Sur cent personnes hospitalisées en France en 2019 pour un infarctus ou un autre syndrome coronaire aigu (SCA, la famille d’accidents cardiaques aigus à laquelle appartient l’infarctus), vingt-deux seulement sont entrées en réadaptation cardiaque dans les six mois, d’après Santé publique France. Ce programme n’a rien d’une simple reprise du sport. C’est un soin de plusieurs semaines, recommandé après l’événement, qui associe un entraînement à l’effort dosé et surveillé, l’ajustement des traitements et une éducation sur les facteurs de risque. Il s’ouvre sur un bilan et un test d’effort, se poursuit par une vingtaine de séances au moins, et se referme sur un second test.
Pourquoi tant de patients n’y vont-ils pas ? L’éloignement du centre fait partie des explications. Une cohorte danoise mise en ligne le 14 octobre 2026 par la revue JAMA Network Open apporte une pièce au dossier : après le transfert des séances d’entraînement de l’hôpital vers les communes, la part de patients ayant fait au moins une séance est passée de 41,5 % à 48,4 %, soit environ sept personnes de plus sur cent. Le gain s’est concentré chez ceux qui habitaient loin.
À qui la réadaptation cardiaque est proposée, et dans quel délai
En France, la réadaptation cardiaque est recommandée dans les semaines qui suivent un SCA, pour réduire la morbi-mortalité, c’est-à-dire les complications et les décès. La Société européenne de cardiologie va plus loin et recommande à tous les patients de la commencer le plus tôt possible. Elle ne vise ni les seuls sportifs ni les seuls patients jeunes : elle est recommandée après un SCA, y compris chez les patients âgés. Pour l’accident lui-même, un autre article revient sur l’heure de survenue d’un infarctus.
Le délai réel est d’environ un mois. Santé publique France, dans un Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) paru le 9 avril 2024 et fondé sur le Système national des données de santé (SNDS), relève un délai médian de 32 jours entre le SCA et l’entrée en réadaptation : pour un infarctus survenu début mars, la moitié des patients admis commencent après début avril. L’âge moyen des patients admis est de 62 ans.
La progression existe, mais elle est lente. Le taux d’admission est passé de 16 % en 2009 à 22 % en 2019, une hausse de 40 % en dix ans qui laisse encore près de quatre patients sur cinq en dehors. La pandémie de Covid-19 a fait reculer les admissions d’environ 20 % : 17,9 % en 2020. Le taux est remonté au premier semestre 2021, mais en juin 2021, dernier mois couvert par les données, peu de régions avaient retrouvé leur niveau de 2019.
Surtout, l’accès n’est pas le même pour tous. Les femmes ont 20 % de chances en moins d’être admises que les hommes, et les habitants des communes défavorisées une probabilité inférieure de 20 %. Avoir plus de 65 ans ou d’autres maladies pèse aussi. La géographie trace des écarts plus nets encore : en 2019, de 16 % dans les Hauts-de-France à 31 % en Centre-Val de Loire, et moins de 10 % dans les départements et régions d’outre-mer, La Réunion exceptée. Le BEH conclut que « les taux actuels d’admission en réadaptation cardiaque après un SCA restent insuffisants en France, en particulier pour les personnes âgées, les femmes, les personnes socialement défavorisées et celles habitant dans certaines régions françaises ». Traduit : l’agence ne décrit pas un retard uniforme, mais un accès qui dépend de qui vous êtes et d’où vous habitez.
Le bilan d’entrée : examen, échographie et test d’effort
Le programme ne commence pas sur un vélo. Il commence par une évaluation médicale : examen clinique, électrocardiogramme (ECG, l’enregistrement de l’activité électrique du cœur) et échocardiographie, l’échographie qui montre comment le muscle cardiaque se contracte après l’infarctus. Le document d’information patient de la Société française de cardiologie (SFC), validé en mars 2021 par son groupe de réadaptation, le GERS-P, décrit cette étape.
Vient ensuite, le plus souvent, un test d’effort. Il se fait sur un vélo, un tapis de marche ou une manivelle actionnée avec les bras, sous surveillance continue de l’ECG et de la tension artérielle. Il s’accompagne parfois d’une analyse des gaz respiratoires, qui mesure l’oxygène consommé. Un test de marche de six minutes peut s’y ajouter.
Ce test répond à une question précise : jusqu’où votre cœur tolère-t-il l’effort, avec les médicaments que vous prenez désormais ? La réponse sert à fixer une intensité d’entraînement individuelle, exprimée en fréquence cardiaque cible. Refait à la fin du programme, le même test mesure le progrès au lieu de le supposer. L’examen peut impressionner. C’est pourtant lui qui rend la suite sûre.
Cet ordre n’est pas une formalité administrative. La réadaptation se prescrit et commence par ce bilan, précisément parce que l’intensité adaptée à un cœur qui vient de subir un infarctus ne se devine pas. Démarrer seul un entraînement après un infarctus n’en est pas l’équivalent : c’est votre cardiologue qui oriente vers un programme.
Une séance type, de l’échauffement à la récupération
Les recommandations du GERS-P, mises à jour en 2023 et acceptées pour publication le 16 mai 2024 par la revue Archives of Cardiovascular Diseases, découpent une séance en trois temps. D’abord un échauffement de cinq à dix minutes. Puis une phase d’effort de vingt à quarante-cinq minutes. Enfin une récupération d’au moins cinq minutes. Bout à bout, une séance va d’une demi-heure à un peu plus d’une heure d’effort encadré.
Le contenu mélange trois exercices : l’endurance sur vélo ou sur tapis, le renforcement musculaire et la gymnastique. L’intensité n’est pas choisie au ressenti. Elle est réglée sur la tolérance mesurée au test d’effort et sur la fréquence cardiaque, suivie par télémétrie (l’ECG transmis en continu à un poste de surveillance) ou par un cardiofréquencemètre. Un cardiologue est toujours présent pendant les séances d’entraînement.
Le volume compte autant que le contenu. Les recommandations fixent au moins 20 séances pour obtenir un gain significatif de capacité fonctionnelle, c’est-à-dire de capacité à fournir un effort, avec un nombre à adapter à chaque patient. L’endurance se pratique trois à six jours par semaine. À cinq séances par semaine, vingt séances occupent quatre semaines ; à trois par semaine, près de sept. Santé publique France relève de son côté une durée moyenne de séjour de 20,3 jours en établissement de soins médicaux et de réadaptation (SMR). C’est un emploi du temps, pas une parenthèse.
Ce volume explique pourquoi la question du trajet n’est pas anecdotique. Un déplacement unique se supporte. Vingt allers-retours en quelques semaines, juste après un accident cardiaque, pèsent autrement.
| Étape | Ce qui se passe | Durée ou fréquence | Source |
|---|---|---|---|
| Bilan d’entrée | Examen clinique, électrocardiogramme, échocardiographie | Au début du programme | SFC, information patient (2021) |
| Test d’effort initial | Vélo, tapis ou manivelle sous ECG et tension surveillés en continu ; parfois analyse des gaz respiratoires ou test de marche de six minutes | Au début, le plus souvent | SFC, information patient (2021) |
| Séances d’entraînement | Échauffement, endurance, renforcement musculaire, gymnastique, récupération, sous surveillance de la fréquence cardiaque | Au moins 20 séances ; endurance 3 à 6 jours par semaine ; effort de 20 à 45 minutes par séance | GERS-P, recommandations 2023 |
| Éducation thérapeutique | Diagnostic éducatif, contrat éducatif, séances sur la maladie, l’alimentation, l’activité physique, les médicaments, le tabac | Pendant tout le programme | SFC (2021), GERS-P (2023) |
| Test d’effort final | Même examen qu’à l’entrée, pour mesurer le progrès | En fin de programme, le plus souvent | SFC, information patient (2021) |
| Après le programme | Activité physique au moins modérée, par exemple trente minutes de marche par jour | Toute la vie | SFC, information patient (2021) |
Le volet éducation : tabac, alimentation, médicaments, stress
La réadaptation repose sur deux axes, selon la SFC et le GERS-P : l’entraînement à l’effort supervisé, et l’éducation thérapeutique. C’est le second qui distingue le programme d’une salle de sport ou d’une séance de kinésithérapie.
Il commence par un diagnostic éducatif, un entretien qui fait le point sur ce que le patient sait de sa maladie, sur ses habitudes et sur ce qu’il veut changer. Il se prolonge par un contrat éducatif, qui fixe des objectifs. Suivent des séances collectives ou individuelles sur la maladie elle-même, la diététique, l’activité physique, les médicaments et le tabac. Ce sont les leviers sur lesquels un patient peut agir après coup, ceux que recouvrent les quatre facteurs de risque de l’infarctus.
Le versant psychologique a pris une place réglementaire. Depuis la réforme des SMR, les établissements doivent intégrer un psychologue à l’équipe. L’après-infarctus ne se joue pas seulement sur le cœur. Le programme s’en occupe aussi.
Hospitalisation complète ou hôpital de jour : deux façons de suivre le programme
Le programme se suit soit en hospitalisation complète, en dormant sur place, soit en ambulatoire, en hôpital de jour, en rentrant chez soi chaque soir. Le choix dépend de l’état de santé. Les recommandations françaises tranchent nettement en faveur du second mode. La mise à jour 2023 du GERS-P l’écrit en toutes lettres : « La réadaptation cardiaque en ambulatoire doit être privilégiée » (traduction de l’anglais « Cardiac rehabilitation in an outpatient setting should be preferred »). Traduit : l’hospitalisation complète reste possible, mais elle n’est plus le mode par défaut.
La pratique suit déjà cette pente. Dans les données analysées par Santé publique France, 57,1 % des séjours de réadaptation après un SCA se faisaient en ambulatoire, soit un peu plus d’un sur deux. La réforme des SMR, issue des décrets du 11 janvier 2022, a fixé une obligation voisine : depuis le 1ᵉʳ juin 2023, date de son entrée en vigueur, les établissements doivent proposer les deux modes.
L’hôpital de jour suppose de pouvoir venir. D’autres formes, hors centre, sont donc à l’étude ou en expérimentation en France : télé-réadaptation, structures libérales légères, expérimentations dérogatoires dites « article 51 ». Santé publique France y voit une piste contre le renoncement et les inégalités territoriales. Leur place dans l’offre reste à établir. Le modèle danois, présenté plus bas, ne s’y transpose pas tel quel : en France, l’offre relève des SMR et de ces expérimentations.
Rapprocher les séances du domicile : l’expérience danoise
Jusqu’au 31 décembre 2016, toute la réadaptation cardiaque danoise se faisait à l’hôpital. Ensuite, l’entraînement physique est passé aux soins primaires, surtout aux communes. Les patients à haut risque, atteints d’insuffisance cardiaque ou porteurs d’un défibrillateur implantable, continuaient de démarrer à l’hôpital. Le protocole national, lui, n’a pas changé. Les auteurs présentent ce transfert comme un élément de la stratégie nationale qui vise à rapprocher les soins du domicile.
L’équipe danoise de Bihrmann et ses collègues a suivi ce changement dans les registres de santé danois. Il s’agit d’une cohorte de registre : une étude observationnelle, qui exploite des données existantes sans tirer au sort qui reçoit quoi. Elle porte sur 19 080 adultes de 30 ans et plus, sortis vivants de l’hôpital après un infarctus aigu, une angioplastie coronaire (la dilatation d’une artère du cœur) ou un pontage, sans antécédent de ce type, dans 21 des 98 communes du pays et six hôpitaux. Sept sur dix étaient des hommes, et plus d’un sur deux avait entre 60 et 79 ans. Au total, 6 943 sont sortis avant la réforme, entre le 1ᵉʳ octobre 2013 et le 31 décembre 2016, et 12 137 après, jusqu’au 30 juin 2022 ; les périodes de transition ont été exclues.
Le transfert a divisé le trajet par deux. La distance routière médiane jusqu’au lieu d’entraînement le plus proche est passée de 15,1 km à 7,2 km. Multipliée par le nombre de séances, la différence prend du poids : à titre d’illustration, vingt séances à 15 km font environ 600 km d’allers-retours, contre moins de 300 km à 7 km. Le mode de transport n’a pas été mesuré, et l’on ignore combien de patients ne pouvaient pas conduire.
Après la réforme, la participation a augmenté. Elle est passée de 41,5 % des patients avant la réforme à 48,4 % après, soit un risque relatif ajusté de 1,16 : une hausse de 16 %. Ce pourcentage se lit par rapport au niveau de départ. En valeur absolue, environ sept patients de plus sur cent ont fait au moins une séance.
La hausse n’a pas été uniforme. Chez le cinquième des patients qui habitaient le plus loin, la participation a été multipliée par 1,45. Ce chiffre aussi est relatif à leur propre point de départ, plus bas que celui des autres. Avant la réforme, à caractéristiques égales, les plus éloignés avaient environ les deux tiers des chances de participer des plus proches (risque relatif de 0,66) ; après, près des neuf dixièmes (0,89). Chez les plus proches, la participation a peu bougé. L’écart s’est resserré sans disparaître.
L’écart social a suivi le même chemin. Chez les patients ayant un niveau d’études court, la participation a augmenté, en valeur relative, de 27 % après la réforme ; chez ceux qui avaient fait des études longues, elle n’a pas changé. La même équipe avait montré, dans un travail antérieur présenté par l’Institut national de santé publique danois le 7 janvier 2026, que la distance moyenne aux services de santé avait baissé d’environ 40 % entre 2013 et 2023 dans la population générale de plus de 30 ans : de 15 à 8 km pour les personnes au seul niveau de scolarité obligatoire, de 9 à 6 km pour les diplômés d’études supérieures longues. Ces chiffres-là ne portent pas sur les patients cardiaques. Ils montrent seulement où la distance était la plus grande. C’est là que les gains se sont faits.
Jusqu’où le résultat danois se transpose
Participer, dans cette étude, signifie avoir fait au moins une séance d’entraînement dans les 180 jours suivant la sortie. Une seule suffit. L’étude ne mesure ni le nombre de séances suivies ni l’assiduité, et aucun résultat de santé : elle ne dit pas si les patients concernés ont eu moins de complications.
C’est aussi une comparaison avant/après, pas un essai randomisé. D’autres changements survenus pendant ces années peuvent avoir joué, dont les fermetures liées au Covid-19 ; en les excluant, la hausse atteint 18 %. Les auteurs jugent leurs résultats propres au contexte danois et demandent une confirmation par des essais randomisés en grappes, où l’on tire au sort des territoires plutôt que des patients. Ils signalent d’autres limites : seulement 21 communes sur 98, faute de données transmises par les autres ; aucune réadaptation à domicile ou numérique pendant la période.
Sur la qualité, deux indicateurs indirects sont rassurants sans être probants. La part de patients démarrant dans les 30 jours n’a pas changé de façon significative (25,3 % avant, 24,1 % après). Et 435 patients, soit 7,4 %, ont encore commencé à l’hôpital après la réforme, beaucoup plus souvent quand ils portaient un défibrillateur implantable ou avaient une insuffisance cardiaque. Le résultat ne vaut donc pas pour ces patients-là. Les complications pendant les séances n’ont pas été mesurées. L’étude a été financée par la fondation Helsefonden, sans conflit d’intérêts déclaré.
Enfin, les 48,4 % danois ne se comparent pas aux 22 % français. Le Danemark compte une séance en 180 jours ; la France, une admission en SMR dans les six mois, mesurée dans les données hospitalières. Les populations diffèrent aussi : infarctus et revascularisations d’un côté, tous les SCA de l’autre, sur des années différentes. Conclure que le Danemark fait deux fois mieux serait comparer deux mesures distinctes.
Après le programme : garder l’effort sur la durée
Le programme a une fin, l’entraînement non. Selon le document patient de la SFC, l’effort doit être poursuivi toute la vie sous forme d’activité au moins modérée, par exemple une marche quotidienne de trente minutes. La question de la dose d’exercice pour protéger le cœur se pose alors au long cours. Pendant le programme, la participation reste volontaire et le patient peut se retirer à tout moment. L’assiduité est demandée, et une séance manquée peut être reprogrammée quand c’est possible.
Le bénéfice attendu a une taille mesurable. Une méta-analyse (synthèse statistique de plusieurs études) publiée en 2023 dans l’European Heart Journal a regroupé 85 essais randomisés et 23 430 patients, suivis douze mois en médiane. La réadaptation par l’exercice y réduit la mortalité cardiovasculaire de 26 % (risque relatif 0,74) : sur environ un an de suivi, il faut réadapter 37 patients pour éviter un décès d’origine cardiovasculaire. Dans ces essais, la réadaptation elle-même durait six mois en médiane. Le même nombre, 37, évite une hospitalisation, et il en faut 100 pour éviter un infarctus. La mortalité toutes causes, elle, ne baisse pas de façon significative (risque relatif 0,96). Le bénéfice est réel, pas une guérison.
Les risques pendant l’entraînement, et leur fréquence
La peur de l’effort après un infarctus est compréhensible, et Santé publique France la cite parmi les freins à la participation chez les femmes. Les chiffres disponibles la ramènent à sa taille. Les recommandations du GERS-P estiment à 0,08 % le risque de thrombose de stent pendant la réadaptation, c’est-à-dire l’obstruction par un caillot du petit tube grillagé posé dans l’artère : environ un patient sur 1 250. Un registre de la SFC de 2003, portant sur plus de 25 000 patients entraînés en réadaptation, ne signalait aucun accident mortel.
Ce faible risque n’est pas un hasard. Il découle du dispositif lui-même : intensité fixée à partir du test d’effort, fréquence cardiaque suivie en continu, cardiologue présent pendant les séances. Le chiffre du registre date de plus de vingt ans, et aucune donnée française plus récente sur les accidents graves ne figure dans les documents consultés pour cet article. Les complications graves restent exceptionnelles.
Avant de reprendre l’effort. La réadaptation cardiaque se prescrit et commence par une évaluation médicale ; elle ne se remplace pas par un entraînement entrepris seul. Un traitement ne se modifie pas sans avis médical. Toute gêne, tout essoufflement ou tout symptôme inhabituel à l’effort se signale sans attendre à l’équipe ou à votre médecin. Si aucune réadaptation ne vous a été proposée après un infarctus, la question peut être posée à votre cardiologue.
Le coût d’un programme en France
Le principal reste à charge identifié dépend du mode d’hospitalisation. En hospitalisation complète, le forfait journalier hospitalier, la participation aux frais d’hébergement, s’ajoute chaque jour. L’arrêté du 27 février 2026, publié au Journal officiel du 28 février, le fixe à 23 euros (17 euros en psychiatrie). Pour vous, le nouveau montant s’applique aux journées d’hospitalisation à partir du 1ᵉʳ mars 2026. Ce forfait n’est pas pris en charge par l’Assurance maladie ; une complémentaire santé peut le couvrir, selon le contrat.
Sur vingt jours, soit à peu près la durée moyenne de séjour de 20,3 jours relevée par Santé publique France, cela représente 460 euros payés de votre poche, avant intervention éventuelle de la mutuelle. En hôpital de jour, le forfait journalier ne s’applique en principe pas, ce qui supprime ce poste. Ce principe usuel n’a pas été relu sur un texte officiel pour cet article.
Le reste des frais suit les règles générales de remboursement. La maladie coronaire, dont l’infarctus du myocarde, figure sur la liste des affections de longue durée (ALD) publiée par Service-public.fr. Elle ouvre droit à l’exonération du ticket modérateur, la part normalement laissée au patient : la demande est établie par le médecin traitant, puis acceptée par le médecin-conseil de l’Assurance maladie. Ce « 100 % » porte sur la base du tarif de la Sécurité sociale. Il ne couvre pas le forfait journalier. Hors ALD, la règle habituelle est une prise en charge à 80 % de la base, avec un ticket modérateur de 20 % ; elle n’a pas été vérifiée pour les séjours en SMR. Le tarif d’un séjour n’étant pas connu ici, ce ticket modérateur ne peut pas être chiffré en euros. Votre caisse d’Assurance maladie et votre complémentaire peuvent le préciser.
L’essentiel à retenir
- La réadaptation cardiaque est un programme de soins, recommandé après un infarctus ou un autre SCA, y compris chez les patients âgés : bilan, test d’effort, au moins 20 séances surveillées et éducation thérapeutique.
- En France, 22 patients sur 100 y entraient dans les six mois en 2019, avec moins d’admissions chez les femmes, les plus de 65 ans, les habitants des communes défavorisées et de certaines régions.
- Selon une méta-analyse de 85 essais, sur environ un an de suivi, il faut réadapter 37 patients pour éviter un décès cardiovasculaire ; la mortalité toutes causes ne baisse pas de façon significative.
- Au Danemark, après le rapprochement des séances du domicile, la participation est passée de 41,5 % à 48,4 %, sept patients de plus sur cent, surtout chez les plus éloignés. L’étude ne mesure ni l’assiduité ni la santé, et ses chiffres ne se comparent pas aux taux français.
- Un patient à qui aucune réadaptation n’a été proposée peut en parler à son cardiologue.
Questions fréquentes
La réadaptation cardiaque est-elle obligatoire après un infarctus ?
Elle n’est pas imposée, mais elle fait partie des soins recommandés. En France, elle est recommandée après un syndrome coronaire aigu, y compris chez les patients âgés, et la Société européenne de cardiologie la recommande à tous les patients le plus tôt possible. C’est le cardiologue qui la prescrit. La participation reste volontaire et le patient peut se retirer à tout moment.
Combien de séances compte un programme ?
Les recommandations françaises du GERS-P, mises à jour en 2023, fixent au moins 20 séances pour obtenir un gain significatif de capacité fonctionnelle, c’est-à-dire de capacité à fournir un effort, à adapter à chaque patient. L’entraînement d’endurance a lieu trois à six jours par semaine. Cela représente plusieurs semaines de présence presque quotidienne.
Peut-on suivre la réadaptation sans être hospitalisé ?
Oui. Le programme peut se faire en hospitalisation complète ou en ambulatoire, en hôpital de jour, selon l’état de santé. Les recommandations françaises privilégient l’ambulatoire, et depuis le 1ᵉʳ juin 2023 les établissements de soins médicaux et de réadaptation doivent proposer les deux modes. Dans les données analysées par Santé publique France, 57,1 % des séjours se faisaient déjà en ambulatoire.
L’entraînement après un infarctus est-il risqué ?
Le risque existe mais il est faible, parce que l’intensité est fixée à partir d’un test d’effort et que les séances sont surveillées, avec un cardiologue toujours présent. Les recommandations françaises estiment à 0,08 % le risque de thrombose de stent pendant la réadaptation, soit 8 patients sur 10 000. Un registre de la Société française de cardiologie de 2003 portant sur plus de 25 000 patients ne signalait aucun accident mortel.
Combien coûte une réadaptation cardiaque ?
Le reste à charge dépend surtout du mode de prise en charge. En hospitalisation complète, le forfait journalier hospitalier de 23 euros par jour, en vigueur depuis le 1ᵉʳ mars 2026, n’est pas remboursé par l’Assurance maladie : sur une vingtaine de jours, cela fait environ 460 euros, avant intervention éventuelle de la complémentaire. En hôpital de jour, ce forfait ne s’applique en principe pas. Pour un patient en affection de longue durée, l’exonération du ticket modérateur porte sur la base du tarif de la Sécurité sociale, pas sur le forfait journalier.
Que montre l’étude danoise publiée en octobre 2026 ?
Après le transfert des séances d’entraînement de l’hôpital vers les communes, la part de patients ayant fait au moins une séance est passée de 41,5 % à 48,4 %, environ sept de plus sur cent, une hausse relative de 16 %. Le gain a été le plus net chez les patients qui habitaient loin et chez ceux ayant un niveau d’études court. L’étude ne mesure ni l’assiduité ni l’état de santé, et ne prouve pas à elle seule que la décentralisation est la cause de la hausse.
