Pour une personne qui vit avec une maladie coronarienne, après un infarctus ou avec un angor, la question « combien bouger ? » a désormais un ordre de grandeur. Environ 8,75 MET-heures d’activité de loisir par semaine, soit, selon un calcul illustratif de la rédaction, à peu près deux heures de marche à allure modérée, vont avec un risque de décès inférieur de 38 % à celui des patients inactifs. Au-delà, le gain estimé ne grandit presque plus.
Le chiffre provient d’une méta-analyse de 17 cohortes, mise en ligne le 30 septembre 2026 par l’European Journal of Preventive Cardiology, la revue de prévention de la Société européenne de cardiologie (ESC). C’est une association observée, pas un effet démontré. Et l’essentiel de l’écart se joue entre rien et un peu.
38 % de décès en moins à 8,75 MET-heures : d’où sort ce chiffre
Le travail est signé par Z. Tao, Z. Hu, J. Chen et T. Strain, chercheurs du Physical Activity for Health Research Centre de l’université d’Édimbourg. Il s’agit d’une revue systématique : l’équipe a interrogé six bases de données en novembre 2025 pour retrouver toutes les cohortes prospectives, c’est-à-dire des groupes de patients dont l’activité a été relevée au départ et dont les décès ont été comptés ensuite. Les résultats ont ensuite été mis en commun dans une méta-analyse dite « dose-réponse », qui trace une courbe reliant la quantité d’activité au risque de décès, toutes causes confondues.
Dix-sept études répondaient aux critères, pour 176 862 patients ; seize d’entre elles recensent 31 783 décès. Douze incluaient des patients coronariens au sens large, cinq uniquement des survivants d’infarctus, avec un diagnostic posé par un médecin ou déclaré par le patient. Les suivis de moins de trois ans étaient exclus. L’activité étudiée est celle hors travail ; quatre études mesuraient l’activité totale, et les écarter donne une courbe globalement similaire.
À 8,75 MET-heures par semaine, le risque relatif estimé vaut 0,62 par rapport à l’absence d’activité. Traduit : les patients à ce niveau avaient un risque de décès égal à 62 % de celui des inactifs, soit 38 % de moins. L’intervalle de confiance à 95 %, de 0,54 à 0,73, borne la valeur plausible entre 27 % et 46 % de risque en moins.
Ce 8,75 n’a été mesuré sur personne. C’est un point lu sur la courbe, choisi parce qu’il correspond au plancher des recommandations, 150 minutes d’activité modérée par semaine. Le chiffre se lit dans ce sens : on fixe une dose, puis on lit le risque estimé à ce niveau ; il ne décrit pas un groupe de patients qui aurait fait exactement 8,75 MET-heures. La dose est une reconstruction statistique, pas un relevé de montre connectée.
Le MET-heure marginal, une unité qui retire le repos
Le MET, ou équivalent métabolique, mesure la dépense d’énergie d’un corps par rapport au repos. Assis sans rien faire, on dépense 1 MET. Une marche à 5,3 MET consomme 5,3 fois cette dépense de repos. Le MET-heure multiplie cette intensité par la durée : une heure à 5,3 MET donne 5,3 MET-heures.
L’étude utilise une variante, le MET-heure « marginal », noté mMET-h. On y retire la part du repos, que le corps dépenserait de toute façon. Selon la définition des auteurs, une heure d’activité déclarée en MET est diminuée de 1 MET-heure : la même heure de marche à 5,3 MET compte donc 4,3 MET-heures marginales. Seul le surplus d’effort est compté.
L’intérêt de l’unité tient dans l’addition. Elle combine intensité et durée, ce qui place sur la même échelle une heure de marche lente et une demi-heure de vélo soutenu. Un patient qui marche doucement longtemps et un autre qui pédale fort peu de temps peuvent ainsi totaliser la même dose. Le chiffre du titre n’est lisible qu’avec cette clé.
Des questionnaires convertis en dose, avec leurs hypothèses
Les dix-sept études n’ont pas mesuré l’activité en MET-heures. Elles ont posé des questions du type « combien de fois par semaine pratiquez-vous une activité modérée ? ». Pour tout ramener à la même unité, les auteurs ont attribué une valeur à chaque catégorie, tirée de l’Older Adult Compendium of Physical Activities : 1,0 mMET pour une activité légère, 3,0 pour une activité modérée, 4,8 pour une activité modérée à soutenue, 6,5 pour une activité soutenue. Quand la durée d’une séance manquait, elle était fixée à une demi-heure.
Ce choix pèse sur la traduction en minutes. Les auteurs écrivent que 8,75 mMET-h correspondent à 2,5 heures à une intensité moyenne de 3,5 mMET, soit 150 minutes modérées. Avec la valeur de 3,0 retenue dans leur modèle principal, le calcul de la rédaction donne environ 175 minutes. Les deux lectures se défendent. L’équivalence en minutes reste un ordre de grandeur, pas une consigne au quart d’heure près.
Les auteurs ont testé la fragilité de ces hypothèses. Une analyse de sensibilité refait tout le calcul avec des valeurs plus hautes (1,5, 3,5, 5,3 et 7,0 mMET) et des séances de trois quarts d’heure. À 8,75 mMET-h, l’estimation bouge peu, 0,65 au lieu de 0,62 ; aux fortes doses, la courbe change de forme.
En minutes de marche : de 1 h 45 à plus de 3 heures selon l’allure
Une dose en MET-heures ne dit rien de l’allure à laquelle on l’atteint. Or l’allure change tout. Pour la traduire en temps de marche, il faut une valeur de dépense par activité : l’Older Adult Compendium of Physical Activities, publié en 2024 par l’équipe de Willis, en fournit une pour les 60 ans et plus, notée MET60+. Les patients de l’étude avaient environ 65 ans en moyenne.
Les conversions qui suivent sont un calcul de la rédaction, à partir de ces valeurs et de la définition du MET marginal. Les auteurs de la méta-analyse ne les donnent pas. Elles illustrent un ordre de grandeur, rien de plus.
Une marche lente sur terrain plat, vers 3,2 km/h, vaut 3,8 MET60+, donc 2,8 MET marginaux : il en faut environ 3 h 10 par semaine pour atteindre 8,75. À allure modérée, entre 4,5 et 5,1 km/h, la marche vaut 5,3 MET60+, soit 4,3 marginaux, et la même dose demande environ 2 heures. Le vélo d’appartement à effort modéré a la même valeur, donc la même durée. Une marche soutenue, entre 5,3 et 6,0 km/h, vaut 6,0 MET60+ : environ 1 h 45 suffit.
Entre la promenade et le pas pressé, la durée nécessaire varie presque du simple au double. Si vous ne pouvez marcher que lentement, vous n’êtes donc pas hors de la courbe. La même dose demande seulement plus de temps. Pour situer votre propre allure, la cadence de marche et le nombre de pas offrent un autre repère que les kilomètres-heure.
| Activité | MET60+ | MET marginaux | Durée hebdomadaire approximative |
|---|---|---|---|
| Marche lente sur le plat (3,2 km/h) | 3,8 | 2,8 | environ 3 h 10 |
| Marche à allure modérée (4,5 à 5,1 km/h) | 5,3 | 4,3 | environ 2 h |
| Vélo d’appartement, effort modéré | 5,3 | 4,3 | environ 2 h |
| Marche soutenue (5,3 à 6,0 km/h) | 6,0 | 5,0 | environ 1 h 45 |
| Activité « modérée » des questionnaires, modèle principal des auteurs | — | 3,0 | environ 2 h 55 (175 min) |
| Activité « modérée », équivalence retenue par les auteurs | — | 3,5 | 2 h 30 (150 min) |
Le bas de la fourchette des 150 à 300 minutes recommandées
Le repère n’est pas nouveau. Les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), publiées en ligne le 25 novembre 2020 dans le British Journal of Sports Medicine, demandent à tous les adultes 150 à 300 minutes d’activité modérée par semaine, ou 75 à 150 minutes d’activité soutenue, ou un mélange des deux. Elles s’appliquent pour la première fois explicitement aux personnes vivant avec une maladie chronique. Elles ajoutent du renforcement musculaire, moins de temps assis, et un principe : un peu d’activité vaut mieux que rien.
Les auteurs de la méta-analyse situent les niveaux bas à modérés associés à une mortalité plus faible dans la fourchette des recommandations de l’ESC, identique à celle de l’OMS. Les 8,75 mMET-h en forment le plancher. Le plafond, environ 300 minutes, correspond à 17,5 mMET-h, où le risque relatif estimé vaut 0,61, soit 39 % de décès en moins.
Ce plancher n’est pas un seuil. La courbe publiée baisse dès les premiers niveaux d’activité, et c’est là que la baisse estimée est la plus forte. Un patient qui bouge un peu, sans atteindre 150 minutes, se situe déjà sur la partie descendante de la courbe. Les 150 minutes sont un repère, pas une porte. La même logique de dose se retrouve, hors maladie coronarienne, dans la question de la quantité d’exercice qui protège le cœur.
Doubler la dose ne déplace l’écart que d’un point dans le modèle principal
Entre 8,75 et 17,5 mMET-h, la dose double. Dans le modèle principal, l’écart de mortalité estimé passe de 38 % à 39 %. Avec l’autre harmonisation de l’analyse de sensibilité, il passe de 35 % à 45 % (risque relatif de 0,65 puis 0,55), soit dix points. Dans les deux modèles, le premier palier porte l’essentiel : passer de l’inactivité à deux heures de marche hebdomadaires pèse beaucoup plus que passer de deux à quatre heures. Le test statistique confirme que la courbe n’est pas une droite (P de non-linéarité inférieur à 0,001).
Au-delà de 13 à 17 MET-heures marginales environ, l’estimation remonte vers l’absence d’écart et l’intervalle de confiance s’élargit. À 30 mMET-h, le risque relatif vaut 0,92, avec un intervalle de 0,51 à 1,67 : il englobe aussi bien un risque deux fois plus bas qu’un risque 1,7 fois plus haut. Seules 8 des 17 études avaient des données jusqu’à ce niveau. Et l’analyse de sensibilité, avec d’autres valeurs d’harmonisation, donne 0,60 à 30 mMET-h, soit 40 % de risque en moins, au lieu de 0,92.
Les auteurs ne parlent ni de courbe en U ni de danger des fortes doses. Ils attribuent l’incertitude au manque de données, et écrivent que « l’écart entre les modèles a été traité comme une incertitude plutôt que comme un argument en faveur » de l’une ou l’autre forme. Traduit : à ces niveaux, la méta-analyse ne sait pas. Le haut de la courbe est flou : ni danger établi, ni bénéfice établi.
Coronariens et population générale, 2020 et 2026
Le même 8,75 a déjà servi de repère en population générale. Une méta-analyse dose-réponse de 94 cohortes et plus de 30 millions de participants, publiée le 28 février 2023 dans le British Journal of Sports Medicine par Garcia, Pearce et des coauteurs dont T. Strain, y associait un risque relatif de 0,69 (intervalle 0,65-0,73) pour la mortalité toutes causes. Les écarts y étaient les plus grands entre 0 et 8,75, plus faibles jusqu’à 17,5, petits et incertains au-delà.
Chez les coronariens, l’écart relatif est du même ordre : 0,62 contre 0,69, avec des intervalles qui se chevauchent. Les deux travaux partagent un auteur et une unité, pas une population. La comparaison situe le chiffre. Elle ne mesure pas une différence entre malades et bien-portants.
Le 26 août 2020, Geidl et ses collègues avaient posé la même question dans l’International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity, avec 8 études sur la cardiopathie ischémique, l’autre nom de la maladie coronarienne. Ils trouvaient une association inverse, sans seuil, s’aplatissant aux niveaux élevés : chaque tranche de 10 MET-heures hebdomadaires en plus allait avec 12 % de mortalité en moins (rapport de risques instantanés, une mesure voisine du risque relatif, de 0,88, intervalle 0,83-0,93). Leur certitude était jugée faible. Le travail de 2026 réunit 17 études et plus de 176 000 patients. Il confirme le gain aux niveaux bas.
Les deux divergent aux fortes doses. Geidl décrivait une baisse qui se poursuit jusqu’à 80 MET-heures par semaine ; Tao et ses collègues trouvent une estimation imprécise et une forme instable au-delà de 17,5. Aucune des deux lectures ne l’emporte sur les données disponibles. Attention aux unités : Geidl compte des MET-heures entières, sans retirer le repos. Ses 15 MET-heures correspondent à peu près aux 8,75 mMET-h de Tao, et les risques relatifs à ces deux niveaux sont proches.
Un risque relatif sans risque de départ, une association sans preuve d’effet
« 38 % de décès en moins » est un risque relatif. Il compare deux groupes sans dire combien de décès surviennent dans chacun. Sur cent patients inactifs, il en meurt combien en dix ans ? L’étude ne précise pas ce risque de départ. Sans lui, impossible de dire combien de décès séparent, sur cent patients, les inactifs de ceux qui atteignent 8,75 mMET-h. Les 31 783 décès ne forment pas un taux utilisable : ils viennent de 16 études quand les 176 862 patients en couvrent 17, sur des suivis allant de 3,7 à 14,7 ans. Il faudrait des données individuelles par durée de suivi pour en tirer un décompte.
Le chiffre décrit ensuite une association, pas un effet prouvé. Les biais sont identifiés. Les patients les plus malades bougent moins et meurent plus : cette causalité inverse gonfle mécaniquement l’écart. Toutes les études reposent sur des questionnaires, qui tendent à surestimer l’activité réelle, mesurée une seule fois au départ. L’ajustement sur les autres facteurs de risque varie d’une étude à l’autre.
Les petites études aux résultats forts sont aussi surreprésentées (test d’Egger, P inférieur à 0,0001). Une correction de cet effet atténue l’association sans l’effacer. Les études diffèrent fortement entre elles, avec une hétérogénéité (I²) de 84,7 %. La grille de risque de biais classe 10 études à risque faible et 7 à risque modéré, la mesure de l’activité restant le point faible récurrent. Le 38 % est un ordre de grandeur plausible. Pas une promesse.
À qui ce chiffre s’applique, et ce qu’il ne mesure pas
Les patients inclus avaient en moyenne environ 65 ans (64,6 ans en moyenne pondérée), suivis de 3,7 à 14,7 ans. Les cohortes viennent notamment d’Europe, dont la France, d’Amérique du Nord, d’Asie et d’Australie. La part des femmes n’est pas rapportée. Si vous avez 50 ans, ou si vous êtes une femme, la transposition reste donc incertaine.
Le délai entre le diagnostic et la mesure de l’activité est mal documenté, de l’aveu des auteurs, qui demandent qu’il soit mieux rapporté, comme la sévérité de la maladie et la participation à la réadaptation. Rien n’en sort donc sur le bon moment pour reprendre après un infarctus. La récupération des premières semaines est hors champ.
Le chiffre ne porte que sur la mortalité toutes causes. Il ne mesure ni la condition physique, ni la qualité de vie, ni les récidives d’infarctus. Il ne dit pas non plus quel type d’activité pèse le plus, marche, vélo ou jardinage. L’activité professionnelle est exclue : sur ce point, la distinction entre activité de loisir et activité au travail compte.
Reprendre une activité avec un cœur fragilisé : cadre et prise en charge
En pratique, le chiffre recoupe des parcours qui existent déjà. Le premier est la réadaptation cardiaque après un infarctus, un programme encadré qui précède l’activité libre. Les auteurs relèvent qu’elle explique une partie des différences entre études, sans l’avoir analysée comme variable : l’étude ne dit donc pas ce qu’elle ajoute à la courbe.
Le second est l’activité physique adaptée (APA). Depuis une loi de 2016, le médecin traitant peut la prescrire à un patient en affection de longue durée (ALD), le statut qui ouvre une prise en charge renforcée des soins liés à une maladie chronique. Selon la fiche de Santé.fr, le service public d’information en santé, datée du 18 mai 2022, la loi ne prévoit pas de remboursement des séances par l’Assurance maladie ; quelques complémentaires en financent. Le portail public Mon Parcours Handicap le confirme dans sa page mise à jour le 6 novembre 2024 : l’APA prescrite n’ouvre aucun remboursement de l’Assurance maladie, certaines mutuelles la prennent en charge sur ordonnance et quelques collectivités aident à la financer. Le reste à charge réel dépend donc du contrat de chacun, et se vérifie auprès de votre caisse et de votre complémentaire.
L’activité ne remplace aucun traitement. Statines, antiagrégants et autres médicaments du cœur relèvent du cardiologue. La marche s’ajoute à eux, dans une prévention qui passe aussi par les quatre facteurs de risque de l’infarctus.
Avant de reprendre ou d’augmenter une activité
Une reprise après un infarctus ou avec un angor se cale avec le cardiologue ou le médecin traitant, qui évalue l’effort possible et oriente si besoin vers une réadaptation. Bouger davantage n’autorise pas à modifier seul votre traitement.
Une douleur ou une oppression dans la poitrine, un essoufflement inhabituel, un malaise ou des palpitations imposent d’arrêter l’effort et de consulter. Tout symptôme inhabituel pendant ou après l’effort se signale au médecin. Une douleur thoracique qui ne cède pas impose d’appeler le 15.
L’essentiel à retenir
- Chez les coronariens, 8,75 MET-heures marginales par semaine vont avec un risque de décès inférieur de 38 % à celui des inactifs, dans une méta-analyse de 17 cohortes et 176 862 patients.
- Cette dose représente, selon un calcul illustratif, environ 3 h 10 de marche lente, 2 heures de marche modérée ou 1 h 45 de marche soutenue par semaine.
- Dans le modèle principal, doubler la dose ne déplace l’écart estimé que d’un point, de 38 % à 39 % : commencer compte plus que viser haut, y compris avec l’autre harmonisation testée, qui donne dix points, de 35 % à 45 %.
- Au-delà, la courbe est incertaine, faute de données, sans signal de danger retenu par les auteurs.
- Il s’agit d’un risque relatif sans risque de départ publié, et d’une association observée, pas d’un effet démontré.
Questions fréquentes
À combien de minutes de marche correspondent 8,75 MET-heures par semaine ?
Selon un calcul illustratif de la rédaction, fondé sur les valeurs du Compendium des 60 ans et plus, il faut environ 3 h 10 de marche lente, 2 heures de marche à allure modérée ou 1 h 45 de marche soutenue par semaine. Les auteurs de la méta-analyse, eux, retiennent une équivalence de 150 minutes d’activité modérée ; avec la valeur de leur modèle principal, le calcul de la rédaction donne plutôt 175 minutes.
Vaut-il mieux marcher 2 heures ou 5 heures par semaine ?
Dans la méta-analyse, passer de 8,75 à 17,5 MET-heures marginales, soit d’environ 150 à 300 minutes modérées, ne déplace l’écart de mortalité estimé que de 38 % à 39 %. Ce chiffre vient du modèle principal ; avec l’autre harmonisation testée par les auteurs, l’écart passe de 35 % à 45 %. Dans les deux cas, l’essentiel de l’association se joue entre l’inactivité et le premier palier. La quantité adaptée à chaque patient se discute avec son cardiologue.
Une marche lente compte-t-elle ?
Oui, elle entre dans le calcul de la dose. Elle demande seulement plus de temps : environ 3 h 10 par semaine pour 8,75 MET-heures marginales, contre 2 heures à allure modérée, d’après le calcul illustratif de la rédaction. La courbe baisse dès les premiers niveaux d’activité, sans seuil en dessous duquel rien ne compterait.
Trop d’activité est-elle dangereuse pour un cœur malade ?
La méta-analyse ne permet pas de le dire. Au-delà de 13 à 17 MET-heures marginales environ, l’estimation devient imprécise : à 30, l’intervalle va d’un risque deux fois plus bas à 1,7 fois plus haut, et une autre méthode de calcul donne 40 % de risque en moins. Les auteurs attribuent cette incertitude au manque de données, pas à un danger.
Faut-il voir son cardiologue avant de reprendre une activité ?
Une reprise après un infarctus ou avec un angor se cale avec le cardiologue ou le médecin traitant, qui évalue l’effort possible et peut orienter vers une réadaptation cardiaque. Une douleur thoracique, un essoufflement inhabituel, un malaise ou des palpitations à l’effort imposent d’arrêter et de consulter ; une douleur thoracique qui ne cède pas impose d’appeler le 15.
L’activité physique adaptée est-elle remboursée ?
Depuis 2016, le médecin traitant peut prescrire une activité physique adaptée à un patient en affection de longue durée. Selon la fiche Santé.fr du 18 mai 2022, la loi ne prévoit pas de remboursement par l’Assurance maladie, mais quelques complémentaires financent des séances. Le portail public Mon Parcours Handicap le confirme dans sa page mise à jour le 6 novembre 2024. Cette prise en charge, quand elle existe, dépend du contrat : elle se vérifie auprès de votre caisse et de votre complémentaire.
