Près de 150 000 hernies de l’aine ont été opérées en France en 2024, et presque 97 fois sur cent le chirurgien a posé un filet. Ce filet, appelé prothèse ou implant de renfort pariétal, renforce la paroi et reste en place à vie. Une douleur, un hématome ou une petite poche de liquide dans les jours qui suivent font partie des suites attendues. Ce qui doit vous faire reconsulter, c’est une douleur qui dure au-delà de quelques mois, ou une inflammation, une fièvre, un écoulement qui apparaissent tardivement.

La douleur durable est la complication qui inquiète. D’après les recommandations internationales sur la hernie de l’aine, dix à douze opérés sur cent gardent une douleur gênante au-delà de trois mois, et entre un sur deux cents et six sur cent une douleur invalidante. Appliquée aux quelque 143 600 cures de l’aine avec filet de 2024, la fourchette de la douleur invalidante donne, par un calcul de la rédaction, un ordre de grandeur de 700 à 8 600 personnes par an. Ce contexte éclaire les signalements dont un avocat de patients, engagé dans une action collective annoncée par une association, a fait état en septembre 2026. Son décompte n’est pas le décompte officiel : l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) en a recensé 459, tous déclarants et toutes gravités confondus, de janvier 2019 à mars 2026. Ce nombre compte des déclarations. Il ne mesure pas un risque.

Avant l’opération : opérer ou surveiller, et le choix du filet

Une hernie, c’est la sortie de tout ou partie d’un organe ou d’un tissu à travers un point faible de la paroi de l’abdomen (voir qu’est-ce qu’une hernie). La hernie de l’aine, dite inguinale, représente environ la moitié des opérations de hernie d’après les actes facturés en 2023 et 2024 (voir la hernie inguinale). Le filet ne soigne pas l’organe qui fait saillie. Il renforce durablement la zone faible pour qu’elle ne cède plus.

D’après le dossier que l’ANSM consacre à ces dispositifs, l’implant de renfort pariétal est une plaque souple, le plus souvent synthétique et non résorbable : il est conçu pour rester dans le corps toute la vie. Il existe aussi des implants résorbables, biosynthétiques ou biologiques, et des modèles partiellement résorbables. Vous recevez donc un implant permanent. Ce n’est pas un pansement interne. Depuis 2017, ces implants relèvent de la classe III du règlement européen 2017/745 sur les dispositifs médicaux, la catégorie soumise au contrôle le plus poussé avant la mise sur le marché. Vous ne choisissez pas le modèle : le chirurgien le détermine selon la hernie, les symptômes, l’état de santé, les antécédents et l’urgence éventuelle de l’intervention.

Opérer ou attendre ? Les recommandations internationales du HerniaSurge Group, publiées en janvier 2018 dans la revue Hernia, posent qu’une hernie de l’aine qui donne des symptômes doit être opérée. Chez un homme sans symptôme ou peu gêné, une surveillance est possible, car le risque d’urgence est faible. La majorité de ces hernies finiront pourtant par être opérées, et ce calendrier se discute avec le chirurgien.

Pour la réparation elle-même, ces recommandations placent le filet en premier choix, afin de limiter la récidive. Une réparation sans filet, la technique de Shouldice en tête, peut être proposée après discussion. La pratique française a suivi : selon l’étude d’EPI-PHARE, le groupement scientifique de l’ANSM et de l’Assurance maladie, 96,8 % des cures de hernie de l’aine ont été faites avec implant en 2024, contre 92,4 % dix ans plus tôt. Sur cent opérations de l’aine, trois seulement se faisaient sans filet en 2024. La part descend à 75 sur cent pour les éventrations, ces hernies qui se forment sur une ancienne cicatrice, et à une sur deux pour les hernies abdominales primaires. Refuser le filet reste possible, mais c’est l’exception, et c’est une décision qui se prend avec le chirurgien.

Pendant l’intervention : voie ouverte ou cœlioscopie

L’opération relève de la chirurgie viscérale, la spécialité qui opère les hernies. Deux voies d’abord coexistent. La voie ouverte passe par une incision de l’aine ; sa technique de référence porte le nom de Lichtenstein. La cœlioscopie opère à travers de petites incisions, à l’aide d’une caméra, selon deux variantes désignées par les sigles TEP (totalement extrapéritonéale) et TAPP (transabdominale prépéritonéale). Les deux posent un filet.

Le choix n’est pas qu’une affaire de cicatrice. Selon les recommandations internationales, à expertise disponible, la cœlioscopie offre une récupération plus rapide et un risque de douleur chronique plus faible. Chez la femme, elle est suggérée pour deux raisons : réduire ce risque de douleur, et ne pas méconnaître une hernie crurale, dite aussi fémorale. La réserve porte sur l’expérience de l’équipe. Il faut environ 100 interventions cœlioscopiques supervisées pour obtenir les mêmes résultats que la chirurgie ouverte avec filet, et le volume d’opérations du chirurgien compte davantage que celui de l’établissement. Avant l’intervention, la question utile porte donc sur l’expérience de votre chirurgien dans la technique qu’il vous propose.

En France, la cœlioscopie est devenue majoritaire pour l’aine : 53,9 % des cures de hernie inguinale en 2024, soit un peu plus d’une sur deux, contre 36,3 % en 2014, un peu plus d’une sur trois. Pour les hernies de l’abdomen, la voie ouverte reste la règle, avec environ 83 opérations sur cent, d’après les données du Système national des données de santé (SNDS) analysées par EPI-PHARE.

Pour l’hospitalisation et l’anesthésie, les recommandations conseillent l’ambulatoire, c’est-à-dire la sortie le jour même, pour la majorité des cures de hernie de l’aine, à condition qu’un suivi soit organisé. En voie ouverte, l’anesthésie locale est recommandée si le chirurgien la maîtrise. Après 65 ans, l’anesthésie générale est suggérée plutôt que la rachianesthésie, qui insensibilise seulement le bas du corps par une injection dans le dos.

Le profil des opérés dit aussi à qui s’adressent ces repères. Près de neuf opérés de l’aine sur dix sont des hommes (88,7 %), avec un âge médian de 64 à 65 ans. La hernie crurale, beaucoup plus rare avec 2 000 à 2 500 opérations par an, touche surtout des femmes : sept opérées sur dix, à un âge médian de 72 ans.

Les premières semaines : suites attendues et reprise des activités

Sur la reprise, les recommandations internationales tiennent en une ligne : reprendre ses activités normales, sans restriction, dès que l’on se sent à l’aise. Elles ne fixent aucun délai.

Plusieurs manifestations des premiers jours sont décrites par l’ANSM comme des suites habituelles. La douleur juste après l’intervention en fait partie. Un hématome peut apparaître dans les jours suivants, de même qu’une inflammation locale : rougeur, gonflement, chaleur. Un sérome, c’est-à-dire une poche de liquide sous la peau, peut se former quelques jours après l’opération ; il disparaît le plus souvent de lui-même. L’agence ajoute une réserve : ces signes justifient de consulter s’ils persistent ou s’ils s’aggravent.

Avoir mal la première semaine est attendu ; la même douleur six mois plus tard ne l’est plus. Une rougeur au lendemain de l’opération est banale ; une inflammation qui apparaît des semaines après, avec de la fièvre ou un écoulement, change la conduite. Le calendrier compte plus que le symptôme.

La douleur qui dure au-delà de trois mois : définition, fréquence, profils à risque

Les recommandations internationales du HerniaSurge Group donnent une définition précise de la douleur chronique après une cure de hernie de l’aine : une douleur au moins modérée, gênante, qui retentit sur les activités quotidiennes et dure au moins trois mois après l’opération. Elle tend à diminuer avec le temps. Ce seuil de trois mois sépare la douleur de cicatrisation de la complication.

Sur la fréquence, ces recommandations retiennent une douleur chronique cliniquement significative chez 10 à 12 % des opérés de l’aine, soit dix à douze personnes sur cent. La douleur invalidante, celle qui gêne les activités quotidiennes ou le travail, concerne de 0,5 à 6 % des opérés : d’une personne sur deux cents à six sur cent. La fourchette est large : elle vaut toutes techniques opératoires confondues. Individuellement, la forme invalidante reste minoritaire. Collectivement, elle n’est pas négligeable.

Pour en donner l’échelle, ces fourchettes peuvent être appliquées aux quelque 143 600 cures de hernie de l’aine avec implant réalisées en France en 2024. Cela représente entre 700 et 8 600 personnes par an avec une douleur invalidante. Ce calcul est un ordre de grandeur établi par la rédaction, pas une mesure française : il transpose des taux internationaux à des volumes nationaux. Il se lit dans ce sens seulement. Dans l’autre sens, il ne dit rien de la fréquence réellement observée dans les hôpitaux français, qu’aucune étude nationale n’a encore mesurée. Ces fourchettes portent en outre sur la hernie de l’aine, toutes techniques confondues ; elles ne valent pas pour les éventrations.

L’avocat qui représente des patients avance, de son côté, une proportion de 5 à 10 % d’opérés au minimum dont les conditions de vie se dégradent nettement. Cette fourchette recouvre en partie celles des recommandations internationales, qui restent la référence publiée.

Tous les opérés ne sont pas exposés de la même façon. Les recommandations citent comme facteurs de risque le jeune âge, le sexe féminin, une douleur forte avant l’opération, une douleur forte juste après, une hernie récidivée et la voie ouverte. Si vous êtes une femme, l’information compte : le sexe féminin figure parmi les facteurs identifiés, et c’est l’une des raisons pour lesquelles la cœlioscopie est suggérée aux femmes.

Pourquoi l’aine peut faire mal longtemps

La région de l’aine est traversée par des nerfs sensitifs, qui peuvent être irrités ou lésés pendant l’intervention. C’est ce qui peut expliquer la nature des douleurs décrites dans les signalements reçus par l’ANSM : brûlures, décharges électriques, sensation de coup de poignard, parfois ressenties loin de la cicatrice, dans la jambe, le dos ou les testicules. C’est aussi pourquoi les recommandations insistent, en voie ouverte, sur le repérage des nerfs pendant l’opération, par lequel passe la prévention.

La prise en charge recommandée repose sur des équipes pluridisciplinaires, qui associent médicaments et gestes interventionnels. En cas d’échec, la section des nerfs concernés, appelée neurectomie, vient ensuite. Le retrait du filet n’est envisagé que dans des cas sélectionnés. C’est un dernier recours.

La douleur chronique est une complication de la chirurgie de la hernie dans son ensemble, pas du seul filet. Chez une personne donnée, sa cause relève d’un bilan médical, que ni une statistique ni un signalement ne remplacent.

Douleur senior asiatique portant une ceinture de soutien élastique avec déambulateur

Les signes qui doivent faire reconsulter

L’ANSM distingue, dans son dossier sur les complications, les suites habituelles des signes qui doivent faire consulter rapidement. Le tableau ci-dessous les met en regard, signe par signe.

Suites attendues et signes à faire examiner après une cure de hernie avec implant (d’après l’ANSM, mai 2026)
SigneSuite habituelleMotif de consulter rapidement
DouleurJuste après l’interventionDouleur qui persiste plusieurs mois
Inflammation (rougeur, gonflement, chaleur)Locale, dans les jours qui suiventProlongée, ou apparue des semaines ou des mois après
Sérome (poche de liquide)Apparaît quelques jours après, disparaît le plus souvent seulNe se résorbe pas
CicatriceHématome dans les jours suivantsDouleur, fièvre ou écoulement évoquant une infection
HernieRéapparition de la hernie (récidive)

À savoir avant toute décision. Ces repères décrivent des situations générales, ils ne posent aucun diagnostic. Une douleur qui persiste ou apparaît tardivement, une fièvre ou un écoulement au niveau de la cicatrice justifient de consulter le chirurgien ou le médecin traitant. La décision de refuser un filet, de différer une opération prévue ou de faire retirer un implant ne se prend pas seul : une hernie symptomatique non opérée expose à des complications, et le retrait d’un filet est un geste lourd.

459 signalements en sept ans face à 200 000 filets posés chaque année

Entre janvier 2019 et mars 2026, l’ANSM a recensé 459 signalements sur les renforts pariétaux utilisés contre les hernies de l’abdomen et de l’aine. Le décompte figure dans son bilan de matériovigilance, la surveillance des incidents liés aux dispositifs médicaux, publié le 29 mai 2026. Un signalement y correspond à une personne, quel que soit le nombre d’incidents ou de déclarants.

La courbe est très inégale. De 2020 à 2024, l’agence recevait moins de 30 signalements par an : 130 au total de 2019 à 2024. Il y en a eu 125 sur la seule année 2025, puis 204 au premier trimestre 2026, dont 77 en janvier. L’ANSM relie cette hausse à une exposition médiatique accrue et au point d’actualité qu’elle a elle-même publié en février 2025. La source des déclarations a changé en même temps. Les patients, rares déclarants jusqu’en 2023, pèsent 26 % des signalements en 2024, 77 % en 2025 et 95 % au premier trimestre 2026 : d’environ un sur quatre à presque tous.

Ces déclarations portent surtout sur des opérations anciennes. Sur 106 signalements de patients entre 2019 et 2025, 68, soit 64 sur cent, concernent des interventions réalisées avant 2024, certaines dès 2006. La déclaration arrive parfois des années après l’incident. La hausse de 2025 révèle donc surtout des troubles installés de longue date. Elle ne signe pas une nouvelle série de produits défectueux.

Le dénominateur, lui, se compte en centaines de milliers. À partir des volumes publiés par EPI-PHARE, un calcul de la rédaction aboutit à environ 260 000 cures de hernie tous types en 2024, dont environ 208 000 avec implant, hors hernies crurales : c’est l’ordre de grandeur des filets posés chaque année pour une hernie. Le total est cohérent avec les plus de 250 000 actes de 2023, avec ou sans renfort, relevés dans le bilan de l’ANSM. Les ventes mesurent autre chose. L’ANSM recense 201 000 renforts pariétaux vendus en 2020 et 262 000 en 2023, toutes indications confondues ; en 2023, un peu plus de quatre ventes sur dix concernaient des dispositifs indiqués dans le traitement des hernies. Ces ventes ne donnent donc pas le nombre de poses pour hernie.

La conclusion du bilan de matériovigilance tient les deux bouts dans une seule formulation : « le nombre de signalements reste faible au regard du nombre d’interventions chirurgicales. Cependant leur gravité et leur impact sur la qualité de vie des patients justifie une attention particulière ». Autrement dit, l’agence ne voit pas dans ces chiffres un motif de retirer les implants, mais elle ne classe pas le dossier et poursuit la surveillance.

Un signalement n’est pas une fréquence. La matériovigilance compte des déclarations, dont le nombre dépend de la notoriété du sujet, de délais de plusieurs années et d’une sous-déclaration que l’ANSM reconnaît. Les 459 signalements ne permettent pas de savoir combien d’opérés souffrent réellement : cumulés sur sept ans, ils restent en deçà des 700 à 8 600 cas annuels estimés plus haut par la rédaction à partir des fourchettes internationales. Aucun calcul de risque ne peut en sortir.

Douleur, retrait, récidive : le contenu des déclarations

L’ANSM a analysé en détail les 255 signalements reçus de 2019 à 2025. La douleur domine : 125 signalements, soit près d’un sur deux (49 %). Viennent ensuite le retrait de l’implant, ou explantation (33), la récidive de la hernie (32), l’infection (24) et les adhérences (15), ces accolements anormaux entre tissus. Un même signalement peut cumuler plusieurs effets. La douleur est décrite comme localisée à l’implant ou à distance, souvent permanente, intense et invalidante. Les déclarations ne mentionnent pas toujours clairement la date de survenue, ce qui empêche d’établir des délais d’apparition.

Parmi les déclarations de patients, 60 % viennent d’hommes, surtout pour des hernies de l’aine, et 40 % de femmes, pour des hernies ventrales comme de l’aine. Sur les 60 déclarations concernant l’aine, 14 émanent de femmes : 23 sur cent, alors que les femmes représentent environ 11 opérés de l’aine sur cent. L’écart est cohérent avec le sexe féminin comme facteur de risque de douleur chronique. Il ne démontre rien pour autant. Des déclarations spontanées ne forment pas un échantillon représentatif.

Les patients ont aussi déclaré des manifestations absentes des notices : troubles digestifs, acouphènes, maux de tête, vertiges, variations de poids, fatigue persistante. L’ANSM les recense sans préjuger de leur imputabilité, c’est-à-dire sans affirmer ni exclure un lien avec le dispositif. Ce lien n’est pas établi. Ce que décrivent les patients reste consigné.

Fabricants inspectés, étude nationale, plaintes : l’état du dossier

Les 106 signalements de patients renvoient à 10 fabricants distincts. L’ANSM conclut qu’ils ne désignent ni un fabricant, ni un matériau, ni une marque en particulier : polypropylène, polyester, PTFE ou PVDF, seuls ou associés, apparaissent tous. Son contrôle du marché a recensé 118 implants de 19 fabricants, dont environ neuf sur dix sont certifiés ou en cours de certification selon le règlement européen de 2017.

D’avril à novembre 2025, l’agence a inspecté sept opérateurs, six fabricants et un distributeur. Elle a relevé quatre non-conformités majeures, portant sur la gestion des sous-traitants, la validation de la stérilisation ou la traçabilité, et aucune non-conformité critique. Les actions correctives ont été jugées satisfaisantes, sans mesure administrative. Ce n’est pas un blanc-seing : c’est une inspection qui a trouvé des écarts, obtenu leur correction et laissé la surveillance ouverte.

Le problème documenté n’est donc pas celui d’un produit défaillant identifiable. Aucune marque, aucun matériau ne ressort. C’est ce qui explique l’absence de rappel.

Le 11 juin 2025, l’ANSM avait réuni patients, soignants et institutions autour de quatre axes : l’information avant et après l’opération, dont la carte d’implant, la surveillance, la formation des professionnels et la gestion des complications, avec des centres spécialisés envisagés pour les complications et l’éventuel retrait de l’implant. Une seconde étude EPI-PHARE, consacrée au devenir des patients après l’opération, porte notamment sur la douleur chronique et le retrait de l’implant. Ses résultats sont attendus au quatrième trimestre 2026, entre octobre et décembre. Fondée sur les données de l’Assurance maladie, elle apportera la première mesure nationale de la fréquence des complications, bien plus solide que les signalements.

Côté patients, l’avocat Pierre Debuisson affirme que 216 personnes ont signalé à l’ANSM des effets indésirables graves. Ce décompte est le sien. L’ANSM publie 459 signalements, tous déclarants et toutes gravités confondus, sans décompte distinct des cas graves ; les deux chiffres ne se comparent pas et ne s’additionnent pas. L’association Victimes des prothèses de hernie revendique 3 000 membres et a annoncé une action collective. Une première plainte, déposée en début d’année, a été classée sans suite fin août pour infraction insuffisamment caractérisée ; une nouvelle plainte avec constitution de partie civile a été déposée le 18 septembre 2026. L’avocat estime être « à l’orée d’un scandale hors norme ».

Le coût pour l’opéré

Pour une opération de hernie, le coût passe par des mécanismes plus que par un prix unique. Sur les actes médicaux lourds, ceux dont le tarif atteint au moins 120 €, le ticket modérateur, c’est-à-dire la part que l’Assurance maladie laisse normalement au patient, est remplacé par une participation forfaitaire. Son plafond est passé de 24 € à 32 € le 1ᵉʳ avril 2026, soit 8 € de plus, en application d’un décret du 30 mars 2026 publié au Journal officiel le lendemain. Une opération réalisée depuis cette date relève du plafond de 32 €. Le forfait journalier hospitalier, lui, se facture par journée d’hospitalisation : une sortie le jour même, en ambulatoire, n’y est en principe pas soumise, ce que l’établissement peut confirmer avant l’intervention. Le reste à charge réel dépend ensuite de votre contrat de complémentaire santé.

Carte d’implant et déclaration d’un effet indésirable

Après l’opération, une carte d’implant vous est remise. Elle porte la référence exacte du dispositif posé. La conserver, c’est pouvoir identifier votre filet des années plus tard, pour un suivi, une déclaration ou une éventuelle réintervention. La notice de l’implant, qui liste ses effets indésirables connus, peut être demandée à l’équipe chirurgicale.

Un effet indésirable lié à un dispositif médical peut être déclaré à l’ANSM par un soignant, mais aussi par vous-même, sur le portail officiel de signalement vers lequel renvoie l’agence, signalement.social-sante.gouv.fr. Une déclaration ne vaut pas diagnostic. Elle alimente la surveillance.

L’essentiel à retenir

  • Le filet de hernie est un implant permanent qui renforce la paroi ; il est utilisé dans presque 97 cures de l’aine sur cent, conformément aux recommandations qui en font le premier choix.
  • Douleur, hématome ou sérome des premiers jours sont attendus ; une douleur au-delà de plusieurs mois, une inflammation tardive, une fièvre ou un écoulement justifient de consulter.
  • La douleur chronique touche dix à douze opérés de l’aine sur cent, et sa forme invalidante entre un sur deux cents et six sur cent, selon les recommandations internationales.
  • Les 459 signalements reçus par l’ANSM comptent des déclarations, pas une fréquence ; une étude nationale sur le devenir des opérés est attendue fin 2026.
  • La carte d’implant permet d’identifier son dispositif, et chacun peut déclarer un effet indésirable à l’ANSM.

Questions fréquentes

Faut-il refuser le filet pour éviter une douleur chronique ?

Les recommandations internationales font du filet le premier choix pour réparer une hernie de l’aine, afin de limiter la récidive. Une réparation sans filet peut être proposée, mais elle reste l’exception. La douleur chronique est une complication de la chirurgie de la hernie dans son ensemble, pas du seul filet. Le choix se discute avec le chirurgien.

Une douleur après l’opération de hernie est-elle normale ?

Une douleur juste après l’intervention fait partie des suites habituelles décrites par l’ANSM, comme un hématome ou un sérome. Une douleur qui persiste plusieurs mois, ou une inflammation, une fièvre ou un écoulement qui apparaissent tardivement, justifient de consulter rapidement le chirurgien ou le médecin traitant.

Mon filet fait-il partie d’un modèle ou d’une marque en cause ?

Selon le bilan de l’ANSM publié en mai 2026, les incidents déclarés ne concernent ni un fabricant, ni un matériau, ni une marque en particulier. Les inspections de 2025 ont relevé quatre non-conformités majeures, dont la correction a été jugée satisfaisante, et aucune non-conformité critique. Aucun rappel n’a été décidé. La référence de votre implant figure sur la carte d’implant remise après l’opération.

Comment déclarer un effet indésirable lié à un filet de hernie ?

Le patient peut faire lui-même la déclaration auprès de l’ANSM, sur le portail officiel de signalement vers lequel renvoie l’agence, signalement.social-sante.gouv.fr. La carte d’implant permet d’indiquer la référence exacte du dispositif. Un soignant peut également déclarer.

Que représentent les 216 personnes évoquées en septembre 2026 ?

C’est le décompte avancé par l’avocat de patients qui engage des procédures, pas un chiffre de l’ANSM. L’agence publie 459 signalements de janvier 2019 à mars 2026, toutes gravités confondues. Ni l’un ni l’autre ne permet de calculer un taux de complications.

Quand saura-t-on combien d’opérés gardent des complications en France ?

Une seconde étude EPI-PHARE, fondée sur les données de l’Assurance maladie et consacrée au devenir des patients après l’opération, est attendue au quatrième trimestre 2026. Ce sera la première mesure nationale de la fréquence des complications, plus solide que les signalements spontanés.