Avant la fièvre jaune, la dengue ou le chikungunya, un voyage lointain après 65 ans commence par les vaccins que l’on devrait avoir de toute façon : le rappel diphtérie-tétanos-poliomyélite-coqueluche, la grippe, le Covid-19, le pneumocoque, le zona et, dans certains cas, le virus respiratoire syncytial (VRS). Les infections qu’ils préviennent voyagent avec le voyageur, et elles pèsent plus lourd avec l’âge. Les vaccins propres à la destination viennent ensuite, choisis selon l’itinéraire, la durée du séjour et le temps qui reste avant le départ.
C’est l’ordre que défend une revue de la littérature parue le 14 septembre 2026 dans Tropical Diseases, Travel Medicine and Vaccines. C’est surtout celui des deux textes qui s’appliquent en France : les recommandations sanitaires aux voyageurs du Haut Conseil de la santé publique (HCSP), édition 2026 mise en ligne en juillet, et le calendrier des vaccinations 2026, publié en juillet 2026. Sur la question la plus sensible, la règle française est claire : l’âge, à lui seul, ne ferme pas la porte au vaccin contre la fièvre jaune. Une première injection après 60 ans se pèse au cas par cas avec le médecin, selon l’état de santé et le risque réel d’exposition.
Partir loin après 65 ans, une situation courante qui se prépare autrement
En 2019, les 65 ans et plus représentaient près d’une nuitée sur quatre passée en voyage à titre privé par les résidents de l’Union européenne, et les 55 ans et plus 41 %, selon les chiffres d’Eurostat repris par la revue. Voyager loin à cet âge n’a rien d’exceptionnel. Le HCSP l’écrit d’ailleurs en tête de son paragraphe consacré aux personnes âgées (§ 10.4) : « L’âge en tant que tel n’est pas une contre-indication aux voyages. » Autrement dit, ce n’est pas l’année de naissance qui ferme une destination. C’est votre état de santé, que le HCSP recommande de faire examiner par votre médecin traitant avant le départ, compte tenu de la fréquence des maladies chroniques après 65 ans.
Ces voyageurs ne ressemblent pas à l’image du senior fragile. Dans la cohorte néerlandaise ELDEST, décrite par la revue, 477 voyageurs de 60 ans et plus avaient 66 ans d’âge médian et partaient 19 jours en médiane. Leur indice de comorbidité médian était de zéro : la moitié au moins n’avait aucune maladie comptée par cet indice. Mais 16 % prenaient de nombreux médicaments au long cours, soit un voyageur sur six. D’autres séries citées par la revue trouvent qu’environ la moitié des voyageurs âgés arrivent au bilan avant départ avec au moins une maladie associée ou un facteur de risque, et que ceux qui ont une maladie préexistante ont plus de deux fois le risque de tomber malades en voyage. Ces données viennent des Pays-Bas et d’autres pays européens ou anglo-saxons, pas d’enquêtes françaises.
Le second changement est invisible. Avec l’âge, le système immunitaire perd progressivement en efficacité : c’est l’immunosénescence, qui touche à la fois les défenses immédiates et la mémoire immunitaire, réduit l’activité des lymphocytes T et B et abaisse la quantité d’anticorps produits après un vaccin. Le calendrier 2026 en tire la conséquence : la fréquence des rappels augmente avec l’âge. Les chiffres compilés par la revue, issus d’études étrangères, donnent l’ordre de grandeur. Contre l’hépatite A, 65 % des personnes les plus âgées sont protégées après la première dose, contre 100 % des plus jeunes : sur cent voyageurs âgés, trente-cinq ne le sont pas encore. Après le rappel, l’écart tombe à 97 % contre 100 %. Ici, la dose suivante rattrape l’essentiel. Contre l’hépatite B, la protection atteint 64,8 % à 65 ans et plus, contre 98,6 % entre 20 et 24 ans : à votre âge, moins de deux vaccinés sur trois sont protégés.
Les éléments du profil et de l’itinéraire qui changent la décision
Un voyageur de 66 ans sans maladie connue et un voyageur de 80 ans qui prend de nombreux médicaments ne préparent pas le même départ, même s’ils partent au même endroit. La revue tient l’âge civil pour un marqueur imparfait : le surcroît de formes graves chez le voyageur âgé tient surtout aux maladies associées, et les plus de 65 ans vont du retraité sportif à la personne fragile et dépendante. L’âge civil tranche peu de choses.
Ce qui fait réellement varier la préparation tient en deux séries de critères. Côté santé :
- les maladies chroniques, cardiaques ou respiratoires en particulier, qui ouvrent certains vaccins dès 65 ans ;
- les traitements qui affaiblissent l’immunité, et l’immunodépression elle-même ;
- le nombre de médicaments pris, l’état nutritionnel et l’autonomie, que le HCSP cite parmi les éléments de la pesée pour la fièvre jaune ;
- un antécédent de maladie du thymus ou d’ablation du thymus, qui fait passer le vaccin contre la fièvre jaune de la précaution à la contre-indication.
Côté voyage, le nom de la zone visitée ne suffit pas, la manière dont vous y séjournez compte aussi : rural ou urbain, saison, épidémie en cours ou non, et surtout durée. Les seuils du HCSP 2026 pour la dengue et le chikungunya en donnent l’exemple. Un séjour de plus d’un mois en zone de circulation, ou un séjour de n’importe quelle durée en zone d’épidémie, change la recommandation ; deux semaines hors épidémie ne la déclenchent pas. Le HCSP signale en outre la moindre adaptation à la chaleur et au froid après 65 ans, et une sensation de soif qui prévient moins bien de la déshydratation.
Reste un critère que l’on oublie : le temps dont vous disposez avant le départ. Certains vaccins demandent plusieurs injections espacées de plusieurs semaines. Si votre liste de médicaments est longue, un bilan de médication en pharmacie peut aider à arriver à la consultation avec une liste exacte.
Qui consulter, et combien de temps avant le départ
Deux interlocuteurs se partagent la préparation. Le médecin traitant d’abord : c’est lui que le HCSP désigne pour la consultation avant départ des plus de 65 ans, parce qu’il connaît les maladies et les traitements en cours. Le centre de vaccinations internationales ensuite, c’est-à-dire un centre de vaccination contre la fièvre jaune agréé par l’agence régionale de santé (ARS). C’est là qu’est disponible le vaccin Stamaril, et c’est là que se discutent les vaccins propres à la destination.
Le passage par le centre ne fait pas perdre le remboursement des vaccins ordinaires. Depuis le 1er juin 2020, en application de l’article L. 174-21 du code de la sécurité sociale issu de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2020, les vaccins remboursables du calendrier faits dans un tel centre, à l’occasion de la vaccination du voyageur, sont pris en charge par l’Assurance maladie pour leur part obligatoire. Le rappel du calendrier peut donc se faire au centre, lors de la même démarche que le vaccin du voyage.
Côté calendrier, le HCSP fixe une seule borne générale : le schéma vaccinal doit être terminé 10 à 15 jours avant le départ, un délai plus court suffisant pour une simple dose de rappel. Si vous partez le 1er décembre, la dernière injection d’un schéma complet tombe donc au plus tard entre le 16 et le 21 novembre. Chaque vaccin ajoute ensuite sa propre contrainte :
- fièvre jaune : une dose au moins 10 jours avant le départ ;
- chikungunya : une dose au moins 14 jours avant, sans l’associer le même jour à d’autres vaccins faute de données ;
- dengue : deux doses à trois mois d’intervalle, avec une protection qui ne commence au plus tôt que deux semaines après la première ;
- zona : deux doses espacées de deux mois, un mois au plus court en cas de besoin de protection rapide ;
- vaccins vivants entre eux : le même jour, ou à quatre semaines d’intervalle.
Mises bout à bout, ces contraintes se comptent en semaines, parfois en mois. L’immunosénescence alourdit la conséquence : un schéma inachevé au moment de partir protège moins bien à 70 ans qu’à 30, comme le montre l’hépatite A, où c’est la deuxième dose qui comble l’essentiel de l’écart. Aucun des deux textes de référence ne fixe en revanche de délai global de consultation, exprimé en mois avant le départ. Votre date de consultation se calcule donc à rebours, à partir des vaccins réellement envisagés.
Première étape : remettre à jour les vaccins du calendrier
La revue range les vaccins de routine parmi les éléments essentiels du bilan avant départ, au même titre que les vaccins de destination. Le HCSP le formule en règle : les vaccinations du calendrier 2026 doivent être à jour, et cette mise à jour est jugée particulièrement importante pour la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite et la coqueluche, dont certaines peuvent circuler en permanence dans le pays de destination. Dans les aéroports, les transports et les foules, vous croisez les mêmes infections qu’en France. L’ordre n’est pas une formalité.
Le rappel diphtérie-tétanos-polio-coqueluche à 65, 75, 85 ans
Le calendrier 2026 fixe les rappels de l’adulte à des âges précis : 25, 45 et 65 ans, puis tous les dix ans, soit 75, 85 ans et au-delà. Ils se font avec un vaccin tétravalent dTcaP, qui protège aussi contre la coqueluche ; le vaccin Revaxis, qui ne contenait pas la valence coqueluche, n’est plus commercialisé. Si vous avez reçu votre rappel à 65 ans et partez à 72, le suivant n’est prévu qu’à 75 ans.
Ce rappel n’est pas une précaution de principe. Selon la revue, une part importante des adultes âgés n’ont plus d’anticorps protecteurs contre la diphtérie, alors que ceux contre le tétanos restent en général plus élevés. La coqueluche, elle, devient plus sévère avec l’âge : dans une étude australienne citée par la revue, le risque d’hospitalisation était 5 fois plus élevé entre 65 et 74 ans, et 9 fois plus au-delà de 75 ans, qu’entre 45 et 54 ans. Le risque de départ des 45-54 ans n’est pas précisé dans la revue, ce qui empêche de traduire ces multiplicateurs en nombre de malades.
Grippe et Covid-19, deux vaccins de saison à caler sur la date de départ
Pour la grippe, le calendrier 2026 recommande une vaccination chaque année dès 65 ans, de préférence avec un vaccin à haute dose (Efluelda) ou adjuvanté (Fluad), les vaccins à dose standard restant utilisables. Son efficacité varie beaucoup : entre 12 % et 66 % chez les 65 ans et plus selon les saisons 2012 à 2020, d’après la revue. Sur cent grippes qui toucheraient ces personnes sans vaccin, entre 12 et 66 sont évitées, selon l’année.
Le voyage ajoute une difficulté de calendrier. Dans l’hémisphère Sud, la saison grippale tombe pendant l’été français. Des vaccins adaptés à cet hémisphère sont disponibles d’avril à septembre, par une procédure d’importation en accès compassionnel, via la plateforme e-Saturne. L’enjeu respiratoire est réel : parmi 7 034 voyageurs de 60 ans et plus revenus malades, la revue rapporte 14,6 maladies respiratoires pour 100, contre 10,3 chez les 18-45 ans, et 7,3 infections respiratoires basses pour 100, contre 2,8.
Pour le Covid-19, le calendrier prévoit une dose chaque automne dès 65 ans, au moins six mois après la dernière dose ou la dernière infection, et une dose de plus au printemps dès 80 ans, le délai pouvant alors descendre à trois mois. Le rythme dépend donc de l’âge. Les questions de tolérance quand plusieurs vaccins de saison se suivent sont traitées dans l’article consacré aux effets secondaires des vaccins grippe et Covid, et la prise en charge dans celui sur le remboursement du vaccin contre la grippe.
Pneumocoque, zona, VRS : trois vaccins de l’âge souvent oubliés
Pneumocoque d’abord. Depuis le calendrier 2026, la vaccination est recommandée chez toutes les personnes de 65 ans et plus, en une seule dose de Prevenar 20 ou de Capvaxive ; l’utilité d’un rappel n’est pas établie. L’essai chiffré que cite la revue porte sur un autre vaccin. Dans l’essai CAPiTA, mené chez 84 496 adultes de 65 ans et plus, le PCV13 a réduit de 45,6 % les premières pneumonies dues aux sérotypes du vaccin et de 75 % les infections invasives dues à ces sérotypes. Le PCV13 n’est pas l’un des deux vaccins retenus en 2026. Le détail figure dans l’article consacré au vaccin contre le pneumocoque après 65 ans.
Zona ensuite. Le calendrier recommande Shingrix chez l’adulte de 65 ans et plus dont l’immunité est normale : deux doses espacées de deux mois, la seconde possible entre deux et six mois. Il s’applique aussi après un zona ou un vaccin Zostavax, avec un délai d’au moins un an. Les méta-analyses citées par la revue lui attribuent une efficacité de 91,3 % à 70 ans et plus, soit environ neuf zonas sur dix évités chez les vaccinés de cet âge. Dans ce groupe, c’est le vaccin qui vous demande le plus d’anticipation.
VRS enfin. Une dose (Abrysvo, Arexvy ou mResvia) est recommandée dès 75 ans, et dès 65 ans en cas de maladie respiratoire chronique, comme la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), ou de maladie cardiaque, comme l’insuffisance cardiaque. Les méta-analyses citées par la revue estiment son efficacité à 61 % contre les infections respiratoires basses au-delà de 60 ans, soit six de ces infections sur dix évitées chez les vaccinés. Le calendrier 2026 précise qu’il n’existe à ce jour aucune prise en charge par l’Assurance maladie pour ces deux groupes.
Deuxième étape : les vaccins dictés par la destination
Les vaccins de destination viennent une fois le socle en place. La revue cite les principaux : hépatites A et B, typhoïde, rage, encéphalite japonaise, encéphalite à tiques et choléra. Aucun n’est automatique. Chacun dépend de la destination, de l’itinéraire, de l’exposition attendue et du temps restant, et la conduite applicable en France est celle que fixe le HCSP.
Hépatite A : une prise de sang peut éviter le vaccin
Le HCSP recommande le vaccin contre l’hépatite A à tout voyageur qui se rend dans un pays où l’hygiène peut être insuffisante : l’Asie, Turquie comprise, toute l’Afrique, l’Amérique centrale et du Sud, l’Europe de l’Est. L’âge joue ici en faveur du voyageur. Beaucoup de personnes nées avant 1945 ont été infectées dans l’enfance et sont déjà immunisées. Si vous êtes né avant 1945, le HCSP juge donc pertinente une prise de sang préalable, comme chez celles qui ont eu une jaunisse ou ont grandi dans une zone où le virus circule en permanence. Des anticorps présents dispensent du vaccin.
Les chiffres de la revue paraissent plus larges : dans une étude espagnole de 2009 portant sur 427 voyageurs de plus de 40 ans, 91,7 % des 60-69 ans et 97,5 % des 70-95 ans avaient déjà des anticorps. Les sexagénaires de cette étude étaient nés dans les années 1940 ; ceux de 2026 sont nés entre 1956 et 1966 : ces chiffres ne disent donc pas si vous êtes, vous, déjà protégé. Le HCSP ne retient pas la sérologie systématique pour tout senior. Sans anticorps, le vaccin se fait selon le schéma de l’adulte, et la version à une seule dose n’est plus admise au-delà de 40 ans, les données étant limitées. C’est cohérent avec les 65 % de personnes âgées protégées après une seule injection.
Typhoïde, rage, encéphalites : des indications qui dépendent du séjour
Les autres vaccins de destination sont plus ciblés, et la revue en propose une lecture propre à l’âge. Elle juge la typhoïde surtout pertinente pour l’Asie du Sud, où la maladie tue davantage les plus âgés. Elle demande que le risque de rage soit évalué tôt, parce que les immunoglobulines antirabiques, nécessaires après certaines expositions, sont difficiles à obtenir en voyage. Seuls 5 à 20 % des voyageurs qui en avaient besoin en ont reçu dans le pays où ils ont été exposés : entre un sur vingt et un sur cinq.
L’encéphalite à tiques laisse plus souvent des séquelles neurologiques avec l’âge. Pour l’encéphalite japonaise, les données chez les plus de 65 ans sont très limitées ; pour le vaccin contre le choléra, elles sont absentes. L’hépatite B, dont la réponse vaccinale baisse nettement avec l’âge, se discute selon l’exposition. Ces appréciations sont celles de la revue, qui reconnaît que les recommandations reposent trop souvent sur l’extrapolation, faute de données propres à l’âge. Pour votre itinéraire, la recommandation applicable en France reste celle du HCSP, à discuter au centre de vaccinations internationales. Les données manquent justement là où l’âge pèse.
Fièvre jaune après 60 ans, une première injection à peser au cas par cas
La fièvre jaune tue encore : l’Organisation mondiale de la santé (OMS) compte près de 200 000 cas et 30 000 décès par an dans le monde, selon les chiffres repris par le HCSP. En Amérique du Sud, 346 cas confirmés et 143 décès ont été recensés en 2025 dans sept pays, puis 34 cas et 15 décès sur les sept premières semaines de 2026, en Bolivie, en Colombie, au Pérou et au Venezuela. Chez les voyageurs venus des États-Unis et d’Europe, la revue dénombre 11 cas entre 1970 et 2015, dont 8 mortels. Chez le voyageur, la maladie est rare mais souvent mortelle.
Le vaccin, Stamaril, contient un virus vivant atténué. Il se fait en une dose, au moins 10 jours avant le départ, dans un centre agréé par l’ARS. Depuis l’amendement de 2016 du Règlement sanitaire international, le certificat est valable à vie. La vaccination est obligatoire pour séjourner en Guyane. Pour les autres pays, la liste des exigences figure en annexe des recommandations du HCSP et dans les Conseils aux voyageurs du ministère des Affaires étrangères ; l’OMS avait une actualisation en cours en mai 2026, et l’édition 2026 du HCSP ne modifie ni les recommandations ni les obligations dans l’attente.
La phrase qui règle la question de l’âge se trouve dans le chapitre Fièvre jaune des recommandations 2026, à la rubrique consacrée aux personnes avancées en âge : « Un âge supérieur à 60 ans ne constitue pas une contre-indication au vaccin. » Traduit : en France, votre âge ne suffit jamais, à lui seul, à écarter le vaccin. Le même texte demande de peser bénéfice et risque selon le profil de santé (maladies associées, nombre de médicaments, état nutritionnel et fonctionnel) et selon le risque d’exposition. Après 70 ans, la recherche d’anticorps dirigés contre l’interféron, une substance de défense de l’organisme, peut guider la décision : ces auto-anticorps sont plus fréquents avec l’âge et semblent liés aux formes graves. C’est une aide possible, ni obligatoire ni systématique.
Une autre lecture existe, et elle part des mêmes chiffres. Les auteurs d’une méta-analyse publiée en 2022 dans la revue Vaccines, un travail qui combine statistiquement les études disponibles sur le vaccin chez les personnes âgées, estiment que l’indication après 60 ans doit reposer sur une analyse individuelle du bénéfice et du risque. Ils vont jusqu’à suggérer une contre-indication au-delà de 70 ans. Ils jugent eux-mêmes la certitude de leurs preuves faible à modérée, selon la grille GRADE, qui classe la solidité d’un ensemble de données. La conduite applicable en France reste celle du HCSP.
Ces chiffres demandent une lecture précise. Selon la méta-analyse, le risque d’effet indésirable grave est multiplié par 2,3 entre 60 et 69 ans et par 4,8 à partir de 70 ans ; pour la maladie viscérotrope, qui atteint les organes internes, les deux textes donnent le même multiplicateur sur des tranches d’âge différentes. La méta-analyse l’estime à 6,59 (intervalle de confiance de 2,14 à 20,28) pour l’ensemble des 60 ans et plus ; le HCSP rapporte ce 6,6 « après 70 ans ». Si vous avez entre 60 et 69 ans et n’avez jamais été vacciné, ce sur-risque peut donc vous concerner aussi. Pour l’atteinte neurologique, le HCSP indique un risque multiplié par 4,5 au-delà de 60 ans. La comparaison se fait avec des personnes vaccinées de moins de 60 ans, pas avec des personnes non vaccinées. Le multiplicateur mesure le surcroît dû à l’âge, pas le danger du vaccin face à la maladie.
Ramenés en taux, ces risques changent d’allure. Dans la surveillance américaine de 2007 à 2013, la revue relève 6,5 effets graves pour 100 000 doses chez les 60-69 ans et 10,3 à 70 ans et plus : environ un cas pour 15 000 doses dans la première tranche, un pour 10 000 dans la seconde. Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains donnent 7,7 effets graves pour 100 000 doses distribuées à 60 ans et plus, contre 3,8 tous âges confondus. En France, la pharmacovigilance a recensé de 2012 à 2022 dix atteintes neurologiques et deux maladies viscérotropes, dont un décès, soit 0,6 cas pour 100 000 doses tous âges. Ces trois séries ne mesurent pas la même chose, ni sur le même dénominateur : elles ne se comparent pas entre elles. Quand l’accident survient, il est grave. La létalité de la maladie viscérotrope post-vaccinale atteint environ 65 % chez le sujet âgé, selon une revue systématique citée par la revue, et environ 43 % tous âges confondus, selon les CDC : deux malades sur trois dans le premier cas, plus de quatre sur dix dans le second. Le risque est rare, pas négligeable.
Il se concentre presque entièrement sur la première injection. Le virus vaccinal se multiplie dans l’organisme ; chez la personne âgée, la réponse en anticorps arrive plus lentement et le virus vaccinal reste plus longtemps dans le sang. Toutes les recommandations recensées par la revue classent donc l’âge avancé parmi les précautions, l’immunodépression et les maladies du thymus faisant passer à la contre-indication. Si vous avez été vacciné plus jeune, vous n’êtes pas concerné : votre certificat reste valable, et une nouvelle dose n’est prévue que dans les cas listés par le HCSP. La protection, elle, tient : il n’existe pas de données cliniques propres au sujet âgé, mais le HCSP ne recense aucun échec vaccinal chez des personnes âgées vaccinées, et un suivi cité par la revue retrouve des anticorps chez 36 voyageurs sur 36, dix ans après une vaccination faite à 60 ans ou plus.
En face, le risque de la maladie dépend de l’itinéraire bien plus que du pays. Pour un voyageur non vacciné qui passe deux semaines en Afrique de l’Ouest, le risque estimé de fièvre jaune est de 50 pour 100 000, avec 10 décès pour 100 000 ; en Amérique du Sud, il est de 5 pour 100 000, avec 1 décès. Face aux 6,5 à 10,3 effets graves pour 100 000 doses après 60 ans, le premier risque pèse nettement plus lourd ; le second est du même ordre. Ces estimations viennent toutefois de populations résidentes, souvent en saison de pic, et peuvent surestimer ou sous-estimer le risque réel d’un voyageur. Zone rurale ou forestière, saison, épidémie en cours : ce sont ces détails qui font pencher la balance. La revue conclut que le vaccin ne devrait être envisagé chez le senior que si l’itinéraire comporte une exposition significative et inévitable, et évité quand elle est négligeable. Le nom du pays ne suffit pas.
Dengue et chikungunya, des vaccins récents aux règles propres aux plus de 65 ans
Contre le chikungunya, l’âge ne change pas seulement l’indication : il change le produit. Ixchiq contient un virus vivant atténué. Des effets indésirables graves ont été observés chez des personnes âgées porteuses de maladies associées, et le HCSP ne le recommande pas au-delà de 65 ans ; le calendrier 2026 le dit suspendu chez les 65 ans et plus, après des signaux de pharmacovigilance, c’est-à-dire de la surveillance des effets indésirables. Vimkunya contient des pseudo-particules virales, qui imitent le virus sans pouvoir se multiplier. C’est le seul retenu à cet âge ; sa tolérance et la réponse en anticorps ont été étudiées chez 413 personnes de 65 ans et plus. Ces règles sont celles des recommandations de juillet 2026, et le statut de ces deux vaccins peut évoluer.
Pour un voyageur de plus de 65 ans qui part en zone d’épidémie, quelle que soit la durée, ou plus d’un mois dans une zone de circulation active, le HCSP conseille d’abord d’envisager de différer le séjour. À défaut, il recommande une dose de Vimkunya au moins 14 jours avant le départ. Pour moins d’un mois hors épidémie, la vaccination n’est pas recommandée. Trois limites s’ajoutent : l’association le même jour avec un autre vaccin est à éviter, faute de données ; la protection documentée ne dure que six mois ; le besoin de rappel reste inconnu. La maladie justifie cette prudence. Sa létalité en phase aiguë va de 0,01 à 0,1 %, soit de 1 à 10 décès pour 10 000 malades, mais les symptômes durent plus de quatre semaines dans 70 % des cas et deviennent chroniques, au-delà de trois mois, chez un malade sur trois.
Le calendrier 2026 propose bien Vimkunya dès 65 ans, avec ou sans maladie associée, mais ces recommandations sont transitoires et ne visent que les résidents de Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Martinique, Mayotte, Saint-Barthélemy et Saint-Martin. Le voyageur relève de l’avis du HCSP.
Contre la dengue, Qdenga est un vaccin vivant atténué, en deux doses à trois mois d’intervalle. Le HCSP le recommande dès 6 ans, que l’on ait déjà eu la dengue ou non, en zone d’épidémie quelle que soit la durée, ou pour plus d’un mois en zone d’endémie, où la maladie circule en permanence. Il ne le recommande pas pour un séjour court hors épidémie, et il est contre-indiqué chez la personne immunodéprimée. Après 60 ans, c’est une recommandation sans preuve d’efficacité propre à l’âge : les essais principaux du vaccin ne recrutaient que des personnes de 4 à 60 ans. L’autorisation de mise sur le marché couvre pourtant les 60 ans et plus, et aucune donnée ne fait craindre une moins bonne réponse. Le HCSP demande d’informer le voyageur de cette absence de données d’efficacité et de réponse immunitaire, une étude étant en cours. La tolérance repose sur un effectif mince : 83 personnes de plus de 60 ans parmi 1 176 voyageurs suivis. L’efficacité après 60 ans n’est ni démontrée ni écartée.
Le contexte des deux maladies en métropole est détaillé dans l’article sur les cas autochtones de dengue et de chikungunya.
Combien coûtent les vaccins du voyage, et qui paie
La frontière du remboursement suit celle des deux étapes. Le dispositif décrit plus haut ne vise que les vaccins remboursables du calendrier, qui gardent leur prise en charge au centre pour leur part obligatoire, depuis le 1er juin 2020. Les vaccins propres au voyage et la consultation n’en relèvent pas. Le centre dont la grille est citée ci-dessous les classe non remboursés par la Sécurité sociale, et les conditions peuvent différer ailleurs ; certaines mutuelles les prennent en charge. Parmi les vaccins de l’âge, le VRS fait exception : selon le calendrier 2026, il n’est pas pris en charge chez les seniors.
Ce que vous payez varie d’un centre à l’autre. Dans un centre marseillais, celui de l’Hôpital Européen, la grille mise à jour le 11 mai 2026 donne un ordre de grandeur : 54,50 € la dose de Stamaril, 134 € la dose de Vimkunya, 34,60 € le vaccin contre la typhoïde Typhim Vi, 20,35 € la dose adulte contre l’hépatite A (Vaqta 50), 51,28 € la dose contre la rage, 88 € pour l’Ixiaro contre l’encéphalite japonaise, et 25 € la consultation. Tous ces actes y sont classés non remboursés par la Sécurité sociale, mais remboursés par certaines mutuelles. Au comptoir de ce centre, une consultation avec fièvre jaune et typhoïde revient ainsi à 114,10 € avant la mutuelle ; une consultation avec une dose de Vimkunya, à 159 €.
Le rappel dTcaP Repevax, à 20,34 €, figure en revanche parmi les vaccins du calendrier que la même grille classe remboursés à 65 %. Si ce taux s’applique au prix affiché, il reste environ 7,12 € à régler avant la complémentaire. Le reste à charge réel se joue donc sur les vaccins du voyage. Le niveau de couverture de ces actes fait partie des critères pour choisir une mutuelle santé senior.
| Vaccin | Recommandation en France | Délai avant départ | Point d’attention lié à l’âge | Prise en charge |
|---|---|---|---|---|
| Diphtérie-tétanos-polio-coqueluche (dTcaP) | Rappel à 65 ans, puis tous les 10 ans | Délai plus court qu’un schéma complet pour un simple rappel | Anticorps contre la diphtérie souvent insuffisants ; coqueluche plus sévère | Classé remboursé à 65 % dans la grille d’un centre |
| Grippe | Chaque année dès 65 ans, haute dose ou adjuvanté de préférence | Vaccin de l’hémisphère Sud disponible d’avril à septembre par importation | Efficacité de 12 % à 66 % selon les saisons | Vaccin du calendrier, taux non détaillé ici |
| Covid-19 | Une dose chaque automne dès 65 ans, une au printemps en plus dès 80 ans | Au moins 6 mois après la dernière dose ou infection (3 mois possibles dès 80 ans) | Rythme renforcé après 80 ans | Vaccin du calendrier, taux non détaillé ici |
| Pneumocoque | Dose unique de Prevenar 20 ou Capvaxive dès 65 ans | Une seule injection | Utilité d’un rappel non établie | Vaccin du calendrier, taux non détaillé ici |
| Zona (Shingrix) | Dès 65 ans, immunité normale | Deux doses à 2 mois, 1 mois au plus court | Efficacité de 91,3 % à 70 ans et plus | Vaccin du calendrier, taux non détaillé ici |
| VRS | Dès 75 ans, dès 65 ans avec maladie respiratoire ou cardiaque chronique | Une dose | Efficacité de 61 % après 60 ans | Pas de prise en charge chez les seniors à ce jour |
| Hépatite A | Pays où l’hygiène peut être insuffisante | Schéma à dose unique non admis après 40 ans | Prise de sang utile si né avant 1945 | Non remboursé dans la grille du centre cité |
| Fièvre jaune (Stamaril) | Obligatoire en Guyane ; pesée individuelle après 60 ans | Au moins 10 jours | Risque concentré sur la première injection | Non remboursé ; classé ainsi, à 54,50 €, dans un centre marseillais |
| Chikungunya (Vimkunya) | Épidémie, ou plus d’un mois en zone de circulation active | Au moins 14 jours, sans autre vaccin le même jour | Ixchiq non recommandé après 65 ans | Non remboursé ; classé ainsi, à 134 €, dans le même centre |
| Dengue (Qdenga) | Épidémie, ou plus d’un mois en zone d’endémie | Deux doses à 3 mois d’intervalle | Pas de donnée d’efficacité après 60 ans | Non documentée dans les sources de cet article |
Les situations qui doivent faire reconsidérer un vaccin ou le voyage
Il arrive que le vaccin contre la fièvre jaune ne puisse pas être fait : immunodépression, maladie du thymus, ou pesée défavorable. Le HCSP déconseille alors formellement le séjour en zone d’endémie. Si le voyage est maintenu vers un pays qui exige le vaccin, un certificat de contre-indication est délivré par le médecin d’un centre de vaccinations internationales ou par le médecin traitant. Ce papier vous ouvre une frontière, pas une protection. La protection contre les piqûres de moustiques, y compris en journée, devient alors centrale.
Les auteurs de la revue résument leur position sur la fièvre jaune d’une formule : « En pratique, le seuil de vaccination devrait être plus élevé chez les personnes âgées, sans pour autant être indiscriminé ». Ni vaccin par réflexe, ni refus de principe : la décision dépend de ce que l’itinéraire expose réellement.
Le vaccin ne couvre pas tout. Les moustiques qui transmettent la dengue, le chikungunya ou le paludisme piquent le vacciné comme le non-vacciné : un voyageur vacciné contre l’encéphalite japonaise ou le chikungunya reste exposé au paludisme et à la dengue, rappelle la revue. Les précautions alimentaires et l’hygiène respiratoire gardent leur place. Une fois informés, les voyageurs âgés suivent mieux les précautions alimentaires que les jeunes, note la revue, mais ils tolèrent moins bien la déshydratation d’une diarrhée du voyageur, surtout par forte chaleur. Les gestes contre les piqûres sont détaillés dans l’article sur le moustique tigre, la dengue et le chikungunya en France.
Une décision à prendre avec le médecin. Le choix des vaccins, et en particulier une première vaccination contre la fièvre jaune après 60 ans, se discute avec le médecin traitant et le médecin du centre de vaccinations internationales. Tout traitement qui affaiblit l’immunité, tout antécédent de maladie ou d’ablation du thymus et la liste complète des médicaments leur sont à signaler. Aucun traitement en cours ne s’arrête ni ne se modifie pour un voyage sans avis médical. Un symptôme inhabituel après une vaccination justifie de consulter.
Des recommandations bâties sur peu de données propres aux seniors
La revue du 14 septembre 2026 n’apporte aucun résultat nouveau. Signée par Andrea Rossanese et Alberto Tomasi, de l’IRCCS Sacro Cuore-Don Calabria, près de Vérone, et de la Société italienne de médecine des voyages et des migrations, c’est une revue narrative : elle synthétise la littérature existante, sans recherche systématique déclarée ni regroupement statistique des résultats. Les auteurs ne déclarent ni financement ni conflit d’intérêts. Ses données viennent surtout d’études américaines, australiennes, espagnoles et néerlandaises.
Les auteurs dressent eux-mêmes la liste des manques. Les données propres à l’âge sont rares. Les voyageurs fragiles sont sous-représentés dans les essais : ceux du vaccin ChAdOx1 excluaient par exemple les plus de 65 ans ayant un score de fragilité de 4 ou plus. Les études découpent par âge civil, sans distinguer la fragilité ni les maladies associées. Et les recommandations reposent trop souvent, selon eux, sur l’extrapolation ou l’avis d’experts.
Un autre décalage tient à la population. Les données sur l’ensemble des personnes âgées ne décrivent pas les voyageurs, plus mobiles et en meilleure santé. Pour trancher, il faudrait des études chez des voyageurs âgés classés selon leur fragilité, et pas seulement selon leur âge. Elles restent rares. D’ici là, la pesée individuelle avec votre médecin reste la règle, et les conduites peuvent évoluer d’une édition à l’autre.
L’essentiel à retenir
- Après 65 ans, la préparation commence par les vaccins du calendrier : dTcaP à 65, 75 et 85 ans, grippe, Covid-19, pneumocoque, zona, et VRS selon l’âge et l’état de santé.
- Les vaccins de destination dépendent de l’itinéraire, de la durée, de la saison et du temps restant, davantage que de l’âge.
- Fièvre jaune : l’âge n’est pas une contre-indication en France. Une première injection après 60 ans se pèse au cas par cas, face à un risque d’effet grave de l’ordre d’un cas pour 10 000 à 15 000 doses dans la surveillance américaine.
- Chikungunya : seul Vimkunya est retenu après 65 ans dans les recommandations de juillet 2026. Dengue : Qdenga est recommandé pour certains séjours, sans donnée d’efficacité après 60 ans.
- Le schéma doit être terminé 10 à 15 jours avant le départ ; plusieurs vaccins se comptent en semaines.
- Les vaccins remboursables du calendrier le restent en centre de vaccinations internationales ; les vaccins du voyage et la consultation n’entrent pas dans ce dispositif, et la grille d’un centre marseillais les classe non remboursés, certaines mutuelles les prenant en charge.
Questions fréquentes sur les vaccins du voyage après 65 ans
Faut-il refaire le vaccin contre la fièvre jaune reçu il y a vingt ans ?
En règle générale, non. Depuis l’amendement de 2016 du Règlement sanitaire international, le certificat de vaccination contre la fièvre jaune est valable à vie. Le HCSP ne recommande une seconde dose au voyageur que dans des cas listés, parmi lesquels une première vaccination de plus de dix ans faite pendant une grossesse, chez une personne vivant avec le VIH ou immunodéprimée, ou un départ vers un pays en épidémie.
Peut-on recevoir une première dose de vaccin contre la fièvre jaune après 70 ans ?
C’est possible, car l’âge n’est pas en lui-même une contre-indication selon le HCSP. La décision repose sur une pesée individuelle avec le médecin : maladies associées, médicaments, état général, et risque réel d’exposition sur l’itinéraire. Après 70 ans, la recherche d’anticorps anti-interféron peut aider à décider, sans être un examen obligatoire. Les auteurs d’une méta-analyse de 2022 vont plus loin et suggèrent une contre-indication au-delà de 70 ans, sur des preuves qu’ils jugent faibles à modérées. La conduite applicable en France reste celle du HCSP.
Quel vaccin contre le chikungunya après 65 ans ?
Selon les recommandations de juillet 2026, seul Vimkunya, qui ne contient pas de virus vivant, est utilisable chez les 65 ans et plus ; Ixchiq n’est pas recommandé à cet âge. Il n’est proposé qu’en cas de séjour en zone d’épidémie ou de plus d’un mois en zone de circulation active, et le HCSP invite d’abord à envisager de différer ce séjour. La protection documentée est limitée à six mois.
Le centre de vaccinations internationales peut-il faire le rappel dTcaP, et est-il remboursé ?
Oui. Depuis le 1er juin 2020, les vaccins remboursables du calendrier faits dans un centre de vaccination contre la fièvre jaune, à l’occasion de la vaccination du voyageur, sont pris en charge par l’Assurance maladie pour la part obligatoire. Les vaccins propres au voyage et la consultation du centre, eux, n’entrent pas dans ce dispositif ; un centre marseillais les classe non remboursés, certaines mutuelles les prenant en charge.
Combien de temps avant le départ faut-il s’organiser ?
Les textes de référence ne fixent aucun délai global : tout dépend des vaccins nécessaires. Le HCSP veut un schéma terminé 10 à 15 jours avant le départ, moins pour un simple rappel. Une dose contre la fièvre jaune se fait au moins 10 jours avant, le vaccin contre le chikungunya au moins 14 jours avant, et la dengue demande deux doses à trois mois d’intervalle : cumuler plusieurs vaccins se compte donc en semaines.
Faut-il une prise de sang avant le vaccin contre l’hépatite A ?
Pas pour tout le monde. Le HCSP juge la sérologie préalable pertinente pour les personnes nées avant 1945, celles qui ont eu une jaunisse ou qui ont passé leur enfance dans une zone où le virus circule. Si des anticorps sont présents, le vaccin est inutile.
