Une séance de kinésithérapie moyenne repose aujourd’hui sur une base de remboursement de l’ordre de 20 € au tarif conventionnel. Pour un patient sans exonération, l’Assurance maladie en prend en charge 60 %, soit près de 12 €. Il reste environ 8 € de ticket modérateur, part que la complémentaire santé prend le plus souvent en charge, auxquels s’ajoute 1 € de franchise médicale qu’aucun contrat responsable n’a le droit de rembourser. Aucun de ces paramètres n’a été modifié.
Ce qui est nouveau, c’est un document. Le rapport annuel « charges et produits » de la Caisse nationale de l’Assurance maladie (Cnam) au titre de 2027, présenté le 2 juillet 2026, consacre son chapitre 4.5 à la masso-kinésithérapie et y formule une proposition numérotée 33. Ce rapport n’est ni un décret ni un arrêté : il propose d’étudier des pistes destinées à alimenter le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027. Ces pistes portent sur le nombre de séances prises en charge et sur la manière de tarifer un traitement dans la durée. Elles ne portent pas sur le taux de 60 %.
| Élément | Montant | Ce que cela désigne |
|---|---|---|
| Valeur de la lettre-clé, métropole | 2,21 € | Unité tarifaire fixée par la convention, 2,43 € outre-mer |
| Coefficient moyen par séance en 2025 | 9,2 | Multiplicateur inscrit à la nomenclature selon l’acte réalisé |
| Base de remboursement d’une séance moyenne | environ 20 € | Le tarif qui sert au calcul, produit de la lettre-clé et du coefficient |
| Part de l’Assurance maladie au taux de droit commun | environ 12 € | 60 % de la base, hors exonération |
| Ticket modérateur | environ 8 € | Les 40 % restants, généralement couverts par la complémentaire |
| Franchise médicale | 1 € par acte | Déduite des remboursements, non remboursable par un contrat responsable |
Ce que dit exactement le document de l’Assurance maladie
Chaque année, en application de la loi du 13 août 2004, la Cnam remet au ministre chargé de la Sécurité sociale et au Parlement un rapport sur l’évolution des charges et des produits de l’Assurance maladie, assorti de propositions. L’édition datée de juillet 2026 porte sur l’exercice 2027 : elle contient plus de 40 propositions et vise 3,9 milliards d’euros d’économies. Elle a été présentée le 2 juillet 2026. Son examen par le conseil de la Cnam était annoncé pour le 9 juillet 2026 : le rapport publié comporte les contributions des membres du conseil, ce qui atteste une délibération, mais aucun document ouvert de la caisse n’en confirme la date.
La masso-kinésithérapie y occupe un chapitre entier, le 4.5, et fait l’objet de la proposition 33, intitulée « Adapter les modalités de prise en charge des soins de masso-kinésithérapie sur la base des recommandations HAS le cas échéant actualisées ». Le libellé est précis : il s’agit d’adapter des modalités, sur la base de recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS) qui devraient elles-mêmes être révisées au préalable.
La portée juridique de ce document est nulle en l’état. Un rapport de propositions ne fixe ni un taux, ni une base de remboursement, ni un plafond de séances. Il alimente la discussion du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027, débattu à l’automne 2026 ; ce qui relève de la tarification des actes ou des conditions de prise en charge passe ensuite par la négociation conventionnelle entre l’UNCAM et les syndicats de la profession, puis par un avenant approuvé par arrêté publié au Journal officiel.
Entre la publication d’une proposition et la ligne qui change sur un décompte de remboursement, il existe donc une chaîne de décisions dont aucun maillon n’a été franchi. Le rapport n’annonce d’ailleurs ni baisse du taux de remboursement, ni déremboursement général des séances de kinésithérapie. Il mentionne en revanche des réflexions sur la répartition de la prise en charge entre l’Assurance maladie obligatoire et les complémentaires santé, sans les chiffrer ni les rattacher à une échéance.
Ce que vous payez aujourd’hui pour une séance, au centime
Le tarif d’un acte de kinésithérapie n’est pas un prix négocié séance par séance : c’est une multiplication. Chaque acte est désigné dans la nomenclature générale des actes professionnels (NGAP) par une lettre-clé — AMK, AMC ou AMS selon la catégorie d’acte — assortie d’un coefficient qui reflète la complexité et la durée de l’intervention. Le tarif est le produit des deux. C’est la mention que vous lisez sur votre feuille de soins, du type « AMS 7,5 » : la base de remboursement s’en déduit mécaniquement, sans qu’un prix de la séance soit écrit nulle part.
La valeur de ces lettres-clés est fixée par la convention nationale. L’avenant n° 7, approuvé par l’arrêté du 21 août 2023 publié au Journal officiel du 25 août 2023, l’a portée à 2,21 € dans les départements métropolitains et à 2,43 € outre-mer, valeur appliquée depuis février 2024. Le dernier texte conventionnel publié, l’avenant n° 8, n’a pas modifié cette valeur : il a relevé de 0,3 point les coefficients de trois actes de rééducation, à compter du 28 mai 2026. Ce sont ces deux paramètres, la lettre-clé et les coefficients, que les partenaires conventionnels font bouger.
En 2025, le coefficient moyen effectivement facturé s’établit à 9,2. Une séance moyenne correspond donc à une base de remboursement d’environ 20 €. Les agrégats du rapport donnent le même ordre de grandeur par un autre chemin : 7,1 milliards d’euros d’honoraires sans dépassement pour 327 millions de séances, soit environ 21,70 € d’honoraire moyen, et 5,3 milliards d’euros remboursés, soit environ 16 € par séance toutes situations confondues.
Pour un patient sans exonération, le calcul se lit ainsi : 60 % d’environ 20 € font près de 12 € versés par l’Assurance maladie, et environ 8 € de ticket modérateur. Cette part est en général couverte par la complémentaire santé, dans les limites du contrat souscrit ; c’est le sujet détaillé dans notre article sur le remboursement des séances de kiné et ce que couvre la mutuelle. S’y ajoute une franchise médicale de 1 € par acte d’auxiliaire médical, dans la limite de 4 € par jour et d’un plafond annuel de 50 €, montants toujours en vigueur en 2026.
Cette franchise est déduite des remboursements et ne peut pas être prise en charge par un contrat dit responsable, ce que sont la très grande majorité des complémentaires. Elle ne s’applique ni aux moins de 18 ans, ni aux femmes enceintes concernées, ni aux bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire. Pour un assuré dont le contrat couvre l’intégralité du ticket modérateur, le reste à charge réel d’une séance se limite donc à cet euro de franchise, et non aux 8 € du ticket modérateur ; un contrat qui n’en prend en charge qu’une partie laisse le solde au patient.
Pourquoi 60 % de taux affiché mais 75 % remboursés en moyenne
Le taux de 60 % n’est pas inscrit dans une loi de finances : il découle d’un mécanisme réglementaire. L’article R160-5 du code de la sécurité sociale, dans sa version en vigueur depuis le décret du 17 avril 2026, confie au conseil de l’UNCAM le soin de fixer la participation laissée à l’assuré, à l’intérieur d’une fourchette comprise entre 35 % et 45 % pour les honoraires des auxiliaires médicaux. Pour les actes de masso-kinésithérapie, cette participation est de 40 %, ce qui laisse 60 % de la base à la charge de l’Assurance maladie, hors exonération.
Or ce taux de droit commun ne décrit pas ce que touche la majorité des patients. Rapportés l’un à l’autre, les deux grands agrégats du rapport donnent un tout autre chiffre : sur 7,1 milliards d’euros d’honoraires facturés sans dépassement en 2025, l’Assurance maladie en a remboursé 5,3 milliards, soit un taux moyen de 75 %. L’écart de quinze points vient des exonérations de ticket modérateur.
La première d’entre elles est l’affection de longue durée (ALD), un statut reconnu par le médecin-conseil de la caisse pour une maladie chronique nécessitant un traitement prolongé, qui supprime le ticket modérateur pour les soins liés à cette affection. En 2025, 31,1 % des patients pris en charge en kinésithérapie étaient en ALD, contre 26,9 % en 2015. Les 68,9 % restants relèvent du taux de droit commun.
D’où une distinction à garder en tête pour lire n’importe quel remboursement : la base de remboursement est le tarif de référence, le taux s’applique à cette base et non au prix payé, le ticket modérateur est la part non remboursée par l’Assurance maladie, et le reste à charge réel est ce qui subsiste une fois la complémentaire intervenue. Un « remboursé à 100 % » signifie toujours 100 % de la base de remboursement. Le même raisonnement vaut pour les actes techniques, comme le montre le calcul détaillé du reste à charge d’une opération de la cataracte.

Les trois pistes de la proposition 33, une par une
La proposition 33 ne contient pas une mesure mais trois volets, de maturité très inégale. Le premier consiste à mettre en place la régulation des installations « sur le flux » déjà prévue par l’avenant n° 7. Le deuxième vise à rééquilibrer l’activité en faveur des patients complexes, tout en garantissant, selon les termes du rapport, l’attractivité économique de la profession. Le troisième, le plus ouvert, propose d’étudier une possible forfaitisation de certains soins ou une évolution des tarifs au fur et à mesure de la prise en charge.
La forfaitisation consisterait à rémunérer un épisode de soins plutôt qu’un acte, et l’évolution des tarifs dans la durée à faire varier le montant selon le rang de la séance. Ni l’une ni l’autre n’est chiffrée dans le document, ni assortie d’un périmètre d’actes. Ce sont des pistes d’étude, présentées comme telles.
En amont de la proposition, le rapport évoque une saisine de la Haute Autorité de santé afin de réviser les recommandations sur les conditions et la durée de prise en charge. C’est le seul passage qui envisage explicitement une réduction, et il porte lui-même ses conditions : ces travaux « pourraient également conduire à limiter le remboursement ou envisager une dégressivité des tarifs au-delà d’un certain seuil, notamment en cas d’évolution plus large de l’accès direct, tout en maintenant la possibilité d’une prise en charge prolongée dans des situations individuelles particulières évaluées médicalement ».
Quatre précisions permettent de mesurer ce que cette phrase engage. Elle est conditionnelle et subordonnée à des recommandations de la HAS qui n’existent pas encore. Elle raisonne par situation clinique, pas par un plafond général applicable à tous les patients. Elle rattache cette hypothèse à une éventuelle extension de l’accès direct, c’est-à-dire de la possibilité de consulter un kinésithérapeute sans prescription préalable, aujourd’hui limitée à certaines structures. Et elle réserve explicitement la possibilité de traitements longs quand l’évaluation médicale les justifie. Le rapport, par ailleurs, n’annonce aucune baisse du taux de 60 % ni aucun déremboursement général ; il indique en revanche que des réflexions existent sur la répartition de la prise en charge entre l’Assurance maladie obligatoire et les complémentaires.
Un plafond de séances existe déjà : la demande d’accord préalable
L’idée d’un nombre de séances encadré n’est pas une nouveauté. Pour 14 situations cliniques, la Haute Autorité de santé a fixé un seuil indicatif au-delà duquel le kinésithérapeute doit déposer une demande d’accord préalable auprès de l’Assurance maladie pour continuer à être remboursé. Les seuils varient selon la pathologie : 16 séances pour la lombalgie commune et la cervicalgie commune, 11 pour l’entorse externe récente de cheville, 16 après une prothèse totale de hanche, 26 après une prothèse de genou, 41 après une reconstruction du ligament croisé antérieur.
Ces situations sous référentiel pèsent environ 10 % de l’activité de kinésithérapie : près de 30 millions de séances en 2025, environ 2 millions de patients et de l’ordre de 350 millions d’euros remboursés. Selon les actes, entre 8 % et 42 % des patients dépassent le seuil, pour un total d’environ 80 millions d’euros de remboursements. La lombalgie commune donne la mesure du phénomène : 525 000 patients en 2025, 12 séances en moyenne, environ 75 millions d’euros remboursés ; 112 000 patients ont dépassé le seuil, avec 15 séances supplémentaires en moyenne, soit environ 20 millions d’euros.
Ces 80 millions d’euros ne sont pas 80 millions d’euros de soins injustifiés, et le rapport l’écrit lui-même. Un dépassement de seuil peut correspondre à une demande d’accord préalable acceptée, donc à une poursuite validée par l’Assurance maladie. Le document précise en outre que la fiabilité de ces analyses dépend de la qualité du codage des actes par les professionnels. C’est la limite principale de l’exercice : il mesure des volumes, pas la pertinence médicale de chaque prescription.
Un encadrement chiffré du nombre de séances n’a par ailleurs rien d’inédit dans le système français : le dispositif Mon soutien psy repose lui aussi sur un nombre de séances prises en charge fixé à l’avance. La différence tient au fait que la kinésithérapie combine, elle, un seuil par situation clinique et une possibilité de poursuite validée au cas par cas.
Pourquoi la dépense de kinésithérapie augmente
La masso-kinésithérapie représente environ 4,7 % des dépenses de soins de ville. Ses remboursements ont progressé d’environ 4 % par an entre 2015 et 2025, avec une accélération à 6 % par an depuis 2022 et une hausse de 4,6 % en 2025. C’est cette dynamique, plus que le niveau de dépense lui-même, qui explique que le secteur soit identifié comme une priorité de régulation.
La décomposition proposée par la Cnam est instructive, car elle ne désigne pas le prix des actes. Sur la période 2022-2025, les évolutions de pratique expliquent environ 54 % de la croissance, la démographie environ 25 %, la dérive des coefficients de l’ordre de 10 % et les revalorisations tarifaires de l’ordre de 15 % — des parts arrondies, qui ne s’additionnent pas exactement à 100. Autrement dit, la dépense augmente d’abord parce que davantage de patients sont traités, et davantage longtemps.
Les volumes le confirment : 327 millions de séances et 12,9 millions de patients en 2025, soit 18,7 % de la population contre 15,8 % dix ans plus tôt. Le nombre moyen de séances par patient et par an est passé de 23,0 à 25,3, avec un écart d’âge marqué : 13 séances chez les moins de 14 ans, 40 chez les 75 ans et plus. Le coefficient moyen facturé par séance est lui aussi monté, de 8,6 en 2015 à 9,2 en 2025 ; ces 0,6 point représentent environ 1,30 € par séance, soit près de 320 millions d’euros par an.
Ramenée à l’échelle d’un patient, la dépense parle davantage que les milliards : 409 € remboursés en moyenne par patient et par an en 2025, contre 339 € en 2015.
Ce que le rapport dit de la situation des kinésithérapeutes
Le même chapitre décrit une profession dont la démographie a changé d’échelle : 84 528 masseurs-kinésithérapeutes libéraux au 31 décembre 2025, soit 37 % de plus qu’en 2015, pour une densité moyenne d’environ 120 professionnels pour 100 000 habitants. Cette moyenne masque des écarts considérables, de 47 en Seine-Saint-Denis à 269 dans les Hautes-Alpes en 2024.
Cette croissance ne s’est pas traduite par une hausse des revenus individuels, et c’est le point que les représentants de la profession opposent au constat de la Cnam, tel que le rapporte la presse professionnelle spécialisée. Les honoraires moyens par professionnel ont progressé de 0,6 % par an entre 2014 et 2024, et de 0,5 % hors dépassements. Les revenus déclarés, eux, n’ont augmenté que de 0,3 % au total entre 2015 et 2023 : ces deux chiffres ne mesurent pas la même chose — le premier porte sur des honoraires bruts annuels, le second sur un revenu net cumulé sur huit ans — mais tous deux décrivent une stagnation.
Le constat de la Cnam combine ainsi trois mesures distinctes : une dépense qui progresse plus vite que l’ensemble des soins de ville, environ 4 % par an contre 3,2 %, avec un rythme qui a lui-même presque doublé depuis 2022 — 6,0 % par an, contre 3,1 % entre 2015 et 2022 ; des honoraires par professionnel quasi stables malgré l’afflux de nouveaux praticiens ; et une répartition territoriale très inégale. La réforme envisagée vise donc autant le modèle économique de la profession que le montant remboursé.
Belgique et Pays-Bas : ce que font les systèmes voisins
Le rapport s’appuie sur des comparaisons internationales qui donnent une idée de l’écart possible. En Belgique, le taux de remboursement d’une séance de kinésithérapie est modulé de 70 % à 100 % selon la sévérité de la pathologie. Aux Pays-Bas, l’assurance obligatoire distingue deux régimes. Pour une liste de pathologies chroniques, elle ne prend en charge la kinésithérapie qu’à partir de la 21ᵉ séance, les vingt premières restant au patient ou à son assurance complémentaire. À côté, une liste principale d’indications courantes est couverte sans cette franchise de vingt séances, mais avec des plafonds annuels : 18 séances par an en kinésithérapie pédiatrique, 9 pour la rééducation pelvienne, 12 pour l’arthrose de la hanche ou du genou, jusqu’à 70 pour la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO).
Ces modèles ne se transposent pas mécaniquement. Aux Pays-Bas, la franchise de vingt séances ne vaut que pour le régime des pathologies chroniques : le découpage entre part obligatoire et part complémentaire n’y est pas celui de la France, où la complémentaire couvre le plus souvent le ticket modérateur. Comparer les taux sans comparer les architectures conduit à surestimer ou à sous-estimer ce que paient réellement les patients.
Ce qui peut changer, par quel chemin et à quelle échéance
Le chemin d’une décision est long et documenté. Une proposition figurant dans le rapport de juillet peut être reprise dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale examiné à l’automne. Ce qui relève des tarifs et des conditions de prise en charge doit ensuite être négocié entre l’UNCAM et les syndicats représentatifs, formalisé dans un avenant conventionnel, approuvé par arrêté publié au Journal officiel, avant qu’une date d’effet ne soit fixée. L’avenant n° 7 en donne l’ordre de grandeur : signé à l’été 2023, approuvé par arrêté publié au Journal officiel le 25 août 2023, il n’a fait bouger la valeur de la lettre-clé qu’en février 2024.
Le volet le plus proche d’une application concrète est la régulation des installations. Elle existe depuis l’avenant n° 5 de 2018 : dans les zones considérées comme non prioritaires, une installation en secteur conventionné n’est possible qu’en remplacement d’un départ. L’avenant n° 7 a prévu une régulation dite « sur le flux », que la proposition 33 demande de mettre en place. Ce dispositif conditionne l’ouverture de nouveaux cabinets conventionnés dans les zones déjà denses ; il ne crée pas de kinésithérapeute dans les territoires sous-dotés, où le délai d’attente reste le premier obstacle pour les patients.
Un autre paramètre bouge déjà sans lien avec le rapport : l’accès direct ouvert par la loi de 2023 dans certaines structures d’exercice coordonné, qui limite à huit le nombre de séances lorsque le patient n’a pas de diagnostic médical préalable. Entre janvier 2024 et juin 2025, 567 222 actes ont été facturés dans ce cadre, par 6,4 % des praticiens.
L’essentiel à retenir
- Une séance moyenne repose sur une base de remboursement d’environ 20 € : l’Assurance maladie en verse près de 12 € au taux de droit commun, la complémentaire couvre en général les 8 € restants, et 1 € de franchise reste dû.
- Le taux affiché est de 60 % de la base, mais le taux moyen effectivement remboursé atteint 75 % des honoraires, du fait des exonérations, au premier rang desquelles l’affection de longue durée.
- Le rapport charges et produits pour 2027 propose d’étudier une régulation des installations, un rééquilibrage vers les patients complexes et une forfaitisation ou une dégressivité tarifaire. Il ne propose pas de modifier le taux de 60 %.
- Un encadrement du nombre de séances existe déjà, par demande d’accord préalable, sur 14 situations cliniques représentant environ 10 % de l’activité.
- Aucune décision n’est prise : il faudrait une traduction dans la loi de financement de la sécurité sociale, puis un avenant conventionnel approuvé par arrêté, avant toute date d’effet.
Questions fréquentes sur le remboursement des séances de kiné
Combien coûte une séance de kinésithérapie en 2026 ?
Il n’existe pas de prix unique : le tarif est le produit d’une lettre-clé, fixée à 2,21 € en métropole et 2,43 € outre-mer depuis février 2024, et d’un coefficient propre à chaque acte de la nomenclature. Avec un coefficient moyen de 9,2 en 2025, une séance moyenne correspond à une base de remboursement d’environ 20 €. Rapportés au nombre de séances, les honoraires facturés en 2025 représentent environ 21,70 € par séance en moyenne.
Combien reste-t-il à ma charge après le remboursement ?
Pour un patient sans exonération, l’Assurance maladie rembourse 60 % de la base, soit près de 12 € sur une base de 20 €. Le ticket modérateur, environ 8 €, est le plus souvent pris en charge par la complémentaire santé selon les garanties du contrat. Il reste 1 € de franchise médicale par acte, dans la limite de 4 € par jour et de 50 € par an, qu’aucun contrat responsable n’a le droit de rembourser.
Le nombre de séances de kiné remboursées est-il limité ?
Il n’existe pas de plafond général. Pour 14 situations cliniques, la Haute Autorité de santé a fixé un seuil indicatif au-delà duquel le kinésithérapeute doit déposer une demande d’accord préalable auprès de l’Assurance maladie pour poursuivre le traitement : à partir de la 16ᵉ séance pour une lombalgie commune, de la 11ᵉ pour une entorse externe récente de cheville, de la 41ᵉ après reconstruction du ligament croisé antérieur. Dépasser ce seuil n’interdit pas la prise en charge et ne signifie pas que les soins sont injustifiés.
Faut-il une ordonnance pour être remboursé ?
Depuis la loi de 2023, l’accès direct à un masseur-kinésithérapeute est possible sans prescription dans certaines structures d’exercice coordonné. Dans ce cas, la prise en charge est limitée à huit séances lorsque le patient n’a pas de diagnostic médical préalable ; lorsqu’un diagnostic existe, cette limite ne s’applique pas. Entre janvier 2024 et juin 2025, 567 222 actes ont été facturés en accès direct, par 6,4 % des praticiens.
Ma mutuelle couvre-t-elle la totalité du reste à charge ?
Une complémentaire santé peut couvrir tout ou partie du ticket modérateur, c’est-à-dire les 40 % non pris en charge par l’Assurance maladie, selon le niveau de garantie souscrit. Elle ne peut en revanche jamais rembourser la franchise médicale de 1 € par acte, interdiction attachée au statut de contrat responsable. Un remboursement annoncé « à 100 % » s’entend toujours de la base de remboursement, pas du montant payé si le praticien a facturé un supplément pour exigence particulière du patient.
À partir de quand le remboursement pourrait-il changer ?
Aucune date n’est fixée, et aucun texte n’a été adopté. Les propositions doivent d’abord alimenter le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027, puis, pour ce qui touche aux tarifs et aux conditions de prise en charge, faire l’objet d’une négociation conventionnelle et d’un avenant approuvé par arrêté. À titre de repère, l’avenant n° 7 a été approuvé par arrêté en août 2023 et la nouvelle valeur de la lettre-clé n’a été appliquée qu’en février 2024.