Quatre levers de chaise de plus en trente secondes : c’est l’écart obtenu en douze semaines par des personnes de 74 ans en moyenne, presque sédentaires et gênées pour marcher, qui ont suivi chaque jour une routine de quatre exercices de 30 secondes. Le résultat vient de FAST-2, un essai randomisé mené par une équipe du Penn State College of Medicine et publié le 12 mars 2026 dans la revue PLOS One. Dans un essai randomisé, un tirage au sort répartit les volontaires entre deux groupes, ce qui permet d’attribuer la différence d’évolution au programme testé. Ici, l’écart de 4,2 levers par rapport au groupe témoin représente environ 45 % de plus que le score de départ, qui était de 9,5.

« Quatre minutes » désigne la séance entière, repos compris : l’effort réel dure deux minutes, dont une seule pour les jambes. Les participants ne ressemblent pas à tous les plus de 65 ans, et l’essai, qui portait sur 97 personnes, n’a mesuré ni les chutes, ni l’autonomie, ni la tenue du gain au-delà de trois mois. Deux autres tests, la vitesse pour se relever et l’équilibre sur une jambe, progressent aussi, mais avec une marge d’incertitude bien plus large. Le signal est net sur un test précis. Il reste à confirmer sur ce qui compte le plus.

La routine FAST-2 : quatre gestes de trente secondes et deux minutes d’effort

Le programme tient en quatre exercices, faits à domicile, tous les jours pendant douze semaines. Chacun dure 30 secondes et il est suivi de 30 secondes de repos. Au programme : des pompes, des levers de chaise, un tirage assis à deux bras avec une bande élastique et des montées sur une marche. Le compte est vite fait : quatre fois 30 secondes, cela fait deux minutes d’effort, dans une séance qui dure environ quatre minutes avec les pauses. Les jambes ne travaillent que pendant les levers de chaise et les montées de marche, soit une minute par jour.

Chaque geste avait ses variantes, pour partir du niveau de chacun. Les pompes se faisaient contre un mur, contre un plan de travail, sur une marche ou sur les genoux. Le lever de chaise se faisait bras croisés, ou avec appui des mains pour les personnes qui ne pouvaient pas se lever sans. La marche était réglable à trois hauteurs : 4, 6 ou 8 pouces, soit environ 10, 15 ou 20 centimètres.

L’accompagnement se faisait entièrement à distance. Chaque participant recevait quatre séances de coaching par vidéo, de 10 à 20 minutes, au départ puis aux semaines 2, 4 et 8. S’y ajoutaient un courriel quotidien avec le lien vers les exercices et un court questionnaire, un bilan de performance toutes les deux semaines et des objectifs de progression fixés d’avance : quatre répétitions de plus en douze semaines pour les levers de chaise, deux pour les marches. Pour les pompes, la progression consistait à passer à une variante plus difficile dès 15 répétitions.

Le principe est celui du renforcement fonctionnel. On n’entraîne pas un muscle isolé sur une machine, on répète les gestes de la vie courante : se lever d’un siège, monter une marche, pousser, tirer. Et on cherche à en faire davantage dans les mêmes 30 secondes. Les répétitions relevées à l’entraînement montrent l’ampleur de la progression : les levers de chaise passent de 7,6 répétitions en première semaine à 16,7 en douzième, les pompes de 8,1 à 17,5, les tirages de 10,6 à 27,5 et les marches de 8,7 à 15,8. Les répétitions ont donc à peu près doublé, et plus que doublé pour le tirage. Les muscles sollicités travaillent plus vite et plus fort sur ces gestes précis. C’est ce qui rend plausible un effet mesurable avec si peu de temps, sur des tests qui ressemblent aux exercices.

Qui a suivi le programme : des septuagénaires sédentaires qui peinent à marcher

Pour entrer dans l’essai, il fallait avoir 65 ans ou plus et être inactif : moins de 60 minutes d’activité physique déclarée par semaine, et aucun renforcement musculaire. Il fallait aussi avoir du mal à marcher, c’est-à-dire déclarer une difficulté à parcourir un quart de mile, environ 400 mètres. Les autres conditions étaient pratiques ou de sécurité : parler anglais, avoir accès à Internet, ne signaler aucune douleur thoracique au questionnaire d’aptitude PAR-Q et réussir un test cognitif.

Le recrutement a filtré fortement. Sur 415 personnes évaluées, 138 étaient éligibles, 102 se sont inscrites et 97 ont été tirées au sort : 44 dans le groupe programme, 53 dans le groupe témoin. Leur âge moyen était de 74 ans, avec un écart-type de 6 ans. Deux participants sur trois étaient des femmes. Au départ, l’activité déclarée tournait autour de 18 minutes par semaine, soit moins de trois minutes par jour.

Ce profil compte pour lire le résultat. Plus on part bas, plus un petit entraînement produit de gain : une personne presque immobile a une marge de progression qu’un marcheur régulier n’a plus. Le résultat ne se transpose donc pas à un senior déjà actif. Il ne se transpose pas non plus aux personnes plus fragiles que les participants : dépendantes, sans accès à Internet, avec des troubles cognitifs ou une douleur thoracique signalée, toutes exclues de l’essai. Si vous vous demandez si ce résultat vous concerne, la réponse est assez étroite. Il concerne surtout les septuagénaires sédentaires, autonomes mais ralentis.

Pour ce public, la perte de force des jambes n’est pas un détail : elle se lit directement dans la marche et l’équilibre, comme le détaille l’article consacré à la perte de force musculaire chez les seniors et ses effets sur la marche et l’équilibre.

Un groupe témoin pour isoler l’effet des exercices

FAST-2 a comparé deux groupes pendant douze semaines. Le groupe témoin conservait ses habitudes, sans rien changer, et ne recevait le programme qu’à la fin de l’essai : c’est ce qu’on appelle un traitement différé. L’essai est enregistré sur ClinicalTrials.gov sous le numéro NCT05697497.

Trois tests ont été mesurés au départ, à six semaines et à douze semaines, sous l’œil d’un chercheur formé qui observait par visioconférence. Le premier chronomètre le temps nécessaire pour se lever cinq fois d’une chaise. Le deuxième compte le nombre de levers réalisés en 30 secondes. Le troisième mesure combien de temps la personne tient debout sur une jambe. L’analyse a été faite en intention de traiter : chaque participant tiré au sort reste compté dans son groupe, même s’il a arrêté en route. Les mesures manquantes ont été prises en compte par des modèles statistiques dits à effets mixtes, qui estiment l’évolution de chaque groupe malgré les trous dans les données.

Le témoin sert de point de comparaison. On ne regarde pas seulement l’avant et l’après des participants, on compare l’évolution des deux groupes. Or le groupe témoin s’est à peine amélioré, de 0,87 lever en 30 secondes, un écart qui ne se distingue pas du hasard. L’effet observé chez les autres ne s’explique donc pas par le simple fait de repasser plusieurs fois les mêmes tests. La limite tient dans ce que le témoin n’a pas reçu : ni coaching, ni courriels quotidiens, ni bilans réguliers. Une partie de l’écart peut venir de cette attention, et pas des seuls exercices. L’essai évalue un programme accompagné, pas quatre exercices isolés.

Si vous découvrez ce résultat aujourd’hui, il n’est pas tout neuf. L’article a été reçu par PLOS One le 23 octobre 2025, accepté le 20 février 2026 et publié le 12 mars 2026. Les communiqués de Penn State ont suivi les 9 et 12 juin, soit trois mois plus tard.

Quatre levers de chaise de plus en trente secondes

C’est le résultat le plus solide de l’essai. Dans le groupe programme, les participants réalisaient en moyenne 9,5 levers de chaise en 30 secondes au départ, et ils en ont gagné 5,08 en douze semaines, pour arriver autour de 14 à 15. Le groupe témoin partait de 10 levers et n’en a gagné que 0,87. La différence entre les deux groupes est de 4,22 levers.

Ce chiffre s’accompagne d’un intervalle de confiance à 95 %, de 2,78 à 5,66 levers. L’intervalle donne la fourchette des effets compatibles avec les données : l’essai ne dit pas que chacun gagne exactement 4,2 levers, il situe l’effet moyen quelque part entre un peu moins de 3 et un peu moins de 6. La valeur p, inférieure à 0,001, se lit ainsi : si le programme n’avait aucun effet, un écart aussi grand apparaîtrait par hasard moins d’une fois sur mille.

Reste à savoir si le gain se sent dans la vie courante. Les auteurs rappellent la différence minimale cliniquement importante de ce test, c’est-à-dire le plus petit changement jugé perceptible et utile pour la personne : au moins 2 répétitions. L’intervalle entier se situe au-dessus de ce seuil. Même dans l’hypothèse la plus basse, 2,8 levers, le gain dépasse le minimum qui compte cliniquement.

Rapporté au point de départ, l’ordre de grandeur est parlant. Un écart de 4,2 levers sur un score initial de 9,5, c’est environ 45 % de plus, près de la moitié. Autrement dit, là où une personne du groupe témoin se levait dix fois en 30 secondes et finissait l’essai à peine au-dessus, une personne du groupe programme passait d’un peu moins de dix levers à près de quinze. Ce résultat-là tient.

Se relever plus vite, tenir sur une jambe : des gains moins nets

Les deux autres tests vont dans le même sens, avec beaucoup moins de précision. Pour se lever cinq fois d’une chaise, le groupe programme mettait 12,2 secondes au départ et a gagné 2,76 secondes. Le témoin, qui partait plus lent à 14,4 secondes, n’a gagné que 0,48 seconde, un écart non distinguable du hasard. Par rapport au témoin, le groupe programme se relève environ 2,3 secondes plus vite, avec un intervalle de confiance de 0,5 à 4,1 secondes (p = 0,01).

Le seuil minimal jugé cliniquement important pour ce test est de 2,3 secondes. Le gain moyen tombe donc pile sur ce seuil, et le bas de l’intervalle descend à une demi-seconde, soit cinq fois moins. L’effet est statistiquement net, mais il pourrait être modeste.

Pour l’équilibre, le groupe programme tenait 7,3 secondes sur une jambe au départ et a gagné 2,72 secondes. Le témoin, à 7,7 secondes, a perdu 0,85 seconde, là encore sans écart significatif. La différence entre les groupes est de 3,57 secondes, mais son intervalle de confiance va de 0,61 à 6,53 secondes (p = 0,02) : l’effet réel peut valoir une demi-seconde comme six secondes et demie. Le sens est clair, l’ampleur non.

Les trois tests de l’essai FAST-2 après douze semaines, groupe programme comparé au groupe témoin
TestScore de départ du groupe programmeÉcart avec le groupe témoinIntervalle de confiance à 95 %Seuil de changement cliniquement important
Levers de chaise en 30 secondes9,5 levers+4,22 levers2,78 à 5,66 leversAu moins 2 levers
Temps pour cinq levers de chaise12,2 secondesEnviron 2,3 secondes de moins0,5 à 4,1 secondes2,3 secondes
Tenue sur une jambe7,3 secondes+3,57 secondes0,61 à 6,53 secondesAucun seuil chiffré dans les sources de cet article

Situer le score de chaise face aux valeurs de référence par âge

Un score de lever de chaise ne parle qu’une fois comparé à un repère. Les valeurs de référence établies par Rikli et Jones en 2013, reprises par la base de mesures de rééducation du Shirley Ryan AbilityLab, donnent pour chaque tranche d’âge le nombre de levers en 30 secondes associé au maintien de l’indépendance physique. Ce ne sont pas des moyennes de population, mais des seuils. Chez les femmes, ils valent environ 15 levers de 60 à 69 ans, 14 de 70 à 74 ans, 13 de 75 à 79 ans, 12 de 80 à 84 ans, 11 de 85 à 89 ans et 9 de 90 à 94 ans. Chez les hommes, ils vont d’environ 17 levers entre 60 et 64 ans à 9 entre 90 et 94 ans, en passant par 15 entre 70 et 74 ans.

Placés sur cette table, les participants de FAST-2 partaient bas. Avec 9,5 levers au départ, ils étaient au niveau du seuil fixé pour les 90-94 ans, alors qu’ils avaient 74 ans en moyenne. Après douze semaines, autour de 14 à 15 levers, ils rejoignaient le seuil des 70-74 ans : 14 pour les femmes, 15 pour les hommes. Dans cette table, la référence baisse d’environ un lever tous les cinq ans jusqu’à 85 ans, puis plus vite.

Le calcul se lit dans un seul sens. Même si vous connaissez votre propre score, la table ne vous dira pas votre âge. Elle compare des personnes différentes, d’âges différents, à un même moment : elle situe une performance par rapport à un repère, et ne suit personne au fil des années. Convertir les levers gagnés en années retranchées reviendrait à lui faire mesurer un âge biologique ou une espérance de vie, ce qu’elle ne mesure pas, et ce que l’essai n’a jamais évalué.

Ce test n’est pas pour autant un simple exercice de gymnase. Les auteurs de FAST-2 rappellent qu’un score inférieur à 10 à 12 levers en 30 secondes signale souvent un risque de chute accru et une mobilité moins bonne, et que les personnes âgées ayant déjà des troubles de la marche affichent des moyennes rapportées d’environ 8 à 11 levers. Les participants partaient juste sous ce seuil, et l’ont franchi en moyenne. Ce score est un marqueur de risque, pas un compteur de chutes. Un seuil franchi n’est pas une chute évitée.

Seniors étirant les jambes

Une séance faite cinq à six jours sur sept

L’intérêt pratique d’un format aussi bref tient d’abord à l’assiduité. Les participants du groupe programme ont fait leur séance 81 % des jours, soit 5,6 jours par semaine en moyenne : un peu plus de quatre jours sur cinq, pendant trois mois, chez des personnes qui ne faisaient quasiment rien au départ. Sur les 84 jours de l’essai, cela représente de l’ordre de 68 séances par personne.

Le repère de comparaison est américain. Selon le communiqué de Penn State, moins d’une personne âgée sur cinq pratique le renforcement musculaire les deux jours par semaine recommandés aux États-Unis. Aucun chiffre français équivalent ne figure dans les sources de cet article.

La durée limite la portée de cette assiduité, et c’est elle qui vous intéresse si vous cherchez une habitude durable. Trois mois, c’est court, et les auteurs eux-mêmes citent le risque de lassitude au-delà parmi les limites de leur travail. Tenir trois mois ne garantit pas de tenir un an.

Un incident musculaire ou articulaire pour 427 séances

Un effort de deux minutes n’est pas sans risque. Sur les 2 994 séances réalisées, 7 effets indésirables jugés liés au programme de façon certaine, probable ou possible sont survenus chez 6 participants, soit un pour 427 séances. Tous étaient orthopédiques, c’est-à-dire touchant les os, les articulations ou les muscles, et l’épaule était la gêne la plus citée, chez 2 des 6 participants concernés, articulation sollicitée par les pompes et les tirages.

Ces incidents n’étaient pas anodins pour autant. Six sur sept ont fait manquer au moins une séance. La moitié des participants concernés, trois sur six, ont consulté un professionnel de santé. L’un d’eux a passé une nuit en observation à l’hôpital pour une douleur d’épaule, le temps d’écarter un infarctus.

Le chiffre se lit aussi dans l’autre sens. Un pour 427 séances, c’est rare à l’échelle d’une séance. Rapporté aux personnes, 6 participants sur les 44 du groupe programme ont connu un tel incident en trois mois, soit environ un sur sept. Ce calcul est fait à partir des données publiées : c’est un ordre de grandeur, pas un résultat présenté par les auteurs. Rare par séance, pas rare par personne.

L’épisode de l’hospitalisation rappelle une règle générale. Une douleur dans la poitrine, un malaise ou un essoufflement inhabituel pendant l’effort imposent d’arrêter et de demander un avis médical, sans les mettre d’office sur le compte de l’épaule ou de l’exercice.

Mesures non aveugles, trois mois, 97 volontaires : les angles morts

Des évaluateurs qui connaissaient le groupe de chaque participant

Le principal biais possible de FAST-2 se loge dans la mesure. Ni les chercheurs qui faisaient passer les tests, ni les participants n’ignoraient le groupe attribué. Seuls des codeurs secondaires, qui relisaient les vidéos pour vérifier la qualité et la sécurité, travaillaient en aveugle. Un évaluateur qui sait qu’une personne suit le programme peut, sans le vouloir, compter un lever limite comme valide ou encourager davantage. C’est ainsi qu’un essai randomisé peut, malgré le tirage au sort, surestimer un effet.

Les tests se sont faits par visioconférence, à cause des restrictions liées au Covid. Les auteurs signalent qu’il a fallu renoncer aux mesures de référence du domaine : la batterie de tests SPPB (Short Physical Performance Battery), la force maximale sur une seule répétition et la distance parcourue en six minutes de marche. S’y ajoute un déséquilibre des abandons : 5 participants sortis de l’essai, par abandon ou perte de vue, dans le groupe programme, soit 11 %, contre 15 dans le groupe témoin, soit 28 %. Autrement dit, environ un sur neuf d’un côté, plus d’un sur quatre de l’autre. Les modèles statistiques compensent ces départs sans les effacer.

Des performances à douze semaines, pas des événements de santé

L’essai a mesuré trois tests après trois mois. Il n’a compté ni chutes, ni fractures, ni entrées en établissement, et il ne dit rien du maintien du gain après l’arrêt. Aucun des résultats publiés ne décrit non plus une force multipliée : les gains portent sur des répétitions et des secondes. Les auteurs concluent que leur programme, qui ne comptait que 60 secondes d’exercices du bas du corps, a amélioré des mesures de performance des jambes fortement associées au handicap futur. Ce lien entre les tests et le handicap vient d’autres études, pas de celle-ci.

Parmi les limites qu’ils énoncent eux-mêmes dans l’article de PLOS One, les auteurs bornent la portée de leur propre résultat : « Cette étude ne suggère pas que quatre minutes d’exercice quotidien suffisent à améliorer la composition corporelle ou la santé cardiovasculaire de la population générale. » Traduit : l’essai ne montre ni perte de graisse, ni gain de masse musculaire, ni bénéfice pour le cœur. Il parle de gestes du quotidien, et de rien d’autre.

Un petit essai qui attend sa confirmation

Avec 97 personnes, un seul centre de recherche et des participants américains anglophones et connectés, FAST-2 reste un essai de petite taille. Son résultat est cohérent avec deux travaux antérieurs. Selon l’université, une étude pilote de la même équipe, FAST-1, avait suivi 24 personnes âgées faisant chaque jour 30 secondes de pompes et de squats, avec une amélioration des squats sur six mois. Les auteurs citent aussi un essai sans groupe témoin, mené par Fujita et ses collègues : un peu plus de deux minutes de levers de chaise trois jours par semaine pendant trois mois y ont augmenté de 18 % le couple d’extension du genou, c’est-à-dire la force avec laquelle la cuisse tend la jambe.

L’étude ne déclare aucun financement spécifique. Aucun essai de confirmation indépendant n’est cité. Pour savoir si l’effet tient, il faudrait un essai plus large, avec des évaluateurs en aveugle, un suivi plus long et des chutes réellement comptées. Le résultat est encourageant, pas définitif.

Chutes après 65 ans : l’enjeu que l’essai n’a pas mesuré

La force des jambes intéresse parce que les chutes pèsent lourd. En France, en 2024, les chutes ont entraîné 174 824 hospitalisations et 20 148 décès chez les personnes de 65 ans et plus, selon le bulletin de Santé publique France publié le 12 mars 2026. Ramené à la journée, cela fait environ 480 hospitalisations et 55 décès, chaque jour de l’année.

La tendance est à la hausse. Par rapport à 2019, le taux standardisé d’hospitalisation, qui neutralise l’effet du vieillissement de la population, a augmenté de 20,5 %, et le taux de mortalité de 18 %. Le risque grimpe surtout avec l’âge : à effectif égal, les 85 ans et plus sont hospitalisés 8,6 fois plus souvent que les 65-74 ans pour une chute, et en meurent 29 fois plus souvent.

C’est pourquoi un moyen simple d’entretenir la force des jambes attire l’attention. C’est aussi pourquoi il ne faut pas lui prêter un effet que personne n’a mesuré. FAST-2 a fait passer le score moyen des participants au-dessus d’un seuil de lever de chaise associé à un risque de chute accru : c’est un marqueur qui s’améliore, pas un nombre de chutes qui diminue. L’essai n’a compté aucune chute.

La force musculaire n’est d’ailleurs qu’une des causes d’instabilité. L’oreille interne en est une autre, comme l’explique l’article sur la presbyvestibulie et les troubles de l’équilibre liés à l’oreille interne.

Avant de tester la routine chez soi

Deux minutes d’effort par jour ne couvrent pas ce qui est recommandé. Les lignes directrices de l’Organisation mondiale de la santé publiées en 2020 prévoient pour les adultes 150 à 300 minutes par semaine d’activité d’endurance d’intensité modérée à soutenue. Pour les personnes âgées, elles ajoutent des activités variées centrées sur l’équilibre et la force, d’intensité au moins modérée, trois fois par semaine ou davantage. La routine FAST-2 peut servir de porte d’entrée à une personne sédentaire. Elle ne remplace pas le reste. Le complément d’endurance est détaillé dans l’article sur la quantité d’exercice nécessaire pour protéger le cœur.

Si vous envisagez de reprendre ces gestes chez vous, le point de départ du protocole compte : chacun partait de son propre niveau. Le lever de chaise se faisait avec appui des mains pour qui ne pouvait pas se lever bras croisés, les pompes contre un mur plutôt qu’au sol, et la marche pouvait ne mesurer qu’une dizaine de centimètres. Les participants avaient aussi été sélectionnés par un questionnaire de sécurité et suivis à distance par un coach, deux conditions qu’une pratique à domicile sans encadrement ne reproduit pas.

L’essentiel à retenir

  • La routine FAST-2 dure environ quatre minutes, repos compris, pour deux minutes d’effort réel, dont une seule pour les jambes.
  • Elle a été testée sur 97 personnes de 74 ans en moyenne, sédentaires et gênées pour marcher : pas sur l’ensemble des plus de 65 ans.
  • Le gain le plus solide est de 4,2 levers de chaise en 30 secondes de plus que le groupe témoin, au-dessus du seuil jugé cliniquement important.
  • La vitesse de lever et l’équilibre progressent aussi, mais l’ampleur de ces gains reste incertaine.
  • L’essai, court et sans évaluateurs en aveugle, n’a mesuré ni chutes, ni autonomie, ni effet sur le cœur.

Questions fréquentes

Quels sont les quatre exercices de la routine FAST-2 ?

Des pompes, adaptables contre un mur, un plan de travail, une marche ou sur les genoux ; des levers de chaise, bras croisés ou avec appui des mains ; un tirage assis à deux bras avec une bande élastique ; des montées sur une marche de 10, 15 ou 20 centimètres. Chaque exercice dure 30 secondes, suivi de 30 secondes de repos, tous les jours.

Quatre minutes par jour suffisent-elles pour être assez actif après 65 ans ?

Non. La séance compte deux minutes d’effort réel, loin des 150 à 300 minutes hebdomadaires d’endurance prévues par les lignes directrices de l’OMS de 2020, qui ajoutent pour les personnes âgées des activités d’équilibre et de force trois fois par semaine ou plus. Les auteurs de l’essai écartent eux-mêmes tout effet sur la composition corporelle ou la santé cardiovasculaire.

L’essai a-t-il mesuré un effet sur les chutes ?

Non. FAST-2 a mesuré trois tests de performance après douze semaines, sans compter les chutes, les fractures ni la perte d’autonomie. Les participants ont dépassé en moyenne un score de lever de chaise associé à un risque de chute accru, mais ce marqueur amélioré ne prouve pas que les chutes diminuent.

Le résultat vaut-il pour toutes les personnes de plus de 65 ans ?

Non. Les participants avaient 74 ans en moyenne, étaient presque sédentaires et déclaraient avoir du mal à marcher 400 mètres. Les personnes sans Internet, avec troubles cognitifs ou douleur thoracique signalée étaient exclues. Un senior déjà actif a moins de marge de progression, et une personne plus fragile n’a pas été étudiée.

Cette routine présente-t-elle des risques ?

Oui, rares par séance mais pas négligeables par personne. L’essai a relevé 7 effets indésirables sur 2 994 séances. Ils ont touché 6 des 44 participants du groupe programme, soit environ un sur sept en trois mois selon un calcul approximatif. L’épaule était la gêne la plus citée, chez 2 de ces 6 participants. Un problème cardiaque, une douleur articulaire, une chute récente ou des vertiges justifient un avis médical ou kinésithérapique avant de commencer. Une douleur dans la poitrine, un malaise ou un essoufflement inhabituel pendant l’effort imposent d’arrêter et de consulter.

Que représentent quatre levers de chaise gagnés ?

Environ 45 % de plus que le score de départ de 9,5 levers. En moyenne, les participants sont passés d’un niveau proche du seuil des 90-94 ans à celui des 70-74 ans, selon les valeurs de référence établies par Rikli et Jones pour le maintien de l’indépendance. Cette comparaison situe une performance ; elle ne mesure ni un âge biologique ni une espérance de vie.