Sur une cotisation de 100 € par mois, une hausse de 8 % ajoute 8 € chaque mois, soit près de 100 € sur l’année. C’est l’ordre de grandeur projeté pour les complémentaires santé en 2027 : une hausse médiane d’environ 8 % selon le cabinet d’actuariat Addactis, une hausse moyenne de 7 % sur les contrats individuels selon le cabinet Facts & Figures, qui ont présenté leurs chiffres le 21 septembre 2026. Ce sont des projections de marché, pas un barème. Le montant qui vous concerne figurera sur votre avis d’échéance.

Une partie de la hausse a une date : le 1ᵉʳ janvier 2027. Ce jour-là, des décrets du 21 août 2026 réduisent la part remboursée par l’Assurance maladie sur les soins dentaires, certains dispositifs médicaux et des médicaments ; la différence, environ 1,5 milliard d’euros par an avec les transports sanitaires, passe aux complémentaires. Les soins liés à une affection de longue durée (ALD), les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, le panier 100 % santé, les rendez-vous M’T dents, le grand appareillage et, pour les médicaments, les femmes enceintes échappent à ces baisses.

Environ 8 % en 2027 : une médiane, une moyenne et votre avis d’échéance

Les chiffres viennent de deux cabinets d’actuaires. Addactis projette une hausse médiane de 8,3 % pour les contrats individuels, ceux que souscrivent en particulier les retraités, et de 8 % pour les contrats collectifs d’entreprise, selon le compte rendu de l’AFP. La répartition entre les deux types de contrats diffère d’un compte rendu à l’autre ; l’ordre de grandeur, lui, reste le même : environ 8 %.

Facts & Figures, l’autre cabinet, retient une hausse moyenne de 7 % sur les seuls contrats individuels. Addactis n’avait pas projeté une médiane de ce niveau ces dernières années, à une exception près, selon l’AFP : pour 2023, la hausse médiane annoncée atteignait deux chiffres. Le même cabinet évoque aussi des hausses pouvant aller jusqu’à 10,8 % selon les profils. Ce chiffre n’apparaît que dans un seul compte rendu.

Médiane et moyenne ne se comparent pas terme à terme. Une médiane coupe les contrats en deux moitiés : la moitié des hausses projetées se situe au-dessus de 8,3 %, l’autre moitié en dessous. Une moyenne additionne toutes les hausses et divise par leur nombre ; quelques fortes augmentations suffisent à la tirer vers le haut, quelques gels à la faire baisser. Le 7 % de l’un et le 8,3 % de l’autre ne mesurent donc pas le même objet, et leur écart ne dit pas lequel des deux a raison.

Aucun des deux chiffres n’est un barème. Chaque organisme fixe son propre tarif selon l’âge de l’assuré, le niveau de garantie et l’équilibre de son portefeuille. Les documents de méthode des deux cabinets, avec leur échantillon et leur définition précise de la médiane, ne sont pas publiés en ligne : leurs projections ne sont connues que par les comptes rendus de leur présentation. Pour juger de leur solidité, il faudrait ces documents. Votre chiffre, lui, arrivera sur votre avis d’échéance.

En euros par mois sur une cotisation de retraité

Le calcul part d’une cotisation mensuelle. Sur 100 € par mois, une hausse de 8,3 % ajoute 8,30 € chaque mois, soit à peu près 100 € sur l’année. Pour des montants plus proches de ce que paient les retraités, le repère utilisé ici est celui de la DREES, le service statistique des ministères sociaux. Dans ses Études et résultats n° 1338, parus le 29 avril 2025, elle chiffre la prime mensuelle d’un contrat individuel pour un assuré de référence en 2021. Appliquée à ces primes, une hausse de 8,3 % donne :

  • à 60 ans, sur 93 € par mois : 7,70 € de plus par mois, environ 93 € par an ;
  • à 75 ans, sur 127 € par mois : 10,50 € de plus par mois, environ 126 € par an ;
  • à 85 ans, sur 146 € par mois : 12,10 € de plus par mois, environ 145 € par an.

Avec l’hypothèse de Facts & Figures, 7 %, la prime de 75 ans augmente de 8,90 € par mois, soit environ 107 € par an. Pour un couple couvert par deux contrats individuels, ces montants se doublent : autour de 250 € par an à 75 ans avec l’hypothèse de 8,3 %.

Ces euros sont des planchers. Les primes de 2021 ne sont plus celles d’aujourd’hui : les cotisations ont continué de monter depuis, de près de 8 % pour la seule année 2025 selon le site spécialisé Previssima. Appliquée à une prime plus élevée, la même hausse en pourcentage donne un montant en euros plus élevé que ceux de la liste. Ces calculs fournissent un ordre de grandeur daté, pas une estimation de votre tarif actuel.

Pourquoi les retraités ressentent-ils davantage la hausse ? Deux raisons tiennent à la nature du contrat individuel. Aucun employeur n’en finance une partie, à la différence du contrat collectif d’entreprise. Et son tarif croît avec l’âge. La DREES a mesuré l’effet entre 2019 et 2021 : les primes des contrats individuels ont progressé de 7 % à 60 ans, de 11 % à 75 ans et de 12 % à 85 ans, passant par exemple de 130 € à 146 € par mois au grand âge, pendant que les contrats collectifs restaient globalement stables.

Le mécanisme peut donc jouer deux fois. Entre 2019 et 2021, la hausse en pourcentage a déjà été plus forte aux âges élevés ; et un même pourcentage s’applique à une prime plus haute. À taux égal, 8,3 % coûtent 7,70 € par mois à 60 ans et 12,10 € à 85 ans, sur les primes de 2021. Même pourcentage, facture différente.

Soins dentaires, appareils, médicaments : les remboursements qui baissent au 1ᵉʳ janvier 2027

Quatre décrets datés du 21 août 2026, numérotés 2026-809 à 2026-812 et publiés au Journal officiel du 22 août, augmentent la part laissée à l’assuré sur quatre postes : les soins dentaires, certains dispositifs médicaux, les médicaments dont le service médical rendu n’est pas majeur, et les transports sanitaires. Le service médical rendu, ou SMR, mesure l’intérêt thérapeutique d’un médicament. La part laissée à l’assuré porte un nom : le ticket modérateur. C’est la fraction de la base de remboursement, le tarif de référence de la Sécurité sociale et non le prix facturé, que l’Assurance maladie ne rembourse pas.

Les décrets ne fixent pas un taux. Ils déplacent une fourchette inscrite à l’article R. 160-5 du code de la sécurité sociale, et c’est l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (UNCAM) qui choisit ensuite le taux à l’intérieur. Pour les soins dentaires, le décret 2026-809 fait passer la participation de l’assuré d’une fourchette de 35 à 45 % à une fourchette de 50 à 60 %. La Sécurité sociale, qui rembourse aujourd’hui 60 % de la base, en remboursera au plus 50 % en 2027, et 40 % si l’UNCAM retient le haut de la fourchette. Les chiffres de 50 % et de 40 % ne se contredisent pas : ce sont les deux bornes du même texte.

Pour les dispositifs médicaux, le décret 2026-810 relève la fourchette du 8° de l’article de 40-50 % à 50-60 %, et celles des 19° et 20° de 35-45 % à 50-60 %. Les analyses actuarielles en déduisent un remboursement qui passerait de 60 % à 50 %. Les prothèses et orthèses sur mesure du grand appareillage, comme les véhicules pour personnes handicapées, restent prises en charge à 100 %. Le décret 2026-811, lui, abaisse la prise en charge des médicaments à SMR modéré ou faible ; selon sa notice, près de 4 000 médicaments, les plus efficaces, conservent leur taux, compris entre 65 % et 100 %.

Le gouvernement ne laisse pas d’ambiguïté sur la destination de la charge. La notice du décret 2026-809, le paragraphe qui résume son objet en tête du texte publié au Journal officiel, le présente comme « renforçant la contribution des organismes complémentaires ». Traduit : ce que la Sécurité sociale cesse de payer doit être pris en charge par les mutuelles et les autres complémentaires santé. L’exécutif justifie l’ensemble par le déficit de l’Assurance maladie et par la volonté de concentrer le financement public sur les soins et produits jugés les plus essentiels, innovants ou coûteux. L’intitulé du décret sur les médicaments le rattache d’ailleurs au financement de l’accès aux médicaments les plus innovants.

Deux points restent ouverts. Les taux exacts que retiendra l’UNCAM pour 2027 ne figurent pas dans les décrets : les montants qui suivent reposent sur leurs bornes et sur les taux rapportés par les analyses actuarielles. Le quatrième texte, sur les transports sanitaires, n’est pas détaillé ici, car les sources disponibles divergent sur sa date d’effet. Pour les trois autres, la bascule est datée. Les remboursements baissent à partir du 1ᵉʳ janvier 2027.

Le calcul du ticket modérateur sur 100 € de soins dentaires

Soit un soin dentaire dont la base de remboursement est de 100 €. Aujourd’hui, l’Assurance maladie en paie 60 € ; les 40 € restants forment le ticket modérateur, que prend en charge une complémentaire responsable. En 2027, la Sécurité sociale paiera 50 €, ou 40 € si l’UNCAM retient le haut de la fourchette. Le ticket modérateur passe alors à 50 € ou à 60 €.

Entre 10 et 20 € par tranche de 100 € de base changent donc de payeur. Pour l’assuré couvert par un contrat responsable, rien ne bouge au comptoir sur cette part : la mutuelle rembourse le ticket modérateur, quel qu’en soit le montant. Ce qu’elle paie en plus, elle le répercute ensuite sur la cotisation de ses adhérents. Pour une personne sans complémentaire, les 10 à 20 € restent à sa charge, directement.

Le calcul se lit depuis la base de remboursement, jamais depuis la facture. Un remboursement « à 50 % » signifie 50 % de la base, pas 50 % de ce que vous réglez chez le dentiste. Au-delà de la base, le dépassement, par exemple sur une prothèse hors panier 100 % santé, n’est pas concerné par le changement de taux : il reste couvert, ou non, selon les garanties de votre contrat. Le décret redistribue la base. Il ne touche pas au dépassement.

Le même raisonnement base, taux et ticket modérateur vaut pour d’autres actes courants chez les seniors, comme le remboursement de l’opération de la cataracte. Pour l’historique des taux dentaires, voir aussi l’article sur la baisse du remboursement des soins dentaires.

Médicaments à service médical rendu modéré : la part que la mutuelle ne couvre pas toujours

Pour les médicaments, les analyses actuarielles publiées après les décrets rapportent deux taux : 15 % au lieu de 30 % pour un SMR modéré, 5 % au lieu de 15 % pour un SMR faible. Le décret 2026-811 relève en réalité plusieurs fourchettes de participation de l’article R. 160-5 ; c’est l’UNCAM qui fixera les taux définitifs. Les exemples qui suivent se lisent donc au conditionnel.

Sur une boîte à 10 € remboursée à 30 %, l’Assurance maladie paie aujourd’hui 3 €. Elle n’en paierait plus que 1,50 € si le taux de 15 % se confirme. Pour un médicament à SMR faible vendu au même prix, sa part tomberait de 1,50 € à 0,50 €.

Reste à savoir qui paie la différence. Sur ce poste, la réponse dépend du contrat. L’article R. 871-2 du code de la sécurité sociale, qui fixe le cahier des charges des contrats responsables, ne les oblige pas, dans sa version en vigueur, à couvrir le ticket modérateur de quelques catégories de prestations, parmi lesquelles les médicaments à SMR modéré ou faible. Une mutuelle peut donc laisser tout ou partie de la différence à votre charge ; le tableau de garanties du contrat le précise. Les femmes enceintes, les personnes en ALD pour les traitements liés à leur affection et les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire échappent à cette baisse.

Contrat responsable : pourquoi la mutuelle absorbe la différence

Le transfert n’a besoin d’aucune décision des mutuelles pour produire ses effets. Un contrat dit « solidaire et responsable » doit, par son cahier des charges, rembourser le ticket modérateur, à quelques exceptions près, dont les médicaments à SMR modéré ou faible. Selon la notice du décret 2026-810, ces contrats représentent 95 % des contrats vendus : 95 sur 100. Quand la Sécurité sociale baisse son taux, la part de la mutuelle monte d’autant, automatiquement.

À l’échelle du pays, le transfert est estimé à environ 1,5 milliard d’euros par an à partir de 2027, selon le chiffrage d’Addactis repris par la profession ; la Mutualité Française, qui fédère les mutuelles, l’évalue entre 1,5 et 1,7 milliard. La ventilation publiée donne un ordre de grandeur par poste : environ 510 millions d’euros pour le dentaire, 490 millions pour les dispositifs médicaux, 300 millions pour les médicaments et 200 millions pour les transports sanitaires. Dentaire et dispositifs pèsent chacun à peu près un tiers du total.

Le choc ne se répartit pas également entre contrats. Selon une estimation du cabinet SPAC Actuaires publiée le 14 septembre 2026, les décrets augmenteraient en 2027 les prestations versées de 4,6 % sur un contrat d’entrée de gamme, de 3,0 % sur un contrat intermédiaire et de 2,1 % sur un haut de gamme. L’explication est arithmétique. Dans un petit contrat, le ticket modérateur représente une grande part de ce qui est remboursé ; dans un haut de gamme, il se dilue parmi d’autres garanties.

Ces pourcentages portent sur les prestations, pas sur les cotisations. Ils disent combien la mutuelle paiera de plus en remboursements, pas de combien elle augmentera son tarif. Le passage de l’un à l’autre dépend de chaque organisme.

Un milliard de contribution et le vieillissement, les deux autres moteurs

Les décrets n’expliquent pas à eux seuls les 8 %. Le budget 2026 de la Sécurité sociale a instauré une contribution d’environ 1 milliard d’euros sur les organismes complémentaires, prévue à l’article 7 du projet de loi et adoptée par les députés le 4 décembre 2025, par 151 voix contre 131. Addactis la cite comme second moteur de la hausse 2027. S’y ajoute un moteur de fond, indépendant de toute décision publique : le vieillissement de la population et la progression régulière des dépenses de santé.

Additionnées, les deux premières causes représentent environ 2,5 milliards d’euros ; la troisième ne se chiffre pas dans les projections publiées. Aucun cabinet ne publie la part de chacune dans les 8 %. Sans les décrets, la hausse aurait existé, mais moins forte. Les décrets ne sont qu’une partie du calcul.

La projection 2027 s’inscrit aussi dans une série. Les cotisations avaient augmenté de près de 8 % en 2025 ; 2026 a été marquée par cette contribution et par un amendement de gel des tarifs dont la portée juridique était contestée. 2027 serait ainsi le troisième exercice tendu d’affilée, à un niveau de médiane qu’Addactis n’avait plus projeté depuis 2023.

ALD, complémentaire santé solidaire, 100 % santé : qui reste protégé

Les exclusions prévues par les décrets sont larges, mais chacune a un périmètre précis. L’affection de longue durée (ALD) est une maladie reconnue par l’Assurance maladie qui ouvre droit à une prise en charge renforcée des soins qui s’y rapportent. L’exonération ne vaut que pour ces soins-là. Un détartrage ou une couronne sans lien avec la maladie suit le taux commun, donc la baisse.

La complémentaire santé solidaire (CSS), l’aide publique qui couvre la complémentaire des personnes aux revenus modestes, protège du transfert ses quelque 8 millions de bénéficiaires, selon la notice du décret dentaire. Ses conditions de ressources relèvent de l’Assurance maladie. Elle s’adresse aux revenus modestes, pas à tous ceux que la hausse met en difficulté.

Le panier 100 % santé, l’offre d’équipements sans reste à charge, conserve ce principe pour qui a un contrat responsable. Les rendez-vous de prévention « M’T dents tous les ans ! », destinés aux 3 à 24 ans, sont exclus de la baisse dentaire. Le grand appareillage et les véhicules pour personnes handicapées restent pris en charge à 100 %. Pour les médicaments, les femmes enceintes sont aussi hors champ.

Une nuance compte pour les retraités. Être protégé du changement de taux ne protège pas de la hausse de cotisation. Une personne en ALD couverte par une mutuelle individuelle garde ses remboursements pour les soins liés à sa maladie, mais sa cotisation suit le tarif de son organisme, comme celle des autres adhérents.

Le reste à charge en 2027 : payé au guichet ou étalé sur la cotisation

Un transfert de charges déplace une dépense, il ne la fait pas disparaître. L’euro que la Sécurité sociale ne rembourse plus est payé de l’une de deux façons. Soit directement, au moment du soin, par qui n’a pas de complémentaire ou par qui a un contrat qui ne couvre pas le poste. Soit indirectement, réparti sur tous les adhérents par la cotisation. Sur 100 € de base dentaire, ce sont les 10 à 20 € du calcul précédent. L’euro change de guichet.

La Mutualité Française, qui fédère les mutuelles appelées à supporter la charge, en tire la même conclusion : selon sa fédération nationale, cette charge restera payée par les Français, soit directement en reste à charge, soit par une hausse des cotisations de leur mutuelle ou complémentaire santé. Le gouvernement, de son côté, présente les décrets comme un moyen de contenir le déficit de l’Assurance maladie et de réserver le financement public aux soins et produits les plus essentiels, innovants ou coûteux. Les deux positions ne portent pas sur la même question. L’une décrit qui paie, l’autre pourquoi l’Assurance maladie cesse de payer.

Avant le 1ᵉʳ janvier : lire l’avis d’échéance et comparer

Le calendrier tient en quatre dates. Les décrets ont été publiés le 22 août 2026 ; les cabinets ont présenté leurs projections le 21 septembre ; le nouveau tarif individuel arrive sur l’avis d’échéance de fin d’année ; les baisses de remboursement jouent au 1ᵉʳ janvier 2027. La hausse se voit donc sur l’avis d’échéance, avant même la date d’effet des décrets.

Deux documents se lisent ensemble. L’avis d’échéance donne le nouveau montant de la cotisation. Le tableau de garanties dit ce que le contrat rembourse sur les postes touchés en 2027 : les soins dentaires en pourcentage de la base, les dispositifs médicaux, le ticket modérateur des médicaments à SMR modéré ou faible. Un contrat individuel souscrit depuis plus d’un an peut être résilié librement, à tout moment, selon Service-public.fr, le site officiel de l’administration ; la date à laquelle la résiliation prend effet est indiquée par l’organisme. Un salarié couvert par un contrat collectif obligatoire ne peut pas, lui, le résilier seul.

Ce droit n’est pas une recommandation. Changer de contrat ou réduire ses garanties modifie aussi ce qui sera remboursé demain, précisément sur les postes qui baissent. Les démarches pour changer de mutuelle santé et pour résilier sa complémentaire santé sont détaillées à part, comme les critères pour choisir une mutuelle santé pour senior.

L’essentiel à retenir

  • Environ 8 % : c’est la hausse médiane projetée par Addactis pour 2027, 7 % en moyenne sur les contrats individuels selon Facts & Figures. Ce n’est pas un barème ; votre tarif figure sur votre avis d’échéance.
  • Sur les primes de référence 2021 de la DREES, 8,3 % représentent de 7,70 € à 12,10 € de plus par mois entre 60 et 85 ans. Ce sont des planchers, les primes ayant augmenté depuis.
  • Au 1ᵉʳ janvier 2027, la Sécurité sociale remboursera au plus 50 % de la base des soins dentaires, et possiblement 40 %, selon le taux retenu par l’UNCAM.
  • Soins liés à une ALD, bénéficiaires de la CSS, panier 100 % santé, M’T dents, grand appareillage et, pour les médicaments, femmes enceintes échappent aux baisses de remboursement.
  • Un contrat individuel de plus d’un an se résilie librement, à tout moment ; l’organisme indique la date d’effet.
Remboursements de l’Assurance maladie avant et après les décrets du 21 août 2026
PosteRemboursement actuelÀ partir du 1ᵉʳ janvier 2027Transfert estimé vers les complémentairesHors champ de la baisse
Soins dentaires60 % de la baseAu plus 50 %, possiblement 40 % (participation de 50 à 60 %)Environ 510 M€Soins liés à une ALD, CSS, panier 100 % santé, M’T dents
Dispositifs médicaux60 % (taux rapporté)50 % (taux rapporté, participation de 50 à 60 %)Environ 490 M€Soins liés à une ALD, CSS, grand appareillage, véhicules pour personnes handicapées
Médicaments à SMR modéré30 %15 % (taux rapporté, fixé par l’UNCAM)Environ 300 M€Soins liés à une ALD, femmes enceintes, CSS
Médicaments à SMR faible15 %5 % (taux rapporté, fixé par l’UNCAM)
Transports sanitairesDécret n° 2026-812 : taux et date d’effet non détaillés iciEnviron 200 M€Non détaillé

Questions fréquentes sur la hausse des mutuelles en 2027

De combien ma mutuelle va-t-elle augmenter en 2027 ?

Le chiffre de votre contrat n’est pas encore connu. Les cabinets d’actuaires projettent une hausse médiane d’environ 8 % (Addactis) et une hausse moyenne de 7 % sur les contrats individuels (Facts & Figures). Sur une cotisation de 100 € par mois, 8,3 % représentent 8,30 € de plus par mois. Votre tarif figurera sur l’avis d’échéance de fin d’année.

Pourquoi les cotisations augmentent-elles autant en 2027 ?

Trois causes s’additionnent : environ 1,5 milliard d’euros de remboursements transférés aux complémentaires par quatre décrets du 21 août 2026, une contribution d’environ 1 milliard d’euros votée dans le budget 2026 de la Sécurité sociale, et la hausse de fond des dépenses de santé liée au vieillissement. Aucun cabinet ne publie la part de chacune dans la hausse.

Suis-je protégé si je suis en affection de longue durée ?

Pour les soins en rapport avec votre affection de longue durée (ALD), oui : les décrets les excluent de la baisse de remboursement. Les soins sans lien avec l’affection, un détartrage par exemple, suivent le taux commun. Votre cotisation, elle, évolue selon le tarif de votre organisme, comme celle des autres adhérents.

Que change le décret sur les soins dentaires ?

Le décret n° 2026-809 porte la participation de l’assuré de 35-45 % à 50-60 % de la base de remboursement au 1ᵉʳ janvier 2027. La Sécurité sociale remboursera au plus 50 % de la base au lieu de 60 %, et possiblement 40 % selon le taux retenu par l’Union nationale des caisses d’assurance maladie. Le panier 100 % santé, les rendez-vous M’T dents, les soins liés à une ALD et les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire ne sont pas concernés.

Puis-je résilier ma mutuelle si le nouveau tarif ne me convient pas ?

Un contrat individuel souscrit depuis plus d’un an peut être résilié librement, à tout moment ; l’organisme indique la date à laquelle la résiliation prend effet. Un salarié couvert par un contrat collectif obligatoire ne peut pas le résilier seul. Le prix n’est qu’un des deux éléments à comparer : les garanties sur les postes qui baissent en 2027 comptent autant.

Que faire si je ne peux plus payer ma complémentaire santé ?

La complémentaire santé solidaire existe pour les personnes aux revenus modestes ; ses conditions de ressources se vérifient auprès de l’Assurance maladie. Ses bénéficiaires sont aussi exclus des baisses de remboursement prévues au 1ᵉʳ janvier 2027. Pour un soin prévu, le médecin traitant ou le chirurgien-dentiste peut indiquer les options prises en charge, dont le panier 100 % santé.