 % et 47,4 % ne se contredisent pas : elles ont arrêté leurs compteurs à quatre jours d’intervalle. Un taux sans sa date ne se lit pas.
48 %, comparé à quoi
Un pourcentage isolé ne vous apprend rien tant que vous ne savez pas ce qui est habituel. L’aide-mémoire de l’OMS consacré à la maladie à virus Ebola retient une létalité moyenne d’environ 50 % sur l’ensemble des flambées documentées, avec des valeurs observées allant de 25 % à 90 % selon les épisodes. Rapportée à cette fourchette, l’épidémie en cours se situe dans la moyenne, à quelques points en dessous, pour ce seul indicateur. Mais un taux ne dit rien du nombre de personnes qu’il concerne. Sur ce second plan, l’ordre de grandeur est tout autre : dans un commentaire publié le 25 août 2026, l’OMS décrit la flambée en cours comme la plus meurtrière jamais enregistrée pour le virus Bundibugyo, et comme la deuxième plus importante épidémie d’Ebola jamais documentée, toutes espèces confondues. Létalité ordinaire, ampleur exceptionnelle. Les deux constats tiennent ensemble parce qu’ils ne mesurent pas la même chose : l’un le sort des malades, l’autre leur nombre.
La comparaison la plus instructive porte sur la même espèce virale. Avant celle-ci, le virus Bundibugyo n’avait été à l’origine que de deux flambées documentées : environ 30 % de létalité en Ouganda en 2007, environ 50 % en RDC en 2012. Vingt points d’écart entre deux épisodes du même virus, à cinq ans de distance. C’est du même ordre que ce qui sépare des flambées d’espèces différentes.
Il en découle une conclusion que l’on hésite parfois à tirer : la létalité n’est pas une caractéristique fixe d’une espèce virale. Présenter Bundibugyo comme « moins mortel » que le virus Zaïre sur la foi des 30 % de 2007 revient à prendre une observation ponctuelle pour une propriété. Les 47,9 % actuels et les 30 % de 2007 décrivent le même virus, dans deux pays, deux systèmes de soins et deux moments différents. La létalité s’observe, elle ne se déduit pas.
Pourquoi les vaccins Ebola homologués ne visent pas cette souche
Écrire qu’« il n’existe pas de vaccin contre Ebola » serait inexact, et cette inexactitude change ce que le lecteur comprend du sujet. Des produits sont homologués contre la maladie à virus Ebola, et le plus connu, Ervebo, a obtenu une autorisation de mise sur le marché conditionnelle en Europe le 11 novembre 2019, convertie en autorisation complète le 14 janvier 2021. Ce qui fait défaut face à l’épidémie de RDC n’est pas un vaccin contre Ebola : c’est un produit homologué contre l’espèce en cause.
La raison tient à la fabrication même du vaccin. Ervebo est construit à partir d’un virus de la stomatite vésiculaire, souche Indiana, dont la glycoprotéine d’enveloppe — la protéine que le virus expose à sa surface, et que le système immunitaire apprend à reconnaître — a été remplacée par la glycoprotéine de surface du virus Ebola Zaïre, souche Kikwit 1995. L’immunité obtenue est donc dirigée contre cette protéine-là, celle d’une espèce précise, prélevée sur une souche isolée il y a trente ans.
Ce que le document dit exactement se lit dans le résumé européen des caractéristiques du produit, publié par l’Agence européenne des médicaments (EMA) : l’indication autorisée porte sur la protection contre la maladie causée par le virus Ebola Zaïre. La même logique vaut pour les anticorps monoclonaux recommandés par l’OMS, l’ansuvimab et le REGN-EB3, dont l’usage recommandé concerne la maladie à virus Ebola. Les produits homologués visent le virus Zaïre.
L’OMS l’a écrit sans détour dans la déclaration du 17 mai 2026 par laquelle elle a établi une urgence de santé publique de portée internationale pour la RDC et l’Ouganda : « Il n’existe actuellement aucun traitement ou vaccin spécifique homologué contre l’infection à virus Bundibugyo. » Le mot qui porte l’effet est « homologué ». Il ne dit pas qu’aucun produit n’est étudié ; il dit qu’aucun n’est autorisé, donc qu’aucun ne peut être déployé comme un moyen acquis.
Deux travaux sont en cours. L’OMS évalue Ervebo contre le virus Bundibugyo dans un essai randomisé, c’est-à-dire un protocole où l’attribution du produit est tirée au sort, seul moyen de comparer des groupes réellement semblables. Un essai thérapeutique, PARTNERS, a débuté le 2 juillet 2026 et avait recruté plus de cent patients à la mi-août. Aucun résultat n’en est publié dans les documents de référence disponibles à ce jour, et il faudrait précisément ces résultats pour savoir si la protection croisée existe. Un essai ouvert n’est pas un traitement disponible.

Ce que le taux mesure aussi : l’accès aux soins
Un taux de létalité n’isole pas la virulence d’un virus. Il agrège, dans un seul nombre, la capacité d’un système de santé à repérer un cas tôt, à l’hospitaliser, à le réhydrater et à le suivre. Deux épidémies dues au même virus, l’une diagnostiquée en 48 heures et l’autre en dix jours, ne produiront pas le même chiffre.
Le contexte congolais est documenté dans les rapports de situation : 57 zones de santé touchées sur les 151 des six provinces concernées, une extension à une sixième province — le Bas-Uélé — signalée dans le point du 16 août, et une transmission que l’OMS qualifie de soutenue avec une mortalité élevée. À cela s’ajoute l’absence de tout produit homologué contre cette espèce, décrite plus haut. Le 17 mai 2026, l’OMS a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale pour la RDC et l’Ouganda, sans que les critères d’une pandémie soient réunis. Aucun des points de situation publiés jusqu’au 24 août 2026 n’enregistre sa levée. L’urgence porte sur la coordination internationale de la riposte, pas sur une diffusion mondiale du virus.
La conséquence pratique de cette lecture est simple. Les 47,9 % observés ne se transposent pas à un malade diagnostiqué d’emblée et pris en charge en service spécialisé ailleurs. Aucune des sources retenues ici ne chiffre ce que serait la létalité dans ces conditions, et il serait imprudent d’en avancer une estimation : le seul chiffre disponible est celui de la riposte réelle, sur le terrain réel. Le nombre décrit une riposte autant qu’un virus.
Le risque en France, en chiffres
Depuis mai 2026, trois cas ont été exportés hors d’Afrique : un en France, et deux chez des ressortissants américains contaminés en RDC puis évacués vers l’Allemagne, dont un testé positif le 10 juillet et évacué le 13. Trois cas en trois mois et demi, pour une épidémie qui dépasse les 5 500 cas confirmés sur place.
Le cas français a été confirmé le 24 juin 2026 chez un médecin de retour de mission humanitaire en RDC. Il a été isolé dès son arrivée et hospitalisé dans un service spécialisé. Cinq passagers assis à proximité dans l’avion ont été identifiés puis isolés, et les contacts recensés ont été placés en isolement à domicile pendant 21 jours, sous surveillance. Ce que les sources disponibles ne disent pas, c’est ce qu’il est advenu ensuite : aucune publication retenue ici ne documente l’évolution du patient ni celle des personnes-contacts. L’information s’arrête à ce qui a été rendu public le jour de la confirmation.
Aucune chaîne de transmission secondaire n’a été signalée à partir de ces cas exportés. En Ouganda, la flambée s’est achevée sur 20 cas confirmés et 2 décès, et sa fin a été déclarée le 28 juillet 2026 par le ministère ougandais de la Santé, douze jours après la sortie d’hôpital du dernier patient. Le dernier cas confirmé y avait été rapporté le 21 juin 2026. L’ECDC juge « très faible » la probabilité d’infection pour les personnes vivant dans l’Union européenne et l’Espace économique européen. L’OMS gradue le risque à « très élevé » en RDC, « élevé » en Ouganda et dans les pays limitrophes, « faible » pour le reste du monde.
Un point mérite d’être dit clairement, parce qu’il détermine des comportements : partager un vol, une file d’attente ou un bureau avec une personne revenant de RDC ne vous expose à rien. La transmission suppose un contact direct avec le sang ou les liquides biologiques d’un malade, et une personne infectée ne transmet pas tant qu’elle n’a pas développé de symptômes. La logique de surveillance est la même que pour les cas autochtones de dengue et de chikungunya en France : on suit des personnes revenant d’une zone de circulation, pas une population supposée dangereuse. Gravité et probabilité sont deux questions distinctes.
Retour de zone : les 21 jours qui comptent
Le délai entre l’infection et l’apparition des premiers symptômes va de 2 à 21 jours. Cette borne haute se convertit en une date : si vous quittez la zone un mardi, la fenêtre de surveillance court jusqu’au mardi trois semaines plus tard, et elle se referme passé ce terme en l’absence de tout signe.
Deux conséquences en découlent, et elles vont dans des directions opposées. La première rassure : un voyageur sans symptôme n’expose personne, y compris ses proches. La seconde impose la vigilance : la maladie peut se déclarer jusqu’à trois semaines après le départ de la zone, à un moment où le lien avec le séjour n’est plus évident pour le patient comme pour le premier médecin consulté. C’est ce décalage, et non un état contagieux permanent, qui justifie la surveillance.
Les critères de cas suspect ont été précisés par la DGS début juin 2026, et relayés le 2 juin auprès des professionnels de santé. Ils retiennent une fièvre supérieure ou égale à 38 °C, ou des céphalées sévères, une asthénie, des douleurs musculaires, des vomissements, une diarrhée, une douleur abdominale ou des saignements inexpliqués. La fenêtre est la même pour tous ces signes : les 21 jours qui suivent le retour d’une zone de circulation du virus. Ces signes n’ont rien de spécifique. Aucun d’eux ne permet, à lui seul, d’écarter ni de retenir l’hypothèse. C’est justement pourquoi le classement du cas revient à un dispositif, et non au voyageur.
Pourquoi l’appel au 15 n’est pas une formalité
La conduite définie repose sur trois éléments : appeler le SAMU-Centre 15, s’isoler immédiatement, et ne pas se présenter spontanément dans une structure d’urgence, un cabinet ou un laboratoire. La raison est procédurale autant que sanitaire. Le classement du cas — suspect, possible, exclu — passe par une conférence téléphonique réunissant le régulateur du SAMU, l’infectiologue de l’établissement de santé de référence, le Centre national de référence des fièvres hémorragiques virales, l’agence régionale de santé et Santé publique France. Se déplacer par ses propres moyens expose une salle d’attente et retarde le déclenchement de ce circuit. Le premier geste est un appel, pas un déplacement.
La maladie à virus Ebola est à déclaration obligatoire en France, ce qui signifie qu’un cas confirmé est signalé aux autorités sanitaires par le médecin ou le biologiste qui le constate, sans démarche du patient. Sur les voyages, deux messages coexistent sans se contredire. L’OMS déconseille toute restriction de voyage vers les pays affectés. Le ministère français des Affaires étrangères, lui, déconseille formellement les déplacements en Ituri et au Nord-Kivu, quel qu’en soit le motif, et invite à consulter jusqu’à trois semaines après la sortie de zone. Le premier message porte sur les frontières, le second sur des provinces précises.
Une limite s’attache à ces critères : ils sont connus par un relais professionnel daté du 2 juin 2026. Le premier geste, lui, est confirmé ailleurs : la fiche « dernières minutes et alertes » du ministère des Affaires étrangères demande de contacter le SAMU-Centre 15 en signalant son séjour et ses activités en RDC. En revanche, aucune source française consultée postérieure au 2 juin ne republie le seuil de fièvre ni la liste des signes — la page de situation de Santé publique France, mise à jour le 24 août 2026, n’aborde pas la conduite à tenir. Une version postérieure a donc pu ajuster ces critères sans que cela apparaisse dans les documents consultés. En cas de doute, c’est la régulation du 15 qui applique la version en vigueur. Autre manque, assumé : aucune source primaire ne publie le nombre de cas suspects investigués en France depuis mai 2026, et il faudrait une publication de Santé publique France pour le connaître. Et aucune vaccination du voyageur ne protège de cette infection, à la différence d’autres risques de séjour couverts par un vaccin ciblé, comme l’encéphalite japonaise avant un séjour en Asie.
Quatre chiffres et leur dénominateur
Les valeurs qui circulent ne comptent pas la même chose. Le tableau ci-dessous rapproche chacune de ce qu’elle mesure exactement et de la date à laquelle elle a été arrêtée.
| Valeur | Ce qu’elle compte exactement | Date ou période | Source |
|---|---|---|---|
| 47,9 % (près de 48 %) | 2 642 décès rapportés à 5 514 cas confirmés en laboratoire en RDC ; 808 malades encore hospitalisés, issue inconnue | Données arrêtées au 22 août 2026 | ECDC |
| 46,8 % | 2 184 décès rapportés à 4 665 cas confirmés en laboratoire en RDC | Données arrêtées au 12 août 2026 | OMS, bulletin d’alerte du 14 août 2026 |
| Environ 50 %, de 25 % à 90 % | Moyenne et amplitude observées sur les flambées passées de maladie à virus Ebola, toutes espèces confondues | Historique des flambées documentées | OMS, aide-mémoire |
| 30 % puis 50 % | Létalité des deux flambées antérieures dues au virus Bundibugyo | Ouganda 2007, puis RDC 2012 | OMS |
Une règle de lecture s’en dégage : ne jamais additionner des périmètres différents. Les cas suspects et les cas confirmés relèvent de compteurs séparés, et les bilans du printemps, dominés par les cas suspects, ne se raccordent pas aux bilans d’août, établis sur les seuls cas confirmés par test. Les périmètres ne se mélangent pas.
L’essentiel à retenir
- Le taux de près de 48 % est un rapport entre décès survenus et cas confirmés par test, arrêté au 22 août 2026. Il ne donne pas la probabilité individuelle de mourir en cas d’infection.
- Il évolue d’un bulletin à l’autre — 46,8 % au 12 août, 47,4 % au 16 — parce que l’issue d’un cas est connue après sa confirmation, pas parce que le virus change.
- Les vaccins et anticorps homologués visent le virus Ebola Zaïre. Le virus Bundibugyo est une autre espèce, contre laquelle aucun produit n’est autorisé à ce jour ; deux essais sont en cours, sans résultat publié.
- Hors d’Afrique, trois cas exportés depuis mai, dont un seul en France ; aucune transmission secondaire signalée, et une probabilité d’infection jugée très faible par l’ECDC pour l’Union européenne.
- Après votre retour de zone, la fenêtre à surveiller dure 21 jours. En cas de fièvre ou de signes évocateurs, l’appel au SAMU-Centre 15 précède tout déplacement.
Questions fréquentes
Un taux de létalité de 48 % signifie-t-il que j’ai une chance sur deux de mourir en cas d’infection ?
Non. Ce pourcentage rapporte les décès déjà survenus aux cas déjà confirmés en laboratoire en RDC, à une date donnée. Il dépend de l’accès aux soins sur place, de la précocité du diagnostic et du nombre de malades dont l’issue n’est pas encore connue — 808 étaient encore hospitalisés au 22 août 2026. Il décrit une épidémie en cours dans un contexte précis, pas un pronostic individuel transposable ailleurs.
Existe-t-il un vaccin contre le virus Bundibugyo ?
Aucun vaccin ni traitement spécifique n’est homologué contre cette espèce, comme l’a indiqué l’OMS le 17 mai 2026. Les produits autorisés, dont le vaccin Ervebo, visent la maladie causée par le virus Ebola Zaïre : Ervebo est construit à partir de la protéine de surface de cette espèce, souche Kikwit 1995. L’OMS évalue Ervebo contre Bundibugyo dans un essai randomisé et un essai thérapeutique a débuté le 2 juillet 2026, sans résultat publié à ce jour.
Peut-on attraper Ebola en avion, à côté d’une personne revenant de RDC ?
La transmission suppose un contact direct avec le sang ou les liquides biologiques d’un malade, et une personne infectée ne transmet pas tant qu’elle n’a pas de symptômes. Un voyageur asymptomatique n’expose donc personne. Lors du cas confirmé en France le 24 juin 2026, cinq passagers assis à proximité ont été identifiés et isolés par précaution, dans le cadre du suivi des contacts.
Combien de temps faut-il rester vigilant après un séjour en zone touchée ?
Vingt et un jours à compter de la sortie de la zone. Ce délai correspond à la borne haute de l’incubation, qui va de 2 à 21 jours. C’est aussi la durée d’isolement à domicile appliquée aux personnes-contacts identifiées autour du cas français de juin 2026. Passé ce terme sans symptôme, la surveillance n’a plus lieu d’être.
Quels signes doivent conduire à appeler le SAMU-Centre 15 ?
La DGS retient une fièvre supérieure ou égale à 38 °C, ou des céphalées sévères, une asthénie, des douleurs musculaires, des vomissements, une diarrhée, une douleur abdominale ou des saignements inexpliqués, dans les 21 jours suivant le retour d’une zone de circulation du virus. La consigne est d’appeler le 15 en signalant le séjour et les activités menées, de s’isoler, et de ne pas se rendre spontanément aux urgences, chez un médecin ou dans un laboratoire. Ces signes sont peu spécifiques : c’est le dispositif de régulation qui classe le cas, pas le voyageur.
Peut-on encore se rendre en République démocratique du Congo ?
L’OMS déconseille toute restriction de voyage vers les pays affectés. Le ministère français des Affaires étrangères, de son côté, déconseille formellement les déplacements en Ituri et au Nord-Kivu, quel qu’en soit le motif, et recommande de consulter jusqu’à trois semaines après la sortie de zone. Les deux positions ne portent pas sur le même objet : la première sur les restrictions aux frontières, la seconde sur des provinces précises.